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| Oui |
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[ 52 ] |
| Non |
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12% |
[ 10 ] |
| Peu importe |
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19% |
[ 15 ] |
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| Auteur |
Message |
Mr. Jack Disciple de Kant


Inscrit le: 18 Avr 2004 Messages: 6445 Localisation: A l'intérieur de mon sac
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Posté le: Dim 25 Mai 2008 - 2:07 Sujet du message: |
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J'ai déja bouclé le tiers de l'épisode, et je voulais préciser que l'épisode
se décomposait en 4 parties, à chaque fois délimitées par les split-screens
(toutes les 15mn donc).
- La 1ère partie introduit les enjeux finaux et résume les points à régler
- La 2ème partie est plus centrée sur l'action, c'est là que tout va pèter
- La 3ème partie conclut les intrigues avec quelques rebondissements
- La 4ème partie, bien que ne manquant pas d'action et de rebondissements est
une ouverture à la saison 4
Je fais de mon mieux pour conserver un rythme dynamique et opressant, donc je
vais peut-être retoucher quelques dialogues afin que la tension en baisse pas
d'un cheveux
Par ailleurs, je suis en train de préciser le scénario de la saison 4, comme
je l'écrirais quasiment après le dernier épisode, mais je donnerais des
détails un peu plus tard  _________________ Fan-fiction Operation Crepuscule:Terminée
Fan-fiction Operation Aurore Boréale:Terminée
Fan-fiction Opération Eclipse : Terminée
Fan-fiction Opération Sombres Soleils: Episode 2 disponible
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Mr. Jack Disciple de Kant


Inscrit le: 18 Avr 2004 Messages: 6445 Localisation: A l'intérieur de mon sac
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Posté le: Jeu 05 Juin 2008 - 14:41 Sujet du message: |
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Encore quelques précisions sur le dernier épisode.
Les 3/4 sont écrits, et l'épisode sera à peu près de la même longueur que le
final de l'année dernière.
Seulement il se passe énormément de choses, d'intrigues à résoudre de façon
cohérente, de n'oublier aucun détail et de conclure les plot lines des
personnages que je pense ne pas mettre les coupures pub de 5mn (ça ne signifie
pas qu'il n'y aura pas de split screen bien sûr).
Car dans le cas contraire, j'ai bien peur que l'épisode dépassera les 60mn de
temps réel, et la conclusion de certaines intrigues pourraient paraitre
baclé.
Il me reste encore beaucoup de travail de relecture et de correction, car je
veux vraiment que ça fasse un bloc uni avec le reste, particulièrement
l'épisode 23, qui est en quelque sorte la première partie du final.  _________________ Fan-fiction Operation Crepuscule:Terminée
Fan-fiction Operation Aurore Boréale:Terminée
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Mr. Jack Disciple de Kant


Inscrit le: 18 Avr 2004 Messages: 6445 Localisation: A l'intérieur de mon sac
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Posté le: Mer 18 Juin 2008 - 17:50 Sujet du message: |
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Episode terminé ce soir, et je vais tenter une publication dans la nuit, même
s'il me reste un gros travail de correction et de publication.
Mais comme je pars demain en vacances, faut que je boucle ça avant, afin de
commencer la saison 4 (et oui, enfin !) dans la semaine.
En tout cas, je peux affirmer avec certitude qu'il s'agit d'un des épisodes
les plus riches que j'ai fait, énormément de révelations et de nouvelles
pistes pour la saison à venir, et j'ai vraiment cherché à y placer tous les
ingrédients pour que les attentes des fans de 24 soient ravis  _________________ Fan-fiction Operation Crepuscule:Terminée
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Mr. Jack Disciple de Kant


Inscrit le: 18 Avr 2004 Messages: 6445 Localisation: A l'intérieur de mon sac
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Posté le: Ven 20 Juin 2008 - 0:14 Sujet du message: |
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L'épisode 24 est disponible ainsi que le fichier en format rar qui comprend
tous les épisodes
Tout a été dit précedemment, il n'y a pas grand chose à rajouter. De l'action,
du suspens, des rebondissements, un cocktail assez explosif en perspective
Beaucoup de réponses, beaucoup de nouvelles questions aussi pour la saison à
venir.
En conséquent, l'épisode est plus long que les précédents, mais je pense que
si vous êtes allé jusque là, vous n'allez pas vous arrêter à un épisode de la
fin
Et puis je ne fais pas ça pour vous faire chier. C'est vraiment très
particulier car il me restait beaucoup (trop ?) d'intrigues à conclure, et
peut-être qu'en 2 épisodes, ça serait mieux passé...
Quoiqu'il en soit, au niveau du temps réel, ça équivaut à 1h
Puis ce n'est pas comme si c'était quelques pages de lectures barbantes,
chaque scène et dialogues sont vraiment importants dans cet épisode, et
j'espère que vous prendrez de plaisir à le lire.
Je vais le présenter en 2 posts à cause de la coupure inexpliquée qui survient
toujours en fin de post. Je vais tâcher de livrer une bonne présentation.
Niveau ambiance, j'ai pas mal écouté la B.O. de Metal Gear Solid 4 en
écrivant, donc j'y ai intégré cinq musiques du jeu en liens. A vous de voir
pour les écouter ou pas...
Même procédé que d'habitude, hormis un morceau (Paradise Lost), où j'ai mis un
lien rapidshare puisque la taille dépassait 2 Mo.
Pour le reste, il y en a 2 à télécharger sur mon hébergeur et trois autres à
découvrir sur des liens Youtube.
J'ai mis beaucoup d'énergie dans cet épisode (et dans la saison toute enitère
bien sûr), j'espère vraiment qu'il vous plaira, et je ne reste pas fermé à
entendre vos critiques, je sais qu'il y en a, c'est de loin pas parfait,
surtout au niveau du style.
Néanmoins, je crois avoir fait pas mal de progrès depuis le début de la
saison. L'écriture de cette fan-fiction est un bon exercice au travail
d'écrivain.
J'ai toujours dit que les bons écrivains sont ceux qui savent dire beaucoup de
choses en peu de phrases, donc avec un vocabulaire très précis et descriptif,
ce qui suppose de bien maîtriser la langue. Je sens que ce mécanisme vient peu
à peu, même s'il me reste beaucoup de choses à améliorer (et je suis encore
très loin de bien maîtriser la langue ). Et je n'aurais pas la prétention de me dire
écrivain ( ) , mais j'essaie de me corriger sans cesse pour justement en
dire beaucoup avec peu et éviter en même temps que la taille de l'épisode soit
trop conséquente (ce que j'ai raté pour l'occasion ). Peut-être que
je m'appuie un peu plus sur le travail d'auteur des idées. Je n'ai jamais été
excellent dans l'écriture, mais j'espère quand même m'améliorer dans ce
domaine...
En tout cas, je suis content d'avoir fini cette saison, et j'en suis assez
fièr car elle représente deux ans de travail qui n'ont pas toujours été
simples à gérer avec le travail à côté...
Et donc je m'excuse une dernière fois d'avoir fait attendre mes lecteurs avec
de grands retards...
Je vais faire tout mon possible pour que ce soit plus régulier avec la saison
4 (même si en théorie, j'aurais plus de boulot pour les cours).
Je me fixe le premier objectif d'un épisode toutes les deux semaines. Cela
implique donc des épisodes plus courts, qui ne dépassent pas les 15 pages, ce
qui est déja beaucoup.
Le second objectif est de taille, tout simplement proposer une saison d'une
qualité encore meilleure que celle-çi. Car si à mon sens, je le répète, il y a
énormement de choses à corriger au niveau du style, j'ai vraiment essayer de
pousser toujours plus loin ma créativité et de créer un univers cohérent où
beaucoup de choses sont reliés, sans pour autant aspirer à la théorie du
complot parfaite.
Je vois quand même mal comment je pourrais proposer quelque chose de plus
complet (après les histoires peuvent ne pas plair c'est sûr ! ), dans la
mesure où si j'aurais vu que les épisodes pouvaient encore être comblés
scénaristiquement parlant, je l'aurais fais d'avantage. Il est hors de
question de poster un épisode dont je suis insatisfait, où si je juge que
j'aurais pu faire mieux (car souvent, on remarque les erreurs après coup ! ).
Et je ne peux pas me permettre de repasser toute la saison au peigne fin en
corrigeant ce qui est moins bien.
Mais bon, si de votre opinion, ça pourrait encore être plus complet
j'apprécierais bien une petite discussion pour voir quelles seraient les
failles
Il y a forcément quelques storylines que je regrette un peu plus, et d'autres
dont je suis plus fièr, mais j'ai réussi à gommer presque intégralement cette
erreur faite en saison 2, à savoir écrire des intrigues qui me plaisaient
moyennement.
Je crois que ce qui m'a de plus en plus déterminé à écrire avec le temps,
c'est justement de faire quelque chose qui me plaise de plus en plus,
notamment parce que c'est mieux amené, mieux formulé littérairement, que ça
implique la réalité historique parfois...
D'où l'ambition d'écrire une saison 4 qui convient parfaitement à mes
attentes, ce qui n'est pas chose facile puisque je vois régulièrement des
choses à critiquer
Mais sans l'idée d'un challenge, je ne peux pas progresser, et il n'y aurait
plus aucun intéret. Il me reste encore un long chemin à parcourir, et je ferai
tout pour qu'il ne s'arrête pas après l'écriture de la saison 4  _________________ Fan-fiction Operation Crepuscule:Terminée
Fan-fiction Operation Aurore Boréale:Terminée
Fan-fiction Opération Eclipse : Terminée
Fan-fiction Opération Sombres Soleils: Episode 2 disponible
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Mr. Jack Disciple de Kant


Inscrit le: 18 Avr 2004 Messages: 6445 Localisation: A l'intérieur de mon sac
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Posté le: Ven 20 Juin 2008 - 1:07 Sujet du message: |
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Précédemment dans
la fan-fiction " Opération Eclipse " :
Afin de localiser Tony, Jack décida de
retourner auprès de Cassandra, en étant finalement convaincu, par logique,
qu'elle était dans son camp. De plus, grâce aux indications de Linda Radford,
qui connaissait la zone où pouvait siéger Bergman, Michelle prépara une
opération sur la zone en question. Coordonnée avec la cellule de Washington,
Caïn devait s'en charger après avoir réglé les relations conflictuelles avec
le ministre coréen, mécontent d’ignorer où se trouvait Kao - San Lee. En même
temps, Caïn se chargeait de médiatiser l'affaire des prisons clandestines,
dont une se situait en Biélorussie, en espérant que Lane soit tenu pour
responsable après son éviction, sur le point de se faire.
En Biélorussie, au studio télévisé national, Vargas, le vieil ami de Drakov se
servait du président Yechevko, de Morrow et Matters, puis de quelques civils
pris en otages pour diffuser l'information expliquant qu'il prenait la tête du
pays, en précisant que son ambition était de dénoncer la présence des prisons
secrètes, pour en réalité, empêcher l'ennemi américaine de tenter toute
intervention. Préoccupés par le procès désiré par l'ONU, les USA étaient
obligés de répondre aux exigences de Drakov et Vargas s'ils ne voulaient pas
que l'affaire se médiatise. Pourtant, d'après Rosenberg, cela faisait toujours
parti du plan.
Etrangement, ce dernier ordonna à Jack et Cassandra, sur place, cachés,
d'intervenir et d'éliminer la menace Vargas, malgré les risques, comme s'il
souhaitait bien que les américains soient pointés du doigt suite à l'existence
de ces prisons. Drakov emmena Lyle Davies dans l'une d'elles, qui ressemblait
plus à un camp de concentration qu'à une prison. Sans même hésiter, le
biélorusse élimina le delta, qui succomba au gaz mortel.
Rosenberg n'avait plus qu'à gérer le cas Radford/Lane, puis Caïn. Au lieu
d'éliminer l'ancien directeur Delta, il le laissa aux mains de Palmer en lui
demanda de jouer un double jeu et de devenir agent de désinformation pour
éviter que Lane ne craque. Cela lui évitait aussi d'être supprimé par les
russes. En même temps, Novick s'assura que Scamps livre son témoignage sur le
président du Congrès pour le décrédibiliser médiatiquement. Il prit donc la
décision d'éliminer Carl Webb, sans en avertir Palmer.
