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Fan-fiction de Mr. Jack S3: Opération Eclipse
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Auteur Message
Mr. Jack
Disciple de Kant
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 Message Posté le: Sam 18 Aoû 2007 - 15:34    Sujet du message:
Répondre en citant

Précédemment dans la fan-fiction " Opération Eclipse " :


Lorsque Jack arriva seul au port où était amarré le tanker parti de Monaco il y a 6 mois, Radford lui donna l'ordre formel de détruire le bateau qui contenait la cargaison de Pluie Noire avec ses explosifs, sans autre explication. Conscient des enjeux, Jack n'était pas sûr d'obéir à une telle demande sans raison. Pendant ce temps, les autres deltas cherchaient à le rejoindre par le biais d'un camion volé.

L'accident de Tony était en réalité une extraction mise en place par un agent de la CIA. Chase Edmunds parvint à les suivre, expliquant à Tony qu'il travaillait lui aussi pour la CIA, et qu'il était censé le surveiller. Mais il choisit de collaborer avec son directeur, et retourna à la cellule pour alerter Michelle de la situation.

En s'emparant de la vidéo des Deltas, l'ONU, après débat, s'engagea à attaquer l'OTAN, et à plus long terme, les USA pour leurs engagements dans une opération étrangère non autorisée. Ils réussirent à obtenir un mandat pour le bâtiment des Delta Force, qu'ils savaient impliqués dans l'affaire.

Palmer avait compris qu'il était embarqué dans un piège avec l'opération Eclipse. Il contacta Radford en lui faisant part de sa méfiance envers lui, et chercha le lien entre la mission et le meurtre de Lias Myian.

Alors qu'il était en rééducation, Avnar fut interrogé par un inspecteur, qui réussit à lui faire avouer la vérité : c'est la Corée du Nord qui avait fait la demande au scientifique de construire Pluie Noire.


Episode 8 : ( 9h00 - 10h00 )

Ces événements se déroulent le jour de l'opération Eclipse, entre 9h et 10h, heure biélorusse.



Malgré la fatigue qui se faisait sentir à la CAT, chacun tentait de garder son calme, par abstraction aux brouhahas intempestifs des analystes, et tous savaient que la cellule de crise ne pouvait s'arrêter dans la nuit, et de toute façon, tous les supérieurs de la Division exigeraient les rapports immédiats de chacun.

A peine Michelle Dessler avait-elle déposée le téléphone qu'elle s'empressa de rejoindre Mack dans son nouveau bureau à l'étage :

- " Avnar a été interrogé de notre base en Italie, vous ne devinerez jamais pour qui il travaille ... "
- " Qui ? "
- " La Corée du Nord, ce sont eux qui ont fait la demande pour les nanotechnologies "
- " La Corée ? Risqué non, après les désaccords qu'ils ont avec la scène internationale "
- " Avnar n'était pas censé le dire "
- " Vous pensez que la Corée a une contrepartie ? Je veux dire, ils sont sous la menace de l'OTAN, ils ne vont pas faire ça sans une raison "
- " Je ne pense pas que c'est une demande anodine, ils ont quelque chose derrière la tête "
- " Ce n'est pas si étonnant d'un côté. La Corée a toujours recherchée à maîtriser les gens, ça cadre avec leurs désirs. Contrôler le corps, se servir du peuple "
- " Donc Avnar avait bien rien raison, ces puces ont pour objectif de contrôler les muscles ", dit-elle, perturbée
- " Il faut contacter Jack, les Deltas doivent à tout prix les intercepter et voir et quel est le lien avec la Corée "
- " Je vais essayer de le joindre par leur agent de liaison ! ", en ouvrant la porte
- " Michelle, des nouvelles de Tony ? "
- " Non, toujours rien ", sur un ton de déception
- " Dès qu'on a trouvé l'adresse du pirate informatique qui a fait les enregistrements sur lui, je lance l'opération, nos hommes sont en stand-by, et je vous promets de le retrouver "
- " Merci... "


[09:04:05]


Chemise blanche et cravate noire, Wayne Palmer avait mis de son côté sa veste comme il le faisait à toutes les fins de journée. D'un pas un peu plus mou que d'habitude, il entra dans le salon de son frère, regardant les infos sur le meurtre de Myian, qui intéressait particulièrement la presse car ils sentaient que les fédéraux y étaient mêlés.

- " Tu ne te couches pas ? "
- " Non, cette histoire me tracasse. Je ne sais pas qui donne les ordres aux Deltas, mais en tout cas le Major Suarton n'est pas aussi impliqué que ce Radford ne l'admet", admit David Palmer
- " Comme si cette personne n'existait pas "
- " Bon sang, qui pourrait avoir donné l'accord de mission sans que je ne sois averti ?? Je suis quand même le président de ce pays ! "
- " Ce n'est pas la première fois que les Deltas jouent à ce petit jeu avec toi ", pas tout à fait sûr d'entamer le bon sujet
- " A quoi tu fais référence ? Crépuscule ? "
- " Comme par hasard, Jack Bauer est lui aussi impliqué. Tu ne trouves pas ça bizarre ? "
- " J'ai le souvenir que l'OTAN était aussi dans le coup..."
- " C'est un bon mobile pour eux, ils organisent cette mission sans ton accord, en prend les bénéfices, et si ça tourne mal, tout retombe sur toi ", dévoila Wayne
- " Cette piste est peut-être à prendre en considération. Je vais passer un coup de fil à Perrington pour savoir si les Deltas ont réellement eu l'appui du comité militaire, sinon je saurais qu'ils sont impliqués "
- " Je vais rester là encore un instant et puis je ne tarderais pas à aller me coucher, c'est une longue journée demain ", dit-il sincèrement



Adam Kaufmann n'était pas quelqu'un d'introverti, et dès son arrivée à la cellule il y a près de 11 mois, il avait habilement réussi à montrer à tous qu'il avait de réels compétences dans son domaine, et personne n'en doutait. Mais par moment, il sentait qu'il était comme étranger à ce lieux, à sa vie toute entière, qui n'était qu'un choix façonné par son père, désireux de voir son fils réussir là où il avait échoué. C'est ce qui expliquait que socialement, il avait toujours eu du mal à rester social avec ses collègues, et hormis Chloé, en qui il sentait une légère complicité, bien que mêlé d'agacement, parce que professionnellement, tous les deux se respectaient, puis Michelle et Tony, qui étaient ses supérieurs, il n'avait aucun lien avec personne.

Lorsqu'il parvint à trouver une information particulièrement importante, il regarda autour de lui, se demandant presque à qui il pouvait en parler, puis se tourna vers Chloé, concentré sur son écran.

- " Euh, Chloé, jette moi un coup d'oeil à ça s'il te plait "
- " Denis Morello, c'est qui ? "
- " Je pense que c'est l'homme qui a enregistré les faux appels entre Palmer et Tony Almeida "
- " Co...comment tu aurais trouvé son adresse ? "
- " J'ai travaillé sur cette vieille affaire qu'il y avait eu avec la CIA, la rançon. Je pense que c'était un coup monté par la CIA même : un appel anonyme qui faisait part d'une rançon demandée au sénateur de l'Etat. Il menaçait de faire exploser une bombe dans une ville de la côte est. C'était sûrement un coup de bluff, mais plusieurs tonnes d'explosifs avaient été subtilisées auparavant. Le sénateur a accepté et il a livré 12 millions de dollars à un compte privée "
- " Où tu veux en venir ? "
- " Je pense que l'appel venait de lui, et qu'il était employé par la CIA sur cette affaire "
- " Pourquoi ils auraient fait ça ? "
- " La CIA voulait augmenter leur ressources, en baisse de 16% à cause d'un échec lors d'une opération dans le Connecticut "
- " Je voulais dire, pourquoi ce Morello se serait engagé dans une telle affaire ? "
- " Je sais pas, peut-être des stocks options. Ce n'est pas ça qui compte, il faut avertir Michelle tout de suite ! "

Il décrocha le téléphone le plus proche et tapa le 3#.

- " Dessler "
- " C'est Adam, vous devriez venir voir "

Elle laissa en plan le nouvel analyste avec qui elle discutait puis s'approcha d'Adam et la feuille qu'il tenait dans ses mains :

- " Je crois avoir l'adresse de Morello, l'informaticien qui a fait les enregistrements "

Elle jeta un coup d'oeil à sa feuille :

- " D'où tiens-tu ces renseignements ? "
- " J'ai épluché le dossier Religiosa, l'affaire de la CIA avec la rançon. J'ai réussi à remonter jusqu'aux anciens rapports : ils faisaient mention de Morello dans l'affaire, il était considéré comme coupable un certain temps, mais les juges manquaient de preuves "
- " La CIA l'aurait donc engagé pour faire le sale travail, passer ce coup de fil anonyme notamment, pour que l'attention soit centré sur lui ? "
- " Oui. Il était dans la liste des employés de la CIA à ce moment là, mais en réalité il ne l'a jamais été. Quelques jours plus tard, un proche de Morello, mais on n'en est pas sûr, est soupçonné d'avoir volé des explosifs "
- " C'est ça qui te permet de faire le lien ? Et pourquoi Morello retravaillerait avec la CIA ? "
- " Pour effacer les charges contre lui afin qu'on le laisse en paix "
- " Ca pourrait se tenir. Mais on manque de temps et de ressources, et on n'a pas d'autres pistes que celle çi, alors je contacte Washington ", en voyant son adresse sur la feuille " Je connais leur nouveau directeur, il acceptera sans problème de lancer une opération afin d'interroger Morello. C'est notre priorité à partir de maintenant ! "

D'un pas actif, elle monta jusqu'au bureau pour prévenir Mack, contente au fond d'elle qu'elle ait bénéficiée en premier de ces informations, pensant que Mack prenait à place trop importante à la cellule depuis que Chapelle n'était plus satisfait des analystes, alors qu'en réalité, c'était sa vie privée et son divorce avec sa femme qui avait déteint sur sa vie professionnelle. Mais si Michelle avait bien une qualité, c'était de savoir saisir l'occasion quand elle se présentait.


[9:08:46]


Jack n'avait pas encore pris sa décision, mais il ne pouvait rester là sans rien faire, à attendre que le reste de l'équipe le rejoigne. Il marcha, accroupi, le long du rebord du pont, là où ses traces auraient été les moins visibles et parcouru avec prudence toute l'allée qui menait au cargo. La passerelle du bateau était détachée, ce qui indiquait qu'on y avait récemment déposé de la marchandise, et qu'il y avait eu de la circulation.
En montant, il fut à deux doigts de glisser tellement il y avait de neige, et d'ailleurs, ça n'arrêtait pas de tomber. Le ciel était si lugubre et sombre, et l'horizon si blanc qu'on aurait pu croire à un rêve, un monde imaginaire et à mille lieux des terres de batailles où avaient l'habitude d'opérer les deltas.

Avant de monter pour de bon à l'intérieur du cargo, Jack se retourna, les mains touchant le sol pour se stabiliser. Il sentait que quelque chose n'allait pas, et que ça pouvait être un piège, mais il devait en avoir le coeur net. La brume épaisse l'empêchait de voir à plus de 20m, alors il embarqua à bord, dans l'hypothèse qu'il était le seul dans les environs, étant donné que la seule trace qu'il avait repérée était celle d'une biche qui avait du fuir lors de son arrivée.

La structure et les conditionnements intérieur des couloirs lui semblaient quasiment identiques à ceux du tanker détruit par le missile à Monaco, mais ce qui était différent ici, c'est qu'il y avait une énorme cale censée contenir plusieurs tonnes de cargaisons, dont ces pièces.

Alors qu'il s'apprêta à descendre les escaliers pour arriver au niveau inférieur, il entendit un petit grincement provenant du bas. Il descendit et se plaqua contre le mur face à l'escalier, avant de se précipiter vers le couloir, à sa droite. Il jeta un coup d'oeil et remarqua un garde qui faisait son inspection. Au moment où il se leva pour se rapprocher de lui, on venait d'ôter le cran de sécurité d'une arme : quelqu'un tendait un Glock vers Bauer. Il ne fit d'abord aucun mouvement, étant accroupi et de dos à l'homme, puis il se releva calmement :

- " Qui êtes-vous ? "
- " Vous parlez ma langue ? Je suis de la police, tenez je vous montre mon badge ", proposa Jack

Il piocha une recharge de sa poche et la fit tomber à terre, et au lieu de se baisser, il recula et prit la main droite de l'homme, celle qui tenait l'arme, son dos touchant le ventre du garde, puis fit un demi-tour sur lui même afin de lui faire lâcher le Glock. Il le poussa contre le mur, en lui mettant une droite, puis récupéra l'arme à terre, tirant deux balles sur l'autre garde qui avait accouru vers eux lorsqu'il a entendu du bruit.
L'autre homme, allongé sur l'escalier, sauta sur le dos de Jack, en tentant de l'étrangler, mais le Delta lui donna un coup de coude au ventre, puis le fit renverser par dessus lui.

