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Fan-fiction de Mr. Jack S4: Opération Sombres Soleils
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Etes-vous satisfait de l'évolution de ma fan-fiction au fil des saisons ?
Oui (en partie parce que ca se rapproche plus d'un roman désormais)
71%
 71%  [ 5 ]
Non (en partie car ça s'éloigne de la fan-fiction et de l'univers de la série)
0%
 0%  [ 0 ]
A moitié, car certains points peuvent rebuter, comme la longueur des épisodes par ex.
14%
 14%  [ 1 ]
Peu importe, je m'y suis habitué et je n'y prête pas attention
14%
 14%  [ 1 ]
Total des votes : 7

Auteur Message
dr house
Conscience de Jack
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 Message Posté le: Jeu 11 Mar 2010 - 0:55    Sujet du message:
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Oui en effet, c'est moi-même qui l'avais créé Laughing . Mais au bout de deux jours, Greg Saunders a fermé le topic, pensant qu'il n'y aurait pas assez de participants. Et que pour créer un nouveau jeu, il fallait l'accord de plusieurs participants. J'ai donc fait une proposition de jeux, sans réponse malheureusement. Par conséquent, j'ai pensé à demander l'avis d'auteurs de fanfictions. Day 24 m'a répondu être intéressé et je propose à présent mon jeu à mister jack. D'ailleurs si cela t'intéresses jack usa's best , tu peux me le dire. Cela fera une voix de plus à ma pétition Wink .
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Mr. Jack
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 Message Posté le: Ven 12 Mar 2010 - 19:29    Sujet du message:
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dr house a écrit:

Il s'agirait de trouver le nom de la fanfiction et le nom du personnage à partir d'une citation d'un auteur de 24 fr. Le nom de la fanfiction rapporterait 1 point, le nom du personnage 2 points. Un auteur d'une fanfiction n'aurait pas le droit de se citer. Qu'en penses-tu?



Je suis pas certain que ca marcherait dans la mesure où peu de personnes (en tout cas parmi celles qui participent souvent aux jeux) ont lu ou lisent des fan-fictions. Du coup il n'y aurait qu'une petite poignée de forumeurs dont toi et moi qui pourraient répondre, et encore en ce qui me concerne j'ai pas lu la moitié des fan-fictions ici.

C'est donc sans doute pour ça que Greg a fermé le topic. Y a un moment où les fan-fics marchaient bien, la rubrique était assez vivante il y a 4-5 ans, mais je pense que le concept du jeu restreint un peu trop l'éventuelle participation des forumeurs Wink
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dr house
Conscience de Jack
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 Message Posté le: Dim 14 Mar 2010 - 1:35    Sujet du message:
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Je conçoie fort bien qu'il n'y a pas beaucoup de lecteurs de fanfictions de 24fr. Mais quand on regarde la plupart des jeux du forum(le jeu des citations, énigme sur un personnage de 24...), on s'aperçoit que ces topics marchent bien avec ne serait-ce que quatre ou cinq candidats récurrents. C'est pour cela que je pense que mon projet est réalisable. Mais c'est sûr qu'il faudrait plus de monde que la dernière fois que je l'ai fait(personne) Laughing . J'écris une fanfiction, et j'avoue être assez content car j'ai à chaque chapitre des commentaires de forumeurs(nina palmer, heller the killer, ceciliabaueralmeida). Ce qui me fait penser que le topic fanfictions n'est pas aussi déserté qu'on pourrait le penser. Et ces quelques forumeurs pourraient faire marcher ce topic. En plus, comme je l'ai dit plus haut, day 24 m'a avoué que mon projet lui tenait à coeur. Bon encore faudrait-il que ce dernier soit encore de ce monde Laughing . Non je plaisante, mais comme il ne répond plus à mes messages dans son topic "Day 24 fanfiction saison 3", je me demande s'il est toujours des nôtres. Mais je crois qu'à un moment, il avait déserté le forum pendant de longs mois et était revenu. C'est ce que j'espère, étant donné que j'aimerais connaître la fin de son histoire. En plus je pense que ce nouveau jeu pourrait inciter les forumeurs à lire des fanfictions, ce qui serait une bonne chose. Personellement, j'ai lu presque toutes les fanfictions du forum. Même si tu n'as lu que la moitié des fanfictions, ce n'est pas grave, on ne peut pas tout connaître. C'est la même chose pour les autres jeux. Pour conclure, je pense que ce jeu pourrait aussi permettre de rendre hommage à tous les plus grands noms des auteurs des fanfictions de 24fr, qui nous ont fait grandir à travers leurs histoires Wink .
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Mr. Jack
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 Message Posté le: Dim 11 Avr 2010 - 6:23    Sujet du message:
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L'épisode 13 est presque bouclé, il me reste les dernières minutes à écrire, et je dois admettre que mon cœur balance entre deux cliffhangers, qui changeraient radicalement la suite...

Ces dernières semaines j'ai beaucoup réfléchi aux résolutions pour chaque intrigue et chaque personnage à l'issue d'opération Sombres Soleils (qui "s'achève" à l'épisode 18, mais je n'en dis pas plus...), comment tout emboiter, tout converger et amener les ultimes révélations avec crédibilité.
Il me reste encore quelques retouches à faire mais globalement, la fin de saison s'annonce dantesque Twisted Evil

Aussi, je dois aussi mettre en place les éléments qui seront inexpliqués au terme de l'épisode 18, mais qui prendront tout leur sens par la suite...un peu comme Lost et sa narration post-saison 3 (comment tel personnage en est-il arrivé là...). Pas évident de penser à tout, donc je relis pas mal mes précédents épisodes, et ceux de la saison 3.

Pour vous "teaser" un peu au sujet de l'épisode 13, voila quelques infos:

Citation:
- l'ouverture de saison devrait en choquer plus d'un...et je crois qu'on pouvait difficilement s'attendre à un tel rebondissement Surprised
- on en saura plus sur le rôle majeur de Sorensen envers les russes.
- Caïn passera définitivement au premier plan et son rôle pourrait être encore plus décisif que celui de Jack...
- une "guest star" sera de la partie durant deux épisodes
- l'issue du procès ne fait plus de doute : le "système" s'effondrera (reste à savoir ce que représente ce système, et pourquoi il doit s'effondrer)
- le passé entre Jack et Cassandra sera largement approfondi (et ce jusqu'à la fin de saison)
- un nouveau personnage chinois fera son apparition, et la Chine aura un rôle capital dans la résolution de l'histoire. C'est également ce qui va permettre de justifier l'intérêt de Yanaka cette saison.
- Pour terminer, une information qui ne concerne pas cet épisode mais les suivants: on entendra à nouveau parler des événements des trois premières saisons de ma fan-fic (intrigues terroristes, personnages phares) et vous aurez définitivement droit à l'explication de leur causes et conséquences.



The End is near


Cool
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dr house
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 Message Posté le: Mer 05 Mai 2010 - 2:54    Sujet du message:
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A quand le prochain épisode?
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Mr. Jack
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 Message Posté le: Jeu 06 Mai 2010 - 19:01    Sujet du message:
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J'ai pas avancé depuis le dernier message, il me reste uniquement une (longue) scène mais dès que j'ai du temps libre, je le consacre à l'écriture de mon mémoire, vu qu'il me reste 20 jours pour écrire environ 70 pages...

C'est pas faute de vouloir boucler l'épisode qui est vraiment pas mauvais à mon sens, mais sachant qu'en plus du mémoire je suis en période d'examens depuis une semaine et que j'ai toute sorte de devoirs à rendre, ca serait pas trop sérieux d'écrire la fan-fic en ce moment Laughing

Après j'ai jamais dit que j'étais trop sérieux... Mr. Green

Mais c'est pour bientot, j'ai pas envie de faire attendre davantage alors qu'il reste 2-3mn de temps réel à écrire, donc dès que j'aurais un ptit moment je m'y consacrerais Wink
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Mr. Jack
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 Message Posté le: Mer 09 Juin 2010 - 8:22    Sujet du message:
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Après quelques heures de dur labeur cette nuit, je viens enfin d'achever l'épisode 13 Mr. Green

La relecture a été plutôt rapide donc je me pencherais un peu plus dessus ce soir éventuellement. Je trouve assez dommage d'avoir achevé ca deux mois après avoir écrit 90% de l'épisode, mais je voulais faire ça bien, et ces derniers temps j'ai pas du tout eu l'occasion de me concentrer sur ma fan-fiction. J'espère pouvoir m'y consacrer ces vacances malgré mon mémoire, et faire en sorte que l'envie d'écrire me reprenne comme autrefois Smile

Je me chargerais aussi d'actualiser les épisodes mis en téléchargement, maintenant que j'ai réglé mes problèmes avec mon fournisseur d'accès.

Que puis-je dire sur l'épisode...certainement un des plus beaux que j'ai pu écrire, sur le plan des thématiques développées en tout cas. L'atmosphère prend une toute autre dimension, certaines trames passent au second plan tandis que d'autres arrivent en embuscade, notamment tout ce qui se déroule en Afghanistan, et qui va être décisif pour la fin de la saison.

Il se passe deux évènements majeurs dans toute la mythologie de ma fan-fic, l'un qui vient ouvrir l'épisode, l'autre qui le scelle, entrecoupés de quelques surprises. La fin se met vraiment en place peu à peu, et on verra bientôt comment toutes les parties de la mosaïque finissent par se recouper alors que certaines paraissent minimes (le rôle de la Chine notamment). J'espère que vous prendrez du plaisir à voir tout cela se rassembler, avec les réponses finales qui commencent à éclore Surprised

Bon épisode Wink




Partie 2 : La déception d’une fin (Le réveil)





« Il arrive un âge où nos déceptions elles-mêmes ne nous sont plus qu'un spectacle », Henry de Montherlant



Précédemment dans la fan-fiction de Mr. Jack :

Cassandra exhumait un vieux démon que chassait la CIA depuis longue date : l’existence d’un coupe-circuit en contact avec un agent dormant russe, AEDUNE, qu’avait traqué un jeune agent du FBI en poste à la cellule anti-terroriste de Washington, Frank Capra, avant d’être mené face à une impasse. Slattery en avait conclu que le coupe-circuit de Capra pouvait être Ellen Riss, décédée durant l’opération Aurore Boréale en France, aux cotés de Jack.