Concernant Caïn, Bergman avait demandé à Tony de faire office d'informateur
pour envoyer l'agent fédéral sur de fausses pistes. Pourtant, il ignorait tout
au sujet du prince Nazr: Caïn lui avait demandé de fournir un enregistrement
évoquant le lien entre Lane et Idéon, et la pression que le consortium
exerçait sur les pays du Moyen-Orient, pression qui les obligeaient à baisser
les exportations de pétrole en Europe pour enrichir Idéon, ce qui avait attisé
la colère de la Biélorussie. Suite à leur décision d'arrêter la vente d'armes,
fournies par les russes à l'origine, vers le Moyen-Orient, Nazr a alerté la
Russie, qui s'est donc chargé de couper le transport de gaz pour forcer les
biélorusses à relancer le marché. Ainsi, par cet enregistrement, Nazr espérait
livrer une garantie pour qu'Idéon et Lane cessent leur politique de
domination.
Episode 24 : (
01h00 - 02h00 )
Ces événements se déroulent le jour de l'opération Eclipse, entre 1h et 2h,
heure biélorusse.
La guerre avait changée.
Le regard vide, Mikhael Drakov contemplait le cadavre de Davies, gisant au
milieu de la chambre à gaz.
La souffrance était devenue presque invisible, les mots inexistants, le
silence l'emportait toujours après la souffrance et les cris. On avait honte
de cette réalité, même le souvenir en était trop brutal, et Drakov ne le
savait que trop bien. Rien n'était plus dur que de supporter ce lourd silence,
d'enfermer toute peine, tout souvenir au fond de soi et d'oublier qu'elle
sommeillait toujours au fond de nous.
Dans toute son activité violente, le silence cristallisait les peurs et toute
opportunité de dialogue.
Le mensonge et le secret l'emportaient bien trop souvent. Pourtant, la guerre
était encore là, aussi invisible qu'on se forçait à le croire.
- " Vous en êtes sûr ? ", s'interrogea le ministre coréen au
téléphone " ... bien, je vais avertir Palmer de votre décision "
Il se leva de la banquette arrière et retourna sous le déluge incessant, pour
informer le président de sa décision au sujet de Lee.
- " M. Palmer, sachez que je viens d'apprendre de bonne source que notre
homme pourrait avoir été torturé, voir pire, assassiné. Etant donné la
situation, je ne vous laisse pas le bénéfice du doute, et mon pays a décidé de
contre-attaquer immédiatement "
- " Que voulez-vous dire par là ? "
- " Je crois savoir que l'ONU compte vous mener en procès après votre
opération clandestine en Biélorussie. Nous avons pris position auprès d'eux,
et nous allons les soutenir dans ce processus en leur délivrant certaines
preuves de votre implication intolérable là dedans "
- " Mon implication ?? Il y a quelques heures encore, je n'étais pas au
courant de cette opération ! C'est insensé ! ", sous l'attention de Caïn
- " Vous êtes lié d'une façon ou d'une autre à M. Radford et à M.
Rosenberg, qui avaient connaissance de toute cette affaire. Croyez-moi, ces
informations seront suffisantes pour produire un retrait de vos troupes
partout dans le monde, et stopper votre propagande "
- " Je ne tolèrerais pas un instant de plus vos menaces ! Vous savez
comme moi de quoi nous sommes capables... "
- " Je sais surtout ce dont vous n'êtes pas capable, et vous n'êtes pas
en position de riposter contre nous avec ce qui vous arrive aujourd'hui.
Malgré l'heure tardive, je vous donne un délai d'une heure pour me prouver que
M. Lee va bien. Passé ce délai, la vérité sera révélée, je vous le promets M.
Palmer ! "
C'était sans appel que le coréen retourna dans sa voiture, n'ayant plus la
patience d'attendre un retour miracle de Lee, qui avait bien été assassiné,
décision qui allait bientôt se retourner contre Rosenberg, pourtant si
confiant à l'issue de cette journée.
- " Vous pouvez me rendre un service Danny ? "
- " Bien entendu Monsieur ", en avançant vers le jet qui
l'attendait
- " Contactez les Deltas au plus vite, ordre d'extraction immédiat. Si la
Corée fourre son nez là dedans, ça sentira mauvais pour nous "
- " Entendu. Mais qui s'occupera de la prise otages ? "
- " J'ai deux deltas à l'intérieur du studio, mais nous ne pouvons plus
attendre. Et même si nous agissons, la Corée va découvrir que nous étions sur
place "
- " Pas si nous passons pour l'armée biélorusse. Une fois les civils
sauvés, là nous lançons l'extraction "
- " A deux ? C'est impossible, d'autant plus que l'OTAN hésite à
intervenir...Assurez-vous qu'un hélicoptère armé les ramasse en bas du studio.
On s'occupera de Vargas plus tard "
- " Bien Monsieur "
- " Bonne chance pour votre opération. Et ramenez-moi Bergman "
Caïn pénétra à bord de l'avion qui devait l'emmener jusqu'à la base de Snake
River, entre Washington et le siège Delta. Toute une brigade d'intervention
était déjà prête, sous le commandement de l'agent fédéral qui s'impatientait,
prêt à tout pour découvrir la signification de cette Coalition.
[01:05:13]
Scamps jouait à son enfant capricieux, persistant à ne rien dévoiler tant que
Webb n'était pas éliminé. Malgré ces mesures extrêmes, Novick avait déjà lancé
l'ordre, et s'apprêtait à tirer le maximum d'informations de Radford avant que
Lane ne soit décrédibilisé:
- " Dieu merci, sans vous je n'aurais pas donné chère de ma peau...
", signala Radford
- " Pourquoi dites-vous cela ? "
- " De sérieuses menaces de mort il y a une heure "
- " Ca pourrait expliquer les deux hommes assassinés dans le van ",
murmura Wayne à l'oreille de Novick
- " Qui, et que voulaient-ils ? "
- " Que je garde le silence. Je les connais, ils sont capables de tout
"
- " Vous voulez donc notre protection en échange de vos informations ?
", déduit le frère du président " Nous n'avons pas à négocier. Nous
avons assez pour un procès, et pour l'organisation Delta aussi ! "
Le regard de Radford oscillait entre les deux hommes face à lui.
- " Ce matin, vous avez dit aux deltas que les avions attaquant la base
étaient des TU-22. C'était faux, ils n'étaient pas identifiables. Vous
cherchiez à rendre coupable les biélorusses. Pourtant, d'après mes
renseignements, Lane aurait avoué à la Corée que les avions étaient de
production européenne. Votre objectif était de troubler tout le monde: la
vérité, c'est que vous avez ordonné le raid aérien sur la base militaire à 3h
ce matin ", expliqua Novick
- " Qu'attendez-vous de moi ? ", sans nier
- " Nous pouvons vous éviter ce procès. Seulement, nous voulons savoir de
qui venait cet ordre. Lane n'est pas à lui seul à l'origine de tout ça. De
même que vous saviez pour Bergman et les prisons secrètes "
- " Que voulez-vous que je dise ? La CIA en a fait construire partout en
Europe. Autriche, Hongrie...Ce n'est pas de ma faute s'il a reçu l'ordre de ne
pas en parler au président ! "
- " Donc depuis le début vous étiez au courant et vous n'avez rien fait ?
"
- " Vous ne comprenez pas, notre objectif était d'attirer Drakov ! Et
nous sommes en passe de réussir "
- " Drakov ? Mais nous ignorons totalement où il est... "
- " J'ai bien disposé mes pions, mais je ne pouvais pas parler à Palmer
de notre alliance avec les russes, il n'aurait jamais été d'accord. Je n'ai
jamais perdu le contrôle des opérations, et si vous me laissez l'occasion de
retourner aux commandes, je peux vous assurer que Drakov sera à nous dans la
journée ! "
- " Arrêtez vos mensonges, vous êtes encore de mèche avec Bergman !
", s'indigna Palmer
- " Bergman n'est pas à la tête de la CIA pour rien, il tient vraiment à
Drakov, ça a toujours été son objectif ! "
- " Dans ce cas dites-nous où il se trouve et nous en discuterons avec
lui "
Leur révéler l'emplacement du siège était le seul moyen de regagner leur
confiance, et il savait que si l'information s'échangeait, Bergman allait
apprendre qu'on préparait une intervention et allait donc avoir le temps de
s'échapper.
- " Base de Snake River, quartier nord, 3ème sous-sol "
- " C'est ce que la cellule m'a dit ", confirma Wayne " Si on
met la main dessus, on pourrait découvrir ses connections russes. Et si jamais
Bergman s'avère être un agent double... "
- " Bien sûr que non ! Il en sait plus sur eux que l'inverse. Maintenant
écoutez-moi bien, nous n'avons plus beaucoup de temps. Je dois connaitre la
situation à Minsk et savoir comment sont disposés mes hommes. Nous avons
encore une chance de retrouver Drakov, et Vargas par la même occasion "
- " Comment ? "
- " Par une connaissance commune... "
La panique ne cessait d'accroître au studio qui surplombait Minsk, point
d'apogée où tout se jouait en ce moment. Matters et Morrow se préparaient à
une potentielle intervention des deltas, tandis que Vargas venait tout juste
de terminer son discours, en précisant certains points sur son accession à la
présidence:
- " Qu'est-ce qui est prévu maintenant ? ", demanda son second
- " Je vais m'envoler pour la résidence. J'attends de voir si les
américains réagissent "
- " Combien de temps on garde les otages ? "
- " Je dois être hors d'atteinte. Les américains voudront m'éliminer. Si
c'est le cas, tuez les plus jeunes en premier "
- " Et pour Yechevko ? "
- " On ne peut pas le tuer publiquement "
- " Les gens savent que nous le tenons... "
- " J'ai précisé que s'il est ici, c'est pour éviter tout offensive
rebelle, et pour le tenir loin des russes "
Derrière le conduit au niveau de la régie, Cassandra était restée en contact
avec McGrady, qui recevait ses ordres directement de Rosenberg. Jack évaluait
la situation en se préparant à une intervention comme le secrétaire d'Etat
l'avait exigé:
- " Onze hommes armés en visuel, plus ceux qui sont dans le couloir et la
vingtaine à l'extérieur ", calcula le capitaine
- " Quand ça ? ", chuchota t-elle en replaçant son oreillette
- " Tout de suite, ordre du président. L'hélicoptère sera là dans moins
dans dix minutes, alors vous devez éliminer Romanenko maintenant ! ",
exigea l'agent de liaison
- " On ne peut pas faire ça en dix minutes ! Ils sont une dizaine d'après
Jack, et juste à l'intérieur "
- " Je répète, Palmer exige une extraction immédiate ! "
- " Quel est le point d'exfiltration ? ", demanda Jack
- " 800m au sud-ouest du studio, la garde est relâchée et il y a un
terrain plat "
- " Quel est le modèle ? "
- " Un AH-64 Apache "
- " On va faire autrement alors... ", suggéra le delta avec une idée
en tête
Transpirant, Vargas fixait les dernières consignes avant de partir du studio.
Cassandra gardait un oeil sur lui.
A la CAT de Los Angeles, les portes d'accès à l'extérieur s'ouvraient enfin
après plusieurs heures de cellule de crise, Palmer ayant exigé une baisse du
niveau d'alerte pour stopper le contrôle étouffant de la CIA.
Le directeur de la Division, Ryan Chapelle, qui était annoncé depuis plus
d'une heure entrait enfin dans ces bureaux qu'il aimait diriger avec tant de
fermeté et d'aigreur.
- " On est bien d'accord, personne ne doit savoir pour cette intervention
? ", s'accorda t-elle par téléphone
- " Personne ne sait, surtout pas Bergman. Je vais arriver à Snake River
dans une quinzaine de minute et le prendre de surprise "
- " Faites vite, nous n'avons plus beaucoup de temps ! D'ici peu, la CIA
va l'apprendre, d'une façon ou d'une autre !