En mettant son genou contre la pomme d'adam du garde, il s'assurait qu'il ne puisse plus faire de mouvement :

- " Pourquoi êtes-vous ici ? "
- " Je ne peux rien te dire, je ne te fais pas confiance"
- " Vous êtes nombreux ? "
- " Assez nombreux pour ne pas te laisser sortir d'ici vivant ! ", pas terrorisé le moins du monde

Jack Bauer lui attrapa la tête avec les deux mains et lui brisa la nuque.


[9:13:38]


Siège de l'OTAN, Bruxelles

Des va-et-vient incessants se distinguaient lorsqu'on entrait dans le hall du siège de l'OTAN, tapis d'une façade métallique aux silhouettes modernes, avec en son centre, un grand escalier en marbre qui menaient jusqu'au 2ème étage, se mélangeant étrangement au reste de l'infrastructure.

La porte vitrée coulissante laissait apparaître un groupe de cinq personnes, dont une femme qui se précipitait d'un pas hautain vers l'accueil du siège :

- " Bonjour, je peux vous aider ? ", demanda la femme à l'accueil
- " Nous sommes de l'inspection générale, nous voudrions voir M. Alfarago ", expliqua la femme

Elle détacha le regard de son ongle vernis en rouge et les regarda dans les yeux :

- " De l'inspection générale ? Qui vous envoie ? "
- " Les hauts délégués des Nations Unis. Maintenons appelez M. Alfarago, nous aimerions lui poser quelques questions "
- " D'abord j'aimerais voir votre mandat si vous permettez ? "
- " Oh, ce n'est pas une affaire de mandat. Passez les coups de fils que vous voudrez, mais nous sommes là en toute légalité ", d'un air supérieur

La secrétaire, avec son casque devant la bouche, restait de marbre.


[9:15:11]


Jack déplaçait les corps, en les tirant jusqu'aux bonbonnes de gaz sous l'escalier.
David Palmer fut averti qu'un commando se préparait chez l'informaticien de la CIA.
Les fédéraux se tenaient en position à l'entrée du bâtiment des Deltas.
Chase faisait son retour dans les locaux de la CAT.



[9:20:36]


Furieux, David Palmer posa fermement le téléphone et se dirigea vers la pièce d'à côté, où Wayne conversait avec leur directeur de presse. Il lui fit signe de venir avec ses doigts :

- " Je vous rappellerais ", mettant un terme à la conversation " Qu'est-ce qu'il y a David ? "
- " Je viens de recevoir un coup de fil de la Défense. Apparemment on a trouvé l'adresse de l'homme qui a enregistré ces faux appels. Un commando sera sur les lieux l'heure prochaine. Apparement ça n'est pas leur priorité, va savoir pourquoi..."
- " Des commandos ? Envoyés par qui ? "
- " Aucune idée, mais encore une fois, c'est sans mon consentement "
- " Tu sais très bien que tous les jours on met au point des opérations sans ton consentement. Sois tu t'impose sur cette affaire, et soit tu l'empêche de devenir publique..."
- " Je ne fais pas confiance à ces hommes, ils sont peut-être envoyés par Radford. Et ce n'est pas tout, j'ai appelé Perrington, et le comité n'a pas donné son accord pour l'opération. Radford a menti "
- " A quoi tu penses ? Que Radford est de mèche avec la CIA et qu'il veut empêcher cet homme de parler ? "
- " Oui, c'est fortement envisageable...Ecoute, j'ai une idée, que dirais-tu de faire revenir Cain sur le terrain ? "
- " Cain ? Il travaille à la cellule de Washington non ? "
- " Il en est même le nouveau directeur. Etant donné qu'il était mêlé à Crépuscule je me disais qu'on pourrait l'impliquer là dedans "
- " David... ", soupirant " Je sais que tu as beaucoup d'estime pour lui et que tu le connais depuis que tu es sénateur... "
- " Ce n'est pas qu'une simple connaissance ! Il était le seul agent spécial en qui j'avais réellement confiance, il m'a toujours aidé et je lui en dois plus d'une... "
- " De toute façon il a sûrement eu vent de l'affaire "
- " Ce n'est pas seulement à propos de ça. Il connait parfaitement Almeida, pareil pour Bauer, et il n'hésitera pas à nous donner un coup de main très utile ", confia le président Palmer
- " Parfait, fais comme bon te semble "
- " Je vais m'arranger pour qu'il aille trouver ce Morello avant les fédéraux, on en saura peut-être plus ", dit-il avec un soupçon de malice

Wayne était parti avant qu'il puisse terminer sa phrase, à cette heure-çi, il n'avait plus envi de débattre pour quelque chose qui n'en valait pas la peine.
Son frère se retourna puis attrapa une boite de pilule, à côté de la lumière de chevet dans son salon. Il engloba trois pilules de la boite, puis deux d'une autre, en fixant la paume de sa main droite, toute éraflée, et brûlée intensément à certains endroits, la faisant presque virer au rouge.


Fidèle à ses habitudes, Sullivan Mack restait confortablement allongé sur son fauteuil, à les remerciements et autres compliments de la Division sur la réussite de son travail à la CAT ces derniers mois.

- " Oui tout à fait...Et vous avez d'ailleurs bien fait de m'envoyer ici pour surveiller Almeida et Bauer. Je sens par moment que les relations sont tendues entre eux...Oui, Bauer est quelqu'un d'assez arrogant finalement, une aubaine pour lui d'avoir été envoyé en Biélorussie...Je pense plutôt que c'est une question de mérite, pas de patriotisme...Enfin Bauer est un homme difficile à cerner, mais au fond, je l'aime bien...
Je sais, je sais, je suis uniquement resté ici pour compléter ce dossier sur le tanker, mais je m'y plais... "

Soudain, il eut un double appel :

- " M. Mack, Chase Edmunds vient d'arriver "
- " Chase ? "

Il reprit l'autre appel :

- " Monsieur je vous rappelle ! "

Il raccrocha le téléphone puis descendit rejoindre Edmunds :

- " Edmunds, vous allez devoir m'expliquer les raisons de votre départ ! Et sur le champ ", sans être très convaincant
- " Je ne le ferais pas Monsieur "
- " Quoi ? "

L'agent de terrain prit une pause et réfléchit un instant :

- " Ecoutez, il ne s'est rien passé. J'ai tenté de suivre l'agent Almeida, je l'ai retrouvé pendant un court moment mais j'ai à nouveau perdu sa trace "
- " Pourquoi êtes-vous parti sans autorisation ? "
- " Je devais y aller dans l'urgence ! Almeida avait déjà pris la direction de la sortie ! "
- " Bien...Où l'avez-vous aperçu ? "
- " A l'angle de Farmington et Square Garden, il était à pied "
- " Est-ce qu'il était seul ? "
- " Oui, personne ne le suivait "
- " J'envoi une équipe sur le champ! On pourra peut-être retrouver sa trace. Et vous en faites parti ! "
- " Quoi, maintenant ? Monsieur il pleut comme jamais dehors, aucune chance d'avoir un visuel à plus de 5m ! "
- " Qu'à cela ne tienne. Nous n'avons pas plus de chance avec les images satellites "
- " Sauf votre respect, je préférais rester ici, au cas où Almeida appelerait. S'il y a bien quelqu'un à qui il confierait des choses, c'est moi "
- " Et pourquoi pas Michelle? Je croyais qu'elle était impliquée dans l'histoire "
- " Peut-être qu'il veut l'écarter, je n'en sais rien. Mais je vous en prie, laissez-moi rester ici, je suis trempé, mon équipement est foutu et la journée a été longue... "
- " Elle l'a été pour nous tous, mais nous sommes formés pour résister à la fatigue. Surtout que nous avons le cas Bauer sur le dos "
- " Vous êtes sûr que c'est lié à Palmer et à Tony ? ", s'interrogea Chase
- " Ca se voit que vous ne connaissez pas encore bien Bauer. J'ai mené une enquête pendant près d'un an lorsque j'étais à la Division. Ce gars là travaille en solo, je connais les hommes de son genre "
- " Qu'insinuez-vous ? ", forçant le ton
- " Rien, rien du tout... ", retournant à son poste

Dégoulinant des gouttes de pluie, Chase restait figé, regardant Mack monter dans son bureau alors que Michelle les observait depuis le poste de Chloé.


[9:24:58]


- " Monsieur Radford ! ", l'avertit un jeune officier
- " Un instant Mark... ", cherchant des dossiers sur le bureau d'un analyste
- " Monsieur, vous devriez venir voir tout de suite "

Etant donné le ton qu'il employait, relevant presque de l'ordre, il comprit qu'il se passait quelque chose et le suivit jusqu'au poste de surveillance des caméras :

- " Bordel de m...qui...qui sont ces hommes ? ", s'énervant de plus en plus

Les vidéosurveillances à l'accueil montraient des fédéraux en train d'investir le bâtiment.

- " Je pense qu'ils ont envoyés par la Maison Blanche "
- " Vous pensez ? "
- " Je... "
- " Faites-nous gagner du temps et retardez-les ! "
- " Mais M... "
- " Exécutez ! "
- " B...bien... "
- " Bon sang, sûrement un coup de Palmer... ", mettant en retrait le bas avant de sa veste avec ses mains


Linda, à quelques pas d'ici, dialoguait avec l'homme qui tentait de décrypter les codes des plans de Pluie Noire, dont Jack avait réussi à scanner les images sur son GPS.

- " Croyez-moi, je m'y connais un rayon en nanotechnologie, j'ai fais une thèse dessus qui m'a fait gagner le... "
- " Le temps nous est compté, donc allez à l'essentiel ", dit sévèrement Linda Radford
- " Je n'arrive pas à comprendre ce que représentent ces plans. Déjà, on n'a pas l'échelle, mais à supposer que c'est de l'ordre du nanomètre, je...pff, je vois pas ", se concentrant du mieux qu'il pouvait
- " Peut-être qu'il s'agit d'un prototype trop récent "
- " Ce n'est pas ça, Avnar est le meilleur spécialiste du genre au monde, et bien entendu, il se sert des nouvelles technologies, mais je pense qu'il manque une pièce du puzzle "
- " Que pouvez-vous faire ? "
- " Même en analysant toute ma base de données, je ne pense pas trouver les pièces adéquates. Ce n'est sûrement pas que des simples nanotechnologies, peut-être une combinaison, je ne sais pas "

- " Linda ! ", l'appela son père
- " Qu'est-ce qu'il se passe ", en s'éloignant de l'analyste
- " Les fédéraux sont là, je sais pas ce qu'ils veulent, mais tu sais comme moi qu'ils ne doivent pas accéder à mes dossiers "
- " Ca c'est ton affaire ! "
- " Non, tu es impliquée maintenant ! ", presque comme si ça l'arrangeait
- " Si on parait suspicieux ça sera pire. Mieux vaut donner l'air que nous n'avons rien à cacher "

Il la fixa droit dans les yeux.

- " OK. Retourne parler avec l'analyste, faites-moi un topo de la situation. Ils vont arriver d'un instant à l'autre "

Le pager de Radford bipa, il savait que ce n'était qu'en cas d'urgence par un de ses hommes sur le terrain. Il marcha à bonne vitesse jusqu'au bureau le plus proche et saisit la fréquence de radio de Jack :

- " Jack, un problème ? ", alors que les locaux devenaient de plus en plus bruyants
- " Je ne pouvais pas émettre, on pourrait me repérer ! "
- " On ? Qui ? "
- " Des hommes sont là, à l'intérieur du cargo ! ", comme s'il lui avait caché quelque chose
- " Je n'étais pas au courant...tu as vu quelque chose d'anormal ? "
- " Aucun signe distinctif, mais l'un d'eux parlait notre langue. Ils sont peut-être de notre côté "
- " Je vais me renseigner...Quoiqu'il en soit, cela ne doit pas affecter tes objectifs, il faut détruire ce cargo !!! "
- " Pas tant que tu ne m'as pas dit pourquoi ! "

Radford se retourna, à l'abri des regards.

- " Avnar a parlé il y a pas longtemps. Ce n'est pas lui qui avait eu l'idée de ces puces, c'est la Corée du Nord "
- " La Corée ? Qu'est-ce qu'ils ont à voir ? "
- " On en sait rien pour l'instant... "
- " Que font les fédéraux ? ", dit-il à voix basse, caché dans une cale humide et froide
- " Ils épluchent tous les dossiers de ces 20 dernières années. Peut-être que ce sont des représailles vis à vis de notre demande d'annuler leur programme nucléaire, on n'en sait rien "
- " Mets la CAT sur le coup, préviens Michelle Dessler et Tony Almeida, ils sauront quoi faire "
- " Jack, je ne peux... "
- " Ce n'est pas une requête. Si tu veux que je détruise ce bateau, tu le fais, et tout de suite ! "
- " Eh, ici c'est moi le patron ok ? "
- " Ici ? ", en lui montrant qu'il n'était pas aux Etas-Unis " Je suis ton seul espoir "
- " Bon, c'est accordé "
- " Je t'écoute, quel est le rapport avec la Corée ? ", en toussotant à cause du froid
- " Je pense que la Corée a mis au point ces nanotechnologies pour qu'on s'occupe de l'affaire. Ils savaient que ça allait attirer notre attention et qu'on sera là, à cet instant précis "
- " Tu dis qu'ils veulent nous rendre coupable de l'affaire ? "
- " Oui, ils veulent peut-être faire croire que c'est nous qui avons commandé Pluie Noire à Avnar, ou au meilleur des cas, que nous allons le voler. On pourrait avoir de graves problèmes avec la Cour Internationale, et on supprimerait 20% des investissements des pays étrangers vers notre banque "
- " Donc tu veux que j'efface les preuves de Pluie Noire, sans même savoir ce que c'est ? "
- " Je suis convaincu qu'un piège nous attend, si tu vas plus loin, la Corée va gagner l'affaire. Nous avons moins d'un demi-heure, l'armée pourrait rappliquer "
- " Bordel... ", savant qu'il n'avait pas tort, et que ce n'était pas de son genre d'inventer de telles histoires

Radford maintint le silence, en sachant que Bauer prendrait de plus en plus conscience des enjeux.