D’après les informations que Cassandra avait reçu de Dana Dern, il fallait prélever un échantillon sanguin de Jack pour découvrir la nature du projet dans lequel il était impliqué depuis des années. Afin de ne pas attirer les soupçons de la CIA et des russes, Matters avait réussi à convaincre Cassandra de partir avec l’échantillon et les documents saisis au complexe. Ce n’est que plus tard, au milieu d’un conflit armé entre l’Agence et des paramilitaires employés par les fédéraux russes que Matters avoua à Jack le véritable enjeu de cette histoire : Bauer avait été sélectionné lors de son enfance pour faire parti d’un groupe appelé les Pathogènes, dont chaque membre contenait en lui la structure ADN nécessaire à l’activation de Sombres Soleils.

A l’origine de la campagne de désinformation massive pour cacher l’existence de ce satellite, le projet Sombres Soleils était le résultat d’un effort technologique de 40 ans qui était susceptible de renvoyer n’importe quel pays à l’âge de pierre. James Matters révéla alors qu’il était un agent dormant cultivé par les russes pour surveiller Jack et retrouver l’identité des autres Pathogènes avant qu’on ne se décide à lancer Sombres Soleils. Selon le traitre, le seul moyen de mettre un terme à la mise à feu du satellite était d’éliminer les Pathogènes et d’empêcher le gouvernement de récupérer les codes génétiques. Au cours du face à face entre Bauer et Matters, un coup de feu retentit, et l’un des deux hommes fut tué.

De son coté, Brainer découvrait une partie de la vérité sur Nate Sorensen après l’interrogatoire qu’avait dirigé Valajdopov. Le gouvernement russe, qui avait fait appel à Sorensen pour reproduire Sombres Soleils doutait de ses intentions. Selon le FSB, il aurait pu manipuler le Kremlin afin de prendre la tête du marché énergétique russe. Puisque d’après Caïn, Sorensen était membre d’Old Fates, et était infiltré au sein de la Coalition avec Hendersen et Rosenberg dans l’intention de détourner les ressources énergétiques américaines, cela pouvait correspondre à ses objectifs. Un convoi emmena Brainer et Sorensen en lieu sûr pour procéder au débriefing. Mais en chemin, le fourgon blindé fut attaqué afin d’empêcher que les informations que Sorensen détenait soient transmises au Pentagone.




Episode 13 : ( 00h00 - 01h00 )

Ces événements se déroulent le jour de l'opération Sombres Soleils, entre minuit et 1h, heure de Washington DC.



Le sang coulait, sous l'influence du silence et des échos de la Guerre Froide.

Le ruissellement du plasma sanguin partait du front et se déversait le long de la joue, en traversant la paupière léthargique pour former une tache sur la moquette annexée par le feu qui continuait de se propager. On empoigna le cadavre à hauteur des chevilles, puis on le déplaça jusqu’au corail incendiaire alimenté par le bois de l’étagère et d’un placard de rangement où enfermé dedans, le corps allait vite être calciné.

Avant d’enfermer la dépouille dans son sarcophage, l’homme contempla les flammes faire leur œuvre sur le défunt, tout en se couvrant les orifices de respiration par le col de sa veste en cuir brun. Il ne put tenir les yeux ouverts plus longtemps, d’abord à cause de la fumée, mais aussi parce qu’une pointe d’amertume l’empêcha de regarder le sort en face.

- « J’aurais aimé revenir en arrière, et tout faire pour imaginer une autre issue. Mais c’était un mal nécessaire, le seul moyen de te soulager… »

Ca avait peut-être tout l’air d’un fratricide, mais ça n’en était pas un, se rassura-t-il en fermant la porte de l’espace de rangement sous l’escalier démembré.

- « Je ne vais pas fuir. Je n’aurais aucun regret », confessa l’assassin en prenant la direction de la véranda, où toutes les vitres s’étaient brisées à cause de l’explosion

Les pompiers avaient dégainé la lance d’incendie maintenant que les fondations principales s’étaient effondrées, et les fédéraux renforçaient leur coup de filet en arrêtant les paramilitaires qui ne s’étaient pas échappés à temps. Plusieurs officiers envahissaient la terrasse à l’arrière de la résidence et embarquaient les suspects, au nombre de quatre.

- « Lâchez votre arme ! Et à plat ventre, tout de suite ! », ordonna l’agent en charge de l’opération, au meurtrier qui venait de franchir la porte de verre en toute sérénité
- « Du calme, je suis de la maison », en coopérant pour ne pas brusquer l’unité d’intervention

Pendant que l’homme posait le ventre à terre, le visage mortuaire du défunt continuait de se consumer à l’intérieur de son tombeau de feu. Le cratère laissé au milieu du front par la balle qui l’avait transpercé devenait indiscernable.

Jamais la CIA n’aurait pu se douter que ce soir là, Jack Bauer n’allait devenir qu’un amas de cendres enseveli sous une plus vaste étendue de cendres. Le bleu de ses yeux et le sang rouge qui parcouraient son visage allaient bientôt se fondre dans la chair dissolue d’un soldat qui brûlait comme lors d’une cérémonie militaire commémorant un soldat mort au front. Au milieu d’un feu ardent où l’on provoquait le regret pour dissimuler l’absence d’émotion.


[00:05:41]


L’ivrogne à la chemise bleu ciel ouverte qui battait au vent, et qui laissait apparaitre un débardeur blanc ratissait à pied toute la longueur du Woodrow Wilson Bridge, pont qui sortait de l’Etat du Maryland. Il essuya les gouttes de vodka sur sa barbe naissante et continua d’errer en oscillant sur le pavé, presque effrayé à chaque fois qu’une voiture le dépassait.

Il s’arrêta pour se pencher contre la balustrade afin de fixer le fleuve sans fin, quasiment à mi-chemin sur le pont, lorsqu’une Ford commença à ralentir à sa hauteur. La portière arrière s’ouvrit et l’homme qui venait d’en descendre s’approcha du soulard, qui s’étonna de sa visite d’un effarement démesuré.

- « Comment…comment m’avez-vous retrouvé ? », se concentrant pour bien articuler
- « On a téléphoné chez vous, ça ne répondait pas, alors le concierge nous a dit que vous étiez surement descendu au bar à l’angle de la rue. Vous devriez prendre une chambre là bas…le serveur a dit que vous veniez de partir pour votre livrer à votre passe-temps favori, la tentative de suicide avortée »
- « Je ne bosse plus pour le gouvernement, je n’ai plus aucun compte à rendre… »
- « Nous ne vous demandons aucun compte, juste un service »

L’alcoolique lui tourna le dos et se courba contre la barrière métallique, sa bouteille à moitié vide, ressentant une vive douleur au niveau du ventre.

- « Un jour je suis un échec à vo…s yeux…et le suivant, je peux mira…culeusement vous tirer d’affaire comme si mes revers disparaissaient…d’un coup de baguette », parlant lentement d’une manière hachée « Il n’y a rien… que je sache et que vous ignorez »
- « C’est exact. C’est pourquoi vous avez encore le choix »
- « Quel choix ? »
- « De savoir ce qu’il se passe dans sa vie. Et celle de votre fils. Tout ce que nous voulons, c’est écouter certaines de vos théories »
- « Vous êtes défoncés autant que moi…tout ce qui arrive à vos sens renforce votre paranoïa »
- « L’alcool exalte les sens, je vous accorde ce point M. Capra. Après tout, le scotch nous a aidé à sortir de certains labyrinthes…alors vous et moi, qu’avons-nous à y perdre ? Voyons plutôt le verre à moitié plein qu’à moitié vide voulez-vous ? »


James Matters fut escorté à l’espace sécurisé qu’avait dressé la CIA le long de la rue résidentielle, à l’arrière d’un fourgon blindé qui avait transporté plusieurs agents de terrain. Pendant que les pompiers s’efforçaient d’éteindre le feu, la police et la CAT étaient venus assister la Compagnie pour retrouver les derniers fugitifs au compte des russes. Les sirènes continuaient de chanter et de valser, alors que le voisinage – pour la plupart des fédéraux en poste à Langley – ne demandait qu’à s’investir dans l’affaire.

- « C’est à peine s’ils se sont pointés avec leur carte de visite », annonça un employé moustachu que Matters croisa « On les tout de suite identifiés comme des indépendants affiliés à la branche gouvernementale Starkwood, même pas besoin de leur poser la question »
- « Cette société détachée du gouvernement qui recrute des paramilitaires ? Et les quatre autres, ceux qui ont réussi à entrer dans la maison ? », demanda l’autre employé
- « Ils ne veulent rien dire pour l’instant… », en humant l’odeur de brulé « Martins vient de confirmer brièvement votre version », s’asseyant alors à coté de Matters, un gobelet de café à la main
- « Langley m’a donné l’autorisation de suivre un de leur agent impliqué jusqu’ici. Martins savait que cet homme, Jack Bauer, me tenait dans la confidence. Dès que je l’ai vu entrer dans la maison, je me suis précipité. Il était aux prises avec ces quatre hommes là bas », en les désignant du doigt « Et après, l’étage s’est effondré sur nous, et j’ai du me tirer de là… »
- « Je ne suis pas chargé de votre débriefing, je me charge juste de passer en revue chaque personne. Il faudra nous suivre, le directeur a beaucoup de questions à vous poser, donc on doit vous garder à l’œil »
- « Prenez le temps qu’il faudra. Et dites-moi si vous avez du neuf concernant Bauer »
- « Juste une chose. Richard Braxton m’a parlé de documents que vous deviez lui remettre, sous forme de clichés. La priorité de l’Agence est d’en savoir plus au sujet des dissensions entre le gouvernement et ces paramilitaires, on redoute qu’on conflit plus large se trame. Mais tenez-vous prêt, on pourrait faire appel à vous »

L’agent à l’arrière du van saisit les poignées des portières dont Matters bloquait la fermeture. Il examina son nom, « J. Reeves », inscrit sur l’étiquette de sa veste, avant de se lever.