- " Faites-moi confiance "
- " Je dois vous laisser "
- " Ah, Michelle, vous avez reçu mon message je suppose ? ",
questionna Chapelle en se précipitant sur elle
- " Au sujet de Mack, qui a été relaxé ? "
- " C'est exact. D'après lui, Chase l'aurait manipulé pour mettre fin à
la cellule de crise "
- " Ce n'est pas possible ", intervint Chase, derrière le directeur
- " Pourquoi donc ? "
- " Parce que je travaille avec la CIA. Ils m'ont placé ici pour
surveiller Tony ", avoua t-il
- " Ca risque de vous coûter cher, vous auriez dû nous en informer !
"
- " Pas selon la CIA. Ils ont exigés que ça reste secret. Ca faisait
parti des conditions pour que je reste ici. Maintenant si vous voulez me
mettre des bâtons dans les roues, faites-le, mais nous devons retrouver Tony
au plus vite "
- " Des pistes ? ", pour ne pas évoquer la sanction qu'il allait
imposer
- " Aucune pour le moment, mais la CIA et le FBI seraient sur quelque
chose. Pour le moment l'ordre est de lister les potentiels terroristes
biélorusses et russes présents à L.A "
- " Vous me ferez un débriefing complet dans 1h, pour l'instant je dois
m'entretenir avec l'agent Barney et voir ce que l'enquête sur Almeida a donné
"
Dès que Chapelle avait le dos tourné, les deux agents s'isolaient derrière un
poste libre.
- " Tout devient clair maintenant...la CIA avait placée Mack dans
l'éventualité d'une cellule de crise pour nous surveiller ", déduit-elle
- " Mais à quoi j'aurais pu servir alors ? "
- " Je ne sais pas, la CIA te testait peut-être... "
- " Me tester ? J'ai passé l'âge d'être un pion, je ne suis à la solde de
personne... ", presque vexé
- " On l'est tous Chase "
- " Quand on a peur du destin peut-être. Mais je sais où je vais, et j'ai
suffisamment d'expérience pour être un bon agent de terrain "
- " Je ne dis pas le contraire, mais tu ne sais pas ce qui peut arriver,
la vie nous joue des tours. Il suffit d'un accident sur le terrain et du jour
au lendemain, nous prenons une autre direction "
- " Il ne m'arrivera rien crois-moi. Et si quelqu'un tente de me tester,
je découvrirais qui "
Chase semblait obstiné à poursuivre la même quête que Jack avait entamé
quelques années auparavant, prêt à tout pour découvrir les personnes à
l'origine des mécanismes qui régissaient ce système corrompu, prêt à faire
émerger sa morale patriotique, prêt à se lancer à corps perdu au combat.
C'était bien dans ce processus que se situait le tragique. Cette situation se
répétait au fil des générations, et combien d'hommes finissaient désenchantés
d'avoir perdu tant d'années à s'investir dans une quête qui n'était au fond
qu'une spirale infinie.
En voyant que la situation était devenue inespérée, Cassandra n'était plus
aussi favorable qu'auparavant à intervenir par action directe:
- " Yechevko n'est pas notre responsabilité, le mieux à faire pour notre
gouvernement est de laisser l'OTAN tenter une intervention, mais ils ne le
feront pas ", expliqua Jack
- " Mais si nous sauvons Yechevko, il nous sera reconnaissant, et
pourrait abandonner les charges contre la violation territoriale "
- " C'est pour ça que nous devons le faire, même si Palmer n'est pas
d'accord "
- " Tu as entendu McGrady, nous devons partir tout de suite ! "
- " Je ne laisserais pas Jason et James ici ! "
- " Je sais, mais il y aura trop victimes...et on sera jugé dès notre
retour "
- " Ce n'est plus question de patriotisme. L'Europe entière dépend de la
survie de Yechevko, ainsi que l'influence exercée par la Russie. Je ne me bats
pas pour un homme mais pour des valeurs. Si on arrête pas ça tout de suite, la
Biélorussie va continuer de se transformer en dictature et ils peuvent dire
adieu à leur indépendance ! Ce n'est pas les mérites que tu vantais ? "
- " Ce n'est pas parce que l'indépendance a toujours fait des morts que
nous sommes obligés de passer par là "
- " On ne peut pas épargner nos ennemis, le temps nous est compté et si
on agit pas maintenant, et de cette manière, il sera trop tard ! "
- " Tu crois vraiment qu'on peut réussir à nous deux, sans faire de
dommage civils ? "
- " J'en suis certain ", en enfonçant le chargeur de son arme d'un
coup sec
Un camion militaire attendait déjà Caïn près
de la base de Snake River.
Matters avait identifié la situation des quatre soldats autour de lui.
Vargas faisait les cent pas en attendant que la passation de pouvoir soit
proclamée par le nouveau juge.
Novick discutait au téléphone, probablement au sujet de Scamps.
Carl Webb parcourait une ruelle déserte de Chicago.
[01:12:45]
- " Monsieur Webb, agent Hayter, CIA ", en montrant sa plaque "
Et voici l'agent Veda "
L'ancien bras droit de Palmer, lorsqu'il était encore sénateur, tâchait de ne
pas montrer son étonnement ni le moindre signe de culpabilité.
- " Messieurs "
- " Veuillez venir avec nous je vous prie "
- " J'ai fait quelque chose ? "
- " Suivez-nous s'il vous plait "
Plus rangé depuis sa mutation aux Affaires Internes, Webb n'avait aucune
raison de s'inquiéter, et exécuta la demande des fédéraux.
Wayne Palmer sentait dans la voix de Radford qu'il restait encore attaché à
son ultime objectif, et qu'il ne lâcherait pas l'affaire de sitôt.
- " Je vous en prie, mettez-moi en contact avec les Deltas, je sais
comment avoir Drakov ", argumenta l'ex-directeur des opérations
spéciales
Novick demeurait embarrassé.
- " Je vais contacter Palmer et voir ce que je peux faire. Mais
l'hélicoptère est déjà sur le point de les ramasser "
En voyant que Vargas allait officiellement être déclaré président d'une
seconde à l'autre, les Deltas ne pouvait plus perdre une seconde, pris entre
les exigences de Rosenberg d'un côté, et de Palmer de l'autre.
Piste n°1: Infinite Loop
- " On va intervenir d'ici ", ordonna le capitaine Delta " En
lançant un grenade flash, ça va aveugler les hommes de Vargas mais pas les
otages "
- " Comment éliminer ceux qui les surveillent ? "
- " Je lance un signal à Matters, je me concentre sur eux en premier.
T'as encore des grenades ? "
- " Oui, quatre ", affirma Cassandra
- " Prend-les pour les six hommes devant le décor ", en dévissant la
grille avec un cruciforme intégré à son couteau
- " Ca ne te fais donc rien de tuer Vargas de sang froid ? Je croyais que
tu avais changé... "
- " Ce n'est pas gratuit. On peut sauver un pays de la dictature "
- " Il y a de la monstruosité en chacun de nous, je veux juste... "
- " Je sais... maintenant on doit y aller avant qu'il ne soit trop tard.
McGrady, vous nous recevez ? ", en empruntant l'oreillette de Cassandra,
afin de ne pas se faire repérer avec le brouillage radio
- " Affirmatif, vous êtes prêt pour intervenir ? "
- " Si l'hélicoptère est prêt, oui ! "
Quelques secondes plus tard, Vargas se dirigea vers la sortie, alerté par un
de ses hommes.
- " Ses hommes ont dû repérer l'hélico ", remarqua Jack
- " J'ordonne quand même le lancement des missiles ! ", confirma
l'agent de liaison
Malgré l'orage naissant, l'AH-64 planait au dessus du studio télévisé, sous
les regards surpris des soldats, qui croyaient sans doute à une attaque du
gouvernement.
Soudainement, l'hélicoptère utilisa son canon M230 pour décimer la garde de
Vargas. L'idée de Bauer semblait marcher, en attirant les biélorusses vers
l'extérieur.
- " Qu'est-ce que c'est ? ", demanda un militaire près des otages
- " Un hélicoptère de l'armée ! ", répondit un autre en biélorusse
" Ils veulent libérer les otages ! "
- " On y va ! ", confirma Jack en prévenant Matters avec son laser
Cassandra dégoupilla la grenade flash et la balança à droite de la régie, où
se trouvaient le caméraman et les soldats qui gardaient l'entrée du plateau.
Une intense lumière aveugla les hommes armés, tandis que les deux deltas
avaient fermés les yeux au moment de l'explosion. Jack s'aida de ses mains
pour descendre au sol, et tira sur l'homme derrière Yechevko puis sur un autre
derrière une famille de civils.
Après avoir prévenu Morrow de l'intervention, Matters se roula en arrière afin
de saisir le militaire derrière lui, au niveau des mollets, en le faisant
chuter par l'étreinte de ses jambes, et puis livra un coup de coude sur sa
pomme d'Adam. Dès lors, un autre homme lui sauta dessus, stoppé par une balle
qui Jack lui avait logé dans la jambe, puis achevé par Matters qui l'étrangla
avant de lui briser la nuque, malgré les mains liées.
Morrow en profita pour lui prendre son canif, accroché au mollet, malgré ses
deux mains attachées derrière le dos. Il se détacha, puis Matters ensuite,
alors que Jack avait éliminé les deux autres soldats postés à l'étage, prêts à
tirer sur les otages. Morrow veilla à sécuriser un partie des otages quand
soudain, l'un d'eux reçu une balle perdue. Quelques secondes plus tard, un
soldat tira volontairement sur un jeune homme, provoquant le désarroi de Jack.
Sans s'y attendre, un biélorusse l'attrapa par derrière, et chercha à mettre
le delta à terre. Alors que le militaire était toujours debout, derrière Jack,
une main autour de son cou, l'autre sur son torse, le capitaine l'asséna d'un
coup de pied au visage d'un mouvement rapide en arrière, puis se releva en le
frappant de son pied gauche en pleine tête.
De son côté, Cassandra hésita à jeter une grenade, l'espace d'un instant,
alors que les soldats arrivaient en surnombre, puis se décida à la balancer
vers l'entrée, pour empêcher l'arrivée d'autres gardes.
La déflagration projeta Jack contre le cadavre d'un des mercenaires exécuté.
Dès que la résonance s'estompa, le bruit des tirs libérés par l'hélicoptère
refit surface.
[01:17:25]
Sur la côte est, l'avion de Caïn venait d'atterrir. Sans perdre une seconde,
il descendit sur la terre ferme et rejoint l'unité d'élite qui l'attendait
pour monter à bord d'un hélicoptère, décidément utile dans une journée
pareille. Son téléphone vibra au moment de monter. Il constata que Brainer
cherchait à l'appeler depuis un bon moment:
- " Kurt, du neuf ? "
- " Pas qu'un peu. Nos analystes ont cherchés à rassembler les donnés
corrompues prises sur le serveur de la CIA. Quelques noms incompréhensibles
apparaissent, mais il y en a un qui revient souvent "
- " Lequel ? "
- " La Coalition. Entièrement sur les messages à très haut cryptage. Je
crois que seul Bergman et quelques autres y avaient accès "
- " Tu crois que c'est lié à Nazr ? "
- " On va le savoir dans peu de temps. Mais le nom de Lane apparaît dans
le même dossier. Ainsi que le code CA3. On cherche ce que ça pourrait être
"
- " Bergman pourra nous en dire plus. Préviens Palmer, il pourra
peut-être faire parler Lane!"
- " Message reçu ! "
Brainer consulta sa montre, craintif que Nazr renonce à ses aveux. Il
s'agissait à l'heure actuelle de la dernière option pour justifier les actes
des russes à travers le marché qu'ils voulaient tenir avec le Moyen-Orient, et
sans le prince arabe, Idéon allait garder toute son influence.
Jack s'approcha d'Anatoli Yechevko, plaçant amicalement sa main dans le dos.
