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Fan-fiction de Mr. Jack S4: Opération Sombres Soleils
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Etes-vous satisfait de l'évolution de ma fan-fiction au fil des saisons ?
Oui (en partie parce que ca se rapproche plus d'un roman désormais)
71%
 71%  [ 5 ]
Non (en partie car ça s'éloigne de la fan-fiction et de l'univers de la série)
0%
 0%  [ 0 ]
A moitié, car certains points peuvent rebuter, comme la longueur des épisodes par ex.
14%
 14%  [ 1 ]
Peu importe, je m'y suis habitué et je n'y prête pas attention
14%
 14%  [ 1 ]
Total des votes : 7

Auteur Message
dr house
Conscience de Jack
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 Message Posté le: Sam 31 Oct 2009 - 18:16    Sujet du message:
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A quand le prochain épisode?
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Mr. Jack
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 Message Posté le: Dim 01 Nov 2009 - 15:29    Sujet du message:
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Ca fait pas mal de temps que j'ai pas touché à l'épisode, d'abord parce que j'ai beaucoup de travail à côté (et dès que j'ai du temps libre je fais autre chose qu'écrire), puis aussi parce que je me lasse un peu du procédé "fan-fiction" peut-être.

J'ai envie de me consacrer entièrement aux recherches concernant l'écriture du roman reprenant quelques trames de l'opération Crépuscule, toujours avec ce même fond de la situation au Kosovo en 1999, mais de manière très approfondie et minutieuse dans les détails. Or, j'ai l'impression que la fan-fic me retient un peu parce que je veux l'achever avant de commencer les choses sérieuses, mais vu le peu de lecteurs, je vois plus trop l'intérêt de perdre encore un an à écrire douze épisodes.

Enfin, dernière raison, je misais beaucoup sur cette épisode 12, ça fait 2-3 ans que j'avais certains rebondissements en tête et je suis un peu déçu du résultat pour le moment, d'autant plus que c'est vraiment compliqué de "compacter" toutes les révélations qu'il reste à faire en quelques épisodes de façon cohérente. Donc plus que de passer à la rédaction, je préfère faire mariner tout ça dans ma tête.

A propos de ton message poster le 17 septembre je viens juste de m'en aperçevoir donc j'y répondrais prochainement en détail Wink
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Mr. Jack
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 Message Posté le: Lun 02 Nov 2009 - 22:24    Sujet du message:
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Tout d'abord dr. house, je tiens à te remercier pour ton commentaire, c'est non seulement le genre de post qui encourage à continuer de publier ici, puis ensuite, ta critique se veut constructive et je ne demande que ça Smile

Je vais essayer de te répondre par étapes sans trop travailler mes transitions, tu m'excuseras Laughing


dr house a écrit:


- Tu nous fait une fanfiction sans la CAT de Los Angeles, ce qui doit être je suppose un défi difficile à relever. Tu y arrives sans problêmes en nous plongeant dans d'autres univers ( le pentagone, la CIA, la CAT de Washington...). Je sais bien que certains de ces derniers endroits étaient présents dans tes autres fanfictions mais pas avec la même proportion



Déjà, concernant la quasi-disparition de la CAT au profit de la CIA et du FBI (que j'avais assez amorcé les saisons précédentes), je pense simplement qu'on avait fait le tour des petites intrigues de bureaux à la cellule et je souhaitais m'engager vers des situations à l'échelle gouvernementale plus influencées par des faits et personnages historiques. A l'image du personnage de Roger Slattery, qui a quelques traits (très grossiers je le concède) de James Angleton, l'as du contre-espionnage durant la Guerre Froide.

Bien entendu, je cache pas du tout le côté très fictif et disproportionnée de mes intrigues par rapport à la réalité (et malgré toutes les recherches que j'ai fait dessus, il me reste un énorme boulot à poursuivre), mais j'avais envie d'écrire des scènes/dissensions à l'intérieur de la CIA, de manière un peu plus juste dans le traitement des dialogues et de la crise.
Tout cela en poursuivant certaines pistes soulevées dès la saison 1, 2 ou 3, qui commencent véritablement à " éclater ". Et là ca rejoint ce que je disais dans mon post hier, je tiens vraiment à m'assurer que l'éclatement, le percement de toutes les intrigues que je développe depuis le début répondent à mes attentes.


dr house a écrit:

J'ai aussi pu remarquer que c'est ta première fanfiction ou Jack Bauer est sur le sol américain. Tu donnes donc par conséquent à Danny Cain un rôle majeur en Afghanistan, et je remarque des similitudes entre son personnage et celui de Bauer. Tu as remarqué que ta fanfiction est paru un peu avant la médiatisation de l'Afghanistan suite à la mort des 7 soldats français? Quel coincidence.



En effet, ce n'est pas un hasard si Jack est sur le sol américain cette ultime saison, alors que le concept des précédentes était de le faire voyager à l'étranger, rôle qui est désormais tenu par Caïn. J'en profite ainsi, sans grande prétention, pour dénoncer certains problèmes dans la gestion de la guerre là bas, et du conflit face aux talibans, bien que cela apparait un peu de façon trop grossière à mon goût. Mais bon ce n'est qu'une ébauche de l'histoire que j'écrirais dans le roman, un moyen de forger la pratique et les connaissances historiques.

Donc effectivement, il y a quelques similitudes entre Jack et Caïn, mais en réalité, ça relève d'une relation triangulaire qui implique aussi Matters. Il y a des parallèles entre les trois hommes qui les unissent, mais en même temps, leur conception du libre-arbitre, du destin et de l'identité est radicalement différente.

Après, il faut aussi se demander comment chacun est entré dans ce grand échiquier, comment chacun compte en sortir et en quoi ils représentent chacun un aspect de la manipulation de la figure héroïque (si bien que j'ai voulu détruire l'image de héros qui caractérise Jack).


dr house a écrit:

On en sait plus sur le consortium Idéon à présent; je t'avoue que je prends des notes sur qui travaille avec qui car sinon je m'y perds un peu



C'est une bonne initative de ta part, mais je dois tout de même te présenter mes excuses là dessus (et autres lecteurs). Je me rends compte après coup, mais je suis parfois trèèès confus et moi-même je m'emmêle les pinceaux sur certaines intrigues concernant Yanaka/Karamazov et le double jeu des russes et de la CIA. Je l'explique de deux manières:

- déja, il m'arrive de planifier une trame sur quelques épisodes, qui me satisfait dans sa cohérence et sa dynamique. Puis une fois arrivé à la fin de la trame, je me rend compte que j'ai fait un contresens par rapport à l'idée globale que j'avais de l'intrigue, des explications que j'avais en tête au début de la saison mais que je n'ai pas posé sur papier.
- ce qui m'amène au second point, lorsque je n'écris pas ou peu pendant plusieurs jours voir semaines, il m'arrive de perdre la logique de certaines intrigues. Et je me casse la tête à retrouver d'autres explications qui s'en rapproche, mais parfois ça n'a pas le résultat attendu.

Quoiqu'il en soit, cela vaut pour une minorités d'intrigues, et le gros défaut que j'ai dans mon viseur pour la rédaction du roman est justement de faciliter la clarté du propos (quand bien même il reste bcp de révélations à fournir). Car on peut faire un "mindfuck" sans complètement désorienter le lecteur, puisqu'il faut toujours le laisser soulever des spéculations en attendant les réponses à ses questions.


dr house a écrit:

. Le meurtre de Dana Dern était l'un des moments les plus spectucalaires de ta fanfiction, même mieux que la poursuite du début entre d'un côté Radford et Bauer et de l'autre les japonais. Je n'avais pas ressenti ce suspens depuis la saison 1 de la série ou Jack ait confronté à un dilemme : tuer Palmer pour sauver sa famille ou ne pas le faire en risquant la vie de ses proches (similitude avec Dana Dern bien sûr). Dans les deux cas Jack Bauer ne le fait pas. Cependant la pauvre Dana a eu moins de chance que Palmer.



Content que ca a fonctionné, j'avais peur que ça fasse un peu too much, et je suis pas à trop à l'aise dès qu'il s'agit de décrire un meurtre/une scène d'action, donc je tacherais de m'améliorer sur ce point.


dr house a écrit:

Dans ton dernier épisode, qu'on aurait pu renommer "vingt mille lieues sous les mers" Mr. Green on se serait aussi cru dans "Le trésor de Rackham le rouge" sauf qu'au lieu d'être Tintin, c'est Jack Bauer qui est à la tête du sous-marin Wink .



Laughing

En réalité, c'était plutôt une référence à l'introduction de Metal Gear Solid 1, quand Snake s'introduit dans la base en Alaska à bord de son cockpit Cool


dr house a écrit:

Sinon j'avais vraiment l'impression que tu faisais un gommage du monde de 24. Tu décris merveilleusement le personnage du président Charles Logan. Je posterais un nouveau commentaire quand tu posteras ton prochain épisode.



Ce gommage est intentionnel, pour des raisons que j'ai déja évoqué. A savoir que le concept de 24 s'essoufle très facilement (la gestion du temps réel, le terrorisme, le cadre politique...), et j'ai préféré intégrer de nouveaux éléments qui accentue la dimension géopolitique entre théorie du complot et trahisons, mais en gardant une inspiration un peu plus réaliste des événements mondiaux, et moins hollywoodisée.

Après, c'est aussi un moyen de me créer progressivement mon propre univers, ma propre gallerie de personnage en devenant indépendant de la série. Je pense qu'il y a bcp de points que l'équipe de 24 auraient pu exploiter pour éviter la répétition de certains schéma scénaristiques, et cette fan-fiction est un peu un moyen de satisfaire ma frustration par rapport à ça Laughing


dr house a écrit:

Parfois j'ai du mal à savoir qui parle dans tes dialogues. Ceci dit, c'est peut-être moi qui ait un problême car heller the killer trouve la même chose dans ma fanfiction.



C'est noté ! C'est à moitié voulu à vrai dire, pour la simple raison que dans certains romans que j'ai lu, il y avait beaucoup de phases de dialogues où délibérement, l'auteur ne voulait pas préciser qui parlait, supposant que c'est au lecteur d'en faire l'effort, un peu pour tester son attention Mr. Green

Maintenant l'histoire est déjà suffisament complexe et je comprends qu'il est important de faciliter la tâche au lecteur, d'autant que les dialogues jouent parfois sur la métaphore ou le second degré, et qu'ils ne sont pas toujours très visuels (lors de réunions par ex.). J'y penserais à l'avenir Wink


Pour ce qui est de l'épisode 12, je vais essayer d'avancer au maximum cette semaine, j'en ai rédigé quasiment les 3/4, seulement je peux pas m'empêcher de revenir sur certaines imperfections qui me gâchent ma satisfaction. Enfin ton message m'encourage suffisament pour reprendre un certain rythme d'écriture Surprised
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 Message Posté le: Ven 13 Nov 2009 - 23:06    Sujet du message:
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L'épisode 12 ne devrait plus tarder, ce week-end j'espère Wink

Difficile de trouver le temps en ce moment, et je cherche encore un moyen d'amener la fin de la saison le mieux possible, en toute cohérence, de manière à ce que les enjeux dramatiques soient bien introduits et bien conclus. D'autant que la dernière partie de la saison (épisode 18 à 24) sera très particulière et déstabilisante... Cool
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 Message Posté le: Sam 14 Nov 2009 - 2:23    Sujet du message:
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J'attends ça avec impatience.
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 Message Posté le: Dim 29 Nov 2009 - 20:11    Sujet du message:
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Y-a t-il un problême quant au dernier épisode? J'attends toujours ton épisode avec impatience, en espérant pouvoir le lire bientôt.
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 Message Posté le: Mar 01 Déc 2009 - 23:30    Sujet du message:
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Surveille ta messagerie privée Wink
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 Message Posté le: Mer 02 Déc 2009 - 1:24    Sujet du message:
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Ah, d'accord. Désolé alors Wink .
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 Message Posté le: Dim 21 Fév 2010 - 7:40    Sujet du message:
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Ça fait déjà six mois qu'aucun épisode n'a été posté et je crois qu'il est peut-être temps de donner quelques nouvelles sur l'évolution des choses...

Depuis le mois de septembre, pas mal de choses ont changé d'un point de vue personnel et j'avais beau essayé de me concentrer de temps à autre à l'écriture de cette fan-fic, le cœur n'y était pas, pour la simple raison que j'étais insatisfait de ce que je faisais. Autant sur le fond que la forme. Le problème ne se situe pas tant au niveau de l'histoire et des idées, mais plus sur le développement d'un vrai style littéraire qui tiendrait la route dans l'éventualité d'une publication.

Par la suite, certains événements depuis trois mois ont un peu modifié toute ma conception de ce projet qui me tenait à cœur depuis désormais 5 ans. Pour certaines raisons, j'avais pris la décision d'arrêter de publier ma fan-fic après le 12ème épisode de cette saison (alors que le plus excitant allait arriver, les révélations en masse....). Je ne voyais simplement plus l'intérêt de continuer, d'autant que mon temps libre étant de plus en plus consacré à l'écriture de mon mémoire de recherche.

Depuis j'ai pas mal réfléchi à tout ça, et je ne sais toujours pas ce que je souhaite faire...ce dont je suis sur, c'est de vouloir terminer au moins l'écriture de ce 12ème épisode. Je me suis donc attelé à la tache depuis un peu plus d'un mois (je rappelle que depuis novembre, il ne me reste plus que l'écriture de la dernière scène, o combien importante !).