- « Excusez-moi monsieur », en le délogeant puis en fermant les portières d’un coup brusque


Le vent emporta la poussière d’Afghanistan au-delà du champ de bataille qui avait fait une dizaine de morts, avant que l’armée américaine n’ait pu contrôler le raid éclair des talibans. Un jeune homme décharné se pencha par-dessus le cadavre de son frère cadet, basculant d’avant en arrière sans même dire un mot. L’US Army sécurisa la zone et rassurait la population, l’insurrection était repoussée aux portes de la ville et les rivalités allaient se terminer dans le désert. Sans traducteur, le message parvenait aux oreilles de sourds, mais le haut-commandement avait consenti à la nouvelle politique relationnelle qu’il fallait entretenir avec les civils.

- « Cet événement survient alors que le Conseil du renseignement national est en passe d’adopter de nouvelles résolutions sur le statut économique du pays. Un accord coopératif pourrait être signé à terme par un partenariat stratégique entre les Etats-Unis et le Grand Moyen Orient. Si certains pensent qu’il s’agit d’une tentative pour mettre en suspens les tensions diplomatiques avec l’Asie, et principalement la Corée du Nord, d’autres affirment que le président Charles Logan cherche réellement à dissiper la crainte d’une guerre interminable en remettant sur un pied d’égalité les accords diplomatiques entre l’Occident et l’Orient », résuma l’envoyée spéciale à Kaboul, pendant que le moniteur télé diffusait des images du carnage et de la police afghane qui faisait fermer le marché alimentaire

Un père de famille qui avait perdu une jambe fut amené sur un brancard jusqu’à l’hospice religieux qui entourait une partie de la place publique. Sa femme restait prosternée contre le corps de son enfant, criant son désespoir en déchirant le calme morne d’une hécatombe où personne ne trouvait les mots justes.

- « On a enfin fini de nous faire un procès. Le Congrès commence à se réveiller… », supposa l’assistant politique du Lieutenant-Général qui parcourait les lits tachés de sang dans l’hospice « Finalement, vous aviez eu raison de vous accrocher à Bergman. Sa capture était aux yeux du Congrès comme un ongle acéré qui striait un tableau d’école, tout le monde a commencé à vous prendre au sérieux. Et on a fait pareil pour Brainer je suppose »
- « La Cour ne se montrera pas si clémente que ça, j’ai à moitié réussi ma mission. Ou à moitié échoué je ne sais pas... Bergman est mort, et vous le savez. La CIA a du intervenir »

Un attroupement de médecins se déployait autour d’un adolescent dont l’état était gravement instable. L’électrocardiogramme s’affolait, puis la réanimation devint rapidement vaine. Ils se dispersaient tous la seconde d’après vers une autre urgence, hormis celui qui prononça l’avis du décès.

- « Bergman avait le cul posé sur deux chaises, qui tenaient elles-mêmes sur trois chaises. Un château de cartes. Il jouait un jeu double, la CIA ne devait pas être convaincue qu’il œuvrait vraiment pour elle. D’un coté, il pouvait en dire beaucoup sur les talibans, d’un autre, il pouvait compromettre la sécurité nationale, et ça, vous le savez aussi Danny »
- « J’apprécie votre franchise, vous prenez un risque »
- « Je ne prends aucun parti, c’est peut-être les russes qui l’ont éliminé, il devenait inutile pour eux aussi. Tout le monde sort gagnant désormais : Logan tenait avec Bergman son gibier, et mieux encore…il y a une heure, Yanaka a fait ses aveux à l’Agence : il a tout mis sur le dos de Bergman », révéla l’assistant
- « Bon sang, depuis le départ vous saviez que Bergman allait y passer ! Vous saviez qui je traquais, et pourquoi…il allait me mener tout droit à l’OIS et m’expliquer qui tire les ficelles de la désinformation ici. Vous m’avez envoyé dans un cul-de-sac ! »
- « C’est Kaboul…voyez le coté positif. La Cour va lâcher l’affaire, vous serez blanchi grâce à vos services et l’armée vous versera une honorable pension de lieutenant-colonel »

Caïn se percevait depuis cinq ans comme cette organe de la résistance infiltré au sein de l’armée. Tout ce qu’il avait entrepris dans l’idée de pourchasser la Coalition, d’aller à l’encontre des instructions tactiques en menant sa propre révolution, faisait en réalité parti du programme de contrôle orchestré par la CIA, ou les russes, ou la Coalition…l’un ou l’autre pensa-t-il, ne sachant pas entre qui trancher. La rébellion contre le système était en fait un moyen de l’alimenter, et cela en éliminant un de ses opposants, Frank Bergman.

- « Ecoutez, au-delà du pack de bière que vous pourrez descendre devant chaque défaite des Washington Wizards, l’aspect purement politique de cette opération réalisera les attentes de votre ami. Grace aux dissidents que Bergman nous a donné, les talibans vont perdre de leur influence. Le reste du Moyen-Orient va se remettre à traiter avec nous »
- « Mais Brainer avait exigé une contrepartie : connaitre la vérité sur la désinformation ici »
- « La vérité n’est que le nom maquillé de la désinformation. Ce qui permet de l’alimenter, en faisant croire de temps à autre que quelque chose s’est évadé, a échappé à l’illusion. Mais la vérité, c’est qu’elle en fait partie »

Le soldat savait que la seule raison qui expliquait qu’on avait laissé Bergman s’échapper de son filet, parce qu’il avait livré quelques précieuses informations sur les talibans, n’était pas dans un but politique. Il pensa que l’enjeu médiatique de cette affaire devait être de faire parler les rebelles et de semer les engrais de cette désinformation. Mais qu’est-ce qui pouvait être pire à envisager que les confidences des insurgés, au sujet d’un projet nucléaire en cours ?


Agrippant la poignée de sa valise si fort qu’aucune goutte de sueur ne pouvait en échapper, Matt Sommers tenta de sortir des ruelles labyrinthiques de Kaboul pour aller jusqu’à l’ambassade américaine, dont le laissez-passer allait expirer dans deux semaines. Après avoir franchi la grille d’entrée, le fournisseur de services civils qui dirigeait sa propre organisation militaire privée s’invita à la loge d’un délégué américain qui semblait attendre sa visite en regardant le monde brûler par la fenêtre.

- « L’exaltation bat son plein aujourd’hui, dans la joie comme dans la tristesse n’est-ce pas ? », demanda le délégué à peine âgé d’une trentaine d’année sans attendre de réponse « En même temps que les massacres continuent, le président afghan manifeste une certaine allégresse à l’idée de ce partenariat avec nous. Tout le monde est étrangement optimiste sur la manière dont nous allons repousser les talibans. Dites-moi que je peux l’être aussi ? »
- « Il n’y a rien que vous sachez et que j’ignore au sujet de Nate Sorensen. Tout ce que vous avez toujours rêvé de savoir, est à portée de mots. En échange, comme nous l’avons convenu, vous me laissez allonger mes contrats dans le secteur de la Défense, vous faites en sorte que l’armée ne marche pas dans les plates bandes de mes soldats. En clair, faites en sorte que le Congrès ne cherche pas à savoir ce qu’entreprend la multinationale mère… Et si nous en avons la garantie, nous vous aiderons à repousser les talibans pour quelques temps. Votre optimisme, ce n’est donc qu’une question de volonté »
- « Tout ce que le Pentagone veut, c’est que Sorensen soit pendu haut et court, maintenant que tout le monde a eu vent de ce qui se trame avec Idéon. Tout risque de nous sauter au visage, les sociétés-écrans et les faux organismes internationaux, les détournements de fonds au Congrès, les exodes massifs depuis le Kosovo…et pour cela, nous devons connaitre la nature réelle de ses transactions, son rôle complet dans le marché énergétique russe pour le faire plonger. Connaissant son implication dans l’OIS, je dois avant tout m’assurer d’une chose »
- « Je lève l’étendard blanc »
- « Les informations que la CIA avait récolté il y a quelques semaines, et qui ont été avérées par le témoignage d’un taliban arrêté il y a deux heures, à propos d’un projet nucléaire, est-ce vrai ? Je veux dire, Sorensen, est-il impliqué ? »
- « Ca dépend de vous. Vous tenez réellement à rester optimiste ? »


[00:14:09]

Carrell se garait au milieu d'un parking forestier sans éclairage.
Capra luttait pour garder les yeux à demi-ouverts.
Danny Caïn pensa une blessure qu'on lui avait infligé pendant les combats quelques heures plus tôt.
Deux hélicoptères survolaient les résidences où siégeaient les officiers de la CIA.


[00:18:26]


Les étoiles dansaient à la cadence de l’eau coulant sous une passerelle en bois du National Arboretum. Cassandra Evans et Ian Carrell, effacés dans l’exubérance de la végétation du parc se tenaient l’un à coté de l’autre penchés par-dessus le pont qui confortait l’aspect asiatique du paysage.

- « Je venais souvent ici quand j’étais gosse », en se pinçant l’entre-narines avec sa main gauche, qui tenait une cigarette tout juste allumée « Je venais de perdre mon père, mort au Viet Nam, enfin il avait disparu, on n’a jamais trop su comment. Et ma mère s’était remarié avec un espèce de bouddhiste illuminée par ses conneries spirituelles. Ou un advaita plus exactement. Elle disait que mon père l’avait rendu tarée avec tout ce mépris pour les communistes. Je peux te dire que j’avais pas fini d’en voir la couleur…avec mes devoirs saturés de rouge parce que j’avais du laisser tomber les cours, pour me lancer dans une foutue quête de la paix intérieure… »
- « Jack est en train de courir un risque, je vois pas ce qu’on fout ici à parler de méditations transcendantales… », s’inquiéta Cassandra, qui regardait les astres dans la direction opposée
- « Ce mec était bizarre…à chaque fois qu’on passait au-dessus de ce pont, il me racontait ses histoires de philo indienne pour me faire oublier la mort de mon père. Les morts, en vérité, sont heureux, il disait ça à chaque fois. Tellement que j’ai peut-être fini par le croire. Le message, ça parlait du corps comme tombeau, prisonnier de nos représentations, ou un truc comme ça. Ce philosophe se demandait si les hommes ont peur de dormir. Ce qui est pourtant paradoxal, puisqu’à chaque réveil, on est content d’avoir eu une bonne nuit de sommeil, dans une état d’inconscience et d’insouciance, comme s’il s’agissait d’une mort temporaire »
- « La mort est un long sommeil, et alors ? »
- « C’est pas juste ça, ça implique que si nous sommes « morts » en même temps que nous vivons, que nous dormons, il n’y a aucune raison de pleurer l’absence de quelqu’un. Parce que même pendant nos rêves, cela signifie que nous existons. Ca en revient à dire plus ou moins, si j’ai bien compris, qu’on est fou de vouloir s’attacher à notre corps, puisqu’on peut se découvrir soi-même sans être troublé par les apparences de la vie. »
- « Eh bien…ça reviendrait à la même chose si on se crevait les deux yeux non ? »
- « Je suis pas plus adepte que vous à tout ça. Mais c’est une manière de dire que la solitude est partout, qu’on sera toujours seul, mais que chercher un refuge en dehors de nous-mêmes, c’est faire apparaitre l’illusion »
- « Et offrir vos services d’agent de liaison à la CIA, ça l’a fait disparaitre ? », dit-elle sarcastiquement, en lui prenant la cigarette des doigts pour tirer dessus un grand coup
- « C’est plus comme un réunion d’alcooliques anonymes, où tout le monde partage cette conception de la vie. Et c’est ce qui nous aide à faire notre boulot, à traquer des taupes qui agissent par pure passion du jeu, à découvrir les agents retournés… »

Cassandra écarta la fumée d’un geste évasif de la main comme Slattery devait le faire au même instant, puis pencha la tête pour confronter le regard de Carrell.