- " M. le président, vous allez bien ? "
- " Qu'est-ce qu'il se passe dehors ? "
- " Un de nos hélicoptère ! Malheureusement, la priorité est Vargas
d'après mon gouvernement. Pouvez-vous vous occupez des otages et prévenir une
intervention de sauvetage ? "
- " Ou...oui sans doute, mais les soldats contrôlent la ville ! "
- " Le président Palmer négocie avec l'OTAN pour envoyer des troupes dès
que possible. La mis en suspens de l'Organisation semble ralentir les choses,
mais nous allons sortir le pays de cette crise. On va vous mettre en relation
avec le président. Pour le moment, nous devons nous occuper de Vargas avant
qu'il ne s'échappe "
- " Je comprends... "
- " Jack attention ! ", hurla Morrow en surprenant un tireur ennemi
placé à l'étage
Le delta sauta presque par instinct sur son capitaine, en se prenant une balle
à l'épaule. Cassandra élimina aussitôt la menace.
- " Jason ! ", en regardant la blessure
- " C'est rien "
- " Agent Evans, vous me recevez ? "
- " Qui est-ce ? ", demanda Morrow à Cassandra
- " Le pilote de l'hélicoptère. McGrady m'a mis en relation. La situation
est quasiment dégagée ici, mais le principal suspect est monté à bord d'un
hélicoptère lui aussi "
Elle transmis alors le message au reste de l'équipe, qui prévenait les otages
de la situation, tout en les libérant.
- " Combien d'hommes peuvent monter sur le votre ? "
- " Cinq maximum "
- " Alors tenez-vous prêt, on sera dehors dans 1mn ! ", ordonna
Cassandra
- " Mais ce ne sont... "
A peine venait-elle de mettre un terme à la liaison qu'elle alerta les deltas
de la situation. Jack n'appréciait pas de laisser les civils et Yechevko ici,
mais il fallait à tout prix attraper Vargas avant la passation de pouvoir.
- " Ici Bauer, vous me recevez McGrady ? "
- " La liaison est mauvaise... "
- " Combien reste-il d'hommes ? ", presque en hurlant
- " J'en compte...3...5..., tous à l'abri dans le couloir d'entrée
", grâce au scan thermique
- " Ecartez-vous ! ", aux civils " M. Yechevko, emmenez-les
dans une pièce sûre "
- " Bien... "
Jack chercha tout autour de lui et attrapa l'extincteur le plus proche, afin
d'éteindre le feu dans le couloir. Une fois fait, il laissa le champ libre aux
hommes de Vargas.
- " Je me rends ", feint Matters, les mains en l'air, derrière un
bureau
Les deux biélorusses qui étaient entrés en premier eurent droit à une surprise
qui les avait conduit à la mort...Cassandra et Jack s'étaient parfaitement
placé pour les éliminer d'entrée de jeu.
Morrow, qui avait récupéré un fusil d'assaut parvint à achever les deux autres
hommes dans le couloir, qui n'avait nulle part où se cacher. Ironiquement, le
dernier soldat s'avouait vaincu et se rendait aux deltas.
Alors que Cassandra s'apprêtait à le laisser sauf, Matters le tua froidement
d'une balle en plein poumon.
- " Simple précaution... ", en se dirigeant vers la sortie en
premier
Bergman ne suspectait pas la moindre intervention, en train de consulter les
dernières requêtes informatiques de Tony. Caïn n'était plus très loin.
L'hélicoptère était resté en hauteur, à un mètre. Matters monta le premier,
secondé par Cassandra, et puis Morrow, qui regardait l'hélicoptère de Vargas
s'éloigner.
A l'intérieur, Jack donnait les derniers objectifs à Yechevko, pour ne pas lui
laisser un sentiment d'abandon.
- " Ne vous inquiétez, Vargas doit être la priorité. Si jamais il vous
échappe, la Russie n'hésitera pas à annexer l'est du pays pour dénoncer
l'existence de ces prisons "
- " Dites-moi juste une chose, c'était réellement votre idée ? ",
s'informa Jack
- " C'est votre gouvernement qui a construit ces prisons, la CIA plus
exactement. A croire qu'il ne se doutait pas que la Biélorussie et Vargas
allaient retourner leur veste "
- " Et si les russes avaient fait ça pour que la Biélorussie ne se
tournent pas vers nous ? Avec le pacte de Lane, les relations étaient
menaçantes pour les russes, qui ont décidés de couper le gaz en s'assurant que
jusqu'au bout, la Biélorussie dénoncera ces prisons. L'Europe fait alors
pression sur votre pays, et vous n'avez pas le choix, vous devez suivre le
plan de Vargas "
- " Si je suis au pouvoir, c'est grâce à eux et leur fonds. Ils voulaient
que je ne renégocie pas les prix du gaz, pour s'assurer de l'embargo jusqu'à
admettre notre dépendance envers eux. Mais croyez-moi, Vargas ne se laissera
pas faire. Il a d'autres idées en tête, et vous devez l'arrêter maintenant !
"
- " Il est à nous M. le président ", en se précipitant dehors
[01:23:56]
A quelques mètres de la base de Snake River, deux hélicoptères survolaient la
zone déserte, presque plongée dans le noir jusqu'à l'entrée du secteur
militaire, hormis la lumière portée par les phares qui guidait le camion en
dessous. Caïn croisait les doigts en espérant que Bergman ne s'était pas
volatilisé, car il restait son dernier espoir pour mettre un terme à cette
opération médiatique, et comme Newell le préconisait, stopper le mal à sa
racine.
- " Agent Caïn, vous êtes prêt pour l'intervention ? ", demande le
pilote
- " Vous pouvez entrer dans la base ! ", en finissant d'accrocher
son gilet pare-balles
- " Attendez, un appel pour vous "
- " On a plus le temps ! Dans 2mn on se pose sur le terrain du quartier
nord ! "
- " C'est urgent apparemment, un certain Mike Newell "
- " Merde...passez-le moi "
Caïn saisit le casque relié à l'ordinateur de bord.
- " Mike, je vais intervenir ! "
- " J'en ai pour une minute ! Le Washington Post aurait des informations
sur toi d'après une source inconnue. Je pense qu'il s'agit d'Eve Thompson,
elle travaille toujours pour Lane à mon avis ! "
- " Qu'est-ce qu'ils savent ? "
- " Ils disent que tu es impliqué dans cette affaire de suicide mais que
ça pourrait être une couverture. Et le mot Crépuscule revient de plus en
plus... "
- " Qu'est-ce qu'on peut faire ? "
- " Une conférence de presse au plus vite, et trouver pourquoi la
conseillère de Lane veut t'évincer "
- " Parce que ces personnes savent que je suis prêt de découvrir la
vérité ! ", plus qu'à 100m de la base
- " Il va falloir riposter Danny, et avec du concret. Cette histoire de
prisons a ses avantages..."
- " Ca a l'air suffisamment gros pour nous faire gagner du temps et
retenir la presse. C'est peut-être beaucoup demandé, mais j'aimerais que tu
t'occupes du témoignage de Nazr. Arrange-toi avec Brainer, il te dira tout
"
- " Bon sang...ça prend des proportions qu'on ne pourra pas maîtriser...
"
- " Je te laisse, on va atterrir ", en rendant le casque
Une fois Jack à bord, le pilote était paré au décollage, se dirigeant vers
l'ouest afin d'extraire les deltas comme prévu. Conscient des enjeux, le
capitaine livra les nouveaux ordres, armé de son 9mm:
- " Je veux suivre l'hélicoptère là bas ", en le menaçant
- " Le président a été formel, je... "
- " Ne discutez pas ! Si on arrête pas cet homme maintenant, le pays sera
plongé dans un embargo sans fin et l'Europe restera en crise ", argumenta
Cassandra " Nous en prenons la responsabilité ! "
- " La pluie est beaucoup trop forte, je ne vois rien à 100m ! "
- " Servez-vous de votre écran de contrôle ! Maintenez décollez ! ",
toujours en pointant son arme
Malgré la rage qui se déployait dans le ciel, les deltas étaient obstinés à
suivre Vargas
Dans son bureau, insouciant et apaisé, Frank Bergman, recevait un coup de fil,
en ouvrant quelques dossiers sur son ordinateur en même temps.
- " Oui. La Coalition l'avait sur écoute, c'est elle qui a tout divulguée
... ", avoua t-il " Radford avait oublié ce petit détail très
contrariant ... Non non, je ne vais plus avoir besoin de lui, je trouverais un
autre informateur ... Oui, il va partir dans peu de temps Monsieur, tout est
prêt...
De même que la garde de Vargas quelques minutes auparavant, les militaires de
Snake River étaient en alerte, se regroupant tous autour du quartier Nord où
les deux hélicoptères cherchaient à se poser. Les armes étaient déployées, et
le moindre incident pouvait causer l'ouverture des tirs.
- " Vous survolez une zone militaire du gouvernement à accès non
autorisé. Veuillez repartir immédiatement où nous ouvrons le feu ", lança
un porte-parole entendu depuis les haut-parleurs
Les faisceaux lumineux se croisaient, mêlée au vacarme militaire, ce qui
causait une certaine confusion entre les acteurs de la scène.
- " Nous investissons la base, ordre du président. Baissez vos armes et
tout ira bien ! ", déclara Caïn par mégaphone
- " Nous exigeons une confirmation officielle du Secrétaire ! "
- " Négatif, cette opération est confidentielle, nous venons arrêter un
officier supérieur pour haute trahison ! "
Il ordonna à l'hélicoptère de se poser, pour ne pas laisser à Bergman le temps
de fuir, puis une fois à terre, montra le mandat au Lieutenant colonel qui se
présentait à lui, méfiant.
- " Pour qui venez-vous ? "
- " Frank Bergman, au 3ème sous-sol "
- " Il n'y aucun Frank Bergman ici ! "
- " Contactez M. Palmer, il confirmera. Mais nous perdons du temps, et il
sera bientôt trop tard ! "
L'agent fédéral fit signe à ses troupes de le suivre et d'encercler le
bâtiment pour gérer toutes les issues. Depuis le sous-sol, les analystes, dont
Tony étaient isolés du bruit et ignoraient l'intervention qui se déroulait.
Avant le retour de Palmer, Novick tenait à s'assurer que Scamps tienne bien sa
parole de déclarer publiquement les écarts qu'avait commis Lane et ses alliés.
Il réglait les deniers points concernant l'assassinat de Carl Webb, ultime
requête de Scamps:
- " Tout est réglé concernant Carl Webb ? ", interrogea le
conseiller de Palmer, durant ses dernières minutes au sein de son
administration
- " J'ai fais comme vous avez demandé. Il faudra maintenir le silence
pendant une journée "
- " Je suis de cet avis. Je viens de prévenir la presse pour
l'intervention de David, rassemblant immédiat. Scamps livrera son témoignage
après lui "
- " Je vous envoi les photos, j'espère que Scamps y croira... "
- " C'est quelqu'un de niais, ça devrait bien se passer. Je l'espère...
"
Alors que les journalistes se préparaient
dehors, Palmer était de retour au parti démocrate.
Radford et Lane étaient séparés d'un mur de vitres, mais leurs regards en
disaient longs sur les attentes de l'autre.
A cause de la pluie battante, le pilote de l'hélicoptère peinait à apercevoir
celui de Vargas.
Drakov se dirigeait en voiture vers une villa au nord de la ville.
Caïn et ses hommes investissaient le bâtiment principal du quartier Nord.
Nazr avait terminé l'enregistrement vidéo où il faisait part de son
témoignage.
[01:28:35]
Dès l'arrivée de Palmer, Radford tenta d'éclaircir les raisons qui le feraient
revenir à la tête des opérations jusqu'à la capture de Drakov. Préoccupé par
le conflit avec les coréens, le président se montrait moins confiant que
d'habitude, conscient qu'il pouvait perdre le contrôle des choses à tout
instant. L'essentiel était là, il s'était admis qu'il n'avait jamais vraiment
maîtrisé ou gouverné ce pays, si tout dépendait des consortiums comme Idéon,
et de cette Coalition au nom intriguant.