Et je désespère un peu, j'ai beau essayer, mais je suis sans cesse déçu par ce que j'écris. J'ai l'impression que plus le temps passe, et plus je suis exigeant envers moi-même (exigence que je n'arrive pas à satisfaire sur le long terme). J'essaie d'être rigoureux et de perfectionner mon travail mais j'y vois toujours trop de défauts, surtout quand je lis des livres ou regarde des films/séries qui me fascinent. Et je suis conscient que le problème ne se ferait pas trop sentir ici ; je pense pouvoir affirmer que si je publiais l'épisode tel quel maintenant,on n'y verra pas tellement de gros problème stylistique (du moins pas en percevant tout cela comme une fan-fic). Je continue d'apporter rebondissements sur rebondissements, de respecter le temps réel, de mettre Jack au centre de l'histoire...

Mais la difficulté est tout simplement ailleurs. J'arrive de moins en moins à fermer les yeux sur ce qui me plait pas, ce qui fait une sorte d'éternelle insatisfaction sur ce que je publie. Et donc avec le recul, je suis presque embarrassé de me relire. Cela dit, c'est en forgeant qu'on devient forgeron (jme demande si j'ai pas déjà dit ca ici Laughing ), donc peut-être qu'en me forçant le gout de l'écriture reviendra.

Pour l'instant je ne vais simplement pas faire de promesse que je ne tiendrais peut-être pas. Je publierais l'épisode 12 prochainement, il n'y a pas de doute là-dessus. Pour la suite, c'est encore très incertain, même si je me déçois un peu à vouloir arrêter alors que j'arrive au bout du tunnel après cinq ans de "persévérance". Là, je ressens plus tellement la dimension du plaisir d'écrire, mais j'en suis convaincu, cela reviendra.

Donc je laisse un peu faire le temps sans trop me précipiter, et on verra bien ce que ca donne Smile

Je dois avouer que ce qui occupe surtout mon esprit à cet égard, c'est le sentiment de devoir d'abord accumuler de l'expérience en regardant beaucoup de séries et en lisant beaucoup de livres. J'ai l'impression qu'il est presque trop tôt pour écrire, que j'ai encore tellement à apprendre que je me suis lancé un peu trop vite dans le bain, et qu'il faut déjà m'imprégner d'une certaine capacité d'inspiration avant de vouloir entreprendre quelque chose de sérieux.

Cela comprend aussi le travail de recherche que j'effectue, essentiellement sur la guerre au Kosovo pour l'écriture de l'opération Crépuscule. J'ai d'avantage envie de me concentrer sur ce coté un peu universitaire, à passer des heures à la bibliothèques sur des livres d'histoire ou de politique, plutôt que d'écrire spontanément. A ce titre, mon mémoire est notamment basé sur le problème de la désinformation au Kosovo et en Afghanistan. Je voulais travailler sur quelque chose d'utile par rapport à ce que j'écris, c'est pourquoi je vais pas mal traiter du contre-espionnage et de la théorie du complot. Et donc ces derniers temps, je me complais pas mal à surligner de vieux bouquins plus que de rester sur mon ordinateur à peaufiner certaines scènes...

C'est un peu un nouveau cap que je franchis, mais ca prouve au moins que je ne veux plus trop foncer tête baissé à écrire, parce que je sens que je dois encore "faire mes armes" en étudiant d'autres auteurs, et en travaillant corps à corps certains textes. Je suis convaincu que c'est pas tellement une mauvaise chose au final...

Smile
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 Message Posté le: Lun 22 Fév 2010 - 3:38    Sujet du message:
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J'ai passé la journée dessus, mais c'est fait, le 12ème et dernier épisode de la partie Le Procès est achevé. Et au final, j'en suis plutôt content après relecture, je sais pas si c'est forcément à la hauteur de mes attentes, puisque certains événements qui s'y déroulent (notamment le cliffhanger) étaient prévus depuis 4 ans, mais le résultat n'est pas mauvais à mon sens Smile

L'épisode est un peu plus long que d'habitude, mais chose importante, je précise qu'il s'agit d'un season finale, la seconde partie sera sensiblement différente, et la 3ème encore d'avantage, si publication il y a.
L'histoire a toujours été prévue telle quelle, mon hésitation à continuer ou non de publier n'a pas influé sur le scénario Wink


J'attends vos réactions Surprised




Précédemment dans la fan-fiction de Mr. Jack :

Frappé de plein fouet par un missile provenant du sous-marin mis en mer par Zan Yanaka, le complexe de la CIA fut peu à peu inondé en prenant tout le monde de court. Jack réalisa que cela faisait partie du plan stratégique de Serpico, visant à l’introduire à l’intérieur de la salle contenant les documents convoités. Peu avant de s’en emparer, l’agent fédéral fut endormi par une piqure administrée par Cassandra, qui les subtilisa alors pour en découvrir le sens : on faisait mention à un agent russe en mission lors de l’opération Eclipse, traqué par un enquêteur du FBI au nom de code Capri. Elle contacta alors quelqu’un pour partir à sa rencontre avant que la CIA ne la retrouve. Pour le secrétaire d’Etat Rosenberg, l’attaque était d’avantage le moyen de trouver un motif et un coupable, Yanaka et le Japon pour organiser une riposte qui personne ne pouvait voir venir…

L’insurrection devenait incontrôlable en Afghanistan, et l’armée ne refusait pas le soutien des pakistanais. Pour Newell, il était devenu évident que l’OIS profitait des talibans pour mener sa guerre de l’information. Face aux preuves que Brainer détenait sur les fraudes concernant les œuvres caritatives au Moyen-Orient, Sorensen était interrogé avant même de pouvoir demander aux membres d’Idéon de se retirer. Le donateur collaborait depuis plusieurs mois avec les russes dans l’ambition de réaliser une copie conforme du projet Pluie Noire/Sombres Soleils, ce que seuls Hendersen et Rosenberg savaient à la Coalition. Valajdopov lui injecta donc un sérum afin de savoir la vérité sur les réelles intentions du millionnaire.


Episode 12 : ( 23h00 - 00h00 )

Ces événements se déroulent le jour de l'opération Sombres Soleils, entre 23h et minuit, heure de Washington DC.



On aurait dit que la jetée crachait ses poumons lorsque l’horizon lui déposa des vagues qui dispersèrent quelques grains au pied d’un homme prenant la direction du banc planté sur le quai en hauteur. Le marchand de glace, qui gagnait tous ses clients parce qu’il avait élu domicile à la sortie de la fête foraine sur l’embarcadère voisine profita d’un moment de répit pour tenter de régler l’horloge défaillante sur la toiture.

Lorsque l’homme arriva à son niveau, il remarqua que le bas du cadran était encrassé et que la grande pendule ne parvenait à se hisser jusqu’à la première minute de l’heure suivante, et en conséquent, ne parvenait à boucler le cycle entamé. Il se demanda si le marchand pouvait mettre fin à l’éternité figée promise à cette horloge. En réalité, les doigts du commerçant étaient trop épais pour réenclencher la mécanique, et il abandonna sa tache lorsqu’un enfant mourrait d’impatience d’empoigner sa glace à l’italienne.

- « Excusez-moi, vous avez l’heure ? », demanda l’homme aux chaussures ensablées tout en reniflant, à celui qui était assis sur le banc le bras déployé
- « Minuit moins cinq minutes avant la fin du monde »
- « Un plaisir de vous rencontrer enfin M. Palmer », prévenu par ses supérieurs que la pendule déficiente était un moyen de reconnaissance idéal
- « Durant mon mandat, il restait encore huit minutes avant la fin du monde », le visage crispé sur l’horizon en songeant à l’horloge de l’Apocalypse
- « Les douze coups de minuit ne sonnent pas toujours le glas vous savez », reniflant à nouveau, tic qu’il subissait depuis son adolescence « Il y a juste un âge où il faut admettre que le bal est terminé, où il faut savoir n’être qu’un spectateur »
- « Vous avez reniflé quelque chose d’intéressant pour moi ? »
- « Mon informateur travaille avec un coordinateur du FBI branché sur l’affaire Larry Edwige depuis 2004 », sniffant l’air par à-coups « La protection des témoins est inflexible à ce sujet, personne ne sait où il se terre. Ceci dit, j’ai eu accès à quelques informations sur le procès en huis-clos qui a menacé l’entreprise en bâtiment, celle qui a développée les prisons secrètes en Europe de l’Est. Putain de rhume des foins… », en se mouchant avec le pouce et l’index comme il n’avait plus de mouchoirs « Bon, pas de quoi en faire un foin – transition idéale si vous me permettez –, rien qui remet en cause le gouvernement, hormis Anthony Lane »

En demandant ce service à Palmer, Cassandra espérait que le dossier Edwige avait de quoi faire rompre la CIA à certaines exigences qu’elle et Jack attendaient depuis longtemps : éclater les chaînes que l’Agence avait bouclé autour d’eux, et faire définitivement disparaitre Bauer (du moins une partie de son identité). Loin des chinois à sa poursuite, loin de son pays, comme un perpétuel étranger perdu dans les limbes de cette identité même. De son côté, bien qu’en ce moment, il s’était échoué comme une baleine morte aux milieux des débris du complexe sous-marin, Jack convoitait de découvrir le nom de l’espion de la CIA placé dans les rangs chinois, qui se chargeait d’effacer toute vidéo prouvant que Bauer était en vie.

Cependant, Palmer redoutait que les informations sur Edwige ne parvienne entres les mains de Radford, qui voulait faire pression sur la CIA et Charles Logan pour une toute autre raison : s’assurer d’être gracié en échange de son silence sur le dossier Edwige.

- « Pour ce que ca vaut », poursuivit l’homme qui faisait mine d’être enrhumé plus qu’il ne l’était pour couvrir son tic « Vous pouvez remuer et tasser tout ce que j’ai à vous offrir au nez de la Vinaigrerie. Votre chantage marchera peut-être, mais Radford ne pourra rien en faire »
- « Pourquoi dites-vous ça ? »
- « Je doute qu’il soit gracié un jour, on a lancé une accusation d’homicide à son encontre, un diplomate du Sénat spécialisé sur la Russie. Et je vois mal comment il pourrait s’en tirer par un vice de procédure maintenant que plus personne n’est à ses côtés… », tournant peu à peu le dos à Palmer pour essuyer un nouveau filet nasal
- « Si le sort de Radford est déjà joué, vous devez vous demander pourquoi je persiste à récolter des vers pour dévorer sa dépouille »
- « Vous n’avez pas de compte à me rendre. Tant que se poursuit le décompte et que Radford est poursuivi en justice pour de bon… », se permettant un autre jeu de mot douteux
- « En fait, si Edwige incrimine Anthony Lane, c’est tout à notre avantage. La fille de Gabriel Radford, Linda est réticente à témoigner contre son père et l’organisation Delta. Je crois que cette sonate à quatre mains entre Lane et son père pourrait la convaincre définitivement de faire entendre sa voix. Je dirais même de crier à pleins poumons »


A chaque fois que de nouvelles secousses venaient ponctuer le flot par des lames d’eau qui imbibaient le visage de Cassandra, le bleu de ses yeux se confondait parfois avec la couleur de l’averse, lorsqu’elle était épargnée par le halo de lumière rouge. L’œil caméléon dans la tempête, elle continua de tracter Jack jusqu’au niveau supérieur, moins immergé, pour partir à la rencontre de son collaborateur. De la main gauche, elle serrait la poignée de la mallette qui contenant un des derniers briefings codés au sujet de l’enquête sur PN/Retreat et SS/Retreat, ainsi qu’une seringue à pointe fermée qui contenait du sang. Elle paraissait la brandir vers le lustre aveuglant qui n’allait pas tarder à se décrocher lorsqu’elle s’aida d’une rampe pour remonter entièrement à la surface. Tout en empruntant une brèche de l’élévateur qui lui permit de se hisser en utilisant les câbles du monte-charge en étant soutenue par la pression de l’eau, elle eut un sentiment de surdité au milieu de la révolution édifiée par le courant. Enfin, pas tout à fait de la surdité. Plutôt ce sentiment qu’on a lorsqu’on se bouche les oreilles et qu’en s’entendant parler, les mots semblent parfaitement enfermés dans la tête. Coupés du monde, mais pourtant au milieu de la tourmente. Elle ne savait rien de ce que le gouvernement préparait pour riposter à l’attaque, si c’était véritablement un attentat terroriste, mais supposait que la CIA veillait à maîtriser son alarmisme. Comment Langley pouvait garder la tête froide face à ces nœuds à démêler ? Serpico, la taupe AEDUNE, le conflit sous-marin, et par-dessus tout, s’assurer de graisser les articulations qui faisaient fonctionner l’organe Jack Bauer. Etaient-elles encore en état de marche ? Pas de remords songea-t-elle, sa décision allait au-delà d’un doute de confiance, il fallait lui injecter cette seringue pour l’endormir. Pas de remords, songea-t-elle à nouveau, les retours en arrière était une perte de temps. Parce qu’elle se rappela que le temps est irréversible.

Une plaque de verre se décolla de la plateforme mécanique qui agençait l’élévateur et se morcela tel un pic de glace qui se décrochait de la roche pour se briser violemment. Le ciel leur tombait sur la tête, et par réflexe, elle replia son bras gauche devant le visage pour ne pas lui réserver le même avenir que la plaque : morcelé, déchiré, et lui faire perdre une partie de son identité physique. Ou simplement son apparence.