- « Quoi, vous pensez que je suis un agent retourné ? »
- « On a beaucoup de questions à vous poser, et Braxton ne tenait pas à ce que ca se fasse à Langley. Ca ne concerne pas seulement escapade dans notre complexe, et ce que vous avez pu voir là bas. C’est aussi à propos de votre ex-mari. Puis vers 20h, vous avez fait un détour sur votre chemin avant de nous assister pour l’intervention sur le paquebot. Slattery a aussi des doutes, il croit que vous êtes en train de monter un coup foireux avec Jack. Et ce n’est pas fini… »
- « Je commence par quoi ? »
- « Quand je suis entré à la CIA, on m’avait fait subir un interrogatoire de base. L’Agence pensait qu’en contrecoup de ce que lui avait fait subir mon père, ma mère avait pu devenir une sympathisante communiste. On m’a donc posé tout un tas de questions sur ce qu’elle représentait à mes yeux. Un moyen détourné de savoir si j’adhérais aussi à la vie en rouge. Commençons donc par le plus simple. Qu’est-ce que Jack représente à vos yeux ? »


Li Jiabao balança ses cartes sur la table de poker comme s’il aurait aimé qu’elles s’envolent si loin que personne ne verrait son jeu minable. Malgré son as de cœur, il n’avait pas pu faire mieux que le brelan de huit de son voisin, vieux commissaire des actions clandestines en Chine, qui ne pouvait s’empêcher de laisser échapper une pointe d’amusement.

- « Yeoh a du talent pour chanter l’hymne canadien avec l’accent du pays, mais alors toi tu te surpasses en tant que bluffeur ! », en regardant sa montre « Même pas trente minutes que t’es entré dans la partie, et déjà quatre plaques parties en fumée probablement pour de bon… »
- « A chaque tour il croit qu’il va nous avoir, et il a toujours rien grappillé ! Faut avoir une chance de cocu pour attirer la malchance avec une main aussi merdique ! », se moqua un autre
- « Je finirais bien par vous clouer...la défaite reste une stratégie comme une autre « , assura Jiabao en se rattachant sa queue de cheval « Depuis le début, à chaque fois que je montre mes cartes, vous voyez tous que j’ai rien, et vous vous dites que je suis juste un flambeur qui essaie de faire croire aux autres qu’il a assez d’arguments pour rafler la mise. Résultat, je suis plus du tout crédible, et à chaque fois que je continuerais à bluffer d’entrée de jeu en misant gros, vous allez suivre, parce que vous serez tous persuadés que j’ai rien en main. Sauf que le moment où j’aurais vraiment un bon jeu, assez pour être certain dès le premier tour d’enchères que je partirais avec vos mises, vous continuerez de penser que j’essaie de vous abuser. Alors que cette fois, ça ne sera pas du bluff, et je vous aurais tous coiffés au poteau ! »
- « Ca ne risque pas d’arriver, vu que tu viens de dévoiler ta stratégie. On va donc adopter le comportement opposé à celui que tu attendais…»
- « Ce qui m’arrange tout autant. Parce que ça veut dire que vous allez continuer à me prendre au sérieux, et que je pourrais continuer à vous avoir, bonnes cartes en main ou pas », plaisanta Jiabao en caressant le tapis vert du plat de la main

Un employé du restaurant se révéla sous le lustre qui n’éclairait que la table et ses joueurs, tandis que le reste de la pièce était plongée dans l’obscurité.

- « Une personne désire vous parler au téléphone M. Jiabao »
- « Sur votre ligne ?? »
- « Nous avons pris toutes les précautions nécessaires ne vous inquiétez pas. Et aucune voiture n’est garée dans l’allée »

Le quarantenaire chinois qui faisait plus jeune que son âge se leva péniblement et se dirigea vers la salle d’à coté en refermant les boutons de sa veste de costume noire.

- « J’espère que le jeu en vaut la chandelle, j’allais mettre le feu à la table avec mes cartes… »
- « La CIA me surveille de près, je ne pouvais pas venir vous voir. Je dois savoir pendant combien de temps va encore durer mon travail pour eux », l’interlocuteur à l’autre bout du fil
- « Ils ont promis de nous laisser un de leurs informateurs nous aider au Ministère de la Sécurité de l’Etat si nous continuons encore un peu d’effacer les traces de cet américain, Jack Bauer. Ils tiennent à ce qu’il passe pour mort aux yeux de notre gouvernement »
- « Pourquoi ne pas avoir continué à traquer Bauer directement ? Vous auriez eu tous les renseignements que souhaitait notre gouvernement sur la politique américaine »
- « Parce que la CIA tient à lui. Ils le veulent vivant. Et visiblement, ils savent comment ressusciter les gens… »
- « Je n’imagine pas à quel point il serait douloureux de se réveiller après un si long sommeil », supposa l’interlocuteur en retirant le marque page du livre posé sur sa table de chevet, intitulé Everything that rises must converge « Bauer nous aurait été utile comme dernière carte à abattre. Il aurait été un bon moyen de pression pour pousser la CIA à nous léguer très vite un informateur. Seulement l’inconvénient, et la raison de mon appel, c’est que Bauer vient de disparaitre. Envolé, ou alors consumé »
- « Qu’est-ce que cela veut dire ? », en marquant bien son irritation
- « Sa maison a pris feu. Le ciel a du lui tomber sur la tête. Et je ne vois pas comment quiconque pourrait ressusciter quelqu’un après ça…»


Slattery cilla tellement lentement lorsqu’il referma ses paupières qu’elles paraissaient avoir été collées aux cernes pour l’empêcher d’ouvrir les yeux. Comme un piquet devant la cafetière ancestrale qui était son seul recours pour rester éveillé, il attrapa la tasse à café en tournant le dos à ses collègues, dont deux jeunes agents du contre-espionnage qui attendaient impatiemment la suite de son intervention.

- « Peut-être est-il…salutaire de vous rappeler les bases du métier étant donné les circonstances. Comme vous le savez tous ici », en parlant à la carafe à café « Le coupe-circuit est la personne qui a pour rôle de court-circuiter le lien direct entre deux personnes, ou deux réseaux, dont on veut garder l’anonymat. En l’occurrence, il y a le FSB d’un coté, et une de leur taupe de l’autre, infiltrée ou non dans nos rangs. Tout contact direct est bien entendu exclu, puisque si l’un est repéré et mis sous surveillance, il serait facile de trouver l’identité de l’autre. Ainsi, le FSB délivrerait tel message au coupe-circuit, une personne fondue dans la masse, discrète, au quotidien banal, sans passif douteux. Ensuite, ce coupe-circuit est chargé de transmettre l’information codée à la taupe, par téléphone ou par rencontre dans un lieu désertique. Il est évident que ni l’un, ni l’autre n’aurait pu prendre le risque de s’exposer, surtout dans le cas d’une infiltration au sein du gouvernement américain »


La lèvre incandescente de la cigarette fut allumée, comme une pointe d’éclat au milieu de la nuit. Matters expira la fumée qui se dissipa ensuite devant son visage. L’incendie avait terminé de se propager, et la fumée qui n’avait pas été étouffée par les débris s’échappait dans un ciel animé par les phares des hélicoptères, dont l’un d’eux pointa furtivement l’agent fédéral. Il traversa la scène d’investigation, et se dirigea jusqu’au 4x4 noir garé à quelques résidences du feu de camp. Sur le chemin, un fourgon du FBI à l’arrêt avait embarqué ses quatre associés qui avaient regardé Bauer mourir sous leur yeux. Matters croisa leurs regards, flegmatiques, pour une brochette de suspects qui allaient être cuisinés par les fédéraux, puis entra à l’intérieur de son quatre-quatre. Il posa les mains sur le volant, et pencha la tête en arrière, imperturbable, pour apprécier le silence, loin de la tourmente médiatique et policière.

De l’extérieur, son visage paraissait déformé à cause du pare-brise qui était fissuré, suite à une balle perdue tirée lors de l’affront avec les paramilitaires. Après quelques secondes de méditation, il alluma le moteur, et regarda dans le rétroviseur latéral pour démarrer, qu’il ajusta pour ne plus voir son reflet. Il quitta les lieux et guetta la scène depuis le rétro central, en regardant diminuer ces points lumineux qui fourmillaient de partout, sirènes, clignotants, torches…comme si les lueurs s’effaçaient au ralenti dans la pénombre, mais revenaient toujours à cause de nouveaux barrages de police.


Braxton racla son front au ralenti avec la paume de la main, comme pour se donner le privilège de fermer les yeux le temps d’un instant fugace.