- " J'ai programmé votre discours comme vous l'avez demandé ",
précisa Novick avant de laisser la parole à Radford " Dans 15mn devant
l'entrée du parti "
- " Et pour Scamps ? ", demanda Palmer
- " La question est réglée "
- " Bien. A nous deux maintenant M. Radford. J'ai cru comprendre que vous
suivez Mikhael Drakov à la trace ? Si c'est vrai, ça pourrait donner raison à
l'OTAN, et calmer ce conflit "
- " Alors il faudra suivre à la lettre mon plan, et sans plus tarder
"
- " Donnez-moi une bonne raison de le faire "
- " Parce que comme je vous l'avais proposé, si nous avons Drakov, nous
pourrons infiltrer le marché noir "
- " D'après lui c'était leur but depuis le début ", ajouta Novick
- " Développez... "
- " Pendant notre collaboration, nous avons mis la main sur un homme
surnommé Karamazov. Il vendait des informations confidentielles à plusieurs
grandes nations "
- " La Russie ? "
- " Par exemple. C'est justement grâce à Karamazov que nous allons
retrouver Drakov "
- " M. Novick ! ", criait Scamps depuis le bureau d'à côté
- " Que voulez-vous ? "
- " Qu'est-ce que c'est que ces photos ? "
Scamps révéla les clichés que l'homme avait envoyé à Novick quelques minutes
plus tôt. On y voyait Carl Webb à terre, mort et couvert de sang.
- " Vous faut-il mes lunettes ? "
- " Ce sont des photos truquées ! "
- " Que vous faut-il de plus ?? Dans quelques heures à la télé vous allez
entendre parler de sa mort, arrêtez donc de croire au complot "
- " Alors nous allons attendre quelques heures... "
- " Trop tard, Palmer va faire son intervention et vous allez parler.
Sinon on annule tout, et vous ne voulez pas que ça arrive... "
- " Mike, que se passe t-il ? "
- " Rien David...une précision sur ses aveux "
- " Et ces photos ? ", en s'approchant
- " Des détails sur Crépuscule, comme il le voulait "
- " Je peux jeter un coup d'oeil ? ", en tendant sa main
- " M. Palmer, Anatoli Yechevko au bout du fil ", évoqua un
bureaucrate inconnu
Le conseiller fit signe à Webb de cacher les photos. En montrant qu'il ne
voulait pas que Palmer apprenne la vérité, cela appuyait le fait que Novick
avait pu vraiment tuer Webb aux yeux de Scamps, et ce dernier se montrait un
peu moins réticent à faire sa déclaration devant la presse.
Webb ignorait les raisons de cette mascarade, mais ce dont il était sûr, c'est
qu'on lui avait sauvé la peau. La CIA le déposait devant chez lui, avec pour
ordre de ne pas donner le moindre signe de vie dans les heures à venir.
A la cellule de Washington, Brainer s'empressa de s'enfermer dans le bureau de
Caïn, en prenant le soin de fermer la porte et les stores, puis entama une
vidéoconférence à le prince Nazr, suant à cause de la chaleur, presque au
point d'en étouffer.
- " Prince Nazr, tout s'est bien passé ? "
- " Ou...oui, tout est mis sur disque. Mais je pourrais être suivi...
"
- " Quelque chose d'anormal ? "
- " Rien, mais c'est cette atmosphère... "
- " Renforcez votre garde et tout ira bien. J'ai appelé vos hommes pour
pouvoir surveiller votre palais en cas d'intrusion. Maintenant, j'aimerais
savoir, par pur précaution ce que vous avez avoué "
- " En plus de ce que j'ai dit avant, que l'opération Crépuscule avait
pour but de donner un crédit mondial au consortium de Kingsley, de le rendre
assez puissant pour faire peur aux pays du Moyen-Orient, et s'accaparer d'une
partie de leur pétrole. Je ne sais pas tout, mais c'est aussi une affaire de
désinformation. Les américains ont passés quelques marchés avec les russes et
avec nous "
- " De la désinformation ? "
- " J'en dis plus sur le disque "
- " Ca pourrait expliquer pourquoi Idéon n'a rien fait, prévenu que vous
collaboriez avec les russes, mais avec la désinformation, vous étiez trop
utile "
- " Ce n'est pas tout. La Russie a fait un pacte secret avec les USA,
dont le nom code est ParadiSe LoSt. Tout ce que je sais, c'est que Lane a
demandé à la Russie d'engager ce conflit pétrolier et gazier avec la
Biélorussie, menaçant dès lors toute l'Europe, ce qui permettait aux russes de
gagner les nanotechnologies "
- " Vous avez quelque chose qui le prouve ? "
- " Plusieurs registres qui témoignent des nouvelles exportations
pétrolières exigées par Idéon, ainsi que des conversations. Mieux encore, ça
va me demander du temps, mais je pourrais localiser l'homme qui est derrière
tout cela. Je suis persuadé que Lane travaille pour lui "
- " Qui est-ce ? "
- " Je n'ai ni son nom, ni son visage, mais je pourrais entrer en contact
avec lui. Il dirige une organisation du nom de Coalition, d'après mes
recherches "
- " Vos informations nous seront très précieuses, merci "
- " Le disque est situé... ", regardant autour si personne ne
l'écoutait " A Riyad, dans la banque Fadl Sekroui, coffre 5179, code
108-021203. Mais vous ne devriez pas tout dévoiler..."
- " Nous trierons les informations. Je ne peux pas me permettre de tout
dire au président, ce serait le mettre en danger. Restez sur vos gardes vous
aussi. Je vais essayer de vérifier si un de mes contacts peut vous surveiller
"
- " Je suis conscient des dangers, mais c'est un sacrifice que je fais
pour tout le Moyen-Orient"
- " Je vais faire tout mon possible pour mettre fin à Idéon, et découvrir
ce qu'est cette Coalition "
- " Merci infiniment M. Brainer "
- " Considérez cela comme la volonté d'une alliance durable entre nous
", esquissant un léger sourire
Le prince Nazr éteignait l'écran, puis se releva de sa chaise encore plus
dégoulinant et craintif, après s'être rassuré par la présence de ses deux
gardes du corps. Tout à l'opposé de Brainer, qui de son rictus, était persuadé
de toucher au but. L'émir parcouru quelques mètres dans un couloir de son
palais, situé au sud d'une grande cour lumineuse à cause du soleil tapant,
dont l'ombre posée sur le carrelage du corridor rendait Nazr encore plus
anxieux. Après avoir formulé un ordre en arabe à son bras droit, il constata
avec effroi que ce dernier gisait dans une marre de sang, à quelques mètres de
l'autre corps.
Pris de panique, le prince descendit les escaliers à toute vitesse, cherchant
à se rapprocher d'une zone de lumière, puis fut subitement abattu d'une balle
dans le dos. L'assassin, dont le visage restait cachée, replaçait son gant, en
prenant garde de ne pas rester à la vue des caméras. Comme Brainer le
souhaitait si fort, la fin d'un règne était annoncée.
[01:32:28]
Le calme et le silence gouvernaient le siège de la campagne démocrate. Malgré
la présence d'Anthony Lane, marqué d'une patience d'ange, chacun tentait de
ralentir la crise sans être pris de panique.
Si Novick était occupé à régler le cas Webb, et Wayne celui de Radford, David
Palmer se préparait à un dernier affront face à Lane. La fin de son
investiture avait sonné, et pour le président du Congrès, il était évident que
le bilan était le même pour son ennemi, ce qui expliquait sa sérénité. Le
charismatique président entrait dans la mezzanine, sous porte close pour
discuter seul à seul avec son rival:
Piste n'°2: Paradise Lost
- " Etes-vous un homme qui souffre M. Lane ? "
- " Pardon ? "
- " Est-ce que votre souffrance vous permet de justifier tous vos actes ?
"
- " Je ne regrette rien, j'ai milité pour des valeurs qu'il fallait
conserver. Personne n'aurait osé prendre ces risques. Vous croyez qu'en me
renvoyant, vous allez mettre fin aux crises. En réalité, ça ne fera qu'empirer
"
- " Vous n'avez pas répondu... "
- " Vous savez David, vous n'avez jamais eu la rigueur suffisante pour
cette responsabilité. Vous êtes un homme brave, mais qui ne sait pas faire les
bons choix, ceux qui sont les plus difficiles à prendre. Précisément parce que
jusqu'à la fin de la partie, on ne sait pas si ce sont les bons. Et vous, vous
avez peur de vous écarter du bon jugement du peuple. Toute la différence entre
vous et moi est là: vous n'assumez pas la certitude, sinon je ne serais pas là
aujourd'hui "
- " Je suis pourtant certain d'une chose, c'est d'aspirer à un progrès
qui se fera sans vous "
- " Pourtant tout revient encore à la guerre. Votre idéal, c'est de
stopper la crise en Biélorussie, d'identifier mes contacts, mais qu'est-ce que
ça vous apportera de découvrir qui je suis réellement, et quelles sont mes
intentions ? Vous n'en resterez pas moins statique. Il n'y a là aucun projet
de faire un meilleur pays dans le futur "
- " Puisque vous y tenez tant, je vous fait part de mon projet. Ou
plutôt, est-ce une proposition mûrement réfléchie: je vous propose de sortir
par la petite porte, sans attirer l'attention des médias, en vous plaçant dans
une maison en bord de mer, et en abandonnant toutes les charges à votre
encontre "
- " Et en échange ? ", dit-il à moitié intéressé
- " En échange, je veux savoir ce quel est cette organisation qui vous
dirige. Cela prendra effet immédiatement, mais je veux des noms. Vous savez
comme moi que vous risquez la prison à vie, et que les médias ne vous
épargneront pas "
- " Une organisation ? C'est une plaisanterie ? Je ne sais pas d'où vous
tenez ces informations mais ça n'améliorera pas votre état de santé ",
moqueur
- " Effets immédiats, je le répète. Vous avez 15mn, après ce sera la
prison, devant les photos des journalistes "
- " Vous semblez si pressé par le temps. Vous ne le voyez que comme une
contrainte, et après, vous vous parler de progrès ? "
- " Parce que je suis impatient de connaitre la vérité ! ", imposa
t-il d'un ton grave et intense
- " Vous savez ce qu'est le temps ? C'est savoir gérer les imprévus, et
c'est ce qui fait le succès des présidents n'est-ce pas ? Savoir anticiper et
agir instinctivement. La vérité, c'est que nombre d'événements aujourd'hui
n'ont pas été prévus. Il n'y a jamais de complot parfait. En toute franchise,
je ne me fais pas de soucis pour votre mandat, bien qu'il n'y en aura pas
d'autre. Vous allez le finir, mais avec un ennemi quoiqu'il arrive "
- " Vous refusez donc ma proposition ? Vous croyez que votre proposition
d'abolir les commissions parlementaires va marcher ? Vous vous trompez, je
sais que vous faites ça dans l'intérêt d'éviter tout procès aux Etas-Unis à
cause de ces prisons clandestines, que vous avez vous même crée ! "
- " Pourquoi restez-vous acharné à découvrir la vérité ? Vous n'avez rien
compris au sens du mot Eclipse... ", se vanta Lane
- " Qu'est-ce que cela signifie ? "
- " Qu'à vouloir faire l'histoire de la vérité, on finit par faire
l'histoire de l'illusion "
- " Quinze minutes. Le temps qu'il vous reste pour changer d'avis "
Palmer s'échappa de la pièce, comme sous l'emprise d'une vérité qu'il reniait
par dessus tout, et qui le conduisait à une mort lente et à un mandat dont
l'intérêt s'avérait inexistant.
- " Alors ? ", demanda Novick
- " Je ne sais plus quoi faire... ", avoua Palmer dans son propre
bureau
- " Radford nous en dira peut-être plus. Vous croyez à son histoire sur
Karamazov ? "
- " Pas vraiment. C'est peut-être une fausse piste pour m'occuper. Mais
je vais faire semblant d'y croire, et voir où ça nous mène. Radford sera
persuadé qu'on sera de son côté "
- " Si on veut l'assassiner comme il le dit, il ne nous aurait pas menti.