- « Je te tiens, accroche-toi », clama la voix qui émanait d’un visage familier au-dessus de sa tête, inversant le rôle de Cassandra lorsqu’à Minsk, elle avait repêché Jack du lac gelé

Elle ne réalisa qu’un peu plus tard qu’il s’agissait de James Matters. Maintenant, en l’entendant parler, elle remarqua combien le téléphone avait déformé sa voix.

- « La CIA ne savait plus où donner de la tête…Quand le directeur a réalisé que tu menais ton opération d’assistance envers Jack par tes propres moyens, ils ont cru un moment que tu cherchais à doubler l’Agence », précisa-t-il aussitôt tirés d’embuche
- « On t’a quand même envoyé ici pour s’assurer que ce n’est pas le cas… »
- « Richard Braxton s’en tient à ce que je t’ai répété : on cherche un moyen de faire sortir les documents sans que les russes ne s’en aperçoivent, puisqu’ils resteront persuadés que Jack est le seul à avoir pu les prendre. Et je pourrais passer inaperçu en sortant avec »
- « Et toi, à quoi tu t’en tiens ? A quoi dois-je me raccrocher ? », demanda Cassandra en cherchant à réanimer Jack sans adrénaline
- « On suit le plan initial, et une fois qu’on sera dehors, la CIA va d’avantager chercher à retrouver les russes qu’à savoir de quoi il est question dans ces papiers, la plupart du personnel n’a pas l’autorisation nécessaire pour lire ces codes. Quand vous serez à l’abri avec ces informations, ce sera le moment de quitter le navire fédéral… »
- « Et toi ? »
- « Je m’en sortirais. On aura encore besoin de moi au sujet de Yanaka pour me débriefer lorsque j’étais infiltré au sein de la mafia. Mais on devra couper les ponts »
- « Tu ne désires rien tirer de tout ça ? »
- « Je ne suis pas comme Jack, à la recherche de mon identité. Je ne crois pas que découvrir la vérité sur Roswell m’aidera dans mon introspection et ces conneries de quêtes initiatiques bouddhistes. Les choses ne finiront jamais bien Cassandra »
- « Et ça te convient ? T’attends que le temps passe et fasse ses effets, comme si ces quarante dernières années n’avaient eu aucun sens ? »
- « L’horloge ne reste jamais bloquée, le sens n’est qu’une affaire de superstition. Nos actes n’attirent jamais chance ou malchance. Sinon j’appelle ca de l’irrationalité, de l’irréel même »


[23:06:13]


- « Peu importe, voila son sang, il y a la séquence qui nous intéresse dans cet échantillon »
- « Je le transmets à Ned Martins dès que je serais dehors », approuva Matters en les menant vers une des sorties sûres « L’analyse devrait être rapide si ses hommes sont fiables. Le plus difficile, c’est de glisser les résultats sous la nappe de table… »
- « Je n’aime pas ça, rien ne nous garanti que Martins nous donnera l’analyse de l’échantillon que j’ai prélevé, s’il y a quelque chose à en tirer, comme Dern l’avait assuré »

Cassandra continuait de se démener pour que les effets de l’injection s’estompent, commençant à sentir le poids de Jack comme un cheval mort (lorsqu’elle chercha l’expression, elle pensa d’abord de lui qu’elle devait « porter sa croix » mais se corrigea dans son dialogue avec elle-même). Cette fois-ci, c’est à Matters que la scène lui remémora le moment de sa rencontre avec Jack, lorsqu’il avait été envoyé en France par la cellule anti-terroriste. Il y a cinq ans, si ses souvenirs étaient bons, peut-être un peu plus. Sa gorge est sèche et ses pupilles sont encore un peu dilatées avait-il jugé à l’instant où il avait retrouvé Bauer sur une table d’opération, anesthésié après une série de tests sanguins.

- « Tu es sûr que tu veux le ranimer maintenant ? », en continuant de lire les codes qu’il photographia avec un appareil miniature, puisque Cassandra avait insisté pour garder la mallette sur elle

Elle acquiesça, en prétextant qu’il était en droit de connaître le contenu confidentiel dans la mallette à la première heure. Matters décampa avant qu’il ne fut réveillé, puisque c’était bien là le but de l’opération : éveillé, Jack n’aurait jamais permis que les codes glissent de ses mains une fois encore. Habitué des pavés de Washington, l’ancien chef de l’unité d’intervention de la NYPD tourna le dos à ses deux alliés, mettant à l’abri l’échantillon de sang que Cassandra lui avait légué. Il disparut aussi étrangement qu’un magicien aurait fait disparaitre une colombe, pendant que Cassandra répéta un second message cardiaque.

Jack emmura subitement d’une seule main ce cou qu’il avait caressé à Minsk quatre ans plus tôt lors d’un bref moment où il s’était avoué ressentir une réelle connexion avec quelqu’un, hormis Teri et Kim. Les cœurs comme deux vastes flambeaux. Et là, il la plaqua contre le sol sous la vingtaine de centimètres d’eau qui s’écoulaient d’une fuite. Sans souffle, elle griffa intuitivement son visage, ses yeux puis sa bouche afin de se débattre.

- « Calme-toi ! On est ici pour te tirer de là ! », balbutia-t-elle à moitié couverte par le liquide
- « En m’enfonçant une seringue dans le cou ! », s’emparant de l’arme que Cassandra n’avait même pas cherché à lui prendre, n’en voyant pas l’intérêt
- « James vient de partir d’ici, il a ce qu’on cherchait. Je t’expliquerais tout, comment j’ai su pour le système d’identification, pour l’échantillon de ton sang que j’ai prélevé, comment on va se tirer d’ici…mais tu dois me faire confiance »
- « Le temps détruit tout, et la confiance avec », approchant le canon du Glock
- « Personne ne cherche à te trahir ici ! L’ennemi ce n’est pas nous ! Tu t’es construit une fiction autour de toi, à un tel point que tu désirerais presque être dupé, et te vanter enfin d’avoir anticipé quelque chose. James risque gros, il a décidé de doubler la CIA pour toi »
- « Vous n’êtes motivés que par de la curiosité ! Il n’y a aucune sollicitude dans ce que vous faites, ce que qui que ce soit fait ! L’amour est un égoïsme dissimulé Cassandra », en remettant sur le tapis la courte aventure qu’il avait eu avec elle
- « Alors tue-moi si tu n’es pas motivé par cette même raison »


Les poils d’un torse que les plus ferventes admiratrices de Sean Connery n’auraient pas dépréciées se mirent à flotter sur la surface mousseuse du jacuzzi. Anthony Lane profita de la pénurie de moustique, causée par sa campagne d’extermination massive à l’insecticide pour venir se détendre quelques minutes dans son short trop court.

- « Dans ce costume, il y en aura toujours qui courront après toi », avoua-t-il alors qu’un interphone était relié à une ligne téléphonique dans la maison
- « Je préférerais qu’on m’enfonce un oreiller sur la tête plutôt que d’être abattu d’une balle en pleine conférence et rester dans l’ombre d’un Kennedy »
- « Je ne veux pas me risquer à trop de spéculations, le FBI a mis cette ligne sur écoute », en allumant deux bougies comme pour une soirée aux chandelles avec lui-même « Mais s’ils ont fait évacuer le Reagan Building, c’était peut-être pour te mettre à l’écart de la menace »
- « De la même manière que la Compagnie choisit qui grimpe sur la scène, elle choisit qui reste dans l’ombre, cachots résidentiels compris »
- « Crache le morceau Kurt, je ne t’écoute pas par bienveillance »
- « Ton rôle se limitait à claquer des pétards sur la scène politique, pour masquer les investissements militaires de la Défense, Irak et Afghanistan principalement. Le Congrès ne croit pas en ma politique de reconstruction là bas, et voila plusieurs mois que je reçois des menaces de mort. Personne à la Maison Blanche n’a affiché un quelconque optimisme envers mes projets »
- « Tu pleurs l’infanticide de tes projets naissants, et en même temps, tu sais que comme moi, tu n’es qu’un pantin désarticulé, pourquoi ces complaintes ? »
- « Ce n’en est pas une, je cherche juste une logique. Les désaccords que j’ai eu avec le Sénat se sont toujours fait en douceur à cause, ou grâce plutôt, à ce que je sais. Ce que l’émir Nazr m’a communiqué, personne ne veut que je balance ça à la figure des médias, ça ruinerait tout ce que tu as mis en place sur ces détournements de fonds au sein du Congrès. Mais pourtant, personne n’ose aller au bout du geste, et me faire taire une bonne fois pour toute »
- « La seule conclusion qui s’impose, et elle est ingénieuse, c’est que quelqu’un cherche à te transmettre ses informations dans le dos de tout Washington. Organisé pour que personne ne sache rien au sujet de l’héritage de Nazr, mais tout en te laissant quelques voies d’accès »
- « Un ange gardien qui cherche à faire effondrer tout le système, et qui t’as épargné »
- « Qu’est-ce que tu supposes ? Que ma parole ne vaut plus rien ? »
- « Ca expliquerait beaucoup de choses Anthony, tu as épuisé toute ta fonction… »
- « N’en sois pas si convaincu », affirma-t-il en sortant du bain à bulles « Et maintenant », sarcastiquement « Tu vas me dire que la Compagnie sait tellement bien anticiper ses coups – ou provoquer je ne sais plus – que je vais mourir électrocuté avec le câble téléphonique afin de m’empêcher d’en dire un peu plus ? »
- « Je te recontacte plus tard, on y est, c’est bientôt l’heure de vérité »


Brainer n’avait même pas eu besoin d’invoquer Tony Almeida pour susciter chez l’ex-président de la Chambre Basse le désir de recracher quelques informations scellées dans le contrat sous silence qu’il avait passé à sa sortie de prison. Ce sentiment d’infériorité est ce qu’il y avait de pire au monde pour Lane, du moins le sentiment de n’être qu’un futile divertissement scénarisé, qu’il avait commencé à subir durant son séjour en pénitencier. Maintenant, il ne restait plus qu’à l’aiguiller sur la désinformation qu’on lui avait demandé d’instiller avant son procès. Et de prier l’ange gardien que certains opposants n’allaient pas chercher à court-circuiter le flux d’informations. De l’autre côté de la rive, c’étaient les mêmes pressentiments qui guettaient Serj Valajdopov et son acolyte la barrique : qu’ils allaient obtenir ce qu’ils souhaitaient de Sorensen, et qu’avant même de pouvoir rapporter la vérité au Kremlin, on parasiterait leur mission en s’emparant de la bande vidéo.


[23:12:36]

Valajdopov baffa nonchalamment Sorensen, qui s'endormait sur sa chaise.
Les afghans qui avaient été arrêtes lors des arrestations massives étaient interrogés par l'antenne de Kaboul de la CIA.
Matters traversait un parc à proximité des locaux de l'Agence en s'assurant que personne n'était à ses trousses.


[23:16:55]


- « Ce que je pense de lui ? », répéta Nate Sorensen, les paupières à demi-refermées en désignant la barrique avec difficulté « Que le loup à du bouffer les trois p’tits cochons avant de l’engrosser pour que son bide… »
- « Merci M. Sorensen », stoppa net Valajdopov « Maintenant nous poursuivre choses sérieuses. Il y a quelques heures, homme que vous connaissez, au nom Karamazov a été escorté dans résidence sécurisée, relâché par CIA. Nous avons appris qu’au cours d’interrogatoire, Roger Slattery, chef département contre-espionnage a glissé ces mots : " Ils n'y verront que fumée, mais croyez ou non, agent infiltré est actif ". Monsieur Sorensen, agent infiltré est actif, est-ce vous dont il est question ? »
- « Roger Slattery n’avait qu’une consigne : que les Renseignements russes s’affolent à l’idée qu’un traître collaborait avec eux. En l’occurrence, moi-même »
- « Vous niez être agent infiltré alors ? », affrontant quelques secondes le silence uniquement perturbé par les bruits de voitures de police à une demi-douzaine de kilomètres « Je reviendrais sur question là plus tard. Au fond, intérêt pour vous va au-delà de ce point. Deux sujets perturbent moi-même bien plus, cœur du problème, vous savoir quel est-il ? »
- « Quel est-il ce cœur du problème ? »
- « Véritables collaborateurs à vous. Cela exige de répondre à raison qui pousse vous à faire reculer Idéon du Moyen-Orient. Cela exige de répondre à implication dans corporations d’EuriTrans et affaires de l’énergie russe. Car si jamais cœur du problème se vider de son sang, mon gouvernement aura obligation de réagir »
- « L’holocauste nucléaire éclatant du ventre de votre ami », répondit Sorensen en tout sérieux

Le barrique révéla une pointe d’indisposition dans son expression, et attendit fermement la réponse de l’émissaire Valajdopov.

- « Tout ceci n’est que puzzle. Volant en mille morceaux plus souvent qu’il ne se reconstitue. L’holocauste n’est pas sujet, et n’a jamais été sujet »
- « Alors de quoi est-il sujet ? »
- « De déception, comme toujours depuis début des temps »

Les cordes qui venaient d’être jetées depuis les étages en rénovation laissèrent échapper un fin manteau de fumée lorsque les hommes de l’équipe d’intervention firent irruption en laissant leur mains coulisser jusqu’en bas. La barrique n’avait pas eu le temps de chercher dans quelle poche de sa lourde veste en lin usé se trouvait son arme. L’agent qui l’avait poussé à terre craignait que son gros corps fasse un effet boule de neige en roulant, chassant ensuite l’amusement dans sa pensée pour lui mettre les menottes.