- « Et ce qui vous surprend, c’est que cette Ellen Riss, qui a officié quelques années à la cellule antiterroriste de Washington était ce coupe-circuit. Puisque comme vous le dites, jamais une personne chargée de cette fonction ne se serait exposée, en travaillant dans ces conditions à risque »
- « Elle était trop sur les feux de la rampe pour constituer une piste crédible. Malgré tout, Frank Capra avait été affecté à l’identification de ce coupe-circuit, tandis que mes hommes se chargeaient de la taupe. Nous nous enfoncions dans des impasses toutes aussi contradictoires les unes que les autres », en circulant autour de la table « Mais Capra croyait avoir mis le doigt sur quelque chose. Le même informateur qui lui avait fourni les renseignements au sujet de Riss était un slovaque du nom de Miklosko. Quelques mois après la démission de Capra, il donne au FBI une liste d’agents américains qui opéraient à l’étranger, cette taupe qui pouvait être affiliée aux services secrets russes »
- « C’est ce que les documents confidentiels du complexe attestent. La taupe était à Minsk fin 2002 », en ne parvenant à retrouver le passage qui mentionnait la date exacte dans les papiers
- « Même en croyant à la théorie insensée que le coupe-circuit pouvait agir à la CAT de Washington, il aurait été encore plus dément de penser que la taupe œuvrait là bas aussi », intervint le jeune employé du contre-espionnage aux bouclettes noires derrière ses lunettes
- « Pourquoi cette spéculation ? »
- « De tous les contacts proches de Riss − ce que Miklosko a confirmé −, une seule se trouvait bien à Minsk à ce moment là : James Matters. C’était dans le cadre d’une opération pour les Forces Spéciales. Et avec Bauer. Autant vous dire que ses ronflements m’ont empêché bien des nuits torrides… »


James Matters commença à ralentir en arrivant devant la barrière de sécurité à la sortie des résidences fédérales, où les deux vigiles qui faisaient leur garde semblaient en plein débat passionnel.

- « Alors explique-moi une chose, certitude statistique : pourquoi y a en grande majorité plus de veuf qui se suicident que de veuves qui se suicident ? »
- « L’imperfection des théories darwiniennes. On a passé toute notre vie à devenir expert en décapsulage pendant nos rares moments de loisirs. Le reste, on l’a passé à bosser du matin au soir pour ramener une paie minable et faire quoi au bout de six mois de labeur ? S’acheter le dernier plasma pour coupler romantiquement pizza trois fromages et match de baseball. C’est une fatalité, on sait rien foutre sans les femmes…On est pas fichu de faire l’aspi, la bouffe, ni même d’acheter le bon nettoyant surpuissant pour la cuisine. Pourquoi tu crois que les chats domestiquent crèvent au bout de cinq jours dès qu’on les lâche dans la nature ? Sans leurs croquettes whiskas, ils peuvent pas s’en tirer…Ouais…on est dépendants d’elles bien plus qu’elles le sont de nous. Qu’est-ce que je ferais si j’avais pas Ellie pour renflouer cette belle bedaine hein… », en se pinçant un bourlet massif
- « Excusez-moi », hésita Matters, afin de passer le barrage
- « Je peux voir votre badge ? »
- « Je n’en ai pas. Je travaille sous couverture, j’étais sur un des gars qui a été arrêté et Langley veut que je leur fasse un topo de la situation »
- « Quel est votre nom ? »
- « Reeves », dit-il en laissant un temps d’arrêt pour voir s’il le laissait passer
- « Reeves ? Keanu ? Hubert ? Dianne ? »
- « Jason », sans être certain qu’il s’agissait du bon prénom

Le gardien consulta sa fiche et fixa Matters d’un de ces regards louches qui donnait l’impression que ses yeux allaient sortir des orbites. Il se pencha pour inspecteur l’intérieur du véhicule, cocha une case sur sa feuille, et lui tendit le papier pour le faire signer. Matters exécuta un Reeves aux traits aristocrates puis retourna la fiche.

- « Bonne soirée à vous Monsieur Reeves », en ouvrant la barrière
- « Elle sera encore longue, croyez-moi… »


[00:32:21]


- « Et les écoutes n’ont donc rien donné ? », souleva Martins à l’autre bout de la pièce
- « Vous me connaissez, sceptique devant l’absolu…Vous auriez voulu que j’examine avec plus de vigilance les miaulements chroniques de son chat ? A part ça, rien à signaler. On a même enregistré Yanaka lorsqu’ils collaboraient ensemble », récapitula Slattery
- « Avec le chat ? », demanda le second agent du contre-espionnage, sans que personne ne sache s’il était sérieux « C’est un porte-bonheur chez les japonais… »
- « J’espère que vous ne divulguez par nos informations à votre chat pour une histoire de solitude Caughley, il pourrait travailler pour l’ennemi ! », plaisanta le chef du service russe « Surtout s’il faut s’y reprendre à neuf fois pour l’éliminer, avec nos restrictions budgétaires…Le neuvième, dit-on, est bon pour un voyage aux Enfers… »

Le Successeur se retint de ne pas soupirer et pêcha ce qui lui semblait être un résidu de mégot dans son café, tout en réajustant ses lunettes à double foyer.

- « En temps normal, ce désert ardent où je ne pouvais pas y trouver le moindre élément de suspicion m’aurait donné envi de persévérer dans mes recherches abyssales. Seulement nous n’avions aucune raison d’accorder une quelconque rigueur à Miklosko. De toute évidence, il était là pour nous leurrer. Nous faire croire que le coupe-circuit et la taupe qu’on cherchait agissaient sous les feux de notre rampe, ou pire, nous faire pourchasser un coupe-circuit et une taupe qui n’étaient que des mirages à perte de vue… »
- « Pourquoi ne pas en avoir parlé avant ? J’ai autorisé Matters à reprendre contact avec Bauer et à le suivre chez lui, il y a une heure. En temps normal, vous n’auriez jamais permis que le plus contestable des suspects n’entre dans nos rangs. Pourquoi avoir pris ce risque ? »
- « Pour montrer que je ne crois pas à ce mensonge. Et si les russes pensent que je n’y crois pas, ils vont relâcher leur garde, et tenter une autre manœuvre pour me diriger vers quelqu’un d’autre. Vous pensez réellement qu’ils m’auraient mis sous les yeux une évidence si frappante ? Cinq ans sur écoute ! Jour après jour, nuit après nuit…La seule option, c’était que Matters soit un agent dormant, déposé dans les cratères de la cellule antiterroriste dès sa naissance…mais c’était bien trop discernable »
- « Et si le FSB avait pris le risque de nous dévoiler la vérité, en sachant que nous n’y aurons pas cru ?! »
- « Pas d’une façon aussi imprudente et inexpérimentée, ca ne leur ressemble pas. On a cherché la moindre puce dans les cheveux de Miklosko, et d’après mes conclusions, le FSB ne s’est jamais intéressé à lui. Ce tour de passe-passe, même un aveugle n’y aurait pas cru »
- « On continue de lui coller au corps », ajouta Caughley « Notre sangsue lui draine le sang à chaque seconde…s’il y a quelque chose à en tirer, on le verra… »
- « Nos hommes cherchaient Bauer en priorité. Il se peut qu’il n’ait pas survécu à l’effondrement de la maison. Il faut espérer qu’il ait plus d’un vie qu’un chat, sinon il est bon pour l’Enfer, et nous aussi », dépita Braxton « Dans tous les cas, on doit savoir ce que Matters lui a dit avant sa disparition ! Dites à votre sangsue de le ramener ici au plus vite !! »
- « C’est le maître », corrigea Slattery « Vous faites erreur. C’est le maître du dernier chat qui est conduit en Enfer »


[00:34:50]

Capra fut emmené dans les locaux de la CIA à Langley.
Caïn s’approchait d’un hélicoptère qui l’emmenait dans la vallée du Swat.
Matters semblait absorbé par le miroir de son rétroviseur.


[00:39:02]


- « Jack se déteste. Un de ces solitaires qui ne supporte pas la solitude. Etre emmuré à l’intérieur de soi-même, avec ses démons qui valsent, sans qu’il ne sache comment les repousser », révéla Cassandra à Carrell en marchant le long d’un sentier du parc

L’agent fédéral retira sa veste et l’enfila autour d’elle lorsqu’il remarqua qu’elle frissonnait légèrement des bras. Il enfonça ensuite les mains dans ses poches, et huma l’odeur de cannabis qui se dégageait des deux adolescents qui venait de passer en sens inverse, le rire sardonique en voyant la plaque d’officier accrochée à sa ceinture.

- « Il s’est convaincu que jouer un rôle, des rôles, était la meilleure façon de justifier la défectuosité de sa morale, et de se préserver de l’idée que tout cela n’a jamais eu aucun sens »
- « C’est un patriote, il voit cela comme un combat pour la liberté. C’est déjà du sens vous ne trouvez pas ? », justifia l’employé de la Compagnie
- « Vous ne comprenez pas, ce qu’il a pris pour un sens moral depuis le début de sa vie n’est qu’une affaire de manipulation sur lui…Il a été formaté, comme tous les autres. Le devoir, l’éthique, tout ces principes qu’il s’est forgé, en pensant que la fin en justifiait les moyens. Il croyait défier le système, alors que ce même système l’a toujours influencé. Et aujourd’hui, il cherche quelqu’un pour lui dire quoi penser, parce qu’il n’a jamais appris à le faire seul. Comme un gosse lâché au milieu d’une nuit étoilée. Depuis toujours, il espère voir en moi un reflet, comme un livre ouvert. Jack a juste peur de l’abandon, il a jamais coupé le cordon avec certaines personnes »
- « Une figure de substitution féminine pour achever le complexe d’Œdipe hein… »

Un hurlement lacéra la brise silencieuse un peu plus loin, à cause d’un serpent qui avait surpris un couple marchant le long d’une petite berge. Carrell se retourna, la main posée sur son arme par réflexe, puis se gratta le coin de la lèvre inférieur, sentant de l’embarras parce que Cassandra avait déjà compris ce qu’il s’était passé.

- « Je ne serais pas cette personne. J’ai mon propre purgatoire »
- « Tout le monde lui a tourné le dos Cassandra. Vous et James, vous êtes les seuls en qui il a encore confiance »
- « Il n’a jamais eu confiance en moi. Il s’est tourné vers moi parce qu’il est misérable, seul, et qu’il cherche désespérément ou un maitre pour lui dicter sa conduite, ou quelqu’un sur qui il peut avoir une emprise. Et vous voulez savoir pourquoi il fait ce boulot ? », en retirant une saleté dans l’œil « Parce que la mort l’excite. Littéralement, elle anime ce qui n’est pas assez animé. Coller son flingue sur le crane suintant des gens, ca le rassure…il se prouve qu’il y a encore quelque chose qu’il peut maitriser »
- « Le jour de la mort, c’est le maitre jour, le jour juge de tous les autres. Et Jack pourra bientôt connaitre ce privilège, vous le savez »

Cassandra se figea d’un coup, jusqu’à ce que Carrell réagisse qu’elle n’avait peut-être pas saisi ce qu’il voulait dire. Il remarqua qu’en effet, sa phrase prêtait à confusion puisque ce privilège pouvait être entendu comme une allusion à la mort prémédité de Jack, alors qu’il était question du privilège du pouvoir de juger.