- " Je vais placer une quantité de Semtex près de la bulbe d'étrave pour faire entrer l'eau par le dessous et alourdir l'avant du navire, deux autres près des bordages, et un dernier sur la poupe, pour rendre plus léger le cargo à l'arrière "
- " Tu fais le bon choix! Je veux essayer de me renseigner sur ces hommes, tu penses qu'ils sont nombreux ? "
- " Nan, pas tant que ça... ", manifestant son courage à s'en occuper tout seul


[9:30:43]


Les Deltas arrivaient face à un barrage d'hommes, les ayant remarqués à cause des phares.
Jack plaçait les premiers grammes de Semtex sur le bordage.
Radford recevait les fédéraux à l'étage où il se trouvait.
Tony et l'homme de la CIA embarquaient à bord d'une Lexus grise, garée dans le parking où Chase les avait retrouvés.
Palmer passait quelques coups de fils pour tout passer au clair.



[9:35:59]


Matters appuya sur le frein en voyant qu'un des hommes au loin lui faisait des signes des mains. Deux biélorusses armés s'approchaient du véhicule en arrêt.

- " Qu'est-ce qu'on fait ? ", dit-il à Davies et Morrow, alors que Lee était à l'arrière
- " Rien ", répondit Davies en tenant son silencieux dans la main droite, caché dans le creux du fauteuil

Un soldat tapa contre la portière avec son AKS. Matters abaissa la vitre. Le vent soufflait fort et les visages des deltas commençaient à prendre la neige.

- " Имеете ли Вы разрешение? "
- " Il nous demande si on a une autorisation ", traduit Morrow
- " Je ne comprends pas ce que vous dites ", continua Matters
- " Je peux lui traduire James "
- " Non, attends... Ecoute, tu vas appeler ton pote là bas et tu lui dis de venir traduire ", en s'adressant ensuite au soldat
- " Олег, это amricains, я верю, я понимаю ни одно слово! "
- " Attends James, tu fais quoi là ? ", demanda Davies
- " Si on veut passer, on est obligé de les éliminer. Et pour les éliminer sans laisser de traces, il faut les rapprocher "

Les deux autres soldats vinrent l'aider à comprendre les deltas.

- " C'est quoi problème ? ", parla le biélorusse de manière tranchée
- " On est envoyé par l'OTAN "

Le soldat à droite s'apprêtait à aller inspecter l'arrière. Davies descendit, avant qu'il ne voie qu'il n'y avait rien qui justifierait leur présence.

- " Le camarade, ici il reste "
- " Oh, il ne fais qu'aider votre collègue, il lui montrera notre cargaison "

Une fois que Davies et le soldat étaient cachés des autres hommes par la bâche verte, il lui agrippa le cou et lui trancha sévèrement la jugulaire. Le sang coulait à flot. Il retint le corps et le posa doucement.

- " Carte je veux voir "
- " Oui, tout de suite ".

Il se pencha légèrement de côté en feignant de prendre la carte dans son portefeuille, et lorsqu'il releva le bras droit avec son arme, il tira furtivement deux coups, qui se logèrent dans la tête des deux hommes, sans qu'ils n'eussent le temps de réagir.

- " Pourquoi il y a autant de gardes dans le coin ? "
- " Parce qu'il se passe quelque chose là où est Jack ", répondit Matters en sortant du véhicule


[9:39:03]


Dans un petit coin reculé de l'agglomération de Washington, la cour d'une petite maison en bois, entourée d'un champ de maïs se retrouvait envahie par une dizaines d'agent de terrain de la cellule anti-terroriste de Washington. Parmi eux, l'agent Danny Cain, promu récemment directeur de l'agence. Un parcours brillant, recommandé par la plupart des chefs fédéraux et sous l'aile du directeur actuel du FBI.
Un chemin exemplaire d'autant plus qu'il n'avait jamais connu d'échec dans sa vie professionnel, et quasiment aucun dans sa vie privée. Pourtant, il savait se détacher de l'image de l'homme qui marchait sur les autres.
Depuis qu'il avait commencé dans le métier, et cela remontait à déjà 12 ans, lorsqu'il avait 24 ans, il s'était dit qu'il resterait réglo et intègre, pensant qu'une telle méthode rapportait plus que de défier les ordres.

Avec la mort de son père, jeune, il avait appris à se débrouiller très tôt, sans être dépendant des autres, et à persévérer jusqu'au bout. Maintenant, il a tout ce dont il avait rêvé. Des beaux costards dans lesquels il remportait un vif succès auprès de la gente féminine, un appartement avec vue sur l'anacostia river, et surtout de la reconnaissance, car il donnait tout pour son travail.

Il avait décroché des opérations de terrain depuis son départ du FBI, lorsque lors d'une course-poursuite à pied en plein centre de Washington, son coéquipier tira par maladresse sur un innocent, laissant ainsi en fuite le criminel qu'ils recherchaient. Il se disait toujours que le terrain pouvait plus corrompre un homme que le bureau.
On lui proposa une promotion car quelques jours plus tard, Cain retrouva en solo la piste du criminel, et le FBI comprit que cet homme s'apprêtait à faire exploser une partie de l'aile est du Congrès, mais décida de se retirer pour prendre la place de Mike Newell à la tête de la CAT,
souffrant de graves problèmes cardiaques. Newell l'appréciait bien, et savait qu'il ferait un bon directeur, mais il pensait que Cain avait d'autres motivations en tête, et qu'accéder à certains dossiers privés en faisait partie.
Mais en ce jour de pluie, qui s'était d'ailleurs calmée un peu, il accepta de reprendre du service pour le bon vouloir du président Palmer, qu'il respectait énormément. Visiblement, il n'avait pas perdu sa confiance et paraissait toujours autant dans son élément. Equipé d'un gilet pare-balle par dessus son costard noir, avec une chemise bleu, blottit dans une veste sombre aussi, il s'adressa aux agents qui se mettaient en place autour de la maison de l'informaticien qui aurait falsifié des appels entre David Palmer et Tony Almeida.

- " Manfield et Lords, vous entrerez par la porte principale en inspectant le rez-de-chaussée, pendant que Cardesani et Jansen montent à l'étage. D'après les plans de l'installation des câbles, le suspect a placé son bureau au premier. Inutile de vous rappeler que je ne veux pas un coup de feu ! Tout le matériel doit être en marche, et notre homme est peut-être sous couverture de la CIA alors je ne veux aucune trace de blessures, c'est bien clair ? "

Tout le monde répondit à l'affirmative de la tête pour ne pas faire de bruit.

Le téléphone de Cain vibra, il l'attrapa abruptement et décrocha :

- " Cain "
- " Ici David Palmer, j'espère que je ne vous ai pas trop surpris avec cette requête quelque peu tardive... "
- " Nous sommes formés pour agir vite Monsieur. J'ai eu le temps d'être briefé en chemin. J'ai fait déployer mes hommes aussi rapidement que j'ai pu. La nuit va favoriser notre intervention dans la maison ! "
- " Sommes-nous sur que notre homme se trouve à l'intérieur ? "
- " Nous n'avons pas encore réussi à établir de visuel, mais la lumière est allumée à l'intérieur. Je ne vais pas vous mentir, la Division a du prévenir la CIA de notre déploiement, et si Morello est de mèche avec eux, il a eu le temps d'enfuir vers Two Pines Road. J'ai déjà envoyé une unité dans cette direction au cas où "
- " Rappelez-moi quand vous aurez du neuf "
- " Oui Monsieur ", en rabaissant le clapet

- " Toutes les équipes en positions ? "
- " Alpha 1 en position "
- " Delta 3 en position "

Cain monta en biais les trois marches grinçantes de l'escalier en bois, ses bras joints, tendus à la diagonale, en tenant son arme, puis s'approcha des deux agents casqués devant l'entrée :

- " Allez on y va ! Go go go !

Le soldat défonça la porte d'un coup de pied sec et fouilla le rez-de-chaussée.

- " Salon : R.A.S "
- " Cuisine : R.A.S "

Pendant ce temps, Cain grimpait à l'étage, devant deux autres agents qui l'épaulait. Il avança jusqu'à la porte du fond, la seule qui était fermée alors que les autres fouillaient les pièces restantes.
Il attendit l'arrivé du deuxième agent, qui lui ouvrit la poignée et poussa la porte :

- " Ne bougez pas ! ", ordonna Cain à peine la porte était-elle entr'ouverte

Morello, vêtu d'une chemise à carreaux bleue ouverte, laissant apercevoir son t-shirt noir, ainsi qu'un pantalon bleu délavé, portait une chevelure blonde frisée à en être étourdi, allant jusqu'au bas du visage. Il terminait d'effacer les preuves de ses activités informatiques illégales mais Cain l'attrapa par les épaules et le jeta contre le mur décrépi en lui mettant les menottes :

- " T'inquiète pas, on n'est pas venu pour ça ! Si tu collabores, toutes les charges seront oubliées ", en espérant gagner sa sympathie

Un des hommes saisit Morello par le poignet et le poussa en dehors de la pièce.

- " Ramenez-moi tout ce matériel, on trouvera sûrement quelque chose "

Cain jeta un dernier regard mystérieux sur le contour de la chambre, puis suivit le suspect se faire embarquer, très modeste sur sa nouvelle victoire.


[9:43:17]


- " Vous ne m'avez toujours pas dit où est-ce qu'on va ? ", s'interrogea Tony en regardant dans le rétroviseur
- " Faites-moi confiance "
- " Vous voulez mon avis : je n'ai pas confiance en vous "
- " Ecoutez, la CIA a planifiée votre extraction. On vous a empêché de tomber entre les mains des Affaires Internes donc vous pourriez nous être reconnaissant "

Almeida n'avait aucun argument à fournir, il fit mine de ne pas s'en soucier.

- " Bon sang on avancera jamais avec cette pluie diluvienne ", se plaignait le chauffeur

Un message à la radio attira son attention. Il montra le volume :

" Malgré les fortes intempéries, les vols de l'aéroport international de Los Angeles sont toujours maintenus. Le directeur de l'aéroport n'a pas souhaité s'exprimer... "

- " C'est du jamais vu ce temps... ", en continuant de se parler seul " 28 ans que je vis à L.A. et j'ai jamais vu ça "
- " Et le mois de mars il y a 6 ans ? ", surpris qu'il ne s'en souvienne pas
- " Ah oui c'est vrai, où avais-je la tête... "
- " Vous habitez où à L.A ? "
- " En centre-ville, près de l'hôtel Hilton "
- " C'est pas donné... ", en faisant semblant de s'y intéresser
- " C'est peu dire... "


[9:45:09]


David Palmer se frottait les yeux, relisant quelques dossiers sur l'OTAN.
Jack posait sa troisième charge aux abords de la poupe du cargo.
Radford tentait de calmer le jeu avec les fédéraux, qui embarquaient quelques ordinateurs.
Danny Cain était le dernier homme sur les lieux avec Morello, attendant sagement dans la voiture.
Eve Thompson souhaitait bonsoir au président du Congrès.



[9:49:48]


La fatalité envahissait Jack. Il se sentait tourmenté, comme envahi et possédé par une morale qui n'était plus sienne mais celle que le gouvernement voulait lui formater. Il était obstiné à s'en défaire, mais il savait combien c'était dangereux de désobéir aux ordres lors de missions à l'étranger. Cela avait causé plus de procès que n'importe quelle autre mission.
Radford avait spécifié de faire exploser le cargo à 10h, et il ne manquait plus que 180 grammes de Semtex à fixer sur le bordage gauche du bateau.

Jack remonta jusqu'en haut en traversant toute la largeur du cargo mixte à l'air pur afin de prendre la passerelle menant vers la cale principale, celle où se trouvait Pluie Noire. Il prit garde de ne pas glisser avec la plaque de neige qui recouvrait le metal étanche.
Il n'y avait pas de minuterie sur les explosifs de type semtex, sauf pour les fabrications artisanales, mais cela prenait un temps considérable, et il était chargé de les faire exploser par commande manuelle, donc il avait encore un peu de temps devant lui. Il était hors de question de détruire ce qui constituait l'objet de cette mission, et Jack sentait qu'il y avait quelque chose de peu clair dans le comportement de Radford.