- « Qui vous a prévenu ? Lui ? », grommela Valajdopov en cherchant à atteindre Sorensen du bras en le désignant, pendant qu’on le forçait à incliner son visage contre le béton froid
- « Trois tables de tartines de caviars bas marché, et j’ai dû tout quitter rien que pour vous. Vous pouvez en effet remercier M. Sorensen, qui m’avait prévenu que vous l’aviez rencardé. Quand je lui ai avoué que je pouvais le faire couler plus que votre pays n’aurait pu le concevoir, il a réalisé – au tout dernier moment, lorsqu’il se dirigeait vers le parking du Reagan Building − qu’il me ferait plutôt confiance à moi qu’à vous. Le choix se comprend »

- « M. Brainer, on a récupéré une cassette dans le caméscope », signala l’agent Ledger

Pourtant, le président de la chambre était loin de se douter qu’en plus d’être informé sur sa rencontre avec l’émissaire du FSB pour pouvoir le mettre en accusation, Nate Sorensen en avait peut-être dit long sur son rôle dans l’histoire.

- « Il est sous sédatif », constata l’agent en manipulant le menton de Sorensen

L’idée de poursuivre l’interrogatoire traversa l’esprit de Brainer, mais ce qui le préoccupait réellement, c’était l’idée que quelqu’un au sein de la Coalition s’assurait forcément de la protection du donateur. Et qu’avant d’intercepter les aveux filmés et Valajdopov, l’homme chargé de sa surveillance n’avait certainement pas eu l’ordre de tout laisser filer entre les doigts du gouvernement. Du haut de l’observatoire qui se tenait au bout du chantier, l’homme tissait sa toile, en se rappelant de l’objectif codé qu’avait laissé son supérieur qu’on appelait Bakounine : ingurgiter la pellicule.


Matters écrasa la lune voilée d’une traite lorsqu’il posa le pied sur le pavé humide à cause du jet d’eau, allumé par le cuisinier qui nettoyait les déchets de la ruelle à l’arrière du restaurant. Un battant de fenêtre claqua et réfléchit la lumière provenant de l’appartement, ce qui eut pour effet d’étendre de quelques mètres l’ombre qui suivait Matters. Aucune forme humaine, même l’ombre semblait devenir informe lorsqu’elle traversa le rail d’essence luisant sur le trottoir démembré. Sans même chercher à découvrir la face de l’homme sans visage, Matters continua tout droit en direction des manifestants qui arpentaient la rue à l’angle, à peine perceptible tellement le passage où il s’était engouffré était étroit. Le cortège, qui avait amassé tous les contestataires de la semaine était censé rejoindre Pennsylvania Avenue pour une protestation en coup de grâce sur le monument Lincoln. L’ancien agent antiterroriste se sentait fondre dans la masse, le bruit et l’incandescence d’une foule révolutionnaire et assez vaniteuse pour croire qu’elle pouvait relancer les dés de la politique étrangère américaine.


Le mécanisme de l’oubli qu’actionnait la mémoire s’avérait être une formidable prédisposition pour Jack, qui enregistra avec la plus grande attention les explications que Cassandra lui fournissait sur ses agissements et les révélations qu’elle avait découverte. Elle lui avoua qu’elle avait rencontré Dana Dern, qui lui donna les objectifs à accomplir pour s’emparer des documents au cas où Jack ne pouvait entrer en contact avec elle. Il lui fallait injecter une substance, qui, mélangée au fluide sanguin, contenait une séquence unique à analyser. Cette séquence était censée contenir des données codées, fruits probables d’une expérimentation scientifique qu’il fallait décoder pour découvrir la nature du projet concernant Bauer. Elle partait donc du principe que les russes le savaient, et qu’il fallait impliquer un troisième agent dans la partie pour partir avec l’échantillon sans que personne ne s’en aperçoive, ce qui correspondait avec la proposition de la CIA d’envoyer Matters.
Elle indiqua également que Dern lui avait laissé un propulseur sous-marin du même genre que Jack avait pris pour accéder au complexe, et qu’à partir de là elle l’avait suivi. Quant à la mort de Dern, elle supposait qu’on l’avait mise sur écoute, et que les russes ne voulaient pas laisser échapper plus d’informations que les détails pratiques pour s’accaparer les documents.

- « Qu’est-ce qu’on fait maintenant ? On ne peut pas retourner à la CIA, surtout si Martins cherche un moyen de remonter à ce coupe-circuit »
- « Les hommes de Slattery tentent d’identifier les limiers des services secrets russes impliqués dans l’affaire. Serpico doit tenter de te joindre d’une manière ou d’une autre pour fixer un point de rendez-vous afin que tu lui remettes les documents. A partir de là, la CIA mettra en route un dispositif de traçage. D’après leurs estimations, une embuscade pourrait se préparer », expliqua Cassandra d’après les informations de Matters
- « Une embuscade ? »
- « Les russes veulent miser le tout pour le tout pour obtenir les documents qu’on vient de saisir. Et la CIA aussi, comme si quelque chose de plus gros se préparait… »


[23:24:58]


- « Impossible de rétablir la liaison », déplora l’informaticien aux côtés de Serpico « La fibre électronique n’est pas sensible à l’eau, c’est l’oreillette qui a du recevoir un choc »
- « Ou notre fréquence qui a été interceptée. Etant donné la rapidité qu’il a fallu pour monter cette opération, je n’en serais pas surpris »
- « La CIA aurait exigée une demande de mise en écoute pour nous retrouver. Quel est l’intérêt de briser le contact radio ? »
- « Nous faire perdre du temps et dévier notre stratégie. On peut difficilement renouer le contact avec Bauer sans se mettre à découvert, et de toute manière, on savait dès le départ que leurs agents allaient être postés discrètement à la sortie du complexe »

Le slave à la barbe noire poussa la porte bordeaux et se retrouva au coin d’un comptoir qui faisait le contour d’une piste de striptease, au premier étage d’un bar russe en vogue à l’extérieur de Washington. Le propriétaire du club, un moscovite de naissance du nom de Vasily Belinski s’occupait de gérer un réseau de transports de fonds pour les services de la mafia locale, dont les services allaient jusqu’à assurer la surveillance de l’ambassade russe de la capitale, au 2641 Tunlaw Road.

- « Le transfert du gaz neurotoxique a été finalisé ? »
- « En quoi ca te concerne ? », lança Belinski en russe
- « Parce que le président Logan nous a promis une équipe de mercenaires employés par Starkwood une fois le gaz en sa possession. Et je crois que c’est le moment de faire appel à leur service pour notre opération… »
- « Si Logan découvre qu’on se sert de ses propres paramilitaires pour assassiner des fédéraux américains, il risque d’annuler notre marché », révélant une infirmité à sa jambe
- « Pas si on accorde jusqu’au bout notre contrat, et qu’on s’occupe du cas Radford…De toute façon il est trop tard. Ils sont déjà en route. D’une minute à l’autre ils seront postés autour de la maison, enfermant la CIA dans un piège de sa propre jungle… »

Un bruit sourd de turbines inonda les couloirs immergés lorsqu’une unité marine s’était déployée pour mesurer les conséquences de l’attaque. Les survivants avaient été entièrement renvoyés chez eux tandis qu’une escorte de pompiers dont l’intervention devait rester confidentielle se mobilisa, sans remarquer Cassandra et Jack, cachés derrière un large écritoire en bois, qui venaient d’explorer chaque issue potentielle du complexe.

- « Je dois me rendre Jack, on ne pourra pas franchir l’écoutille à deux. La porte surveillé par les deux gardes a un système de reconnaissance que tu peux désactiver, mais je dois les distraire »
- « Si tu fais ça, Braxton ne te relâchera jamais, c’est hors de question »
- « Matters n’a pas fait tout ça pour rien ! Tu ne pourras pas le retrouver tant que les russes ne te lâcheront pas, il faut que la CIA les désarçonne. Quand il aura prévenu Martins et qu’on aura ce que le gouvernement veut, ils me laisseront partir !

Jack n’était convaincu qu’à moitié par le discours, mais il avait déjà laissé une trop grande longueur d’avance à Matters et espérait secrètement, par pur orgueil de pouvoir découvrir le sens de cette grande équation avant toute autre personne.

- « Contacte Martins immédiatement, demande-lui de localiser le nom de Capri dans la base de données interagence. On n’a pas le temps de trouver une ligne sécurisée, tu dois lui parler du coupe-circuit ! »
- « Et toi ? »
- « Serpico va me contacter à la cabine la plus proche dès que ses hommes signaleront ma présence. Il fixera un point de rendez-vous, et je ne suis pas sûr qu’il reçoive la CIA à bras ouverts. Sûrement un piège, mais personne ne veut prendre le risque de perdre les informations que je suis censé avoir », prévoyait Jack
- « Tout le monde voudra une garantie que tu les as sur toi »
- « Une garantie que je me jetterais dans le vide une fois qu’ils auront ce qu’ils veulent ? Je ne sais pas encore qui a orchestré tout ça, mais la CIA n’entre pas en ligne de compte…Quelqu’un s’est arrangé pour faire de moi l’élément clé d’une série d’audiences remettant en cause le système fédéral actuel, après le procès impliquant les Delta. On cherche désormais à me mettre certaines preuves sous les yeux susceptibles d’écrouler le château de cartes. Appelle ça de la manipulation, ou comme tu voudras…mais j’y trouve un intérêt »
- « Tu poursuis toujours la même fin, sans te rendre compte qu’il ne s’agit que d’un moyen. Tu voudras toujours plus satisfaire ton obsession pour la réalité, si bien que tu chercheras là où il n’y en a aucune. Et le jour où tu seras satisfait, le monde s’écroulera… »

On aurait dit que l’humeur aqueuse de Jack était de l’huile qui allait prendre feu lorsqu’il planta Cassandra du regard, comme si sans se l’avouer, et sans en trouver l’intérêt, il aurait aimé lui faire subir la douce brutalité de l’injection qu’il s’était pris il y a une heure.

- « Et tu ne pourras plus revenir en arrière », acheva-t-elle
- « Crois-moi, je ne regretterais jamais l’ignorance… »

Elle ne fut pas plus convaincu que lui par sa riposte verbale, mais au moment où elle réalisa qu’elle ne pouvait le faire changer d’avis ni par les mots, ni par la force des sentiments, une meute d’agents s’approcha d’eux, et la força à se rendre avant qu’ils n’aperçoivent Jack. Il s’engagea alors vers l’écoutille, et braqua le volant rouillé qui allait le conduire vers une des sorties auparavant condamnée, mais désobstruée par les dégâts culminants de l’attentat.

Il se retrouva alors au milieu d’une pièce destinée à l’identification des agents affectés aux recherches scientifiques, et attira aussitôt l’attention des caméras. La seconde suivante, une alarme s’était déclenchée, dont le son aigu désorienta Jack, qui ne savait comment réagir lorsque les portes se dépressurisaient, laissant entrer deux fédéraux qui le tenait en joue.

- « Jack Bauer ? »
- « Je dois sortir d’ici tout de suite ! Contactez Carrell à Langley, dites lui que j’ai… »
- « Nous sommes au courant. Vous serez dehors dès qu’on aura vu les preuves… »
- « Ces informations sont confidentielles, même Carrell n’y a pas accès », trouvant un subterfuge pour cacher le fait qu’il ne les avait pas sur lui

Au même instant, le second agent fut alerté de l’arrestation de Cassandra par radio, apprenant qu’elle n’avait rien sur elle.

- « Ce n’est pas votre affaire. C’est la condition qu’exige Carrell pour vous faire sortir »

Jack souleva sa chemise blanche au niveau de l’abdomen, et saisit le porte-document noir qu’il dissimulait, pour le présenter à l’officier, qui ne jeta qu’un bref coup d’œil à la page de garde dont la dénomination affichait Top Secret.

- « Ces informations pourraient nuire à la CIA d’après mes supérieurs. On ne peut pas vous laisser partir j’en suis navré »
- « Je comprends… », attrapant le Glock de l’agent dans un moment d’inattention pour la pointer ensuite sur l’autre homme « Lâchez votre arme ou je tire ! »
- « Ne faites pas ça Bauer ! », répliqua l’agent « Nous n’allons pas jouer votre jeu cette fo…aaaah », époumona-t-il en se prenant une balle dans l’épaule

L’ancien Delta récupéra l’arme et le porte-document en enfonçant le canon du Glock dans le dos de l’agent qui n’était pas à terre pour être guidé vers la sortie, sans subir les dissensions internes au sein de la Compagnie, qui tergiversait encore sur le fait de laisser partir ou non avec les évidences.

- « Carrell me remercierait plus tard, je fais ça pour nous tirer de ce marasme ! »


[23:28:40]

Les paramilitaires américains engagés par le FSB se déployaient à l’intérieur d’une résidence en échappant à la surveillance relâchée.
Les talibans refusaient le cessez-le-feu et continuaient d’assaillir les troupes aux portes du quartier général. Caïn était introuvable, alors qu’il était convoqué par la Cour martiale.
Jack poussa l’issue de secours du bâtiment dont la couverture indiquait qu’il s’agissait d’une banque d’épargne, puis traversa le parc qui longeait la grande rivière.
Cassandra avait eu le droit de passer son coup de fil en toute intimité à Ned Martins.