- « De vous à moi, les murmures bureaucratiques disent qu’il pourrait faire écrouler le système. Parce qu’il en « sait trop ». S‘il témoigne, et il le fera avec ce que nous avons à lui proposer, la cartographie politique des Etats-Unis ne sera bientôt plus qu’un amas de cendre »
- « Et ca ne vous inquiète pas ? », se soucia-t-elle
- « Ca dépend de vous. Nous aimerions faire de vous un…agent retourné, en quelque sorte. Lui dire ce qu’il doit entendre. Il ne doit pas rester allongé, il ignore encore les risques qu’il encourt. Si vous ne le faites pas pour nous, faites-le pour lui »

Elle avait bien raison sur un point : Jack n’avait jamais vraiment eu confiance en elle. Pour une raison ou pour une autre, il avait toujours voulu la suspecter, et se préparer à une potentielle trahison de sa part, de peur d’être déçu s’il ne s’habituait pas à s’en méfier. Pourtant, si une chose était certaine au fond d’elle, ce qu’elle n’avait jamais souhaité le manipuler, ni le trahir pour quelque raison que ce soit. Ce que Carrell lui proposait allait ainsi à l’encontre de tout ce qu’elle s’était jurée de ne pas faire subir à Jack depuis Minsk : se servir de lui, l’inciter à faire ce que la CIA souhaitait en le persuadant qu’il pensait de lui-même. Le convaincre qu’il devait se retourner contre le système, alors qu’il n’allait faire que le ravitailler. Mais ce qu’il devait y gagner, c’était une extase qu’il n’avait jamais imaginé que dans ses rêves les plus fous : on allait enfin admettre qu’il en savait plus que tous les autres.


Sofia Cordallo dessinait à répétition le contour d’un cercle avec son stylo, sur le bas de page d’une feuille de note au sujet des pertes civiles en Afghanistan ces six derniers mois. Certains membres du Conseil du Renseignement National songeaient déjà à ajourner la séance tellement elle semblait interminable sur la question afghane.

- « La manœuvre de libération sur la politique afghane ne peut pas fonctionner à long terme, si l’on se fie au plan de M. Brainer, et des Représentants qui le soutiennent. C’est un bien beau discours, pas si utopique que ça, mais nous sommes poussés à une échéance : soit nous soutenons la population, et nous migrons nos fonds vers la restructuration locale, comme ils le souhaitent. Soit nous chassons définitivement les talibans. Si le gouvernement entend se raccrocher à ses exportations de tapis, autant vous dire que le Congrès a déjà tranché… »
- « Les énergies fossiles sont loin d’être épuisés là bas. Ce qui signifie que le partenariat de Brainer ne pourrait marcher que si nous écrasons les forces rebelles », intervint le vice-député
- « D’après mes dernières informations, Ahmad Shariff s’est replié après notre raid dans la vallée du Swat. C’est un proche du mollah, si nous le faisons parler, il devrait nous offrir plus qu’une poignée de tapis puant le mouton dépérissant… »
- « Qu’entendez-vous par là ? », demanda Cordallo au coordinateur des opérations de terrain
- « Il est encerclé, nous l’aurons d’une minute à l’autre. Plusieurs de nos hommes ont été expatriés vers la vallée pour le ceinturer à bloc. L’Etat Major était curieux du marché de la désinformation que menait le Mollah, d’après les dépositions qu’avait fait un de nos lieutenant-colonel sur place. Si Shariff est arreté, nous aurons accès à beaucoup d’informations, notamment à propos des projets terroristes qui se trament »
- « Tant qu’il restera de l’énergie fossile au menu, la science-fiction continuera de divaguer au sujet de projets nucléaires ou chimiques en Afghanistan », assura Cordallo « Nous savons tous qu’il n’y a rien là bas. L’Etat Major tient juste à alimenter l’idée que ce motif justifie notre appropriation des réserves pétrolières. Et si nous faisons savoir médiatiquement ce que Ahmad Shariff a à nous dire, nous pourrions courir à la catastrophe…une répression médiatique qui ira bien au-delà d’un désastre nucléaire. Si ces informations convergent à la surface, le monde pourrait devenir un brasier incessant »


[00:46:34]


Les hélices tournaient à vitesse régulière avant que le pilote ne se décide à engager le décollage, pas tant que Caïn n’était pas monté à bord. En quittant l’infirmerie, il songea à cette rencontre que le Pentagone avait organisé entre lui et Bergman il y a une heure, en battant des cils à cause de la poussière balayée par les ailes de l’hélicoptère. Au fond, si le Major Général lui avait demandé de prendre contact avec le patron fantomatique de la CIA, c’était moins pour lui soutirer des informations – sinon il était évident que Caïn lui aurait posé des questions sur les installations balistiques utilisées il y a 12h − que pour essayer de piéger l’ancien lieutenant-colonel à son propre jeu. Probablement qu’après la capture des deux hommes dans le village afghan (à laquelle Hendersen avait échappé), la Maison Blanche doutait du discours de Caïn, et cherchait à s’assurer qu’il n’avait pas changé de camp entre temps. Des micros devaient avoir été fixés quelque part dans la chambre d’hôtel où Bergman avait été tué. Si seulement le Pentagone savait, s’imaginait-il…personne ne se doutait de l’existence de Donovan Hendersen, et encore moins qu’ils étaient devenus alliés.

Au moment d’embarquer à bord du Black Hawk, la femme en tunique noire qui avait perdu son enfant sanglota jusqu’à l’extinction de voix. Elle tendait ses bras vers le ciel, puis les posa sur le poumons de sa progéniture, en se berçant intensément comme si l’esprit cherchait à s’échapper du corps en vain.

- « Qu’est-ce qu’elle dit ? », demanda Caïn au traducteur arabe qui venait d’arriver
- « Elle veut savoir quel est le sens à tout ça. Pourquoi on lui a pris son enfant, et qu’a-t-elle fait pour mériter ça »
- « Des enfants meurent chaque seconde partout dans le monde. Je ne crois pas qu’il y ait un quelconque sens à trouver. Et c’est pas une voix sépulcrale de derrière les nuages qui va lui donner une explication rationnelle »
- « L’absence de sens n’est pas un prétexte pour prendre la religion à la dérision », fermant la porte de l’hélicoptère après être passé derrière Caïn « Cette femme sera toute sa vie à la recherche d’un infime souvenir qui pourra la rassurer. Qui la fera enfin se sentir coupable »
- « Pourquoi voudrait-elle être coupable ? »
- « C’est sans doute mieux que de ne trouver de sens nulle part. Elle pensera à un péché qu’elle a du commettre dans sa vie, ou que son fils a commis, et qui justifie cette punition »
- « Se pardonner, c’est se condamner, hm… », marmonna-t-il
- « Ne me dites pas que si la foi sauve, c’est qu’elle ment… »
- « Cette femme…elle accepte de la fausse monnaie. Il n’y aura pas de résurrection après la mort, elle ne sera pas mieux jugée. Elle n’aura pas les clés du paradis juste parce qu’elle se persuade qu’elle est coupable. Je refuse de croire qu’on devient juste libre après la mort parce que toute sa vie on s’est soumis »

L’hélicoptère décolla à une trentaine de centimètres du sol, puis s’éleva peu à peu jusqu’à survoler le quartier sinistre, en faisant voler les bouts de journaux propagandistes qui jonchaient le sol. Caïn observa la veuve éplorée derrière sa fenêtre, tandis que le traducteur moustachu tenta de l’apercevoir au-dessus de l’épaule du soldat.

- « Comment pourrait-on se pardonner s’il n’y avait personne pour nettoyer tout ce sang ? Croyez-moi, nos actes nous dépassent…il nous faut quelqu’un, quelque chose pour nous dire ce qui est condamnable ou non. Même si vous votre esprit étriqué d’américain libertaire est persuadé que ces valeurs sont fabriquées par ceux qui nous manipulent. Par l’opinion »
- « Oh je veux bien vous croire…mais jusqu’ici, j’ai encore entendu aucune voix divine »


[00:49:53]

Les reflets du soleil traversaient le pare-brise de l’hélicoptère qui transportait Caïn.
La police scientifique retrouva ce qu’il restait du corps de Jack, enseveli sous les décombres, et brulé au point d’être méconnaissable.
Braxton, qui savait que Martins mijotait quelque chose, demandait à Carrell de retenir encore quelques instants Cassandra à l’écart.
Matters fixa le rétroviseur pour s’assurer que personne ne le suivait.


[00:53:48]


Un des diplomates qui était en étroite relation avec l’ambassadeur américain à Kaboul rencontra Donovan Hendersen au bureau de l’Attaché de défense. Après s’être excusé pour son retard, il enleva sa veste de costume et la posa soigneusement sur le siège en cuir face à coté de celui où Hendersen s’était assis, face à l’Attaché.