Un brouillard inquiétant se dégageait des hauteurs de la forêt entourant le lac Niémen, plongeant le delta dans une atmosphère blanche et peu encourageante, le bordant dans un climat de paranoïa dont il cherchait à s'en détacher en tentant de rester lucide.
Sa veste éclatait en de rapides plis par la force du vent glaciale. Il était quasiment obligé de fermer les yeux pour progresser. Même la cheminée noire était difficile à apercevoir.
Il s'approcha de la barrière qui offrait une vue plongeante sur l'eau silencieuse, puis juste avant de descendre vers les cales, pendant un court instant, il eut l'impression que quelque chose avait bougé près de lui. Il se retourna, observa tout autour et constata avec effroi qu'un soldat gisait au sol, touché au coeur, allongé entre deux containers.

- " Bon sang ", en s'accroupissant pour être près de lui

Il tourna la tête et écouta l'intensité du souffle.

- " Qui vous a fait ça ? "
- " Je...des soldats...d...paramilitaires ", murumura le souffrant dans ses derniers instants

- " Jack Bauer... "

Il se retourna en un mouvement souple et rapide en dégainant son arme, mais l'homme qui lui avait adressé la parole tira avec une précision extrême sur le canon du Glock de Jack. Cela demandait un excellent entrainement pour anticiper la trajectoire de la balle avec le souffle du vent. Le delta se retourna, se retrouvant face à face avec l'homme qui lui parlait :

- " Yuri Drakov... "
- " Nous n'avons pas eu le choix, on devait les tuer "
- " Qu'est-ce qu'il se passe ici ? "
- " Tu sais comme moi qu'il y a ces fameuses pièces de Pluie Noire. Apparemment, on t'a devancé. Des américains comptaient s'en emparer "
- " Qu'est-ce qui te fait dire ça ? "
- " En tout cas ils étaient là. Tu crois que c'est un hasard que tu n’as pas eu de problèmes pour poser ton semtex jusqu'ici ? "
- " Si ces hommes étaient là pour me protéger, je l'aurais su "
- " Peut-être. Mais ils sont tombés dans notre piège, et tu nous as facilité la tache "
- " Vous n'arriverez jamais à vous en emparer, le bateau explosera dans moins de 10mn "
- " Je sais, nous t'avons observés et mes hommes t'ont laissé le chemin libre. Le temps qu'il nous reste est largement suffisant "
- " Suffisant pour quoi ? "

Le jeune leader des paramilitaires pointa son arme, un gros calibre, qui avait tout l'air d'une fabrication personnelle

- " Avance jusqu'à la poupe "

Bauer exécuta et en quelques mètres, il se retrouva à l'extrême avant du bateau, contemplant l'aveuglante brume, où le vent aiguisait ses paupières, laissant apparaître une larme de peine.

- " Tourne-toi ", pour l'avoir face à lui

Drakov jeta l'arme dans le lac paisible. Bauer comprit à ce moment qu'il voulait un duel à mains nues entre eux.
Le paramilitaire s'engagea le premier avec une droite que Jack esquiva, saisissant son poignet et le tordant pour le mettre à genou. Même dans sa position difficile, Drakov pu se retourner, en l'assénant d'un coup de tête dans le ventre, le déplaçant jusqu'en bas des marches. Le capitaine des deltas se retrouva à terre, poussé encore plus loin à cause de la neige, mais il pu échapper au coup de pied de Drakov, qui cherchait à lui écraser le visage, et se releva en se tournant en arrière. Il évita deux autres coups du biélorusse, et fut offensif à son tour en le frappant dans le ventre, puis enchaîna en lui attrapant les épaules pour lui livrer un coup de genou dans la tête.
Yuri Drakov parvint à se maintenir, présentant un saignement à l'arcade gauche, puis le frappa d'un coup de pied au niveau du cou qui fit reculer Jack contre la cale du commandant. Il échappa de justesse au poing qui atteignit la vitre, en faisant tomber des débris de glace par terre, mais pas à celui qui lui coupa le souffle au ventre. Cependant, il pu saisir l'occasion en étranglant Drakov, se plaçant alors derrière lui.

La formation des deux hommes était égale, aucun n'avait l'avantage. Drakov réussit sans mal à faire passer le delta par dessus lui, et Jack, encore une fois à terre, en profita pour attrapa un morceau de glace et planta le paramilitaire sur la cuisse, au même endroit où ce dernier avait envoyé le couteau sur Jack quelques heures auparavant.

Il était temps pour Jack de partir avant que le bateau n'explose, conscient qu'il ne pouvait repartir de là où il était entré.
Il prit alors de l'élan, en prenant ensuite appui sur la rambarde de sécurité et sauta héroïquement vers l'extérieur du cargo, en atterrissant sur la pile de containers qu'il avait remarqué auparavant, et se laissa glisser sur la pile d'à côté pour éviter de chuter en raison de la poudre blanche.
Il mit quelques secondes à réagir, puis s'éloigna jusqu'au bout du ponton pour ne pas subir l'explosion du cargo.
Une fois à l'abri derrière des stocks de vivres abandonnés, il sortit la commande qui se trouvait dans sa poche droite à niveau de la hanche, puis désactiva la sécurité.

Il respira profondément, puis enclencha la première position : la bulbe d'étrave explosa instantanément, ce qui perça l'avant bas du bateau pour faire entrer l'eau à cet endroit en premier lieu. L'orange vif de la détonation mélangé à la brume blanche donnait une impression de malaise au milieu d'un contexte surnaturel et effroyable. Il patienta quelques secondes le temps que la fumée se dissipe et que le cargo commence à sombrer dans les ténèbres du Lac, puis enclencha la seconde position sur la commande. Le bord droit de la coque sauta aussitôt, une détonation à peine plus faible que la précédente car il s'agissait d'alourdir le milieu du bateau pour le faire sombrer plus rapidement de la sorte. Immédiatement, il fit sauter la dernière charge, qui détruisit le haut du cargo, désormais en inclinaison de 70 degrés. L'eau pouvait à présent s'immiscer plus facilement dans les derniers compartiments, dont certains étaient blindés.
Même pour un soldat expérimenté, une telle explosion provoquait toujours un choc au fond de soi, comme l'impression que l'homme avait toujours porté la destruction tout au fond de lui, et qu'aucune de ses actions ne permettrait de l'oublier un jour. D'ailleurs, l'homme a toujours été plus symbole de destruction que de création.


A l'entrée de la Maison Blanche où siégeait David Palmer, deux hommes d'affaires sortant d'une élégante limousine se présentaient au garde à l'entrée du portail. Il contacta son supérieur, qui visiblement, donna l'autorisation de les laisser entrer. Ils furent escortés jusqu'à l'intérieur du bâtiment.


Radford cherchait encore à se défaire des fédéraux, qui n'allaient plus tarder à saisir les informations personnelles qu'il préservait dans son bureau.

- " Je ne comprends toujours pas le sens de votre visite ! "
- " Ce n'est pas compliqué M. Radford, ce mandat signé par le procureur Meade nous permet de faire perquisition dans votre bâtiment. Nous ne faisons qu'exécuter les ordres "
- " Ca n'indique toujours pas ce dont il est question ", énervé
- " Ca doit rester entre nous : la Cour Suprême serait en contact avec l'ONU. Ils vous pensent responsable de cette mission qu'a mis au point l'OTAN. Nous savons que ce sont vos hommes qui sont là bas "
- " Puis-je savoir de quelle façon en avez-vous eu la preuve ? "
- " Une vidéo qui nous est parvenue "
- " J'aimerais bien savoir par quel moyen...cette affaire n'est pas finie ! ", sentant que son portable vibrait " Maintenant, si vous voulez bien, j'ai une affaire à régler "

Il s'éloigna vers le fond du couloir qui se trouvait à gauche de la pièce, en sortant de son bureau, et pénétra dans une salle de maintenance, très peu éclairée qui ne laissait apparaître que l'éclairage des LED des processeurs informatiques.

- " Radford "
- " Comment se déroule l'opération ? "
- " Bien Monsieur. Jack Bauer a posé les charges et le cargo va exploser d'une minute à l'autre, si ce n'est déjà fait "
- " En administrativement ? J'ai appris que l'ONU cherchait à faire un procès à l'OTAN "
- " Oui, tout se passe merveilleusement bien, malgré que les fédéraux ont investis le bâtiment pour procéder à des fouilles. Ils ne doivent pas accéder à mon ordinateur ! "
- " Je me débrouillerais pour qu'ils ne le fassent pas. Je vais contacter le procureur Meade, il pourra étouffer l'affaire "
- " Faites vite, ils ont déjà emporté plusieurs ordinateurs "
- " Ce sera fait dans l'heure. Vos hommes sont en place en Biélorussie "
- " Oui, nous attendons l'explosion du cargo "
- " Contactez-moi quand ce sera fait, je veux en avoir la certitude "
- " Bien "


[9:55:41]


Palmer n'était pas averti de la présence des deux visiteurs lorsqu'on toqua à la porte de sa salle de visioconférence. Il était en pleine discussion avec un de ses ministres.

- " Excusez-moi ", mettant un terme à la conversation

L'homme de chambre laissa entrer les deux inspecteurs à l'air sérieux et indifférent, puis referma la porte pour les laisser seuls.

- " M. Palmer, je suis Michael Helgenberg et voici Andrew Salewsky. Nous sommes désolé de venir si tard sans vous avertir "
- " Pourquoi êtes-vous là ? "
- " Nous avons été envoyés sur le champ par une commission d'enquête, qui porte sur vous Monsieur "
- " Sur moi ? Mais que sont ces aberrations ??? "
- " En réalité, il s'agit d'un ordre émanent d'une sphère plus élevée. Un département rattaché au notre enquête également sur l'OTAN. Cela concerne la mise en place d'une opération des Deltas Force appelée opération Eclipse, qui a lieu en ce moment même en Biélorussie. Je pense que vous êtes au courant ? "
- " Evidemment que je le suis, je suis président de ce pays ! Mais ça ne veut pas dire que j'y ai consentie ! J'ai appris son existence aujourd'hui, tout comme vous "

Les inspecteurs se lancèrent un regard.

- " Nous allons devoir vous posez quelques questions Monsieur Palmer "
- " Hors de question ", fermement " Pas sans une bonne raison ! "
- " Monsieur, je crois que vous ne nous avez pas bien compris ", poursuivit l'autre homme " Vous êtes accusé d'avoir commandité une opération secrète en pays étranger sans la moindre autorisation du parlement et de vos chefs d'Etat Major "
- " Et comment allez-vous mener cette enquête ? ", troublé " Je veux dire, quels résultats attendez-vous ? "
- " Si on vous donne tort, vous serez condamné à une peine mise en application par la Cour Suprême. Même dans le pire des cas, avec votre pouvoir, vous pourrez sans doute échapper à la prison. Mais ce qui est certain, et quel que soit le résultat de l'enquête, c'est que vous allez devoir vous expliquer devant la scène internationale. Je crois que nous sommes désormais engagés dans un conflit inévitable "

Dépité dans une colère qu'il s'efforçait de contenir, comme il l'avait toujours fait, David Palmer ne parvenait à se défaire de toute la frustration qu'il avait acquis depuis sa blessure d'il y a 7 mois. Il ferma les yeux l'espace d'un instant, en se disait qu'il n'était pas le moment de lâcher, et qu'il devait même se faire à l'idée qu'il n'y avait jamais de moment pour ça.


Maintenant son objectif terminé, Jack contacta Radford avant l'arrivé des autres deltas, qui avaient probablement remarqués l'explosion de loin :

- " Delta Com "
- " Ici D1, passez-moi Radford tout de suite ! "
- " Une seconde... ", précisa Linda au bout du fil
- " Je suis là, tu as réussi à remplir ta mission ? "
- " Le bateau est en train de couleur, il ne reste qu'une petite partie hors de l'eau "
- " Excellent ! Et tu n'as pas eu de problèmes avec ces hommes ? "
- " Tu as trouvé quelque chose sur eux ? "
- " A vrai dire je n'ai pas vraiment eu le temps, on a perquisitionné nos bureaux... ", déplora Radford

Jack ne chercha pas même pas à comprendre pourquoi.