[23:32:28]


- « J’ai un visuel sur Bauer, mais l’angle n’est pas dégagé à cause des arbres », attesta l’unique tireur d’élite de la CIA posté en hauteur
- « Il vient vers ma direction », ajouta l’homme qui lisait un vieux manuscrit de la Divine Comédie sur son banc, éclairé par le lampadaire « On procède à l’interpellation ou non ? »
- « Négatif, les russes vont entrer en contact avec lui », signala Braxton, absorbé par l’écran mural comme tous les autres employés présents à la conférence

Jack n’attendait que d’être séduit par un réseau de signes qui pouvait lui indiquer où procéder à l’échange avec Serpico. A moins que les russes ne s’intéressaient pas réellement aux informations en question, et qu’ils visaient avant tout le naufrage de l’Agence dans cet écueil de discordes parmi les hauts dirigeants : fallait-il sauver le navire ou suivre la tendance de la Coalition, qui espérait faire sombrer la CIA par un procès fédéral sans précédent ?

- « Quelqu’un s’approche de lui, mâle caucasien, 1m90 à 13h »

Les autres unités en hauteur tentèrent d’identifier le suspect, et Bauer lui-même resta planté sur le visage de l’homme pour voir s’il y avait un signe à saisir jusqu’à ce qu’il poursuive sa traversée vers l’autre bout du parc.

Après avoir croisé une femme métisse qui tenait la main à sa fille de sept ans puis un retraité qui souhaitait respirer l’odeur marine, Jack arriva à proximité d’une cabine téléphonique qui sonna au moment exact où il passa à son niveau. Après un bref tour d’horizon sur les civils qui pouvaient l’apercevoir et qui tenaient un portable en main, il décrocha le combiné :

- « Rentrez chez vous Jack », imposa l’homme au bout du fil

Braxton s’empressa de contacter le département du réseau d’écoute pour parvenir à localiser l’origine de l’appel. La bande magnétique défila pour enregistrer la conversation après quelques secondes étant donné que la cabine était facilement triangulable.

- « Prenez le taxi qui vous attend devant le Maclaren à l’extrémité du mémorial de l’holocauste, et rentrez chez vous. Une bonne nuit de repos vous attend »
- « Ca n’a aucun sens ! », engageant la discussion pour gagner du temps « La CIA va me suivre. Vous voulez les documents oui ou non ? »
- « Le lieu de rencontre est relativement proche, vous pensez réellement que les fédéraux vont vous coller le cul jusqu’aux chiottes ? »

- « Envoyez tous nos hommes là bas », lança Braxton « Et tirez la chasse d’eau s’il le faut »


Alerté à la seconde près de l’arrestation de Valajdopov, John Slattery avait quitté le conseil du NIC il y a peu pour déguster la cerise sur le gâteau de sa journée : l’interrogatoire de l’émissaire du FSB, et celui de Sorensen en prime. Dans les couloirs de Langley, Martins était préoccupé par l’échantillon sanguin de Jack qu’on devait lui envoyer au plus vite. Cassandra s’était empressée de lui dérouler une synthèse de la situation avant que chaque agent soit affecté à la coordination de la localisation des russes, et Martins convoita promptement le chef des contre-espions pour en découvrir plus sur le coupe-circuit.


- « Je m’en souviens en effet, c’était lors d’une de mes premières campagnes officielles. Le secrétaire à la Défense avait exigé qu’on lance un protocole de vérification auprès de toutes les cellules anti-terroristes du pays après l’affaire Nina Myers. La Cour avait signé la clause avant même qu’on découvre qu’elle était un agent infiltré à la CAT de Los Angeles. L’ensemble des agents sont passés au polygraphe au cours des années 1998 et 1999. Il n’y avait rien de concluant, c’est pourquoi j’ai proposé d’introduire plusieurs de mes hommes dans chacune des grandes agences de la Division »
- « Qui était-ce à Washington ? »
- « J’oubliais, vous n’étiez pas encore des nôtres à cette époque », cherchant le briquet dans une poche qui semblait sans fond « Alors voila de quoi vous rassasier pendant quelques temps : mon équipe a découvert – après coup malheureusement, en été 2002 – l’identité de la personne que nous traquions depuis des mois, des années peut-être. Une femme encore une fois, le coupe-circuit présumée des espions russes installés autour de Washington. Quand les preuves ont convergé vers elle, elle était morte. Nous en avons saisi deux éventualités »
- « Lesquelles ? » s’intéressait vivement Martins
- « Soit elle était effectivement celle que nous recherchions, et les russes ont veillé à la supprimer en voyant qu’elle était démasquée. Soit ils voulaient en faire un agent de désinformation sans qu’elle n’en sache rien »
- « Vous voulez dire que les russes se sont servis d’elle pour satisfaire vos recherches ? »
- « Une fois morte, nous étions face à une voie sans issue. Notre homme a été rappelé et l’enquête a été bouclée. Je pencherais plus sur cette option là », allumant enfin sa cigarette « Selon moi, il n’y a jamais eu quiconque d’infiltré dans les rangs de nos cellules antiterroristes, sur la côte Est tout du moins », certifia Slattery
- « Qu’est-ce qui vous fait dire ça ? »
- « A l’origine, les cellules anti-terroristes avaient été crées pour nous faciliter certaines tâches primaires. Leurs employées n’avaient même pas les compétences qu’un mauvais officier de la Compagnie avait pu acquérir durant sa formation. La création de ces agences était bien trop tardive – au début des années 1980 – pour que le KGB entraîne des agents pouvant les infiltrer sur le long terme en organisant leur plan avec cette patience d’ange qui les caractérise. A moins qu’ils soient nés ici, ce que je redoute fort… »


Le président de la Chambre chancela lorsque le fourgon blindé passa sur un nid-de-poule béant. Sorensen aurait presque juré avoir ressenti les vibrations de sa tête heurtant la carcasse métallique du véhicule, qui était suivi et précédé d’une escorte de deux voitures sur une petite route départementale. Deux autres fourgons cellulaires avaient emprunté deux voies différentes pour éviter les filatures

- « Il est en face de moi », proclama fièrement Brainer au téléphone, en espérant que les menottes attachées aux chevilles et aux poignets du donateur allaient suffire « Je sais Mike, le Congrès fera plus qu’esquisser un sourire en apprenant qu’on l’a retrouvé avec Valajdopov … Non, il s’est montré coopératif, c’est même lui qui nous avait parlé de son rendez-vous. Le FBI a fait le reste en traquant le chauffeur … Il n’a pas le choix, plus aucune négociation n’est possible, ce qui implique que même si le consulat russe récupère Valajdopov, nous obtenons ce que nous voulons de Sorensen … Oui, plus aucun doute, il doit désormais demander aux membres d’Idéon de se retirer définitivement de la partie. Mais démanteler le consortium est quelque chose...d’illusoire m’a-t-il dit »

Brainer croisa le regard livide du détenu, encore sous les effets de la substance dérivée du thiopental. Le fourgon semblait ralentir, mais seuls les trois fédéraux y prêtèrent attention.
- « C’est ca, tous les membres d’Idéon seront obligés de mettre un terme à leurs contrats s’ils ne veulent pas qu’on s’attaque à chacun d’eux individuellement. Le consortium devra reculer pour ne pas se faire avoir sur les pots-de-vin versés aux œuvres humanitaires, après le piège que Sorensen leur a tendu … On a essayé de le cuisiner à l’huile bouillante, et en effet, le FSB avait de quoi s’intéresser à ses aveux vu ce qu’il révèle sur cette bande vidéo …

Le véhicule s’était arrêté au beau milieu d’un pavillon en retrait de la ville, le genre de rue où le passage en voiture était suffisamment rare pour que les enfants passent une grande partie de leur temps à jouer au ballon. Depuis son pare-brise, le conducteur apercevait une barrière de sécurité qui partait de la forêt plongée dans l’obscurité à droite de la chaussée, et qui s’étendait jusqu’à la résidence de l’autre côté. Il signala le contretemps aux autres chauffeurs et demanda si un avis de travaux avait été déclaré. La réponse fut négative, ce qui poussa le fédéral du siège passager à aller inspecter l’allée, l’arme de poing sortie de son étui.

- « Apparemment, la fin de l’opération de désinformation au nom de code Pluie Noire prend effet ce soir … Oui, c’était au cœur de mes recherches depuis plusieurs années, et Caïn aussi. Le Congrès y est mêlé par de la désinformation sur ses fonds budgétaires, Lane a fait le gros du travail. Le plus inquiétant est que Sorensen a évoqué une seconde et ultime phase, Sombres Soleils … », poursuivit le président de la Chambre
- « Il se passe quoi dehors ? », demanda un des fédéraux sans attendre de réponse
- « C’est là où je voulais en venir », répliqua Brainer, impliqué dans la conversation « Les russes se préparaient à cette opération depuis longtemps, une riposte anticipée, peut-être un attentat. Sorensen les a aidés à leur apporter certaines informations nécessaires pour comprendre la visée et le mécanisme interne de Sombres Soleils. Ils cherchaient donc à s’assurer qu’il était bien dans leur camp … Il ne nous a pas révélé ce que signifie Sombres Soleils exactement. Mais nous savons à quoi sert Sorensen depuis le départ : ses associés, ou qui qu’ils soient espéraient engendrer une faillite de l’énergie russe et de leurs exportations pour soulever une révolte au Moyen-Orient … », en levant la tête vers les petites vitres des portes arrières après avoir remarqué qu’ils étaient immobiles depuis quelques secondes

Epaulé par un deuxième officier, l’agent empoigna sa radio et informa son supérieur qu’il n’y avait pas un chat dans le quartier, après que son collègue ait retiré les trois barrières qui étaient attachées l’un de l’autre par des chaînes.

- « Je t’expliquerais tout ça plus tard, je vais devoir en faire mon rapport à la Commission … Bien sûr, sur la manière dont Sorensen s’est attiré les faveurs des russes. Mais l’insurrection au Moyen-Orient devrait bientôt prendre fin désormais. Enfin je me méfie des tempêtes arabes, le vent pourrait bien ramener la fumée jusqu’à Washington… »

Dès que le conducteur reprit sa place dans le fourgon, une brise glaciale se déposa sur sa nuque. Le vent se dispersa ensuite lorsqu’une balle de 9mm silencieux brisa l’atlas de la colonne vertébrale. Le premier agent s’écroula au moment où le second chercha la cible dans les ténèbres végétales, avant de succomber de trois tirs furtifs au cœur en chutant contre le capot du convoi, qu’on aurait cru abandonné depuis des jours dans la nuit déserte et polaire.


[23:40:01]

Jack entrait dans le taxi qui allait le ramener chez lui. La CIA le prenait en filature.
Slattery feuilletait un document sur un ancien agent du FBI en service il y a près de 10 ans.
Un employé de l’antenne afghane de l’Agence suivait de près Bergman à Kaboul.


[23:44:31]


Le projecteur vidéo diffusait quatre images en simultané sur le tissu blanc étendu sur la largeur du mur d’une salle de briefing à Langley. La première montrait le déploiement des Marines sur le fleuve après la destruction du navire par les missiles ; la seconde faisait état de la situation chaotique à Kaboul, filmé par un opérateur de l’Agence affecté à la recherche de Bergman ; la troisième exposait le positionnement de l’unité d’intervention autour des résidences attribuées aux agents fédéraux de Washington ; la quatrième n’était qu’un blizzard gris invariable à cause de l’absence d’entrée vidéo.

- « Même si on sait où était la taupe il y a quatre ans, elle devait opérer sous une couverture assez fiable pour ne pas se faire démasquer par ces deux agents du FBI », concéda Cassandra
- « Il faut remonter au coupe-circuit et identifier ce nom de code, Capri », suggéra Martins, qui s’était enfermé dans une salle de conférence avec Slattery
- « Si Capri désigne le destinataire initial de ces documents, le code est une simple formalité que le FBI et la CIA ont mis en place depuis le début de la dissolution de l’URSS »
- « Une formalité ? », en s’adressant à Slattery
- « Quand il s’agit de noms courants ou d’agents qu’on ne peut pas relier directement à nos services, nous avons un procédé très simple utilisé dans les dossiers classifiés top secret. Il suffit d’intervertir une lettre du nom de code pour trouver l’agent affecté à la traque de ce coupe-circuit. Ce type d’agent recevait un code qui renvoyait à un lieu dans le monde, ici l’île de Capri. Le procédé est simple : à chaque continent son numéro de lettre. La première lettre du nom pour l’Amérique du Nord, la seconde pour l’Amérique du sud, la troisième pour l’Europe, la quatrième pour l’Afrique, et la cinquième pour l’Asie et la Russie »

Slattery s’enfonça dans le fauteuil, se grilla une cigarette puis laissa son regard être absorbé par le quatrième cadre projeté, qui n’affichait que des interférences. Ou peut-être un absolu.