- « La canicule finira par tous nous avoir… », en s’engouffrant avec précipitation dans son siège « Oh, Leonard Cohn, enchanté bien sur, vous devez être M. Hendersen »
- « Vous courriez après un fantôme pour transpirer autant ? »
- « Plutôt pourchassé, et je ne voulais pas risquer de vous faire perdre encore plus de temps. J’ai été averti de l’urgence de la situation par l’ambassadeur. Il ne souhaitait pas entrer en pourparlers avec le plus gros contractuel de la Défense aujourd’hui, étant donné les tensions locales, alors il m’a envoyé »
- « A l’inverse de vous je crois qu’il retient son souffle. L’armée prépare un ultime coup de filet qui pourrait atteindre directement le mollah dans son dernier repère enregistré » expliqua l’Attaché, caché derrière son gros bibelot « C’est pour cela qu’il vous a envoyé nous voir. Il craint que les talibans n’en disent trop sur notre marché avec eux, et que le mollah n’ait plus le temps de prendre la fuite »
- « La Maison Blanche ne jettera pas son dévolu sur la désinformation des talibans. On va d’abord chercher le lien avec les activités terroristes de Bergman, et on va rapidement élargir le cercle aux activités de Sorensen », garantit Hendersen au diplomate
- « J’ai appris pour sa disparition, et celle de Brainer. L’ambassadeur penche pour un tour en montagnes russes. Il pense que le FSB a géré leur enlèvement pour nous compromettre, ainsi que les autres investisseurs de la Coalition, et que le FSB proposera de vendre leurs renseignements aux dissidents afghans. En échange de ce que Sorensen peut leur dire sur la mainmise de vos associés au Moyen-Orient M. Hendersen, le FSB espère que le mollah révèle la vérité sur notre secret commun avec lui »
- « Les russes veulent déjà faire parler Sorensen à propos de son influence sur le marché énergétique russe et les investissements financiers de la Russie envers l’Afghanistan. Et ensuite, ils souhaitent que les talibans mettent fin à notre accord pour écouter le blizzard sibérien du FSB. Un forcing pour connaitre la raison de notre désinformation ici. Heureusement, je viens d’alerter le siège de lancement de Sombres Soleils, et mes hommes sont sur leurs gardes au cas où les russes cherchent à intervenir avant la mise à feu »
- « Il faut supposer le pire, qu’ils soient au courant du lancement de Sombres Soleils aujourd’hui, et qu’ils savent pour quelles raisons Sorensen a traité avec eux »
- « Je crois comprendre que ce n’est pas de Sorensen que vous vous souciez. Le Kremlin connait les membres de la Coalition, y compris vous. L’ambassadeur cherche juste à sauver ses fesses pour ne pas être relié à votre conflit millénaire. Et probablement que lui-même cherche à sauver la peau d’autres délégués concernés par notre affaire de désinformation. Quand je vous disais que nous sommes pourchassés… »
- « Les russes ne s’intéressent qu’à ceux qui tirent les ficelles de cette histoire à la Coalition. Et vous M. Hendersen, vous en faite partie », ne manqua pas de rassurer l’Attaché « S’ils ont fait parler Sorensen, ils savent ce que vous préparez avec Sombres Soleils. Je ne vois pas comment ils pourraient interrompre quoi que ce soit. Vous savez qu’il est déjà trop tard »

Il n’était pas tout-à-fait vrai que Sorensen n’avait que peu d’importance pour Hendersen. En fixant le bilboquet, il pensa que les russes voulaient établir un organigramme de la Coalition. Et Sorensen avait pu leur révéler la vérité : qu’il était, après George Rosenberg et Hendersen, le 3ème homme infiltré à la Coalition qui agissait pour le compte d’Old Fates. En clair, sous l’effet du sérum, Sorensen avait pu révéler aux russes que la Coalition s’était toujours faite manipuler par Old Fates, qui avait toujours tiré les ficelles sans qu’aucun investisseur ne le remarque. Mais si ces informations pouvaient parvenir aux oreilles du FSB après l’enlèvement du milliardaire, le calme apparent de Hendersen n’était-il qu’une apparence ?

- « Personne à la Coalition ne tire les ficelles plus qu’un autre. Ni moi, ni Sorensen, ni quiconque », certifia-t-il « Si jamais quelqu’un ici en vient à penser le contraire, ce n’est qu’une autre machination des russes pour nous rendre tous paranoïaques… »


- « Nous étions pas paranoïaques pour rien. Nos inquiétudes, fondées depuis début. Vous avez infiltré notre organisation pour prendre tête de notre conglomérat, EuriTrans. Votre plan consistait extorquer fonds budgétaires et leurrer Kremlin avec fausses informations pour contrecarrer construction de réplique de Pluie Noire »
- « Vous saviez qu’à partir du moment où nous ne vous ferions plus confiance, la graine du doute allait germer en nous sans jamais s’arrêter. Se propageant comme un poison à l’intérieur de nos organes… », poursuivit la barrique, qui maitrisait mieux la langue de Sorensen

L’enregistrement vidéo où Valajdopov cherchait à soutirer des aveux il y a une heure défilait sur l’ordinateur du ravisseur de Sorensen et Brainer. Ce dernier veillait à ce que le millionnaire retrouve ses esprits, encore sonné par la forte dose de sérum injecté par l’émissaire du FSB. L’écran informatique incrusté à côté du tableau de bord de la Mercedes devint soudainement noir lorsque la barrique passa devant l’objectif de la caméra.

- « Vous n’êtes donc pas avec eux… », supposa le Président de la Chambre en s’adressant à l’homme au volant, et en se demandant qui aurait cherché à assurer sa protection tout en éliminant les fédéraux chargés de son escorte
- « Le gouvernement ne peut pas garantir votre sécurité », expliqua le ravisseur « Les russes sont des sangsues, ils feront tout pour avoir cet enregistrement, pour avoir la certitude que nous les avons leurrés depuis le début. Et quand ils l’auront, je n’ose pas imaginer les conséquences… »
- « Et pourquoi ne pas avoir sauvé Nate Sorensen avant que le FSB ne l’attrape ? »
- « Nous devions savoir ce que le FSB savait et ce qu’il voulait connaitre »
- « Bon sang, qui est ce nous ? En quel nom parlez-vous ?? »
- « Donovan Hendersen. Old Fates… », bafouilla Sorensen


On sectionna ses menottes à l’aide d’une pince à tenaille, et sa main droite tomba comme une feuille morte contre la banquette en cuir. Le conducteur sortait du véhicule au même moment, puis se dirigea jusqu’au bord du terrain vague qui surplombait l’embarcadère en construction. Sorensen excita le gravier sous ses semelles en suivant le ravisseur, pendant que les maillons scindés de ses menottes faisaient balancier.


Les quatre sphères argentées du boulier cachaient le visage de Hendersen, de l’autre côté du bureau sur son fauteuil, dont l’œil paraissait s’entrechoquer avec la boule latérale qui s’élevait. Le diplomate à ses côtés dénicha une saleté au coin de l’œil en évasant bien ses sourcils, puis expurgea un soupir dans l’air du temps.

- « Quelles sont les probabilités pour que l’information s’ébruite ? », demanda-t-il
- « D’après nos récentes écoutes, les russes se doutent que la mise à feu de Pluie Noire est prévue pour aujourd’hui. Ils leur reste à savoir d’où part l’ordre de lancement. Une aubaine pour nous que Brainer n’a rien dit au sujet de Caïn… », affirma solennellement Hendersen
- « Comment éviter les fuites alors ? »
- « Peu après Crépuscule, la CIA avait perquisitionné l’appartement d’un certain Andrei Drobzenief. Il était soupçonné de travailler avec un pirate informatique russe dans l’intention de détourner un satellite militaire américain. Un mémo interagence avait été envoyé en temps réel, tout le pays était au courant. On a cuisiné le bonhomme, un vrai grand-père perché sur un tricycle au milieu d’un bac à sable…il ne savait pas ce qu’il faisait là, assis au milieu d’un diner de cons. La Compagnie a vite classé le dossier après quelques bons fous rires, qui aurait pu avoir accès à des donnés si confidentielles au sujet d’un satellite militaire en orbite ? »
- « Sombres Soleil, ce n’est pas juste un satellite...et c’était un pari risqué de souffler son existence au gouvernement, même si personne ne l’a pris au sérieux », jugea l’Attaché
- « Plus un mensonge est proche de la vérité, plus il est efficace ; et la vérité elle-même, lorsque l'on peut en faire usage, est le meilleur des mensonges. C’est d’Isaac Asimov »
- « Vous n’allez pas raser l’herbe de trop près M. Hendersen, vous ne feriez que semer la pire panique de l’histoire depuis au moins Cuba »
- « Il n’est pas question d’avertir l’opinion publique. Si on maintient le Kremlin en état d’alerte, les russes prendront des mesures désespérées. Je préconise simplement de leur donner un demi-vérité, au sujet de l’heure où s’abattra la pluie nucléaire… »

Hendersen saisit la boule d’argent qui allait frapper sa jumelle et mis un terme au mouvement du boulier. Il posa son index dressé sur la table et fit plusieurs cercles avec, comme en avançant les aiguilles d’une pendule invisible, le regard absorbé par son doigt en réfléchissant.

- « Il suffirait de dire aux russes que nous effectuons officiellement le lancement d’ici 12h. Ca leur laisserait une petite marge pendant que nous coordonnons les préparatifs à la base »
- « Votre décision est irrévocable alors ? Cent ogives nucléaires lâchées sur la Russie et ses pays borduriers ? Je ne comprends toujours pas l’intérêt de déployer de si grands moyens… »
- « Vous savez où ca vous mènerait de vouloir en saisir l’intérêt. Ce n’est en rien de votre ressort. Occupez-vous de mettre un cordon de sécurité autour des talibans, je ne veux pas qu’ils se chevauchent avec les russes… »
- « Le but de toute cette mise en scène est si archaïque, vraiment ? Réduire un pays en un amas de cendres…Je ne m’implique pas dans vos dissensions vieilles comme Mathusalem mais je ne saisis pas bien la logique de votre stratégie. Enfin c’est entendu, je me chargerais de voir qui encrasse le palier du mollah pour lui soutirer des informations sur notre compte. J’imagine que la mise à feu réelle est prévue dans moins que 12h ? »
- « Sombres Soleils sera actif d’ici 2h. Nous ferons tomber les premières ogives dans moins de 5h, la Coalition a voté à l’unanimité comme vous vous en doutez. Une session extraordinaire va avoir lieu pour établir les dernières consignes. Ne vous mettez pas un instant dans le crane qu’il s’agit d’une guerre ou d’un conflit nucléaire, c’est un coup d’éclat pour tout le monde. Un coup de fleuret qui ne laissera personne répliquer »

Incapable de ne pas gesticuler, Hendersen attrapa le bilboquet d’ivoire et en une tentative, il enfonça la tige dans la boule éventrée.