- " C'est étrange car ils semblent que certains d'entre eux étaient américains. Et Drakov est là. Il savait qu'on allait venir "
- " Drakov est un professionnel, il a sûrement du te pister. Quant aux américains, je n'en ai pas connaissance. Je vérifierais l'information "
- " Passe l'affaire à la CAT, ils seront plus compétents ! "
- " Je les ai appelés, ils sont aussi occupés, ils sont sur un homme qui travaillerait pour la CIA et qui a fabriqué de faux enregistrements téléphoniques compromettants Palmer. Puis un autre équipe s'occupe d'Avnar, cette Dessler ma' dit qu'ils attendent de trouver un lien plus évident entre ces événements et ta mission "
- " Rappelle-les, et dis leur de mieux enquêter sur Drakov. Je pense qu'il a des connexions à l'intérieur du gouvernement ", s'inquiéta Bauer
- " Promis je le ferais. Je peux maintenant rétablir ta liaison avec le reste de l'équipe "
- " Bien, je leur dirais que la zone a été brouillée "
- " Merci Jack, c'est un grand service que tu me rends ! "
- " Je ne me réjouirais pas trop si j'étais toi, j'attends des explications, et pas qu'à moi, sinon, je serais obligé d'en faire part à tes supérieurs "
- " Voyons donc, qu'est-ce que ce soudain mépris ? Est-ce que je te menace de révéler ce qu'il s'est réellement passé pendant Crépuscule ? Tu veux que je dise à tout le monde que tu as menti lors de ton passage devant la justice ? C'est une affaire de bon sens Jack. Nous travaillons pour les mêmes personnes. Maintenant excuse-moi mais je dois y aller ", raccrochant subitement

Jack regardait tout autour, puis admira les dernières lueurs blanches de la coque disparaître dans les abysses.


Un peu plus loin, dans la forêt, on avait une vue quasiment identique sur la scène. Drakov avait survécu à l'explosion, lui et ses hommes avaient sûrement du sortir quelques secondes avant la première détonation.

- " Oui, le cargo est bientôt au fond de l'eau ", expliqua le biélorusse au téléphone, écarté de son équipe, en retrait
- " Et où sont les autres deltas ? "
- " Je pense qu'ils ne sont pas loin. Ils n'ont pas connaissance de ce que Bauer vient de faire "
- " Très bien, continue de surveiller les deltas, nous les surprendrons au bon moment "
- " Et pour les américains ? "
- " Je m'en charge, occupe-toi de Bauer "
- " Très bien "

Il prit ses jumelles, cherchant la position de Jack sur le quai, mais il ne parvint à le trouver.

La fumée recouvrait la majeur partie de l'endroit où le cargo mixte avait explosé, et une partie du ponton avait également été détruite, laissant apparaître des planches de bois voguer sur l'eau.

Le capitaine delta empocha également ses petites jumelles et observa les alentours. Des bulles se formaient à la surface à cause de l'aspiration du bateau, signe qu'il n'était pas encore arrivé au fond.
Soudain, il leva à peine les jumelles et remarqua six hommes en combinaison de plongée, arborant fièrement le sigle du drapeau américain sur leur manches, et qui se faufilaient entre les arbres qui bordaient le rivage, puis plongeant dans l'eau. Deux hommes emportaient dans le lac un appareil hydraulique qui laissait de la place pour deux personnes ainsi qu'une grande cavité à l'arrière.

- " Qu'est-ce que... ", se demandait-il

Les plongeurs ne se souciaient pas d'être vus, pensant sans doute que d'où ils étaient, on ne pouvait les voir à cause de la brume épaisse.


Linda quitta son poste et retourna dans le bureau de son père en voyant qu'il partait encore s'isoler avec son portable.
Au siège de l'OTAN à Bruxelles, une arrestation avait lieu. L'homme se débattait mais la sécurité tentait de le calmer.
Eve Thompson cherchait dans son répertoire un numéro. Elle s'arrêta à celui du journaliste qui l'avait employé quelques heures auparavant.
Tony fixait une goutte de pluie qui glissait le long de la vitre.
Jack cherchait à voir ce que faisaient les plongeurs dans l'eau.
Un téléphone sonnait dans une élégante et luxueuse pièce.


[9:59:11]


Sous fond du Benedictus de Mozart, le propriétaire de la demeure décrocha le téléphone, d'un geste calme et détendu :

- " Allô ", dit-il
- " C'est à nouveau moi "
- " Gabriel ! ", comprenant qu'il s'agissait de Radford " Le cargo a explosé ? "
- " Il est au fond de l'eau à l'heure où je vous parle ", le rassura le directeur des opérations étrangères
- " Bauer n'a posé aucune question ? "
- " Il est un peu suspicieux mais je ne pense pas qu'il sait que je travaille pour vous "
- " Il ne doit jamais le savoir, vous m'avez entendu ? "
- " Je suis conscient des enjeux Monsieur, tout aussi conscient des avantages que nous rapporte cette opération. Personne n'en saura rien "
- " Je l'espère. J'ai déjà réussi à mettre Palmer en mauvaise posture, et notre premier coup d'échec envers l'OTAN fonctionne à merveille "
- " Je savais que l'OTAN était la cible idéale pour faire croire que c'était eux qui avaient autorisés l'opération Eclipse ", se congratula Radford " Plus l'enquête avancera, et moins on imaginera que c'est vous qui êtes à l'origine de tout ça "
- " En effet, les doutes ne se tourneront plus jamais sur nous. Et encore, ceci n'est que la première partie de toute notre opération. La pièce ne fait que commencer "

L'homme reposa sereinement son téléphone, et fit quelques gestes gracieux à la manière d'un chef d'orchestre comme s'il maîtrisait à la perfection son oeuvre, sa symphonie, où toutes les notes se succédaient somptueusement sans le moindre défaut. Il balança un dernier mouvement puis ferma les yeux, prenant sa respiration en écoutant toute la splendeur du requiem qui l'acheva au plus profond de son être, au plus profond de son rôle : celui d'Anthony Lane.





[9:59:57]
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[10:00]

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Mr. Jack
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 Message Posté le: Sam 18 Aoû 2007 - 15:39    Sujet du message:
Répondre en citant

Précédemment dans la fan-fiction " Opération Eclipse " :


Alors qu'il posait les charges de semtex pour faire exploser le cargo, Jack comprit qu'il n'était pas seul à bord, et que les hommes de Yuri convoitaient aussi les pièces de Pluie Noire. Après que le bateau ait sombré sans qu'il n'ait pu voir ce que représentaient ces pièces, il constata qu'une équipe de plongeurs américains se rendaient au fond du lac.

La CAT parvint à trouver l'adresse d'un homme dénommé Morello, employé secrètement par la CIA, qui était suspecté d'avoir fabriqué les fausses conversations entre Palmer et Tony Almeida. Le gouvernement lança un commando, mais Palmer n'ayant pas confiance en eux, il envoya Danny Cain, jeune directeur de la cellule de Washington, que Palmer connaissait bien et qui avait travaillé sur l'opération Crépuscule, puisqu'il suspectait que cette journée était peut-être liée à l'ancienne mission de Jack Bauer. Cain arrêta Morello sans mal.

L'ONU avait commencée à lancer son plan d'action envers l'OTAN et chez les Delta Force, en menant quelques arrestations, où les fédéraux perquisitionnaient les ordinateurs du département de Radford. Il contacta alors son supérieur, qui n'était autre qu'Anthony Lane. Il lui promit d'étouffer l'affaire, expliquant que leur plan marchait à merveille : ils réussirent à faire passer l'OTAN pour responsable de l'opération Eclipse dans le but de se couvrir, alors que c'était en fait Lane qui avait commandité l'opération dans ses propres intérêts. Il en profita pour rendre Palmer responsable de l'affaire. Une commission d'enquête débuta pour trouver la vérité sur le président.




Episode 9 : ( 10h00 - 11h00 )

Ces événements se déroulent le jour de l'opération Eclipse, entre 10h et 11h, heure biélorusse.



Le regard perçant et attentif, l'oeil livide, Jack Bauer emportait avec lui un nouveau souvenir de ce qu'il considérait comme ses années de guerre si bruyantes et déconcertantes. Qui aurait pu prédire, il y a 6 mois que le second cargo serait détruit par le capitaine gradé des deltas ? Mais au fond, il ressentait comme un manque, comme si l'insatisfaction n'était pas pleine : Pluie Noire se trouvait-il réellement dans ce bateau ? Radford n'aurait jamais demandé à le détruire dans ce cas, il aurait voulu les preuves en personne. Et ce n'était pas un hasard si des plongeurs américains avaient sautés dans l'eau, il fallait se rendre à l'évidence pensait-il : son gouvernement voulait secrètement, du moins, encore plus secrètement que ce qu'ils avaient fait jusque là, s'emparer de ces pièces nanotechnologiques et faire croire qu'ils n'en restait plus rien pour écarter les potentiels concurrents. C'était là la logique première des déductions de Jack Bauer.

Il ne voyait plus aucun plongeur depuis ses jumelles et il se décida enfin à quitter les lieux, afin de rejoindre le reste de l'équipe. Il marcha jusqu'au fond du quai, qui menait à une cabane estivale, tournant le dos au lac où le cargo avait sombré quand étrangement, le temps et les sons semblaient s'arrêter autour de lui. Comme si l'instant se décomposait.

En l'espace d'une seconde dans cette étrange éternité, il se retourna rapidement et stoppa avec ses deux mains le bras de l'homme qui s'apprêtait à le poignarder d'un coup bas vers le haut : Yuri Drakov n'avait pas lâché prise, c'était plus qu'une histoire de course aux nanotechnologies, mais un affront personnel contre le delta.
Les forces étaient égales, les bras des deux hommes tremblaient, mais Bauer parvint à inverser la tendance et très lentement, toujours dans cette temporalité particulière, il put mettre Drakov à plat sur la neige, et rapprocha le couteau de son oeil ténébreux.

Soudain, tout s'arrêta, et Jack s'écroula, abattu par un coup à la nuque du tranchant de la main. Il s'engouffra dans la neige, sous le regard austère du paramilitaire qui l'avait frappé et de Yuri Drakov, se relevant fière de cette bataille qu'il avait gagnée.

- " Emmène-le ", comme un vainqueur désigné d'avance

Dans l'inconscient de Jack résonnait le bruit de son corps traîné par terre, aussi immobile qu'il ne l'avait jamais été.


[10:06:25]


Le rythme du Dr. Avnar était redevenu constant, après tout ce qu'il avait inhabituellement subi aujourd'hui. Il était plongé dans un sommeil paisible, bien qu'avec un fond d'angoisse, dans son lit d'hôpital dans la base des deltas en Italie.

Dans le calme paisible de la fin de nuit, le jour ne s'étant pas encore levé, la porte de la pièce grinça quelques secondes. Des pas se faisaient entendre. Une main se posa sur l'épaule du scientifique, qui se réveilla difficilement, les yeux n'étaient pas habitués à cette obscurité.

- " Qui êtes-vous ? J'ai déjà dit tout ce que je savais... "
- " Je sais, ne vous en souciez plus "
- " Alors que me voulez-vous ? ", son rythme s'accélérant un peu
- " Calmez-vous. Je n'ai aucune question à vous demander, je sais que vous avez répondu à la demande de la Corée parce qu'Anthony Lane s'est arrangé pour supprimer vos fonds pour les recherches que vous meniez avant ce projet, et que malgré le pacte qu'il a signé avec les pays de l'Europe de l'est, chose qu'il a fait en partie pour cacher ce qu'il venait de vous faire, en vous narguant par la même occasion, il ne vous a pas donné un centime "
- " J'étais contre la politique de Lane, je l'ai toujours été. Il n'aurait jamais pu me demander personnellement de créer ces pièces. En me supprimant mes fonds, je pense qu'il savait que la Corée allait s'occuper de la demande pour les pièces, et qu'il profiterait de l'occasion pour s'en emparer "
- " C'est sans doute pour ça que vous ne faites ni confiance aux américains, ni aux biélorusses, qui veulent se servir de votre méfiance envers les Etats-Unis pour se rapprocher de vous "
- " Je n'en sais rien pourquoi ? "
- " Pure spéculation. Quoiqu'il en soit, en acceptant la demande de la Corée, vous avez parfaitement répondu à la demande de Lane en fin de compte "
- " Vous ne m'avez toujours pas dis qui vous êtes ? "
- " Je travaille pour les deltas. Je suis chargé par Anthony Lane en personne de m'occuper de vous "

Le rythme avait atteint 125 battements par minute.

- " Attendez, je vous promets de ne rien dire ! "
- " Vous avez fait le nécessaire en prévenant les fédéraux que la Corée était à l'origine de tout ça. Vos nanotechnologies était le plan idéal pour Lane afin de passer à la suite des opérations "

Il se dirigea lentement vers l'appareil respiratoire, tournant le dos à Avnar.

- " Mais vous ne comprenez pas la gravité des nanotechnologies ! Et elles ne sont pas encore au point !!!", à 135 bpm
- " Ca n'a aucune importance "

Il déconnecta les fils.

Le rythme cardiaque baissa fulgureusement. Face à la mort, Avnar ne trouva pas le moindre mot à dire, comme déjà enfermé dans son cercueil. Sa respiration devint silencieuse, et ses paupières se refermaient lourdement. Le son de l'électrocardiogramme était devenu constant. Avnar était mort.

Le tueur sortit de la pièce comme il était entré, sans avoir laissé la moindre preuve de son passage.


David Palmer ne parvenait à admettre qu'on avait lancé une enquête sur lui, en si peu de temps, en réussissant à convaincre les plus hautes figures judiciaires du pays, preuve que même l'autorité présidentielle ne suffisait plus. Seul le Congrès était à la hauteur d'une telle tâche, et ses membres étaient en de bons accords avec les juges de la Cour Suprême, et il ne fallait pas réfléchir longtemps pour penser qu'encore une fois, Anthony Lane était derrière tout ça.