- « Il faudrait donc remplacer le " i " à la fin de Capri »
- « C’est une voyelle qu’il faut changer quand il s’agit d’un homme, et d’une consonne pour un femme. Ca nous laisse cinq possibilités. La liste des agents du FBI dans la base de données affichait trois Capra, rien avec les autres changements de voyelle sur la dernière lettre du nom. L’un spécialisé dans les relais avec l’antenne antiterroriste d’Amérique du Sud. L’autre un simple comptable du département des finances. Et le dernier, Frank Capra, qui a été muté à la cellule antiterroriste de Washington pour les biens d’une enquête, sous couverture pour le FBI là bas »
- « De quoi il s’agit ? », demanda-t-elle, préoccupée par la démonstration du contre-espion
- « Le coupe-circuit russe a été retrouvé par ce Capra, mais l’enquête est tombée à l’eau…On a supposé l’avoir identifié après sa mort, mais rien de pertinent, c’est pour ça que vos documents n’en font que mention par codes facilement décryptables. Mais autant vous prévenir, c’est un chien qui court après sa queue »
- « Qu’est-ce tu veux dire ? Qui est ce coupe-circuit ? », l’interrogea Martins
- « Ce n’est qu’une hypothèse invérifiée, encore infondée. On ne sait même pas s’il s’agit à juste titre d’un coupe-circuit. Mais tout nous laissait croire depuis longtemps que c’était une femme, et c’est ce qui avait attiré l’attention de Capra. Jack Bauer la connaissait depuis plusieurs années, et on pense qu’elle avait tenté une approche après la mort de sa femme. Son nom est Ellen Riss, elle travaillait à la cellule anti-terroriste de Washington »


[23:47:49]


Bergman se fraya un passage dans la foule fiévreuse du marché de Kaboul, qui investissait une multitude de ruelles qui étaient autant d’occasions de semer la surveillance des services secrets afghans, en collaboration avec la CIA. Après avoir traversé les chemins de fer d’une gare surpeuplée de trains hors service, il courba quelques mètres d’herbes sèches et tomba au pied d’un grillage déchiqueté pour entrer à l’arrière d’un hôtel de premier prix. Il glissa ensuite quelques mots au gérant qui semblait l’attendre, et monta les marches en pierre jusqu’au troisième étage. Le réceptionniste quitta le comptoir pour saisir la pancarte qui affichait « fermé » en calligraphie afghane.

L’homme au crane dégarni accéléra le pas et fonça tout droit vers la porte qui désignait la chambre 23 (il manquait une partie du 2 sur l’écriteau). Il tourna la poignée et franchit le seuil de la porte. La même pièce faisait office de salon et de chambre à coucher, toute faite de cette matière minérale mordorée et d’un tapis oriental qui recouvrait la superficie de l’entrée au balcon, où un homme inspectait le marché avec ses jumelles.

- « J’ai cru que vous ne seriez pas au rendez-vous. Depuis le temps que je vous traquais »
- « Hendersen a insisté », déclara Bergman en jetant un coup d’œil sur la vue de la ville
- « Il fallait remettre les pendules à l’heure. Nous sommes encore surveillés, et je suis censé me présenter pour la préliminaire devant la Cour martiale. Avec ce que j’ai fais aujourd’hui, je ne serais jamais acquitté, mais Hendersen sait comment me tirer de là »

La brise matinale s’immisça dans la conversation, comme un dernier moment de répit avant la chaleur accablante et somnifère qui allait s’abattre sur Kaboul.

- « Laissez-moi vous poser une question M. Caïn. Comment est-ce vous décririez ce sentiment qui vous enveloppe à l’idée que je suis tout à vous, et que la Coalition n’est plus un mystère pour vous ? »
- « Frank, si vous permettez… », se retournant vers lui « Dès le moment où j’ai foulé la terre de ce village, Hendersen savait comment nous sortir de cette histoire. En fait, il le savait déjà bien avant, quand je suis entré au FBI, que j’ai mené une enquête sénatoriale sur l’agent Jack Bauer. Enquête qui n’avait en réalité pas grand rapport avec les suspicions du gouvernement sur l’opération au Kosovo. Après le procès médiatique qui devrait porter un coup fatal au système fédéral actuel, Bauer sera un des derniers « survivants » à pouvoir offrir des réponses plausibles au Sénat, et je serais là pour garantir son témoignage »
- « Hendersen cherchait un moyen de retomber sur ses assises »

Danny Caïn traversa la chambre et confronta Bergman à quelques centimètres de son visage. La fenêtre au second plan laissait entrevoir la tour d’un mausolée avec le soleil qui trônait en son sommet.

- « Et quel en était le but ? Innocenter la Coalition ? Allons…il ne s’agit que d’un détachement du gouvernement, une force politique au-delà du président qui a la mainmise sur les activités économiques du pays. Chaque affilié à la Coalition tombera avec Braxton, Radford et tous les autres…Vos services à leur égard passaient régulièrement par Hendersen, qui donnait les consignes de ce que la Coalition avait voté », clarifia Caïn
- « Je n’ai jamais cru à cette histoire de taupe à l’intérieur de la Coalition. Pour qui travaillerait-elle ? Mon rôle à la tête de la CIA n’avait rien à voir avec leurs chamailleries… »
- « Votre rôle à la CIA était de piéger les russes sur Pluie Noire. De faire entrer des taupes soviétiques dès les années 1980 qui allaient être fatales à nos agences, en gros, coucher avec l’ennemi. Une fois dans leur bonne grâce, il suffisait d’intégrer Sorensen, et de leur faire croire que certains dissidents de notre côté souhaitaient trahir leur patrie et détruire le gouvernement en proposant de reconstruire PN/Retreat et SS/Retreat. La Coalition croyait aux belles paroles d’Henderson, que ces espions dans nos rangs allaient être arrêtés à temps, que le procès serait tué dans l’œuf, que les investisseurs gagneraient tous les profits. Seulement autant que notre système a commencé à réellement s’effondrer peu à peu, celui des russes était frappé d’une paranoïa sans précédent à l’idée que Sorensen pouvait les avoir trahi depuis le début. Une nouvelle Détente en quelque sorte. Sauf qu’Hendersen n’a jamais fait cela pour l’idéal du capitalisme : il n’a fait que détourner la Coalition de ses objectifs. Tout cela aux avantages d’Old Fates »
- « Old Fates ? »

Une chance que le soldat était à l’humeur didactique, malgré la fatigue qui se répercutait sur sa mémoire. Hendersen en avait tellement raconté que Caïn avait l’impression que ses capacités mémorielles débordaient, arrivées à un point de non-retour où il fallait effacer des donnes pour en préserver d’autres.

- « C’est une organisation à visée philanthropique, qui a infiltré la Coalition à ses débuts pour puiser dans ses ressources et détourner tout ses fonds à ses fins. Une multinationale surpuissante qui contrôlait toutes les autres, et capable de les parasiter au moment adéquat »
- « Je n’en crois pas un mot, la Coalition aurait fini par le découvrir… »
- « Et supposez qu’il n’y avait pas un mais trois infiltrés, tous les trois à des postes à haute responsabilité, indispensables à toute prise de décision : Hendersen, Sorensen, et Rosenberg »
- « Le Secrétaire à la Défense en personne. Sorensen est alors excommunié après plusieurs années de bons et loyaux services, et…Hendersen vous demande de prendre la relève, et de l’assister à la direction d’Old Fates…Mais pourquoi vous ? »

Caïn arqua l’échine et essaya de se convaincre comme son ancien mentor l’en avait persuadé.

- « Pour les mêmes raisons qui font que Bauer est si spécial. Ce choix était fait avant même ma venue au monde. Même si je sais aujourd’hui comment démanteler la Coalition, je ne serais pas pour autant affranchi. Là dedans vous n’avez que peu d’importance, vous m’avez fait croire, le temps d’un songe que j’avais le pouvoir de déterminer les choses. Désormais l’effondrement est inévitable, il est trop tard. Hendersen m’a parlé de Sombres Soleils, et il espère bien arrêter le mal à sa racine »
- « On vous dit que tout était prédéterminé, votre condition, vos choix, vos motivations, mais vous vous sentiez libre n’est-ce pas, avant de venir me traquer jusqu’ici ? Je pense que votre conception de la détermination n’est qu’une imposture, un autre subterfuge gangrené par Donovan…Quoiqu’il compte faire, vous pouvez encore y mettre fin »

Bergman animait ses mots comme s’il savait de quoi il était question, comme s’il avait enfin saisi la raison de leur rencontre, à ce moment particulier, sous cette brise qui s’évanouissait définitivement. Quelqu’un cogna à la porte, avant que la poignée ne se tourne lentement, et que l’entrebâillement laisse apparaitre une ombre qui fit craquer des graviers déportés.

- « Vous attendez quelqu’un ? »

La tête incurvée, Caïn sentit les gouttes de sang se déposer sur son visage. La balle avait traversé le cerveau de Bergman si rapidement que le liquide semblait s’imprégner dans la peau du soldat déchu, qui n’avait pas prévu une fin si abrupte pour l’ancien responsable de la CIA, aussi volatile et insaisissable que le vent lui-même.

A Washington, la CIA avait réussi à dépêcher en urgence une unité d’assaut qui se dépliait dans la même résidence où les paramilitaires enrôlés par le FSB s’étaient déployés. On entendait au loin un hélicoptère retourner dans les airs malgré les mesures de discrétion qu’on avait exigé, et une équipe de surveillance qui restait effacée d’après les ordres de Richard Braxton.

- « La maison de Bauer est dans cette direction », confirma l’officier leader au pare-balle gainant, qui avait dispersé ses hommes dans un sentier reculé menant jusqu’aux clôtures derrière les maisons des fédéraux qui y siégeaient
- « L’équipe de reconnaissance attend vos ordres Monsieur ! »
- « Bauer ne sera pas là avant quelques minutes. On se positionne autour, derrière les buissons du secteur Est pendant qu’on éclaire le secteur. Gordon, Stratford et Pierce, je veux une inspection de chaque pièce au cas où le contact est déjà sur place »

Les trois agents s’introduisaient au 3788 Brighton Ave. par la porte de la véranda qui fut déverrouillée en quelques mouvements, et ratissaient chaque mètre du living room de Jack sans faire le moindre bruit, plongés dans le noir. Conformément aux exercices d’entraînement, ils activèrent leur visée laser en même temps que la vision nocturne amovible et investirent les autres pièces au rez-de-chaussée.

- « Aucun signe de présence hostile », attesta l’homme de terrain qui inspectait le garage
- « Ici Turner, je m’installe devant les arbustes à l’entrée principale »

Le second agent contrôla le périmètre autour de la salle de bain. Il vérifia le placard de rangement à sa gauche, et lorsqu’il se retourna, détecta une apparence dans le miroir fixé au dessus de l’évier à sa droite qui paraissait le dévisager.

- « Je monte à l’étage », précisa le troisième à son supérieur posté à l’extérieur
- « Quel est votre statut agent Stratford ? », sans recevoir de réponse après plusieurs secondes d’attente « Agent Stratford, je répète, quel est votre statut ?? »

Face à l’absence de signes manifestes, le leader d’équipe envoya deux renforts à l’intérieur pour appuyer un soutien tactique pendant que les deux autres examinaient le premier étage. Leur visée laser se croisèrent au moment où ils franchirent le canapé noir, jusqu’à ce qu’une minuterie sourde ne s’active et fasse détoner trois charges de C4 la seconde suivante.

- « Merde ! Ils veulent nous pousser vers l’intérieur ! A toutes les équipes, on se déporte vers le terrain au nord en attendant la deuxième unité ! »
- « Mouvements derrière les buissons qui longent le garage ! »

Les tirs commencèrent à fuser et en l’espace d’un instant, le quartier se transforma en champ de bataille que les paramilitaires isolés étaient en train d’annexer. L’unité de la CIA fut atteinte par une souche de grenade MkII qui avorta toute riposte réussie, et se replia dans la maison après que les survivants se fasse tous encercler. L’incandescence du feu arrivait à son paroxysme, bien que la déflagration n’ait détruit qu’une partie du salon.

- « Dans quelques minutes on sera en infériorité numérique », concéda le chef tactique des paramilitaires à la botte du FSB « Il vaut mieux décamper maintenant »


[23:54:28]


Les flammes vagabondes brulaient les photos de famille en traversant les cadres brisés. Les lambeaux des souvenirs de Teri et Kim se noircissaient en se courbant peu à peu sous l’effet de la chaleur, puis aspiraient à un avenir de cendres éparses. L’émanation des murs soumis à la combustion s’échappait dans tout le jardin.

Les rares officiers de l’Agence qui avaient pu s’échapper ne s’attendaient pas à un secours immédiat des pompiers, dans l’attente d’une accalmie plus que provisoire. Et comme la CIA allait se douter qu’on l’avait fait venir en tant que spectatrice impuissante, tout le monde se contenta de regarder la résidence brûler. Le feu était plus ardent à l’étage, tandis qu’une vaste partie du rez-de-chaussée avait été épargnée par l’agent qui avait tenté de mettre un terme à la propagation avec l’équipement anti-incendie. D’autant que les rideaux rouges s’étaient embrasés d’emblée, et ne formaient plus qu’un amas de charbons informe.

La porte se délabra à son tour, puis se scinda en deux lorsqu’un pied la fendit au niveau de la poignée. L’individu traversa le couloir alors que tout le monde avait quitté la demeure, en plaçant son bras devant le nez pour éviter l’inhalation des gaz, le Glock effleurant sa joue. Il se fraya un passage entre les trois cadavres à terre, et obliqua le regard vers les livres consumés, qui s’étaient jetés de l’étagère collée aux murs. Quelques œuvres de Shakespeare trônaient sur le tas de recueils ouverts, dont Romeo et Juliette qui était ouvert au 2ème acte. Le bas des deux pages était illisible à cause de la flambée.