Je pense qu'il agit toujours pour quelqu'un, peut-être Drakov "
- " On maintient son plan. Si je lui fait croire que je mords à
l'hameçon, il va baisser sa garde"
- " Je vais lui dire de joindre les deltas ", annonça le conseiller
Depuis le studio, Yechevko avait réussi à rappeler quelques unités de sa garde
militaire pour sécuriser la zone, même si le centre-ville était encore
fortement touché par l'embargo et l'interdiction de circuler dans les rues. Le
président veilla à ce que les otages prennent le lit de la vallée pour
regagner la ville une fois la crise terminée, en comptant sur une intervention
de l'OTAN dans les jours à venir pour reprendre le contrôle des
infrastructures. Le soutien de Palmer était d'une aide précieuse, car c'était
l'opportunité pour Yechevko d'échapper à l'emprise des russes. Pourtant, le
président démocrate ignorait totalement l'alliance opérée par Lane avec la
Russie, et en libérant le biélorusse, la crise était vouée à s'amplifier.
L'hélicoptère des deltas traquait Vargas avec quelques centaines de mètres de
retard, en descendant progressivement la falaise malgré les rafales de vent à
contresens.
Le leader biélorusse venait tout juste de se poser sur l'héliport de sa
résidence privée, bâtie sur la roche en biais. Elle surplombait toute la
ville, mais se situait pourtant loin du sommet de la montagne. La demeure au
style toscane, soutenue du côté ville par des piliers italiens pour rester
droite malgré la pente montagneuse était presque sous les flots. Tandis que
Vargas s'empressait de rentrer à l'intérieur, accompagné de ses hommes, les
deltas cherchaient un endroit où se poser:
Piste n'°3: Violent Ceasefire
- " Aucun terrain plat à l'horizon, il va falloir descendre à la corde
",
- " Lâchez-nous à 200m de la demeure et repartez en sens inverse !
", ordonna Jack au pilote
- " Bien reçu ! "
- " Jack, je suis en contact avec les bureaux ", révéla Cassandra
" Radford veut te parler "
- " Radford ? ", confus
- " Prends cet appel ", comme s'il elle savait de quoi il
s'agissait
- " Gabriel, qu'est-ce que tu fais là bas ? ", après avoir activé
son oreillette
- " Je t'expliquerais une autre fois ! Je me suis entretenu avec Palmer,
il me laisse diriger l'opération sous sa surveillance "
- " Il a tort ! Et je lui dirais tout... "
- " Ecoute moi Jack ! Nous sommes au courant pour Vargas. Ordre de
l'éliminer quoiqu'il arrive. C'est pour la suite qu'il va falloir m'écouter
"
- " Pourquoi je ferais ça ? "
- " Car on est à deux doigts d'avoir Drakov et d'empêcher en même temps
ce coup d'Etat ! "
Matters et Morrow, exclus de la conversation, admiraient le paysage sous la
pluie. Ils dressaient un triste constat sur cette journée, désabusés, avec ce
regard morne:
- " Une journée...le temps qu'il faut pour changer l'ordre et les
frontières d'un pays... ", dit Morrow avec amertume
- " Ce pays devait changer un jour ou l'autre... "
- " La géopolitique, les marchés énergétiques, la diplomatie, j'ai étudié
ça toute ma vie, et quand je vois que tout se joue toujours selon la force,
rien n'a changé. Il suffit toujours d'un même dictateur avide de pouvoir pour
renverser tout ce qui a été édifié "
- " Tu espérais changer le monde en t'engageant ? Nous ne sommes là que
pour prévenir du pire, et faire ce que les pires politiciens n'ont pas le cran
d'affirmer "
- " Alors quel est l'intérêt de dépasser tout code morale ou éthique pour
servir ces hommes?"
- " Parce qu'au fond, nous les tenons en laisse. Ils sont dépendants de
nous. Rappelle-toi que nous n'existons pas sans la force. La Biélorussie
devait passer à autre chose, et il n'y a que de cette façon que c'était
possible, crois-moi. Notre rôle, c'est d'empêcher que ça dégénère, de tenir
des limites, parce que sans la force, il n'y en a pas, et tout reste
possible"
- " Tu es fou ! ", lança Jack à Radford " Je crois en avoir
fait assez ! "
- " Jack, réfléchis bien, tu parlais d'agir sur le long terme ",
ajouta Cassandra
- " Mais qu'arrive t-il quand des hommes comme nous franchisent ces
limites ? Plus personne n'est là pour les arrêter ", continua Morrow
- " Une seule chose...Le mensonge, encore plus terrifiant et dangereux
que la vérité. N'oublie jamais ce que disait Stevenson: " un silence
peut-être parfois le plus cruel des mensonges "
Matters avait toujours su parler sur ce ton dramatique, conscient du tragique
de vivre dans cet océan de mensonge dicté par les politiques afin de veiller à
la stabilité du monde. Car malgré cet aspect cancérigène, il en était parvenu
à la triste conclusion qu'il fallait s'adapter à un doute permanent, ce qui en
fin de compte, était plus un avantage qu'autre chose, puisque cela lui avait
évité de se faire avoir à mainte reprises par le gouvernement et tout autre
figure autoritaire. Pour lui, il n'y avait ni de quête de la vérité, ni
d'échappatoire au mensonge. Le seul remède, c'était de douter jusqu'au bout.
La méfiance était reine. _________________ Fan-fiction Operation Crepuscule:Terminée
Fan-fiction Operation Aurore Boréale:Terminée
Fan-fiction Opération Eclipse : Terminée
Fan-fiction Opération Sombres Soleils: Episode 2 disponible

Dernière édition par Mr. Jack le Ven 20 Juin 2008 - 1:53; édité 2 fois |
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Mr. Jack Disciple de Kant


Inscrit le: 18 Avr 2004 Messages: 6445 Localisation: A l'intérieur de mon sac
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Posté le: Ven 20 Juin 2008 - 1:46 Sujet du message: |
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[01:39:08]
Après avoir écouté les directives que Radford confiait aux deltas, Palmer se
décida à aborder un sujet qui le tourmentait depuis tout à l'heure:
- " Mike... "
- " Oui ? "
- " Ces photos, qu'était-ce au juste ? "
- " Seulement..."
Sur le départ, Novick ne voyait plus l'intérêt de mentir à son ami de longue
date. Il se décida à lui révéler la vérité, prêt à en payer les frais.
- " Scamps voulait voir Carl Webb assassiné. Je me suis arrangé pour
faire croire à sa mort. Webb était conscient lorsque les clichés ont été pris
", poursuivit-il
- " Vous avez fait cela sans m'en parler ? ", déçu de sa décision
- " Vous n'auriez jamais été d'accord ! Scamps n'aurait jamais accepté !
"
- " Les conspirations secrètes sont toujours de la partie à ce que je
vois... ", les mains sur la taille
- " Je n'ai pas eu le temps de réfléchir ! "
- " Pas plus que moi en vous disant que vous pouvez partir "
- " Mais David... "
- " Mike, j'en ai plus qu'assez d'être la dernière roue du carrosse !
J'en ai plus qu'assez de passer pour un homme fermé à toute alternative
radicale ! Bon sang, on ne devient pas président sans quelques décisions peu
morales...et je ne souhaite plus collaborer avec quelqu'un qui dont l'estime
est si incertaine... "
- " J'aurais souhaité que ça finisse autrement...sachez juste que tout ce
que j'ai fais, c'était dans votre intérêt "
La réaction de Palmer était disproportionné, mais en plus des tensions qui
pesaient sur le pays, le président n'avait cessé d'accumuler les trahisons,
mensonges de la part de ses plus proches alliés, et aujourd'hui, tout semblait
exploser, las d'être considéré comme un homme trop faible et sans opinions
fortes tel que Lane.
- " Je serais curieux de savoir quel est mon intérêt... "
- " Tout a commencé ce jour où vous avez frôlé la mort... "
- " En quoi est-ce lié à notre problème ? "
- " Avant de partir, si telle est votre décision, j'aimerais vous montrer
une dernière chose ", en cherchant un dossier rangé dans une pochette
" Drakov est bien le centre de convergence. Son importance a été
sous-estimée "
- " De quoi parlez-vous ? "
- " J'ai découvert pourquoi Bergman, Radford et Lane s'intéressaient tant
à lui. Et si vous voulez mon avis, c'est une raison de plus pour infiltrer le
marché noir "
L'homme chauve lui révéla les motifs de cet intérêt par quelques feuilles du
dossier remis.
- " Nom de...je n'arrive pas à y croire... ", lâcha Palmer, ahuri
- " Monsieur, les journalistes attendent ", prévint le directeur de
presse " Il va falloir y aller "
- " J'arrive... "
Le regard renversé et perdu par cette découverte, Palmer s'éloignait de Novick
sans dire un mot, à petit pas, en tentant de retrouver ses esprits pour
s'adresse au peuple en toute confiance. Finalement, son intérêt n'était
peut-être rien de plus que de préserver l'unité du pays par un discours
rassurant, et que toutes les tâches exécutives devaient être laissés à des
hommes prêts à en assumer les lourdes conséquences, pour les enfouir ensuite
sous les fabulations.
Arme au poing, Caïn fracassa la porte du service de contre-espionnage, suivi
par l'équipe d'assaut, et exigea de parler au directeur immédiatement:
- " Je suis là ! ", dit ce dernier alors que les analystes n'y
comprenaient rien
- " Agent fédéral Danny Caïn, le président m'envoie ", présentant
son badge " Bergman, où il est ? "
- " Quoi ? "
- " Bon sang... Quel est le niveau le plus bas du bâtiment ? "
- " B3, département tactique pourquoi ? "
- " Il me faut le code d'accès dans l'ascenseur "
- " Je ne d... "
- " Le bâtiment est encerclé et sera fermé jusqu'à nouvel ordre si vous
ne coopérez pas ! Le FBI est prêt à prendre le relais ! ", ajouta un
agent
- " Ok...Essayez 3691 "
Après le leader de la brigade, Caïn s'empressa d'entrer dans l'ascenseur,
épaulé par trois autres hommes, et entra le code.
Dès l'ouverture de la porte, les agents investirent les lieux. Chaque officier
semblait plongé dans ses activités jusqu'à l'intervention des hommes armés.
- " Qui êtes-vous ? ", demanda le responsable du département
- " Nous recherchons Frank Bergman, voici le mandat d'arrêt, délivré par
le procureur Meade "
- " Aucun de mes hommes ne porte ce nom "
- " C'est le responsable de l'agence, vous l'avez sûrement vu ! "
- " Moi je l'ai vu "
De sa voix suave, Tony Almeida était intervenu du fond de la pièce.
- " Caucasien, 1m87, cheveux gris ? ", se renseigna t-il
- " Je ne sais pas à quoi il ressemble... "
- " Le gouvernement a mis la priorité sur lui...ça ne m'étonne pas
"
- " Pardon ? ", les sourcils froncés
- " Je suis Tony Almeida, ça vous dit quelque chose ? "
- " Almeida ?...Je croyais... "
- " Ecoutez on a pas de temps à perdre. Etant donné l'isolation, je crois
que nous sommes sous l'eau. Bergman peut s'échapper par bateau "
- " Avec les caméras du complexe il y a des chances. On perdrait trop de
temps à inspecter les étages un par un, et il sait sûrement que nous sommes là
"
- " Agent Caïn, on a un couloir qui mène à un sas là bas ", précisa
le chef d'équipe
- " C'est vous Caïn ? Je suis l'informateur ! "
- " Quoi ?? Mais pourquoi Bergman voudrait me donner des renseignements ?
", en avançant vers le sas
- " Aucune idée, mais j'ai réussi à trouver certaines informations à son
sujet "
- " Et la Coalition ? "
- " Jamais entendu parler. Mais j'ai des dossiers qui évoquent plusieurs
opérations en Afghanistan, avec l'aide des Delta Force "
- " Je sais, Bergman organise des missions là bas, de la désinformation
"
Après avoir posé quelques kilos de C4 sur la porte du sas, un des agents de
Caïn demandait à chacun de se mettre à l'abri.