Le président alluma la lampe du bureau où s'était installé un des inspecteurs, fouillant dans ses mémos un peu hasardement :

- " Ce qui se produit est inacceptable, je ne peux le tolérer ! "
- " Vous pouvez nous renvoyer chez nous, vous le savez. Une autre enquête débutera certainement dans quelques mois "
- " Je ne peux le faire, et c'est pourquoi vous êtes venu si rapidement : si je refuse de me soumettre à cette enquête, cela me donnera tort et l'affaire deviendra médiatique "
- " Monsieur Palmer "
- " Monsieur le Président ", corrigeant la façon dont il devait l'appeler
- " Ecoutez ", se détachant de sa feuille en relevant le regard " Nous ne sommes pas là pour vous emmener devant la justice. Le bureau veut juste vous écarter des témoins potentiels de l'assassinat du Dr. Sampton. Et cette histoire d'écoutes téléphonique n'arrange rien à l'affaire ! "
- " Les fédéraux sont en ce moment en train de prouver que ces relevés sont faux ! "
- " Alors nous en serons avertis. Vous savez, ce n'est pas la première fois que cela arrive. C'est même assez récurrent, à quasiment tous les mandats. C'est notre travail de faire ça. Vous croyez que Nixon aurait démissionné s'il n'y avait pas eu enquête ? "
- " La presse avait été avertie ! "
- " Une fois que les résultats étaient sûrs, oui ", d'un ton convaincant " Mais vous avez le soutien de votre camp, et la presse démocrate est devenu majoritaire depuis le président Hughes. Cette affaire, restera privée"
- " En toute honnêteté Monsieur ", continua l'autre inspecteur " Vous êtes le meilleur président que ce pays n'a jamais connu "
- " Clive ! ", en lui rappelant que ce n'était pas professionnel de parler ainsi " Croyez-moi, une fois que le Sénat et le Cabinet sauront que vous êtes blanchis, il vous soutiendront à 100%. Ca peut vous être favorable dans votre course contre Anthony Lane, et vous savez très bien qu'il est allé très loin et que vous pouvez difficilement faire marche arrière. Il faut y aller de front Monsieur ", prouvant son penchant envers la politique de Palmer
- " Quels sont vos rapports avec lui ? ", aborda le président
- " Etant donné que le Congrès reste assez en retrait, nous collaborons uniquement avec le Cabinet "
- " La décision est issu du camp républicain ? "
- " Nous ne somme pas au courant de ce choix, pourquoi ? "
- " Ca y est, tout devient clair...", élucida Palmer, prenant la direction de la sortie " Un instant je vous prie "

L'inspecteur pressa l'interrupteur de la lampe afin de l'éteindre, replongeant le bureau dans une ambiance tamisée où fusionnaient le bleu du ciel attristé et l'orange du feu de cheminée.


[10:11:33]


Membre distingué du Pentagone, George Rosenberg savait traverser ses couloirs avec élégance et prestance. L'histoire disait que l'âge faisait l'homme classe et pas le costume. Rosenberg approuvait cette politique mais ça ne l'empêchait pas de s’acheter des cravates à 300$ à porter dans ces réunions de chefs d'états qu'il dirigeait avec tant de brio et d'éloquence.

- " Bonjour George, bien dormi ? ", lui demanda un collègue qu'il croisa
- " Mes 3h quotidiennes ! ", dit-il avec panache en simulant un sourire de bureau

Il pénétra au beau milieu d'une des conférences matinales de l'aile nord-ouest, d'une aisance et d'un charisme comme si on ne pouvait pas lui reprocher son retard.

- " Comment vont les affaires ? ", en livrant sa veste à l'officier de garde sans regarder les cinq directeurs dans la pièce
- " Le rythme prend de l'ampleur à l'OTAN. On a déjà procédé à deux arrestations en une heure. Le dossier que tu as monté est vraiment solide on dirait "
- " C'est exact ", en s'asseyant sur le siège de bout de table, les empêchant de voir les images du vidéo projecteur " Dans l'heure, les enquêteurs devraient faire quelques saisies sur les dossiers de validation et d'évaluation de terrain, ce qui leur fera fermer le département des opérations à l'OTAN pendant quelques jours. L'Organisation perdra de son poids économique et de sa crédibilité, et mêmes les plus grands avocats ne pourront pas réfuter l'existence de ces dossiers que j'ai monté. Ce sont des preuves parfaites pour les rendre coupables de la mission "
- " Tu es certains qu'ils vont passer à la confession ? "
- " Je n'aurais jamais accepté la requête de Lane si je ne l'étais pas ", répondit Rosenberg en toute simplicité
- " Je crois qu'il n'y a pas de soucis à faire ", le soutint un autre " En faisant croire que l'Organisation toute entière était responsable, ça nous a permis de rendre moins crédible le petit comité qui était au courant de la mission, et que nous faisons passer pour coupable. La cour va penser qu'ils sont dans le dénie, et que de ce fait, ça ne peut être que eux "
- " Je comprends mieux votre audacieux plan George. Alors que si vous aviez rendu coupable chaque membre de l'OTAN, la justice aurait pu croire qu'il s'agissait d'un coup monté contre eux, contre l'Organisation toute entière, et désormais, la réfutation de ces membres qui ignorent réellement cette affaire va en fait les rendre d'autant plus suspects, et va appuyer le fait que l'OTAN est coupable "
- " Ce que je n'arrive pas à saisir, c'est pourquoi ce petit comité de l'OTAN, qui sont au courant de l'opération si je comprends bien, et qui savent que nous les avons bernés alors qu'ils n'ont rien faits, acceptent de se laisser accuser d'avoir monté l'opération en Biélorussie ? "
- " En réalité, ils n'ont pas eu le choix. Du moins, ils l'ont eu, comme nous tous, mais la contrainte était trop insupportable ", explique Rosenberg
- " Quelle genre de contrainte a pu user Lane pour les convaincre de se rendre faussement coupable ? ", s'offusqua le plus enveloppé
- " Celle dont tout le monde en ignore les véritables conséquences... ", confia Rosenberg, s'étalant sur son fauteuil, replaçant dignement sa cravate noire et argentée


Adam Kaufman décrocha le téléphone depuis le petit bureau qu'on lui avait assigné il y a quelques mois, tapant l'appel abrégé pour joindre Michelle :

- " Eum...Melle Dessler ? "
- " Je te l'ai déjà dis Adam, tu peux m'appeler Michelle ", le regardant depuis le deuxième bureau à l'étage
- " Oui...je voulais vous prévenir que j'ai les infos que les Delta Force nous ont demandés, à propos de Yuri Drakov "
- " Envoi-les moi sur Start 3 "

Elle ouvrit le dossier correspondant, recevant les fichiers en cours de transfert.
Dès que Mack s'était aperçu que Kaufman lui avait légué quelques informations dont il n'était pas au courant, il entra de manière inappropriée dans le bureau qu'occupait Michelle :

- " De quoi s'agit-il ? "
- " Le dossier d'un mercenaire biélorusse, Yuri Drakov. Il ferait opposition à l'équipe de Jack "
- " Pourquoi est-ce qu'on s'en occupe ? Ca n'a rien à voir avec nos objectifs "
- " Maintenant si, les Deltas tiennent à ce qu'on le fasse "
- " Ecoute, j'ai lu le dernier rapport du FBI...les fédéraux enquêtent là bas, ils sont suspectés "
- " Ils veulent un coup de main, c'est compréhensible "
- " Ou ils veulent nous faire croire qu'ils sont innocent dans l'affaire ", expliqua Mack
- " Si vous voulez mon point de vue... "
- " Je ne le veux pas ", la coupant net
- " ...vous êtes paranoïaque. Pourquoi les Deltas travailleraient avec un biélorusse qui fait mur aux Delta Force ? "
- " On sait quoi sur lui ? "
- " Né en décembre 1968. On lui a d'abord enseigné le nucléaire et une quantité de chose sur le domaine militaire. En 1982, il commence une formation paramilitaire sous un autre nom, et il finit 1er de sa promotion durant trois années consécutives "
- " Il a ça dans le sang à ce que je vois... Et c'est tout ? "
- " En réalité non, mais le reste ne concerne pas que lui ", dit-elle d'un ton pédagogique " Regarde ", tournant l'écran de l'ordinateur vers Mack

Il fixa avec étonnement le profil.

- " Mais oui, bien sûr...J'en ai déjà entendu parler plusieurs fois, mais je n'avais pas fait le rapprochement",
- " Personne ne l'a fait apparemment. Assez étonnant que les Deltas n'aient rien vu sur ce coup "
- " Il faut prévenir les fédéraux, s'ils ne sont pas déjà au courant ! ", proposa Mack, sortant du bureau à toute allure
- « Au fait Sullivan, vous n’avez toujours pas de nouvelles de Tony ? », inquiète rien qu’en y repensant
- «  Non je suis désolé. On fait de notre mieux pour le retrouver, mais ça n’est plus de notre ressort, il y a trop de travail ici. Le FBI s’occupe de tout »
- «  Bien… »


Michelle scanna les résultats, ne détachant pas son regard du visage de l'homme qui apparaissait sur la façade de l'écran, caché par une luminosité à tons inversés.


[10:15:03]


Drakov pénétra dans une bâtisse grise qui s'enfonçait dans les profondeurs de la forêt. Deux de ses hommes tenaient Jack, ligoté et inconscient.
Danny Cain regardait depuis le miroir le suspect des faux enregistrements en salle d'interrogatoire.
Lane sortait du bâtiment où il siégeait, enfilant son grand manteau noir en emportant son parapluie.
Rosenberg continuait de mener la barque à la réunion des membres du Pentagone.
Chez les Deltas comme au siège de l'OTAN, la perquisition d'éléments et d'éventuelles preuves affluait de plus en plus.



[10:20:43]


Après une heure de discussion avec les fédéraux, constatant que Radford était bien plus forcené qu'il n'en paraissait, quasiment désaxé par tous ces outrages, le directeur des opérations étrangères décida de quitter les locaux en menant sa propre enquête :

- " Vous ne vous en sortirez pas ainsi ! Dès que je vais avertir le Sénat de l'affaire... "
- " M. Radford, le président du Sénat Angton nous a lui même donné son accord. Quant à David Palmer, il est très occupé aux dernières nouvelles "
- " Alors je trouverais quelqu'un d'autre !!! ", empruntant le chemin vers l'ascenseur

L'oeil discret, le regard traversant la barre décorative en hauteur sur son bureau, Linda Radford mis en attente le signal émis vers les deltas, et se leva de son poste. Même si elle avait le soutient de son père pour ce travail, elle était consciente qu'il s'agissait d'un manquement aux règles. Mais ils avaient très peu communiqués avec elle depuis le début, et son père l'avait averti que la mission aurait une tournure inhabituelle, puisqu'elle était inofficielle. En temps normal, le capitaine de l'équipe devait faire un rapport toute les demi-heure, mais Jack Bauer avait toujours détesté cette notion de normalité, et Radford savait à quel point c'était dangereux pour eux si la cour martiale saisissait l'affaire, alors il laissa une liberté totale à ses hommes.

Elle s'élança audacieusement dans le bureau courtisé de son père, laissant la porte ouverte pour ne pas plus attirer l'attention des fédéraux, et fouilla derrière un livre de Dostoïevski pour y dénicher la carte d'accès qu'elle avait essayée quelques heures auparavant, celle qui était sensé représentait un danger d'après les dires de son père. Mais elle se disait qu'il s'agissait sûrement d'un nouveau coup de bluff de sa part elle commençait à le connaitre réellement.
Elle retourna, de manière angélique à son poste, inséra la carte sur le côté du clavier, puis se lança dans de fructueuse recherches, comme si elle savait où aller : dans les dossiers qu'elle n'avait eu le temps de voir précédemment, tout en vérifiant qu'elle n'était pas la nouvelle cible des enquêteurs. Puis elle posa sa main gauche sur un post-it posé sur une pile de classeurs souples, où était annoté un numéro de téléphone, celui de la CAT de Los Angeles, qu'elle s'empressa de contacter :

- " CAT, O'Brian "
- " Linda Radford à l'appareil, agent de liaison des Delta Force "
- " On m'a prévenu que vous pourriez appeler... ", comme si elle était trop occupée
- " Je n'en ai pas pour longtemps, mon père m'a dit de vous contacter. J'aimerais juste savoir si vous aviez trouvé des informations au sujet de la Corée du Nord, des mémos, des témoignages... "
- " Absolument pas, la Division nous a dit que les cellules de la côte est s'occuperait de ce détail, donc demandez-leur si vous voulez quelque chose ! "
- " Bien... ", un peu insatisfaite de la réponse
- " Ecoutez, de quoi s'agit-il ? ", se sentant injuste
- " J'ai accès à certains dossiers confidentiels, mais ils sont codés en sinogrammes, sûrement l'alphabet hangûl, donc ça pourrait provenir de la Corée "
- " Vous avez trouvé ça où ? "
- " Une piste que nous avons suivis ", mentait Linda pour ne pas dévoiler l'implication de son père
- " Quoiqu'il en soit, donnez-moi votre numéro de serveur "
- " Pourquoi ? "
- " J'ai un logiciel qui traduit 80% des langues dans le monde. Ce n'est pas parfait, mais on peut facilement en comprendre le sens "
- " Bien. Hum, DS3, puis Delta13#, et enfin...0800.223.445.2 "
- " 0800.223.445.2...vous devriez le reçevoir "

Un message s'inscrivit sur l'ordinateur de Linda.