Que serait-ce si ses yeux étaient là-haut
Et les étoiles dans sa tête…

C’est bientôt l’aube ; je voudrais que tu fusses loin
Mais pas plus loin…
Le pauvre prisonnier dans ses liens enroulés
Tant il est jaloux amoureux de sa liberté…


Le genou contre la moquette, Jack n’y prêta pas vraiment attention, mais en s’assurant que le quatrième agent avait bien rendu l’âme, il se remémora ce passage : l’amour est une fumée formée des vapeurs de soupirs.

- « Nous savons qui tu es Jack… », proclama cette voix familière depuis la véranda, qui prenait le ton de l’inquisiteur

Comme une troupe d’acteurs de théâtre qui s’approchait de la fosse pour saluer le public, cinq hommes s’étaient alignés en juges devant Bauer, qui se prosternait presque sans le vouloir. En relevant la tête, il pensa reconnaitre celui qui avait pris la parole, même si l’humeur étuvée de la pièce l’empêcha de discerner clairement le visage de l’homme qui était au milieu de cette espèce de confrérie occulte, le bras tendu à l’horizon en pointant son arme vers l’ancien Delta.

- « Toutes ces années partent en fumée…un lendemain, tu te réveilles, et tu réalises que tout n’était qu’un songe, qu’une déception. Et je suis sincèrement désolé si c’est par ma faute que tu en prends conscience. J’étais infiltré depuis le début Jack…mais je n’avais jamais fait aucun coup d’éclat jusqu’au aujourd’hui. Tu es ma première véritable mission. Je suis ce qu’on appelle…un agent dormant »
- « Tu n’es pas James Matters… », affirma Jack sans en être sur, d’une voix qui était méconnaissable, sans doute à cause de l’inhalation des vapeurs
- « On m’a toujours appelé comme ça depuis ma plus tendre enfance…Mes parents m’ont mis au monde à Providence, en 1965. Je suis d’origine américaine. Comme toi, je faisais parti d’un projet, consistant à élever des agents dormants soviétiques durant la Guerre Froide. On était chargé de la surveillance des Pathogènes »
- « Comme moi ? Les Pathogènes ? »

La toile qui tapissait le mur fondait comme Jack semblait fondre sous une sueur qui emportait avec elle de la peau humaine. Tout s’écroulait, mais on aurait dit que personne ne voulait échapper à ce chaos.

(suite dans le post suivant)
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 Message Posté le: Lun 22 Fév 2010 - 3:39    Sujet du message:
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(suite et fin de l'épisode 12)



- « Pluie Noire et Sombres Soleils, nom de code PN/RETREAT et SS/RETREAT sont deux projets qui datent de 1962, jour où il a été décidé que la crise de Cuba serait une couverture à la préparation du projet, en raison de journalistes qui avaient découvert certaines informations compromettantes sur les projets de sécurité nationale, concernant le nucléaire. Le plan a été inventé fin 1961 en réalité, il s'agissait au départ de la simple idée de gagner la course à l'armement en entreprenant secrètement la construction d'une arme nucléaire. Le projet marque deux étapes distinctes: la construction, qui devait s'étaler sur plusieurs décennies, d'un satellite à vocation nucléaire contenant plus de cent ogives, également capable de parasiter des systèmes électroniques nationaux, mais qui est aussi à la pointe de la reconnaissance par imageries. Je te passe les détails, mais crois-moi, le nucléaire n’est qu’une fonction anecdotique de cette arme. Certainement à des qualités dissuasives…Pluie Noire est alors le projet de désinformation qui consistait à créer un mouvement de paranoïa au sein du gouvernement russe, ce qui a marché, de même que la paranoïa dans vos services secrets »
- « Il vous fallait une arme aussi puissante pour imposer l’égalité des superpuissances… »
- « Le KGB avait profité du désordre au sein de la CIA à cause de la défection de Golitsyne et Nosenko pour mettre au point cette campagne d’intrusion massive d’agents dormants, des nouveau-nés dont les parents étaient affiliés au KGB. Avant de chercher à recréer une arme aussi puissante, il nous fallait d’abord découvrir comment les américains pouvaient activer Sombres Soleils, phase de lancement des ogives nucléaires depuis le ciel…C’est là qu’interviennent les Pathogènes. Au début des années 1960, le gouvernement américain sélectionne dans le plus grand secret un groupe d’enfants, des fils de membres qui influaient sur le Cabinet du président. Leur code génétique allait constituer la formule nécessaire au lancement. Kennedy et Eisenhower n’ont jamais été au courant »
- « Vous croyez que le lancement est prévu dans les jours à venir… », conclut Jack
- « Dans l’heure à venir. Je te passe les subtilités savantes…Il ne suffit pas au gouvernement d’avoir un échantillon de l’ADN de ces Pathogènes pour activer Sombres Soleils, c’est une question de temps réel…il faut coordonner la réception des données génétiques de chaque Pathogène au même moment. Il en résulte qu’il suffit que l’une de ces personnes soit tuée ou disparue pour faire échouer le lancement puisqu’il manquera une partie du séquençage ADN »
- « Vous avez retrouvé les Pathogènes… »
- « Tu fais toi-même parti de cet héritage. Nous avons retrouvé les trois autres. Il en manque un à notre connaissance mais ca n’a pas d’importance. La Coalition ignore que nous savons tout cela, c’est pourquoi nous devons court-circuiter maintenant le lancement de l’opération »
- « La CIA ne vous accordera jamais l’immunité diplomatique avant d’avoir découvert ce que les russes préparent pour riposter »
- « L’Agence ne sait rien là-dessus. Et pour te dire la vérité, je ne suis pas dans les petits papiers du FSB, je ne sais rien à propos d’une quelconque riposte »

Le poing serré autour de la crosse du Glock, Jack pointait son arme en direction de Matters comme si l’un et l’autre étaient deux parfaits reflets.

- « Cinq ans de bons et loyaux services en tant qu’ange gardien…Mais désormais, pour mettre un terme à l’opération de la Coalition, nous ne pouvons plus prendre de risque. Il faut t’éliminer avant qu’il soit trop tard »
- « Il est peut-être déjà trop tard… », souleva l’agent au service de la CIA
- « Ton petit jeu ne marchera pas…C’est la fin d’une déception pour toi, et les consignes que j’ai reçu sont claires. Toute cette mise en scène était nécessaire pour faire disparaitre ton corps. Bientôt, il ne restera plus que des cendres. Et nous, nous sortirons par la grande porte »
- « Laquelle ? Celle qui débouche sur du vide ? »
- « Je sais à qui j’ai prêté allégeance. Tu penses pouvoir me retourner ? Sous prétexte que j’ai été endoctriné par mes parents lorsqu’ils m’ont formé ? Tu es aussi vide que moi Jack »

Le miroir imperceptible posé à la frontière entre les deux hommes donnait bien l’impression qu’il était une surface d’absorption, comme ce qui avait causé la mort de Narcisse. Matters espérait voir en Jack un double de lui-même, aussi vide et désorienté que lui, et s’était toujours, en quelque sorte, laissé séduire par lui. Comme absorbé et fasciné.

- « Il faut qu’on y aille James… », suggéra un de ceux qui se tenait à coté de lui
- « Tu sais ce que c’est d’être à la place du condamné maintenant…et comme tu n’as pas hésité un instant avant de buter Chapelle d’une balle dans la tête, il n’y a rien qui puisse me détourner de mon devoir à accomplir ! »
- « Une porte…qui débouche sur vide »

Pour le dissuader, Jack voulait que Matters réalise le paradoxe dans lequel il s’était inextricablement plongé. S’il tirait, détaché de ses affects, il continuerait à tout jamais de sentir ce vide en lui, ce que Bauer avait connu durant une bonne partie de sa carrière. S’il le laissait s’en sortir vivant, sa mission sera compromise et il allait être un homme mort.

- « Les russes t’ont séduit pendant près de quarante ans, ils t’ont fait croire que tu n’étais pas aussi volatile que du vent…L’espace vide des Limbes », poursuivit Jack
- « Notre sort est joué depuis longtemps. Nos choix ne sont que des illusions. Au fond, j’ai déjà appuyé sur la gâchette avant même d’être né »

Matters allongea lentement son bras droit en avant en s’apprêtant à tirer à bout portant sur son ancien frère d’armes. Bauer tenait plutôt à temporiser jusqu’à ce que le plafond s’affaisse ; mettre Matters hors d’état de nuire n’allait pas pour autant le tirer de la situation face aux quatre autres calibres. La scène ressemblait presque à un prologue de Dante, le décor théâtral s’anéantissait, et les masques fondaient sous la chaleur du feu. Les valeurs qu’ils avaient défendu s’effondraient comme l’escalier en spirale qui menait à l’étage. Matters se remémora ce moment à Minsk où Jack, encore capitaine pour les Delta Force avait motivé ses hommes en leur demandant de garder foi en leur idéal. Que s’ils continuaient d’espérer – comme pour démentir l’avenir −, leur mission ne pouvait que réussir. Et elle s’était avérée être un échec sans précédent, dont Bauer et Matters étaient les seuls survivants.

La fumée avait envahi la pièce, ce qui donnait lieu à une étrange sensation de déjà-vu, lorsque Matters et Jack s’étaient rencontrés au milieu de bombes lacrymogènes. Sur le moment, il parvenait mal à respirer, comme un nouveau-né qui sortait du ventre de sa mère.

- « Ce n’est pas une question de vengeance », rectifia James Matters avec un pli soucieux qui lui barrait le front
- « Tu as le choix ! », crachant ses poumons à cause de la fumée trop envahissante
- « Je ne peux plus revenir en arrière Jack ! Certaines choses sont irréversibles, et je dois aller jusqu’au bout ! Navré d’en être arrivé là »
- « Tu es encore plus manipulé que moi… »
- « Peut-être, mais c’est le moyen de me racheter de mes fautes. Et toi aussi tu tiens là ta rédemption », toussant à son tour « Je peux t’expier de tes crimes. Maintenant lâche ton arme, et tout ira bien. C’est ce qu’il y a de mieux pour toi…tu fais souffrir tous ceux qui t’entoure »

Le plafond déclinait définitivement au moment où les derniers livres de l’étagère avaient succombé. Pas de paroles obscures ni d’épilogue dramatique au duel des reflets, qui regardaient le monde brûler et partir en poussière à tout jamais.

Les deux agents du chaos ne cherchaient plus à fuir : l’un d’eux délogea la balle de son cachot, au fond du canon, pour la loger dans la carcasse de son antagoniste. Le coup de feu résonna par-dessus la fulmination des flammes. Comme un long film parvenu à son terme, l’écran cessa de diffuser ses images troubles et trompeuses, et n’affichait plus que du noir.

Les yeux de la victime se refermèrent définitivement et sa perception du monde venait d’être emmurée sous les paupières dans une obscurité éternelle. Le souffle évanescent dura un court instant avant de s’éteindre dans ce noir complet, jusqu’à un nouveau réveil.

Le sang coulait, sous l'influence du silence et des échos de la Guerre Froide.