Une fois que tout le monde était planqué derrière le mur à l'intersection, le
soldat enclencha le détonateur et fit voler la porte en éclat. L'agent de
Washington se précipitait à l'intérieur, et observa la pièce avec
émerveillement, comme tous ceux autour.
- " Qu'est-ce que c'est ? ", se demandait Tony
- " Un ancien poste d'observation tactique naval "
Les quatre deltas dans l'hélicoptère
descendaient un à un par la corde, munis de parachutes.
Caïn observait la pièce et cherchait toute issue pouvant le mener à une salle
de départ pour navire.
Avant de descendre dans la fosse aux journalistes, Palmer s'approchait une
dernière fois de Lane.
Matters apercevait un homme qui sortait en voiture de la cour d'entrée à
Vargas.
Newell naviguant sur le net, en voyant que Caïn était déjà au coeur des
discussions.
[01:43:39]
Le capitaine Delta profita de l'ouverture de la grille d'entrée pour se
rapprocher, au moment où la voiture sortait de la villa. Attendant son
passage, il fit signe aux autres de le rejoindre:
- " La fréquence de Davies ne répond toujours pas ", signala Morrow
- " On s'en occupera plus tard ", en cherchant à identifier le
passager du véhicule
Puis lorsque la Mercedes arriva à sa hauteur, Jack fut frappé par le regard
foudroyant de l'homme à bord: Mikhael Drakov. Avec les tombés d'eau, le
biélorusse n'avait peut-être rien remarqué, alors Jack saisit l'occasion et
pénétra dans l'enceinte malgré les risques.
- " McGrady, vous me recevez ? ", contacta Cassandra
La radio grésillait, ce qui était un mauvais présage pour Jack, qui avait
connu la même situation lors de Crépuscule, avant que ses hommes soient
éliminés par Drazen.
- " C'était Drakov. Quelqu'un doit le suivre ! "
- " Jack, on peut le faire après ! On devrait... "
- " Cette route mène aux bois à l'ouest de la ville, ça ne peut être que
là bas Cassandra ! "
- " De quoi vous parlez ? ", demanda Matters
Jack saisit sa radio et se brancha sur la fréquence 120.33:
- " Ici Flying Bird ! Nous avons repéré Drakov, et nous préparons une
embuscade au sud de la route menant chez Vargas ! Je répète, nous sommes sur
le point d'attraper Drakov ! Nous sommes situés à 50m nord-est de l'entrée des
bois à l'opposé de la ville ! "
- " Jack, qu'est-ce que tu fais ? ", s'inquiétait Morrow
- " Suivez-moi ! ", en partant se cacher derrière une voiture garée
près de la fontaine centrale " J'ai utilisé la fréquence de Roy Garber,
je savais que les biélorusses l'ont toujours sur écoute "
- " Les hommes de Vargas vont tenter de nous arrêter et on pourra
s'infiltrer à l'intérieur ! ", poursuivit Cassandra
David Palmer resserrait sa cravate une dernière fois. Malgré l'heure tardive,
il devait se présenter sous son meilleur jour pour paraître crédible aux yeux
des médias à propos de la maîtrise des événements. Il fit un ultime détour
dans le bureau où Anthony Lane était retenu, parfaitement conscient des
charges qui pesaient sur lui:
- " Vous avez fait votre choix ? "
- " La guerre ne se terminera pas en un jour... ", se vanta le
président du Congrès
- " Celle entre vous et moi, je crains que si "
- " Vous ne changerez jamais, c'est comme ça que vous courrez à votre
perte. Vous aspirer à un idéal illusoire. L'idée même de justice est une
illusion "
- " Vous enfermer en prison le serait plus que de vous laisser
dehors..."
- " Je m'en sortirais. Mais vous...le temps ne fera qu'accroître vos
illusions "
Bien qu'il le cachait, Palmer avait le visage teinté de mélancolie et de
regret, de ne pas avoir pu comprendre Lane, de ne pas avoir eu le temps de le
changer. Au fond, il semblait comprendre: c'était peut-être dans cette
ambition que se situait l'illusion.
Il emprunta l'ascenseur, un peu confus, puis traversa le hall d'entrée marbré
du parti démocrate. Il percevait déjà la foule à l'extérieur, armée
d'appareils photos et caméra, tout en commençant à montrer sa confiance aux
gens autour. Juste avant de descendre les marches, alors que Scamps était déjà
prêt, Palmer fut interrompu par un homme en costume:
- " M. le secrétaire Rosenberg ? Je vous cherchais ", stricte "
J'ai appris pour votre ordre d'éliminer Vargas en Biélorussie. Je n'en ai
jamais donné l'autorisation ! "
- " Mais Monsieur, c'était notre dernière chance pour..."
- " J'avais ordonné d'extraire les deltas ! L'ONU ne va pas du tout
apprécier..."
- " Ecoutez-moi Monsieur. Sauf votre respect, c'était notre meilleure
option. Lorsque l'hélicoptère pour extraire Yechevko a été attaqué il y a 2h,
Vargas est devenu criminel de guerre, en plus de sa prise d'otage et son coup
d'Etat peut conventionnel qui sont connus publiquement. Une fois président, il
aurait été intouchable, et nous n'aurions jamais pu l'éliminer sans salir plus
notre réputation ! Tout le monde aurait découvert notre implication, et là,
nous aurions commis un acte de guerre, ce qui vous aurait causé du tort pour
le procès"
- " Vous m'avez donc sauvé la mise, à en croire vos dires "
- " J'ai fais de mon possible. Ca devrait remettre les pendules à l'heure
avec Yechevko "
- " Et que préconisez-vous ? "
- " Montrez cela à la presse, pour appuyer l'argument que Vargas est un
criminel ", en lui donnant les photos des tanks que Jack avait pris
" C'est le seul moyen pour éviter que ça vous retombe dessus. Vargas
passera pour le responsable ", suggéra Rosenberg
- " Vous me demandez d'oublier les russes ? "
- " Vu que tout cela s'est déroulé en Biélorussie, le mieux serait de
lâcher l'affaire avant de déclencher une guerre... "
En voyant que le porte-parole annonçait la venue du président, Palmer tentait
de se libérer de la conversation:
- " Ce sera plus sage...mais nous avons toujours la Corée sur le dos
"
- " Je m'en occupe Monsieur. Tout rentrera dans l'ordre "
Le porte-parole eu la confirmation que Palmer s'apprêtait à franchir la
porte.
- " Mesdames et Messieurs, je vous prie d'applaudir M. le président David
Palmer "
La foule l'acclama unanimement, convaincus qu'ils allaient avoir les
explications attendues. Palmer monta sur l'estrade, le grand sourire aux
lèvres, comme sept mois plus tôt avant son attaque. D'un signe de la tête, il
remercia le public d'applaudir, puis entama son discours:
- " Merci pour votre accueil chaleureux, je sais que vous attendez des
réponses à vos questions, et je suis précisément là pour y répondre. Tout
d'abord, je m'aviserais d'évoquer la situation déplorable en Biélorussie.
Depuis quelques heures, un homme dénommé Emil Vargas, ancien acteur du marché
noir européen, a organisé un coup d'Etat suivi d'un embargo à Minsk, en
compliquant les relations avec l'Europe de l'ouest. Sans trop m'avancer, je
peux affirmer avec certitude que M. Vargas a ordonné la construction de mille
tank de guerre, dont voici les clichés ", en montrant les photos donnés
par Rosenberg
[01:48:03]
Comme les biélorusses recevaient la fréquence, ils avaient dû saisir le
message aussitôt, et au bout de quelques minutes, un premier groupe armé
s'empressa de rejoindre la route pour rattraper les deltas. Une fois la voie
libre, l'équipe de Bauer entra dans la cour principale. La demeure présentait
un contour carré, dont un bassin au milieu de la cour, entouré de piliers qui
marquaient des allés baignant dans l'obscurité, dans lesquelles progressaient
les deltas.
- " Il doit rester une dizaine d'hommes. Profitez-en pour partir d'ici !
", ordonna le capitaine aux deux hommes
- " Quoi ? Sûrement pas, on doit rester ensemble ! ", répondit
Matters
- " Faites ce que je dis ! Prenez le sud sur 1km en contournant la route.
L'hélicoptère nous attends derrière le mirador, après le grand champ "
- " Jack ! "
- " Depêchez-vous, je sais ce que je fais ! On vous retrouve là bas !
"
Malgré l'incompréhension, Matters et Morrow exécutèrent les ordres, persuadés
que Bauer avait une idée maligne derrière la tête.
- " Et pour Davies ? Drakov l'a sûrement caché ! "
- " On coincera Drakov dès que l'hélico nous aura récupéré ! Foncez
maintenant ! "
Les deux soldats s'effaçaient peu à peu de la vue de Jack et Cassandra, alors
qu'un premier militaire était en approche, sortant d'un couloir
perpendiculaire à l'allée des deltas. Par son attitude flasque, Jack sentait
que la garde était relâchée à droite, d'où l'homme venait. Collé au mur, il
envoya son couteau en pleines côtes. Cassandra se chargea de déplacer le
corps, puis inspecta le couloir avec son 9mm Parabellum.
Par de grands mouvements théâtraux et une aisance oratoire remarquable, Palmer
regagnait de plus en plus l'intérêt des citoyens devant lui:
- " Nous comptons sur l'intervention de l'OTAN pour mettre fin à
l'embargo dans les jours à venir. De plus, je m'efforcerais de déplacer
plusieurs de nos troupes dans la Caucase jusqu'en Biélorussie pour épauler la
milice et désarmer l'armée de Vargas "
Par cette décision, Palmer pouvait enfin affirmer une politique plus
offensive, sans pour autant vanter un certain nombrilisme patriotique.
Si Chapelle revenait habituellement à la cellule en freinant les ambitions de
Michelle, il semblait cette fois sur la même longueur d'onde qu'elle.
Concernant la crise en Biélorussie, le relais allait être pris entièrement par
la CIA, tandis que le FBI et Washington géraient la Corée du Nord. Le temps de
l'intervention, Michelle avait momentanément coupée le contact avec Caïn, et
s'occupait de classifier les preuves de l'implication de Bergman, que la
Division finirait de toute façon par rendre à la CIA, qui allait s'efforcer
d'étouffer l'affaire.
Le poste d'observation présentait des commandes en état d'arrêt sur toute sa
largeur, écrasées par quelques écrans vieillis et deux grands bureaux en
chêne.
- " Agent Caïn, venez voir par là ! ", à côté d'une étagère
poussiéreuse où se situait une sortie condamnée
Tony fixait Caïn depuis quelques minutes avec ce regard énigmatique:
- " Votre visage m'est familier "
- " La presse sans doute
- " C'est autre chose... "
- " Peut-être cette af... "
- " Je me souviens ", le coupant " Au tribunal de Los Angeles,
en 2001. Un collègue, Jack Bauer était interrogé. Vous étiez juste devant moi
"
- " Ca fait plus de six ans que je ne suis plus allé à Los Angeles...
"
- " C'était bien vous, avec vos notes "
La presse en savait trop sur lui, et en le secourant, Tony, figure
emblématique de la cellule de Los Angeles pouvait s'avérer un allié précieux
pour s'occuper de la côte ouest.
- " Ecoutez ", en l'emmenant à part " Je menais une enquête sur
Bauer, depuis plusieurs années déjà Mais ça doit rester confidentiel. N'en
parlez à personne "
- " C'est lié à Crépuscule n'est-ce pas ? "
- " Oui, et plus que ça même. Palmer m'a demandé de monter ce dossier
"
- " Je ne dirais rien... "
Au même moment, le téléphone de Caïn sonna. Relié à son oreillette, il
décrocha l'appel:
- " Caïn "
- " C'est Michelle Dessler. Vous l'avez retrouvé ? "
Caïn leva la tête et fixa à son tour Tony, dans ses pensées.