- " C'est bon je l'ai ! "
- " Parfait, dites-nous si vous trouvez quelque chose "
- " Je le ferais ", sympathiquement

Toutes deux reposèrent le téléphone. Linda s'empressa d'installer le logiciel et d'y glisser les quelques phrases coréennes :

" 우리 접촉은 요구를 받아들였다 의지와의 모든 토론은 우리에 의해 그를 초월한다. 는 발견되어서는 안된다, 중요성은 너무나 주요하다. ", étaient les caractères qui figuraient à l’écran

Elle déclencha la traduction :

" Notre contact accepté la demande. Discussions avec lui passera par nous. Lui ne doit découvert pas être, son importance capitale "

A coté se situait un fichier avec un numéro de compte, où devaient figurer les informations sur cet homme.

Elle se précipita aussitôt sur le téléphone :

- " Radford "
- " C'est Linda "
- " Je viens de partir, tu ne pouvais pas m'appeler avant? "
- " J'ai pris la carte que tu cachais dans ton bureau ", lui révelant directement la vérité
- " Et alors ? Tu as réponses à tes questions ? "
- " C'est trop cette fois, je la livre aux inspecteurs dans la minute si tu ne me donnes pas ce que je veux "
- " Je te dirais n'importe quoi, non pas parce que tu me menaces, mais parce que je t'accorde toute ma confiance ! Crois-tu que j'aurais mis la carte a porté de tout le monde, dont toi si je ne te jugeais pas capable de savoir la vérité ? Tu peux savoir tout ce que tu désires, mais ça doit rester entre nous? "
- " Encore une affaire peu officielle... "
- " J'ai eu l'autorisation de mes supérieurs et je n'ai rien à cacher. Mais je préferais quand même que ça ne s'ébruite pas trop. Je peux te faire confiance ? "
- " Oui ", strictement " Voila ce que je veux : qui est-ce fameux contact envoyé par la Corée du Nord ? "
- " Je ne peux pas t'en parler par téléphone. Sur le mémo, on mentionne un numéro de compte. Rends-toi dans le département 16, chez Warwick. Il y a tout un immeuble avec des entrepôts pour y déposer toutes sortes de choses confidentielles. Je préviendrais le veilleur, c'est un ami. Il te donnera une clé qui correspond au numéro de la pièce, tu pourras entrer, et ouvrir le coffre, et tu y découvriras l'identité de notre homme "
- " M..merci ", surprise qu'il se confie autant
- " De rien ma chérie. Mais n'oublie pas, ça reste entre nous "

Elle raccrocha, puis imprima chaque registre en cours, sans traduire au préalable les dossiers en coréen qu'elle trouvait.


Dans l'ombre rétrécie qui se dressait au bas de l'escalier métallique, en concordance avec l'écho de bruits de pas, Yuri Drakov s'imposait au centre de l'entrepôt abandonné, bâti de murs grisâtres et de taules cernant les 500m². Sûrement une ancienne fondation communiste, un abri anti-atomique à moyen terme, construit aux abords des années 1950, qui devait protéger des effets de l'hiver nucléaire, période rude en Biélorussie, comme c'était le cas ces jours-çi. Rien que quelques bassines d'eau rouillée, des rats grouillants au quatre coins de la pièce, et sur la gauche, un poteau en fer de 3m de hauteur où était attaché Jack Bauer, tenu par des cordes qui serraient ses mains en son sommet, et ses pieds, jonchant à quelques centimètres du sol. Il était uniquement vêtu de son pantalon, où toutes ses armes avaient été retirées.

Drakov, accompagné de deux de ses hommes, fixa fièrement Bauer comme un gibier qu'il venait de récupérer, malgré la contre-plongée, comme on disait dans le jargon cinématographique, pour le moins embarrassante. Il monta sur la table qui lui fit gagner un demi-mètre, et empoigna la paume du Delta, qui dépassait des liens acérés, en sortant son couteau Bowie de l'autre main, orné d'un manche en bois, et taillada la sortie du poignet de Jack, sans en ouvrir les veines.
Le capitaine retrouva immédiatement ses esprits, sentant qu'on l'avait coupé, et analysa les alentours, à l'affût de n'importe quel détail qui lui serait utile.

- " Tu ne trouveras rien ", de sa voix grave sur un ton plat
- " Un abri de guerre ? "
- " Il est abandonné depuis 20 ans. Je sais que tu as fait partie du programme SERE, et que tu es formé à survivre en des conditions extrêmes "
- " Tu ne sais pas de quoi tu parles ", d'un basculement de la tête, le sourcil relevé
- " J'ai participé à un programme identique ici, à partir de mon jour d'anniversaire de mes 19 ans. J'y suis resté 8 mois enfermé dans une cellule sans fenêtre de 20m², avec pour seule nourriture les animaux qui rodaient dans le noir, et pour seule eau, celle qui gouttait du plafond. Mon programme de désorientation a duré 2 ans, où jour pour jour, j'ai été coupé du monde, et après tu dis que je ne sais pas de quoi je parle ? "
- " Ta famille t'a abandonné ", confia t-il un peu hasardement

Drakov serra le poing et livra un coup fatal au ventre de Jack, qui ne pu même se courber à cause de la douleur tellement la corde était solidement attachée.

- " Ne reparle plus jamais de ma famille "
- " Ne reparle plus jamais du SERE "
- " On dit que l'Amérique apprend de bonnes techniques d'interrogatoires là bas "
- " C'est un test hein, tu veux gagner du temps pour voler les nanomachines ? "
- " Non, les nanomachines ne m'intéressent pas. Je vais laisser les américains faire une partie du travail "
- " Qu'est-ce que tu cherches ? "
- " La même chose que toi, la vérité ! ", relachant un léger sourire ironique
- " Non c'est faux, tu es un mercenaire et tu travailles au service du plus offrant. Tout ce que tu veux, c'est moi "
- " Bien joué Jack ! "

Il se retourna pour qu'il ne puisse le voir, conversant avec les plus âgés des paramilitaires, et enfila un poing en fer qu'ils avaient eux-mêmes fabriqués, frappant aussitôt le delta à la poitrine.

- " Ahhh ", cria sèchement Jack en se retenant
- " Tu as raison. Il s'agit d'un test. Mais c'est uniquement entre toi et moi. Un bon duel entre un américain et un soldat de l'Europe de l'est. Mais je sais ce que tu dis, tu en as déjà trop combattu hein ? Le Kosovo, l'ex-Yougoslavie, cette histoire avec Drazen aussi, j'en ai entendu parler. On a bien cuisiné ton équipe... ", en le provoquant

Jack se retint de ne pas devenir vulgaire, mais c'était trop gratuit pour qu'il en soit arrivé là. Drakov voulait un duel, et Jack allait y répondre. Le paramilitaire poursuivit :

- " Tu n'es pas responsable de tout ça, ne t'en fais pas. Ni de tout ce qui se passe aujourd'hui. L'explosion de la base, la mort de McBride... "
- " Qu'est-ce que tu dis ? "
- " Tu croyais que ton homme s'était pris une balle perdue ? Nous ne sommes pas des amateurs Jack "
- " Fils de pute ! "

Le biélorusse organisa un mouvement furieux en direction des côtes droites de Jack, lui coupant la respiration quelques instants, et enchaîna avec un autre coup tout aussi vif.


[10:27:06]


Derrière le miroir glaçant couvrant le mur de la salle d'interrogatoire B, Danny Cain épiait l'informaticien secret au compte de la CIA. Rien qu'à en voir son visage, Cain sentait qu'il avait été contraint à travailler pour eux et qu'hormis ses activités pirates, il n'était pas un mauvais garçon.

- " M. Cain ! ", l'interromps un jeune agent qui rentrait dans l'antichambre
- " La Division sait qu'on détient Morello. Je ne sais pas qui les a avertis, mais il faut faire vite "
- " Très bien "

Cain sortit son téléphone de sa poche et entra un numéro.


David Palmer se réhydratait en buvant son jus de fruits matinal, se détachant quelques instants des inspecteurs qui ne le lâchait plus.

- " M. le président, un appel pour vous "
- " Qui est-ce ? "
- " Un certain Danny Cain, de la cellule de Los Angeles "
- " Passez-le moi sur la ligne 5 "
- " Oui Monsieur "

Le président se leva et décrocha le téléphone au bout de la pièce :

- " Palmer "
- " Monsieur, nous détenons Morello à la cellule. Il n'y a aucun problème pour les registres et système de surveillance, je m'en suis occupé. Mais la Division semble au courant, et je crois qu'ils ne sont pas les seuls"
- " Est-ce que vous vous pensez de taille à affronter la CIA ? Vous savez que je ne peux pas vous couvrir "
- " J'en suis parfaitement conscient. Mais je crois que quelqu'un dans le gouvernement nuit à cette enquête. Ils couvrent peut-être la CIA "
- " Difficile d'enquêter de mon côté, je suis aux prises avec les inspecteurs pour une heure encore "
- " D'après ces derniers mois, je ne serais pas étonné qu'il s'agisse de Lane, surtout vu ses contacts au Congrès et à la Cour Suprême. C'est peut-être même lui qui a envoyé ces inspecteurs chez vous. Il savait que si vous refusiez l'enquête, vous auriez paru encore plus suspect des dernières allégations contre vous "
- " Vous pouvez vous en occuper ? "
- " Je vais voir ce que je peux faire. Je dois déjà chercher à couvrir mes arrières. L'idéal est que Morello soit lié à la CIA et à Lane "
- " Menez l'interrogatoire comme bon vous semble, je vous fait confiance "
- " Merci Monsieur. Il va parler, j'en suis sûr. Je vous rappelle plus tard "
- " Non, je le ferais. C'est trop risqué ici "
- " Bien ", rabaissant le clapet du portable " Ouvrez-la porte ", dit-il au garde posté devant

Cain pénétra à l'intérieur, sous le regard presque soumis du suspect.


[10:30:24]


Jack présentait quelques blessures au torse et à l'abdomen, mais il résistait parfaitement à la douleur
Cain commença l'interrogatoire en douceur, sensibilisant Morello à ses propos.
La police scientifique menait l'enquête dans la chambre du Dr. Avnar.
Eve Thompson inséra la clé de son appartement dans la serrure, et entra dans son spacieux salon.
Tony Almeida et l'agent de la CIA avec lui étaient encore bloqués dans les bouchons, sous les trombes d'eau.
Les deltas abandonnèrent le camion au milieu de la route, se dirigeant vers la fumée dépassant des arbres.



[10:35:16]


La conseillère de Lane déposa sa veste sur le sofa et prit quelques instants à elle, se détendant sur le velours noir, un verre de bourbon à la main.
Elle appuya sur son répondeur, toujours aussi détendue, les bras allongés de côté.

- " Mme Thompson, ici James Ferguson. Je vous félicite pour les dernières informations que vous nous avez apportées à propos d'Anthony Lane. Tout ce que vous nous avez dit fera les gros titres demain. Néanmoins, je suis un peu déçu de ces résultats. Je pensais que Lane gardait ses recherches sur le clonage, pour le moins confidentielles car il y avait autre chose derrière, et là, j'apprends qu'il est uniquement question d'éthique et de recherches illégales. Etes-vous bien sûr qu'il n'a pas d'autre dessein derrière tout ceci ? J'attend votre appel, oh, et à propos, il se peut que nous négocions une prime pour vous remercier de vos bons services "

L'élégante femme se mit à rire, de plus en plus fort et intensément, se moquant sournoisement des propos du journaliste.

- " Pauvre imbécile, vous croyez vraiment que je travaille pour vous ? ", ricanant sauvagement en ravalant une gorgée de bourbon


Le président du Congrès pénétra à son domicile familial, sous une architecture baroque flamboyante, s'accordant étrangement avec celle qu'il côtoyait au Capitole.