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dr house
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 Message Posté le: Mar 09 Mar 2010 - 3:18    Sujet du message:
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Le début de cet épisode est sans doute une des scènes les plus marquantes de cette fanfiction, avec l'horloge (du marchand de glaces) qui représente à la fois une certaine éternité figée et aussi la fin du monde(minuit moins cinq minutes). Le dialogue entre David Palmer et l'homme aux chaussures ensablées nous permet d'en savoir plus quant à la nature du complot. Le gouvernement est remis en cause en la personne d'Anthony Lane. La question étant de savoir si Larry Edwige témoignera ou non contre l'ancien président de la chambre et par conséquent Linda Radford témoignerait elle aussi contre son père et son organisation delta. Le dialogue entre l'ancien et l'actuel président du congrès est tout aussi intéressant. On comprend par l'intermédiaire de Kurt Brainer qu'Anthony Lane masquait les investissements militaires de la défense en faisant de son mandat une politique médiatique de désinformation auprès du grand public (comme par exemple son projet de clonage). J'ai beaucoup aimé la transition que tu as faite entre ta fanfiction et la saison 5 de la série 24 avec le gaz neurotoxique. Ta transition va même plus loin si j'ose dire, elle va en effet jusqu'à la saison 6 de la série. Car c'est là qu'on apprend l'implication de l'ambassadeur russe d'Amérique Anatoly Markov. Mais encore une fois tu ne t'arrêtes pas là, tu vas jusqu'à impliquer Starkwood dans ta conspiration, que nous découvrons seulement à partir de la saison 7 de la série. Bien évidemment jusqu'à présent, il n'y avait aucun lien entre les deux dans 24 mais tu as voulu comme toujours regrouper toutes les saisons ensembles pour nous offrir une explication logique à ta mythologie, qui regroupe l'ensemble des saisons. Et j'avoue que cela crée un certain charme à ta fanfiction. La fin de ta fanfiction va de rebondissements en rebondissements. Avec d'abord la mort de Franck Bergman puis celle de James Matters. Je dois avouer que le dialogue entre Danny Cain et Franck Bergman était assez bien mené. C'était une bonne idée de créer ce lien innatendu entre les deux hommes étant donné que Cain traquait l'ancien chef de la CIA depuis le début de la fanfiction. Bergman essaye de savoir à quel point Danny Cain est au courant des projets de la coalition et juste avant de périr Franck Bergman semble dire à son interlocuteur qu'il peut encore mettre fin au plan de Donovan Henderson. Pour en revenir à la mort de James Matters, ce n'est pas tant sa mort qui est impressionnante mais plutôt son rôle dans la conspiration. Qui aurait pu croire que ce patriote aurait pu retourner sa veste? Je dois avouer que cela m'a fait un choc. Matters semble vouloir d'une part montrer à Jack Bauer que sa vie est un échec et qu'il faut par conséquent le libérer de ses péchés (cette scène m'a d'ailleurs beaucoup fait penser à une scène de la saison 6 de la série ou James Heller tient à peu près le même discours à Jack Bauer après que sa fille Audrey soit dans un piteux état). Il y a vraiment un parallèle entre les deux personnages (Matters et Bauer), tous les deux à la recherche de la quète de leur identité. Même si Matters prétend ne pas être Jack à Cassandra, il lui ressemble beaucoup. L'incendie qui se propage dans la maison de Jack semble être un signe d'une vie catastrophique ou tout ce que touche Bauer meurt. J'ai beaucoup aimé ce côté un peu philosophique de ta fanfiction. Je meurs d'impatience de savoir quel va être le sort de Brainer et de Sorensen, qui l'air d'être plutôt mauvais pour le moment. Mais sait-on jamais? Tu nous en dis un peu plus sur le nom de code capri et il semblerait que le personnage Franck Capra réaparaisse, ce qui est en soit une bonne nouvelle car si mes souvenirs sont bons, il voulait se retirer de la CTU de Washington à la fin de l'opération crépuscule. Par contre, je n'ai absolument rien compris au décryptage du nom de code capri qui devient capra. En résumé un épisode très rebondissant avec la scène la plus marquante de ta fanfcition selon moi : le piège tendu par le FSB à la CIA.
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Mr. Jack
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 Message Posté le: Mer 10 Mar 2010 - 18:32    Sujet du message:
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Merci énormément pour ton excellent commentaire, qui m'a mis de bonne humeur pour la journée quand je l’ai lu ce matin Smile

Non seulement tu résumes très bien les enjeux que j'ai voulu mettre en évidence, les portes qui se sont ouvertes et celles qui se referment...mais tu as également bien saisi les éléments plus symboliques de l'épisode, qui ne sont clairement pas si anodins que ça !

Et surtout, ce qui me fait plaisir, c'est de voir que tu soulèves le lien avec les saisons précédentes (notamment par rapport à Capra, la relation entre Jack et Matters, le clonage…), et je peux pas souhaiter mieux qu'un lecteur qui apprécie ces retours en arrière et qui comprenne la cohérence d'ensemble de toute cette histoire dont les pièces commencent à s'assembler. Surprised

J’irais pas jusqu’à présumer que dès l’écriture de Crépuscule, j’avais tout planifié de ce qui allait se dérouler aujourd’hui. Mais j’ai commencé à mettre en place bon nombres d’intrigues, en disséminant quelques indices, et constamment dans mes épisodes, surtout maintenant que la fin approche, je fais sans cesse des références clairement visibles ou non à toute la mythologie qui se met en place depuis 5 ans. Et autant que c’est agréable de tout connecter et de voyager en quelque sorte dans le temps (et les saisons/journées), c’est appréciable de voir un lecteur qui puisse apprécier la complexité et la profondeur des relations/notions en jeu depuis le début. Aimer une saison dans son ensemble, c’est déjà beaucoup, mais d’avoir l’avis de quelqu’un qui connait l’histoire de A à Z, c’est que je peux espérer de plus !

Je reviendrais pas sur les tenants et aboutissants du procès, que t'as bien expliqué, ainsi que le rôle de Lane depuis qu'il a été placé au pouvoir dès la saison 2. Le personnage de Linda pouvait un peu faire « pot-de-fleur » en saison 3, mais c’est essentiellement à cette fin là que je l’ai intégré à l’histoire, afin de l’éloigner de son père (quand elle a réalisé qu’elle s’est fait manipuler en travaillant pour les AVP Force) et d’opérer un rapprochement avec Palmer. Tout cela pour faire pencher la balance en sa faveur lors de ce procès massif qui ne vise pas que l’administration fédéral. Non seulement il est question de faire sombrer les Delta Force, la CIA, la DIA, après le déclin de l’OTAN et l’ONU dans la saison 3…Mais c’est aussi l’espoir (illusoire ?) d’un projet consistant à ébranler ces couches de désinformation et de manipulations des médias/de la vérité que Jack autant que Caïn visent depuis le début. Pour Jack, le problème est plus simple : il désormais, il pense qu’en se mettant du coté de ceux qui veulent faire plonger la CIA, il pourra se détacher de leurs chaines. J’insiste donc sur l’importance des chinois et de Yanaka dans cette seconde partie qui va commencer, et qui va lui permettre de se tirer d’affaire. Il ne faut pas oublier que Jack souhaitait découvrir l’identité d’une taupe (au service de la CIA) infiltré dans les renseignements chinois. Et qu’avec cette information, il espérait faire chanter la CIA, et s’assurer qu’on lui rende sa liberté.

La réflexion s’établit aussi sur d’autres niveaux mais je ne veux pas en dire trop pour l’instant. Ce qu’il faut saisir pour le moment, maintenant que la partie « Le procès » est terminée, c’est que l’issue de ce procès semble écrite : le gouvernement s’est engouffré dans une spirale infernale, et il sait qu’il ne peut pas en sortir. Or, il compte sur Jack Bauer pour témoigner à ce procès (aux cotés de Linda et Larry Edwige donc) et renouveler totalement l’organisation fédérale et administrative. Est-ce une utopie ? S’agit-il simplement de construire un nouvel ordre, et de calmer les tensions géopolitiques dans le monde ?

Concernant la transition avec la saison 5 de 24, ce n'était pas prévu initialement, mais l'idée d'un consensus entre le FSB et le gouvernement américain m'a fait penser à intégrer brièvement cette histoire de gaz neurotoxique. Comment ? Charles Logan s’assure de se procurer ce gaz pour réaliser son plan à l’œuvre durant la saison 5, tandis qu’en échange, il « prête » au FSB ces paramilitaires indépendants américains. C’est là que je me suis dit : autant évoquer Starkwood. En effet, (et là j’en révèle un peu sur l’épisode 13), la CIA ne pourra pas incriminer clairement le FSB puisque les agents qui ont mené l’attaque étaient américains. Ce qui fera soulever encore plus de tensions au sein de la Maison Blanche…Cela dit, l’allusion à Starkwood est vite expédiée, je ne compte pas réellement m'étaler dessus (même si je pourrais) dans la mesure où les scénaristes de 24 ont opté pour cet aspect toutélié/prédéterminé de ce consortium obscur évoqué à la fin de la saison 7, et la manière dont ca a été présenté, je trouve ca un peu cliché...je préfère imbriquer ça dans ma propre mythologie plutôt que de mettre ça sur le dos de « méchants » que les scénaristes ont inventé à la dernière minute.

Citation:
Pour en revenir à la mort de James Matters, ce n'est pas tant sa mort qui est impressionnante mais plutôt son rôle dans la conspiration. Qui aurait pu croire que ce patriote aurait pu retourner sa veste?

Juste une petite précision, Matters avoue dans cette scène qu'il est né aux USA et que dès le départ, il faisait parti d’un vaste projet soviétique consistant à élever des agents dormants dans le pays pour les réactiver plus tard. Il n'a donc pas tout à fait retourné sa veste. Il a été élevé en tant que futur agent potentiel, et je ne voulais pas que ce soit le genre de rebondissement qui sorte un peu de nulle part juste dans le but de surprendre. C'est un rebondissement que je prévoyais de faire depuis 4 ans, j'ai donné plein de petites pistes qui deviendront plus claires après explication ! Mais j’ai été pas mal insatisfait par rapport à la mise en place de tout ça, donc j’espère que le twist était bien amené et que la mise en scène convient parfaitement.


Citation:
Matters semble vouloir d'une part montrer à Jack Bauer que sa vie est un échec et qu'il faut par conséquent le libérer de ses péchés (cette scène m'a d'ailleurs beaucoup fait penser à une scène de la saison 6 de la série ou James Heller tient à peu près le même discours à Jack Bauer après que sa fille Audrey soit dans un piteux état). Il y a vraiment un parallèle entre les deux personnages (Matters et Bauer), tous les deux à la recherche de la quête de leur identité. Même si Matters prétend ne pas être Jack à Cassandra, il lui ressemble beaucoup.


La parallèle va même encore plus loin puisque c’est une relation trinitaire qui se joue sous nos yeux, entre Jack, Matters et Caïn, comme je le disais dans un post en haut de la page : « Il y a des parallèles entre les trois hommes qui les unissent, mais en même temps, leur conception du libre-arbitre, du destin et de l'identité est radicalement différente ».


Citation:
L'incendie qui se propage dans la maison de Jack semble être un signe d'une vie catastrophique ou tout ce que touche Bauer meurt. J'ai beaucoup aimé ce côté un peu philosophique de ta fan-fiction


Je me suis surtout inspiré de l’avant-dernière scène de la saison 2 d’Alias, lorsque Sydney se bat chez elle avec Fran avant de tomber de la coma. Et puis je suis en pleine lecture de Dante (L’Enfer) et William Blake (Le Mariage du Ciel et de l’Enfer), donc j’ai voulu faire une petite allusion anecdotique avec ce monde qui part en fumée, dont il ne restera bientôt que des cendres éparses…Et la scène a été écrite en écoutant le formidable morceau Watch the world burn, de la BO de The Dark Knight !


Citation:
Tu nous en dis un peu plus sur le nom de code capri et il semblerait que le personnage Franck Capra réapparaisse, ce qui est en soit une bonne nouvelle car si mes souvenirs sont bons, il voulait se retirer de la CTU de Washington à la fin de l'opération crépuscule. Par contre, je n'ai absolument rien compris au décryptage du nom de code capri qui devient capra. En résumé un épisode très rebondissant avec la scène la plus marquante de ta fan-fiction selon moi : le piège tendu par le FSB à la CIA.


Oui Capra avait décidé de partir après Crépuscule pour s’occuper de son fils. Là, on apprend qu’il était infiltré à la CTU pour les services du FBI. Ceux-ci, avec l’aide de Slattery, ainsi que deux agents du FBI (qui sont en réalité Shane Summers et Renée Walker, personnages de second plan durant l’opération Eclipse) visaient à retrouver l’identité d’un coupe-circuit à l’intérieur de la CTU, c’est-à-dire un agent ennemi qui faisait la liaison entre les directives du FSB et un agent dormant infiltré aux USA. On sait désormais qui est cet agent dormant…Quant au coupe-circuit, Slattery présume qu’il s’agit d’Ellen Riss. Le mystère reste entier, il reste encore beaucoup de chose à préciser là-dessus…

Pour le décryptage du nom de code, le procédé est totalement fictif. « Capri » était le nom de code d’un agent du FBI. Chaque nom de code renvoyait à un nom de ville, région, ou ile dans le monde. Pour découvrir le véritable nom de l’agent, il fallait changer une lettre dans ce nom de code seulement. En somme, chaque agent est affecté à un continent en particulier. Quelqu’un sera chargé de travailler sur l’Europe par exemple, tandis qu’un autre s’occupe des affaires en Amérique du Sud…En l’occurrence, ce « Capri » était spécialisé dans les dossiers russes.
Ainsi, pour tous les agents affectés aux dossiers russes, il fallait changer la 5ème lettre de leur nom de code pour connaitre leur véritable nom. Pour les agents affectés à l’Amérique du Nord, il fallait changer la 1ère lettre de leur nom de code. Pour ceux en Amérique du Sud, la 2ème lettre, etc…Ainsi, dans le nom de code « Capri », c’était la lettre « i » qu’il fallait changer, dans ce cas les possibilités étant restreintes à des voyelles. Le nom qui correspondait dans les bases de données interagences était donc celui de Capra. Et c’est ainsi que Slattery a retrouvé notre ami, dont on peut effectivement supposer qu’il aura quelques questions à lui poser…
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 Message Posté le: Mer 10 Mar 2010 - 22:53    Sujet du message:
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Mr. Jack a écrit:
Je me suis surtout inspiré de l’avant-dernière scène de la saison 2 d’Alias, lorsque Sydney se bat chez elle avec Fran avant de tomber de la coma.

Ne m'en dis pas trop sur alias s'il te plaît, je n'en suis qu'à la moitié de la saison 1 Wink .
ps: j'ai proposé un projet de jeu, mais étant donné que je n'ai pas eu de réponses, je vais le proposer à plusieurs auteurs de fanfcitions dont toi. Voici le concept:
Il s'agirait de trouver le nom de la fanfiction et le nom du personnage à partir d'une citation d'un auteur de 24 fr. Le nom de la fanfiction rapporterait 1 point, le nom du personnage 2 points. Un auteur d'une fanfiction n'aurait pas le droit de se citer. Qu'en penses-tu?
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 Message Posté le: Mer 10 Mar 2010 - 23:32    Sujet du message:
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Il me semble que ce jeu existe déjà dr house ! Wink
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