- " Il est avec moi ", en s'approchant de lui " Un appel pour
vous "
Après avoir décroché le téléphone de l'oreillette, il le confia à Tony, à la
fois terrifié et nerveux à l'idée que Michelle était au bout du fil.
De son côté, Caïn examinait de plus près la sortie condamnée, pensant qu'elle
pouvait sûrement déboucher sur un ponton d'amarrage.
- " Monsieur, on va dégager la porte ", en prenant le chalumeau à
cause de l'acier renforcé
Le ministre coréen suivait le discours de Palmer depuis le parlement.
- " De plus, une enquête a été ouverte sur la nanotechnologies de Dr.
Avnar, et le danger que peuvent représenter de telles inventions pour les
générations à venir. Après plusieurs heures de recherches, nous n'avons
retrouvé aucune trace de ces puces, ce qui tend à prouver leur destruction
lors d'une opération militaire près de la capitale biélorusse ", alors
qu'il ignorait que les russes disposaient des pièces
Au premier plan, la presse photographiait Hal Bates, présent pour l'événement
afin d'évoquer le rôle de l'ONU suite aux décisions de Palmer.
[01:51:51]
Piste n'°4: Sorrow
Depuis le couloir extérieur de l'aile ouest, Jack cherchait à localiser la
chambre où se trouvait Vargas. Dans l'ombre, fouetté par les gouttes de pluie
qui viraient à cause d'une forte rafale, il lançait les paris sur la seule
pièce éclairée à l'étage de l'aile nord, dont les vitres étaient couvertes par
des rideaux blancs, qui laissaient transparaître une silhouette.
- " La corpulence correspond à Vargas ", confirma Cassandra,
accroupie derrière un arbuste en haut de l'escalier
- " La garde est plus soutenue dans ce secteur ", avec ses jumelles
" Il y a un homme à l'entrée des deux côtés
Au bout des couloirs extérieurs ouest et est, deux soldats se tenaient devant
les portes qui menaient au bâtiment du fond, plus une demi-douzaine qui
poursuivaient les patrouilles au rez-de-chaussée.
- " Les hommes de Vargas vont revenir...on peut essayer d'ici ",
poursuivit-elle
- " Ou aller dans la gueule du loup... "
- " J'ai ce qu'il faut pour distraire la garde. Occupe-toi de Vargas. On
pourra ensuite accéder au toit et sauter dans la forêt avec le parachute
"
- " Cette journée finira comme elle a commencée... "
- " Sauf que Drakov est bientôt à nous... "
Cassandra balança une grenade Chaff afin de brouiller les appareils
électroniques, puis dégaina son tranquillisant. Une fois que les caméras
ciblées sur les gardes étaient hors d'usage, elle tira sur l'homme à portée,
alors que Jack s'occupait du couloir parallèle. Il lui fit signe avec ses
doigts de patienter dix secondes avant de s'introduire dans l'aile nord, et
toqua à la porte. Un militaire vint à sa rencontre, aussitôt étranglé par le
capitaine, qui se chargea de retourner l'arme contre lui. Après avoir envoyé
une grenade incendiaire à hauteur de l'escalier, Cassandra s'introduit à
l'intérieur et jeta un fumigène qui se dispersait dans tout le couloir.
Dans sa chambre, Vargas avait eu connaissance de l'intrusion, et s'apprêtait à
plier bagage. Cassandra élimina la patrouille de son secteur, obligé d'en
venir aux mains pour achever le plus coriace. Dos à terre, elle l'asséna d'un
coup de genou dans le ventre avant de se retourner et de le frapper à la
nuque, pendant que Jack éliminait les deux soldats de son côté.
- " Les soldats arrivent ! ", dit-elle en s'occupant de ceux qui
venaient de dehors
Jack se dirigea jusqu'au milieu du couloir et défonça la grande porte qui
donnait accès à la chambre. Avant même d'apercevoir Vargas, il fut poussé à
terre par un biélorusse, muni de son couteau. Par la force des bras, il
parvint à lui faire lâcher l'arme en se relevant ensuite. Le delta ressaisit
la sienne, jetée sur le tapis, mais fut à son tour surpris, au moment où
Cassandra déclenchait une nouvelle explosion. Jack se débrouillait au combat
rapproché, malgré l'imposante stature de l'adversaire. Il attrapa alors le
bras droit du soldat, derrière lui, et le souleva par dessus son dos pour le
projeter à terre, et l'immobiliser avec son genou en l'achevant des poings.
Pendant ce temps, Vargas traversait le salon pour prendre une trappe, jusqu'au
moment où il trébucha à cause de la balle qui l'avait blessé au mollet.
- " Me tuer n'arrangera rien ! "
- " Ce pays sera mieux sans vous ! ", renchérit Jack en pointant
l'arme sur Vargas
- " Mais vous vous resterez un pantin ! Vous ne connaissez pas la
liberté, vous resterez à tout jamais dépendant de votre gouvernement ! "
- " Quoi ? ", le regardant de haut
- " Je sais ce que vous préparez avec Drakov ! Croyez-moi, vous n'êtes
pas prêt de tirer votre révérence "
- " J'ai choisi ma direction, c'est là que se trouve ma liberté "
- " Ah, votre destiné est de m'abattre froidement ", plaisanta le
biélorusse " Alors allez-y, si vous voulez perdre toute dignité en vous
"
- " Jack ! ", cria Cassandra en entrant dans le salon " Les
autres seront là dans une minute!"
- " A chaque fois que vous appuierez sur cette gâchette, retour au point
de départ ", poursuivit-il
- " Qu'est-ce que t'attends Jack ??? "
- " Le monde est réglé sur les affaires, et vous n'êtes qu'un exécutant.
Tant que vous n'êtes pas comme ceux que vous pourchassez, vous resterez en bas
de l'échelle ! "
- " Jack !!! "
- " Vous êtes si inutile...c'est une mort anticipée "
- " Pas en vous éliminant. Votre plan n'aboutira pas, et vous ne serez
qu'un mauvais souvenir pour ce pays "
- " Après quoi ? Vous retrouverez votre paisible pays, votre foyer
rassurant, mais tout ne sera qu'illusion ! En me tuant, quelqu'un d'autre
viendra après moi ! "
- " P...pour qui travaillez-vous ? ", demanda Bauer
- " Appuie Jack ! "
- " Pour moi seul, à l'inverse de vous. Au moins, je sais ce qui
m'attends, alors que vous...un jour, vous allez comprendre que personne ne
sera réellement à vos côtés, qu'ils sont morts ou qu'ils vous ont tous trahis,
et vous mourrez seul ! "
Le soldat s'avança de pied ferme, et colla son arme au front de Vargas.
- " Toute votre vie se résume à fuir cette solitude. Pathétique...vous ne
faites que vous échapper à vous-même ! "
La balle transperça le cerveau de Vargas, tombant de tout son poids, en
emportant avec lui toute l'injustice qu'il l'avait tant transformé.
- " Je le devais...une dernière fois ", libéra t-il, abattu presque
autant que son ennemi
- " C'était le bon choix...viens maintenant, on doit partir ! "
- " Juste une question...pourquoi tu ne m'as rien dit dès le départ ?
"
- " Parce que...j'avais trop peur que tu te penses trahi, en me voyant
comme une étrangère..."
- " C'est justement ce que j'ai ressenti... "
- " Je suis désolé, la guerre exige parfois de se taire, mais le résultat
n'est pas toujours celui qu'on espère... "
Elle l'aida à traverser le couloir, alors qu'ils étaient poursuivis par les
soldats de la garde, qui utilisaient leurs dernières munitions. Ils accédèrent
ensuite au toit de l'aile ouest par la fenêtre, forcés à le traverser en
courant pour éviter les tirs de l'hélicoptère en face, malgré les tuiles
glissantes. Détruites une à une par le canon, les deltas échappaient de peu
aux tirs adverses. Une fois arrivé au bout, Jack prit de l'élan sans même
regarder derrière, et sauta dans le vide, en sortant immédiatement son
parachute, rejoint par Cassandra, qui se dirigeait vers une grande
infrastructure grisâtre naissant au milieu de la forêt.
Perdu dans la nuit étoilée et froide, plongés dans le ciel trouble, Jack avait
raison: cette journée finissait comme elle avait commencée, toute cette
opération n'était qu'une immense leurre, ou plutôt la désillusion, celle de
découvrir que l'illusion allait le poursuivre toute sa vie.
Piste n°5: Everything Begins
- " Il est hors de question de laisser une quelconque influence à Emil
Vargas. Je vous en fais le serment, ces prisons n'ont jamais été entreprises
sous mon mandat. C'est pourquoi j'en suis venu à la conclusion que seul le
président du Congrès Anthony Lane, par son soutien avec les pays de l'est par
ce pacte a pu mettre en oeuvre cela. Je suis encore sous le choc de son
implication, mais au vu des preuves qui se multipliaient, il a fallu réagir
vite. Avant de céder la parole à John Scamps, ancien soutien du parti qui a
versé des informations au profit de M. Lane, j'aimerais vous dire une dernière
chose, en clarifiant les raisons de ma politique. Churchill disait que "
la politique est plus dangereuse que la guerre. A la guerre, vous ne pouvez
être tué qu'une seule fois. En politique, plusieurs fois ". Il n'y a pas
plus vrai, encore faut-il savoir s'y prendre, et parvenir à amasser les
mensonges et à troubler l'opinion publique. Au risque de vous decevoir, je ne
suis pas de ceux là. Je préfère n'avoir qu'une vie sincère, plutôt que dix
corrompues. La guerre n'a jamais été une opportunité au dialogue et à la
parole, c'est pour cette raison que je ne la tolère pas. La politique est le
meilleur moyen de s'exprimer librement, de clamer haut et fort ses idées. Le
seul silence que je peux espérer, c'est le jour de mon enterrement. Car en
politique, rien au monde, n'est plus destructeur que cela "
Etrange ironie, le silence gagna la foule et personne n'osa faire un bruit,
alors que Scamps était prêt à prendre la parole. En regagnant le hall du
parti, Palmer retrouva Rosenberg, un téléphone en main:
- " C'est le ministre coréen. Il est persuadé que Lee a été assassiné et
il est sur le point d'apporter certaines informations à l'ONU..."
- " Mettez le haut-parleur ", en s'isolant dans un couloir déserté
" M. le ministre... "
- " Le temps est écoulé M. Palmer. Je n'ai eu aucune nouvelle de l'agent
Lee ", alors que Rosenberg semblait inquiet
- " Tout simplement parce que je ne sais pas plus que vous où il se
trouve "
- " Votre discours n'aura plus aucun impact après cela... ", lança
le coréen sur un ton menaçant
- " Ar...arrêtez. Je sais ce qu'il s'est passé ", avoua Rosenberg
" Palmer n'est responsable de rien "
Le président savait qu'il pouvait faire pression sur le secrétaire d'Etat à
cause de cette fausse histoire de bouclier anti-missiles, ce qui pouvait
expliquer ses aveux.
- " Kao-San Lee a bien été tué, mais le président l'ignorait "
- " J'en étais sûr ! Croyez-moi, il va y avoir des représailles ! Je veux
connaître le nom du coupable ! "
- " Il s'agit d'Anthony Lane. Lee était susceptible de parler de leur
collaboration, et Lane ne pouvait pas le tolérer. Toute représailles seraient
peu avantageuses pour vous. Il est le seul responsable, et la prison
l’attend"
Le ministre ne savait quoi répondre.
- " M. le ministre ? "
- " Je suis là...nous en rediscuterons ", en raccrochant
Un autre politicien coréen avait suivi la conversation d'une oreille
attentive, et s'adressa au ministre:
- " Vous croyez qu'il dit vrai ? "
- " Pas vraiment...mais nous ne pouvons pas faire grand chose, l'ONU est
inefficace, et l'OTAN est de leur côté. Cette journée leur a donné trop
d'indépendance, je vois mal comment revenir en arrière... "
Jack posait le pied sur la terre ferme, poursuivant sa fuite à l'apparition
des lumières ennemies. Les troupes biélorusses étaient armés par les russes et
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