- " Bonjour M. Lane ", lui fit signe un garde, tandis qu'il continuait de marcher

Malgré les photos de sa femme parsemées sur chaque commode du 18ème et fin 17ème siècle, les appartements étaient vides, noyés dans un chagrin que n'importe qui pouvait sentir en entrant dans n'importe quelle pièce, et que Lane se vouait à ressasser jour après jour.
Il saisit fougueusement le téléphone sur la basse table et mis en route un album des classiques de Saint-Saëns, qui pouvait aisément couvrir le son de sa voix :

N'ayant toujours pas abandonné son verre, Eve décrocha le téléphone :

- " Oui ", d'un geste délicat
- " C'est Anthony. Je suis arrivé chez moi, je ne devrais plus être sur écoute "
- " Et vous êtes certain que vos conversations avec Radford ne l'ont pas été ? "
- " Je me suis assuré de mettre un bon volume sonore pour éviter le pire. Je ne pense pas qu'ils ont réussis à placer des micros ici, mais je me méfie tout de même "
- " Les nanotechnologies sont en notre possession ? "
- " Radford ne m'a pas donné de nouvelles de ses hommes. Il a réussi à mettre son équipe delta en attente en coupant le signal radio, quant à ce Bauer, on ignore où il se trouve "
- " Mais notre équipe de plongeurs a pu les récupérer non ? "
- " Ils sont encore sous l'eau je suppose, d'ici quelques minutes ils devraient arriver dans le bassin de Prezky avec leur appareil et les nanotechnologies "
- " Drakov est donc hors jeu ? "
- " Il est encore chargé de maintenir les Deltas à distance. Il peut nous être utile à tout moment. Enfin je laisse Radford s'occuper de tout ça, pendant ce temps, il faut qu'on aille au laboratoire "
- " A cette heure-çi, vous êtes sûr que c'est le meilleur moment ? Je crois qu'un groupe d'étudiant doit y passer plus tard "
- " Ce n'est pas grave, c'est une bonne occasion pour maintenir ma couverture sur le clonage. J'y serais dans une heure. Et nous en profiterons pour avoir les résultat de notre expérience, le labo psychosociologique devrait désormais avoir une partie des résultats "
- " Parfait, je passerais par derrière "
- " Non non, venez par devant, personne ne fera le lien "
- " Bien, a plus tard alors ", lui dit-elle sur un ton qui prouvait leur longue entente

Lane n'était pas un homme à s'asseoir, il aimait aborder son attitude haute et droite, celle que les bons politiciens oubliaient tant de prendre. Il jeta un coup d'oeil fugace sur les nouvelles internationales diffusées à la télé. Une journaliste tenait un parapluie sous l'abat de gouttes lourdes et bruyantes.

- " Six mois après la tragédie du naufrage du pétrolier Mercure, aux abords de Monaco, le gouvernement français est toujours aussi silencieux sur l'affaire, nous donnant sans cesse des statistiques sur l'écoulement du pétrole en mer, qui semblent cacher le véritable fond de l'histoire. Que s'est-il réellement passé dans ce bateau ? Si le gouvernement justifie l'explosion comme une défaillance du système général des turbines, certaines personnes en ville affirment avoir vu un objet non-identifié dans le ciel. Certaines sources parlent même de missile terroriste. Quoiqu'il en soit, l'armée a démentie ces propos, expliquant que la ville était renforcée depuis sept ans d'un appareil anti-missile capable de détecter n'importe quelle menace dans les 120km à la ronde. Aujourd'hui, la faute semble être rejetée sur la compagnie Saveoil, qui constitue un des
actionnaire principal du ministre Jean-Pierre Nivers, envieux de trouver les coupables derrière cette histoire. Cependant, au vu des ambitions écologiques de la droite, Jean-Pierre Nivers niait la ... "

D'un geste brut, Lane coupa le moniteur et balança la télécommande sur le canapé, soupirant avec affliction dans un pessimisme qu'il dévoilait peu, mais qui le caractérisait si bien.



Sur les quais enneigés du lac Niémen, le long de douces traces arpentées, le bois couvert de flocons, et entourés d’un vent presque mélodieux, les deltas paraissaient désorientés au milieu de cette atmosphère pesante. Davies cherchait l'intuition sur le bout du quai à moitié dévasté, alors que Matters pistaient les pas dans la forêt, quasiment recouverts par la poudre.

- " La liaison semble rétablie ! ", manifestait Lee " Delta Com vous me recevez ? "

Concentrée sur son écran, Linda Radford peina à s'en détacher pour répondre à l'appel :

- " Ici Delta Com je vous reçois 5 sur 5. Quelle est votre position ? "
- " Nous sommes au sud du lac Niémen, mais Bauer manque à l'appel ! Le bateau où se trouvait la cargaison est détruit "
- " C'est Jack qui l'a fait, les débris dans l'eau présentent encore la teinture laissée par le C4 de fabrication européenne ", souffla Matters
- " Sa radio ne répond pas je présume ? ", questionna Linda
- " Non, on a été interrompu il y a plus d'une heure, c'est un problème de chez vous ? "
- " Oui, oui c'est probable. C'est un peu embarrassant, des enquêteurs sont là "

Les regards des soldats se croisèrent.

- " Des enquêteurs ? "
- " Je n'en sais pas plus. Il vous faut une assistance ? "
- " Nous ne manquons de rien, sauf d'informations. Bauer a du suivre ceux qui ont volés les nanotechnologies, sûrement les paramilitaires biélorusses que nous avons rencontrés "
- " Le satellite ne trouvera rien ici ", confia Morrow
- " Est-ce que Gabriel Radford est là ? ", s'inquiéta Kao-San Lee
- " Pas pour le moment non "
- " D'après l'environnement naturel et protégé, je dirais qu'il y a quelques abris de guerre disséminés un peu partout dans la forêt entourant le lac. Les paramilitaires n'ont pas pu se rendre en ville avec toute la cargaison, ils auraient été contrôlés. En sens inverse, ils auraient rencontrés l'armée. La seule option pour eux, c'est de se réfugier dans un abri abandonné afin d'attendre que la situation se calme. Localisez les fondations les plus proches, militaires, agricoles, tout, sur une surface de 15 à 20km² "
- " Je vous donne ça dès que possible "

Lee s'écarta de quelques pas du reste de l'équipe.

- " Et passez-moi Radford, c'est urgent ! "
- " Je vous dis qu'il n'est pas disponible ! "
- " Alors joignez-le sur son portable !! "
- " Je vais voir ce que je peux faire... "

Linda posa le téléphone de côté, tandis que Lee affrontait la vision de ses compatriotes intrigués, sur ce vieux champ de bataille qui périssait avec le temps, mais qui fleurissait d'une image d'innocence, de pureté entre tout ce brouillard si parfait.


[10:39:58]


Yuri aiguisa la lame acérée et cisaillante de son couteau, la faisant briller comme si le soleil éclatait sur le métal. Il demanda que ses hommes le laisse seul avec Jack, puis s'approcha du delta avec sérénité. Sa respiration n'était que le parfait témoin de l'apaisement et l'impassibilité qui se dégageaient de lui.
Bauer, lui, avait gagné quelques blessures sur le haut du corps, mais rien qui ne l'empêcherait de continuer sa tâche. Yuri s'arrêta brusquement à quelques centimètres de lui, et bascula son bras de droite à gauche en écorchant le torse du capitaine. Son sang coula passablement sur son pantalon, sans que Jack ne fasse sortir le moindre cri de douleur.

- " Tu n'as rien senti n'est-ce pas ? "
- " Qu'est-ce que tu veux Yuri ? "
- " Je n'ai pas besoin d'informations si c'est ce que tu veux savoir. Je veux juste voir si tu es à la hauteur "
- " On a pas de temps à perdre, la cargaison a été saisie et toi comme moi perdons ce que nous recherchons ! ", ne baissant pas le regard sur sa blessure
- " Je sais que tu ne sens presque rien. Tu n’éprouves pas la moindre douleur pas vrai ? Tu as appris à l'appréhender, à la saisir, à faire abstraction du physique par le mental. C'est comme ça que les soldats américains sont entraînés non ? Au bout de longs mois de souffrance, la douleur devient presque anodine. On dit que c'est le prix à payer pour être un bon patriote, mais est-ce là ce que tu recherches vraiment ? "
- " Bien sûr que oui, je ferais tout pour mon pays ! "
- " Alors ouvre les yeux ! Car ton propre pays se joue de vous comme de vulgaires pions! Plus l'Histoire avance, et plus l'expérience se révèle être une parfaite réussite pour ton gouvernement. Chaque guerre n'est qu'une tentative rayonnante de plus pour trouver une nouvelle manière d'utiliser ses soldats. Mort au combat, hommes dignes dit-on, mais quel est le prix de la dignité ? "
- " Tu crois que je ne le sais pas ??? Mais derrière eux, il y a encore des hommes bons désireux de rétablir les choses, et ce sont pour eux que je me bats ! "
- " David Palmer est aussi ignorant que toi. Tu crois qu'il a réellement gagné les élections avec le soutien du peuple ? Un noir n'aurait jamais eu sa chance de nos jours, c'est évident qu'il a été poussé là à cause de son image intègre et si policée. Tu sais bien ce qu'il s'est passé il y a 7 mois, même son parti ne voulait plus de lui. On l'a mis à cette place pour que l'homme sensé être le plus puissant du monde, est en réalité un parfait pantin, qui ne sait même pas qu'il l'est. C'est la couverture idéale pour donner les décisions à d'autres personnes en incriminant Palmer "
- " C'est un tissu de mensonges, je n'en crois pas un mot...Tu penses vraiment que nous sommes au coeur d'une immense théorie du complot ? "
- " Ce n'est pas un complot, c'est l'ordre des choses, c'est par là que tout a commencé, et non l'inverse. Quand tu rentreras au pays, tout sera presque calme, à part quelques histoires concernant Palmer, mais qui seront vite effacées par sa belle image d'orateur crédible et sincère. Voila comment on tait les histoires. On les met sur le dos d'un homme juste, qui réfutera ces accusations, et le peuple, qui aura confiance en lui, les oubliera en quelques jours. Dossier classé Jack, tu n'es pas d'accord ? "

Troublé par le poids de ces mots, trop interdits pour en sentir leur vérité, Jack cachait son teint hagard et stupéfait, sceptique de révéler le masque qu'il avait tant cru comme son véritable visage : il n'était qu'un soldat de plus, qu'une infime figure de l'échec, du damier mondial.
Cette dernière phrase paraissait évoquer quelque chose de plus fort encore, et Drakov attendait qu'apparaisse cette expression de façade pour pouvoir continuer à parler :

- " Dossier classé, ça te rappelle des choses non ? "
- " Je ne vois pas de quoi tu parles... "
- " Voyons, il y a 4 ans. Tu rentrais bredouille au pays, tes cinq hommes venaient de se faire tuer, et le tribunal n'a pas plus attendu pour entendre ta version des faits de cette opération paraissant à un fiasco complet"
- " Fils de pute ! "
- " Visiblement, ils n'apprennent pas à maîtriser la colère à l'armée..."
- " Tu ne sais rien de Crépuscule ! "
- " C'est vrai, ce n'était qu'un nom de plus sur le dossier qui parlait de ta vie entière. Mais tu n'en sais pas plus que moi "
- " Pourquoi est-ce que tu me parles de ça ? "
- " Parce que je ne suis pas là comme ton ennemi. Je sais que certaines personnes derrière l'échec de Crépuscule sont encore là aujourd'hui, sur cette mission même, et qu'ils continuent à se servir de toi ! "
- " Tu mens ! ", sous son regard malveillant
- " Crois ce que bon te semble. Je ne fais pas parti de la conspiration malheureusement, mon rôle est bien plus restreint, mais en tout cas, je sais d'où viennent les ordres que je reçois "
- " Et tu ne me diras pas qui n'est-ce pas ? "
- " Mes ordres viennent de plusieurs personnes ayant différents desseins, mais qui se sont unis pour la bonne cause dirons-nous. Mon devoir est très limité je te le répète, je ne sais pas grand chose, et si dans quelques heures, nos rôles seront inversés, je ne pourrais pas t'en dire plus "
- " Alors dis-moi ce que tu dois faire ici ? "
- " Je devais déjà m'assurer que les nanotechnologies arrivent en de bonnes mains "
- " Pourtant ce sont les américains qui les ont "
- " Je sais. Tout se passe comme prévu, ne t'inquiète pas. Ca fait parti du plan de t'emmener ici. Le reste de l'explication est pour plus tard, j'ai un coup de fil à passer "

La plaie au torse cessait de saigner abruptement, comme si le liquide rouge se glaçait devant l'abîme se dessinant au fond de Jack.


Dans la salle d'interrogatoire noire et grise, aux décors plus modernes et métalliques qu'à la cellule de Los Angeles, Cain menait son raisonnement pour faire parler Morello au sujet de la CIA.

- " Tu connais l'histoire de Diomède, fils de Tydée dans la mythologie grecque ? C'est un héros de la guerre de Troie. Il a participé au plus grandes guerres dans la détermination de venger son père, il aurait tué seize hommes rien que dans L'Illiade. Il savait qu'il ne risquait rien, car il était protégé d'Athéna, et plus il combattait, plus il pensait pouvoir s'attaquer au plus grands, quand lui vint l'idée d'attaquer les dieux. C'est là qu'il blessa Arès et Aphrodite. Sa victoire lui fit gagner la bataille, mais lui fit aussi perdre ce qu'il a de plus chère, sa femme. Il part donc de son pays pour fonder une cité, mais il sentait qu'il manquait tout ce qu'il avait un prix pour lui, et il ne vécu plus jamais heureux, enfermé dans son cercueil vivant à tout jamais, comm