- « Je n’avais pas essayé ça depuis ma plus tendre enfance…c’est pourtant si simple…tout finit par remonter à la surface. Ce jeu, c’est une question de stabilité », avant de s’exprimer d’une voix sourde et douce « Mystérieux abîme où l'esprit se confond. A quelques pieds sous terre un silence profond, et tant de bruit à la surface »





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 Message Posté le: Jeu 10 Juin 2010 - 17:42    Sujet du message:
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J'ai réussi à héberger tous les épisodes de la saison 4 sur mes pages persos de Neuf, mais impossible de rentrer le bon lien ftp pour les mettre en téléchargement, sur la 1ère page du topic Confused

Quelqu'un sait comment s'y prendre ? Parce que je vois mal où j'ai pas bien rentré l'adresse...
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 Message Posté le: Mer 21 Juil 2010 - 2:46    Sujet du message:
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Tout d'abord, je tiens à m'excuser pour avoir mis autant de temps pour poster ce commentaire sur ce topic mais étant donné que ma connexion internet marche comme du courant alternatif, j'ai eu du mal à le faire avant. Donc sans plus attendre voici mes remarques :
-Commençons par le cliffhanger de début d'épisode qui est, je dois avouer, époustouflant. Qui aurait pu croire que tu allais tuer notre Jack Bauer national? Et je remarque par conséquent qu'il s'agit de la première incohérence entre ta fanfiction et la série, car jusqu'à présent tu respectais toujours la règle de ne pas tuer des héros principaux présents dans la suite de la série. Et on comprend mieux pourquoi tu nous avais annoncé qu'il n'y aurait que quatre tomes à tes "opérations". J'avoue avoir été choqué par la mort du héros de la série, étant persuadé que c'était James Matters qui avait été tué, d'où une erreur commise dans mon dernier post, en espérant que tu ne m'en tiendras pas rigueur. Il s'agit donc par conséquent du premier épisode ou Bauer n'apparaît pas. Ce qui signifie que la difficulté que tu vas rencontrer dans cette deuxième partie de saison va d'être d'écrire encore 11 épisodes sans le héros de tes mythologies. Au fil de tes saisons, nous avons assisté à un véritable gommage de l'univers de la série 24 et il semblerait que le héros en a été lui-même victime.
-J'ai beaucoup aimé le dialogue entre Cassandra Evans et Ian Carell, durant lequel nous nous rendons bien compte de l'attachement qu'à Cassandra pour Bauer et le mépris qu'à pour lui Carell. Evans en est d'ailleurs toujours probablement amoureuse malgrès les réticences de l'agent Bauer à son égard suite à un mensonge racontée par Cassandra dans "l'opération éllipse", ou il y avait eu un court ébat entre les deux personnages. De toute manière, étant donné que Bauer est mort, la possible reformation du couple ne se fera plus et Cassandra sera sans aucun doute choqué par la mort de Jack, surtout quand elle apprendra que Matters en était l'assassin.
-Le débat philosophique entre Danny Caïn et le traducteur arabe au sujet de la mort du fils de la femme en tunique noire m'a tout autant passionné. Les deux avis divergent totalement dans la mesure ou Caïn est un anticlérical et le traducteur probablement un pieux religieux. A ce sujet juste une petite question qui me tourmente : pourquoi la femme embarque t-elle avec les deux hommes dans l'hélicoptère?
-Par ailleurs, j'attends d'en savoir plus sur le personnage dont nous ignorons encore l'identité(l'homme au volant), qui a feint d'être un des ravisseurs de Kurt Brainer et Nate Sorensen alors qu'il serait de leurs côtés et si l'on en croit Sorensen il travaillerait pour le compte d'Old Fates en la personne de Donovan Hendersen.
-Un autre cliffanger qui m'a bien évidemment choqué, c'est le fait qu'Ellen Riss soit le "coupe circuit", aidé de son complice James Matters. Et on comprend mieux pourquoi ce dernier a tué Sandra Newton lors de "l'opération aurore bauréale" au moment ou Bauer avait compris que c'était Ellen Riss la taupe. La pauvre Sandra Newton n'avait rien à voir avec le complot dans la mesure ou elle a servi de porte-chapeau à Ellen Riss. Elle n'aura pas eu beaucoup de chance. D'abord capturé par les terroristes, forcé de mentir au président français Edouard Fortier avant de se faire tuer par James Matters. Remarque Ellen Riss n'a pas tardé à payer étant donné qu'elle a péri sur le paquebot français peu de temps après.
-J'ai été aussi étonné que Franck Capra soit tombé dans l'alcoolisme alors qu'il voulait s'occuper de son fils suite à "l'opération crépuscule" après avoir quitté son post à la CAT de Washington.
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 Message Posté le: Mer 21 Juil 2010 - 21:30    Sujet du message:
Répondre en citant

dr house a écrit:
Tout d'abord, je tiens à m'excuser pour avoir mis autant de temps pour poster ce commentaire sur ce topic mais étant donné que ma connexion internet marche comme du courant alternatif, j'ai eu du mal à le faire avant.



Il n'y a pas à s'excuser, t'as aucune obligation de poster ici, même si ca me fait toujours plaisir de lire tes commentaires Smile

Et puis comme j'ai dit plus haut, j'ai mis un temps fou à finir l'épisode et je n'ai pas encore écrit des vacances en raison de mon mémoire qui me prend tout mon temps libre sur le pc dès que je sors du boulot Confused

Cela dit, ta review me donne vraiment envie d'avancer sur le 14ème épisode, et tu ne peux pas savoir à quel point je suis content que tu ais lu ma fan-fic depuis le début, car tu commences à avoir une vision d'ensemble de la mythologie. Et je me rends compte, d'une part à quel point elle est vaste, puis d'autre part, à quel point il doit être dur de tout suivre depuis le début, ce que tu fais à merveille Surprised


Citation:
Et on comprend mieux pourquoi tu nous avais annoncé qu'il n'y aurait que quatre tomes à tes "opérations". J'avoue avoir été choqué par la mort du héros de la série, étant persuadé que c'était James Matters qui avait été tué, d'où une erreur commise dans mon dernier post, en espérant que tu ne m'en tiendras pas rigueur. Il s'agit donc par conséquent du premier épisode ou Bauer n'apparaît pas. Ce qui signifie que la difficulté que tu vas rencontrer dans cette deuxième partie de saison va d'être d'écrire encore 11 épisodes sans le héros de tes mythologies.



Les raisons qui expliquent que je m'arrête à cette 4ème saison sont en fait multiples. Essentiellement parce que j'ai envie de passer à l'écriture concrète de l'opération Crépuscule, en vue de sa publication (d'ici 3-4 ans peut-être, sans doute pas avant).

Ensuite parce que chaque saison défend les quatre saisons, été automne hiver printemps. : je voulais placer l'idée d'un cyclisme dans l'histoire, une sorte de révolution des événements qui se répètent et se renouvellent comme le temps.

Enfin, parce que je ne crois pas qu'il y aura encore assez de lecteurs pour me suivre une 5ème année, surtout quand on voit le temps que j'ai mis pour rédiger la 3ème et 4ème saison...


Citation:
Evans en est d'ailleurs toujours probablement amoureuse malgrès les réticences de l'agent Bauer à son égard suite à un mensonge racontée par Cassandra dans "l'opération éllipse", ou il y avait eu un court ébat entre les deux personnages.



Leur relation va au-delà de ce qu'on pourrait définir comme une relation amoureuse. Il y a aussi du mépris et du ressentiment entre eux deux. Il représentait les traits de la personnalité de Cassandra qu'elle ne pouvait pas supporter, et inversement. Comme deux miroirs jumeaux.

C'est surtout le fait d'avoir des sentiments qui rendait si paradoxal le comportement de Jack : en sentant la passion faire surface, il savait que la déception n'allait être que plus grande, puisqu'il n'avait jamais été certain qu'elle ne faisait pas parti de l'autre camp depuis la saison 3. Plus il se laissait l'apprécier, plus la trahison allait être grande, c'est pourquoi leur relation était devenue en un sens impossible.


Citation:
A ce sujet juste une petite question qui me tourmente : pourquoi la femme embarque t-elle avec les deux hommes dans l'hélicoptère?


Elle n'est pas montée dans l'hélicoptère avec eux, et j'au du mal décrire la scène si j'ai fait comprendre que c'était le cas. Ils la regardait à distance pendant qu'ils s'envolaient.


Citation:
-Un autre cliffanger qui m'a bien évidemment choqué, c'est le fait qu'Ellen Riss soit le "coupe circuit", aidé de son complice James Matters. Et on comprend mieux pourquoi ce dernier a tué Sandra Newton lors de "l'opération aurore bauréale" au moment ou Bauer avait compris que c'était Ellen Riss la taupe. La pauvre Sandra Newton n'avait rien à voir avec le complot dans la mesure ou elle a servi de porte-chapeau à Ellen Riss. Elle n'aura pas eu beaucoup de chance. D'abord capturé par les terroristes, forcé de mentir au président français Edouard Fortier avant de se faire tuer par James Matters. Remarque Ellen Riss n'a pas tardé à payer étant donné qu'elle a péri sur le paquebot français peu de temps après.


Rien à redire, tu résumes parfaitement la situation, et je suis content que tu relèves le lien avec la saison 2 car il n'est pas involontaire, bien au contraire.


Citation:
-J'ai été aussi étonné que Franck Capra soit tombé dans l'alcoolisme alors qu'il voulait s'occuper de son fils suite à "l'opération crépuscule" après avoir quitté son post à la CAT de Washington


Bravo pour avoir relevé ce détail ! Du coup, son retour à la CIA est justifié par son désir de le revoir.


Par ailleurs dr house, j'en profite pour te demander si tu as téléchargé les deux fichiers word que j'ai mis à disposition il y a quelques mois, où je résume les saison 1 et 2 ?
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 Message Posté le: Jeu 22 Juil 2010 - 3:44    Sujet du message:
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Pour en revenir au sujet de la femme en tunique noire ayant perdu son enfant, j'ai hésité entre les deux versions. Et comme je n'étais pas absolument sûr, c'est pour ça que je t'ai interrogé sur cette scène. J'avoue que la première fois que je l'ai lu, j'avais vraiment cru qu'elle embarquait avec Caïn et le traducteur arabe. Mais en la relisant, j'ai compris que comme tu le dis très bien toi même : ils la regardent à distance pendant qu'ils s'envolent". Sinon, ou se trouvent les fichiers à télécharger qui résument tes deux premières "opérations"?
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 Message Posté le: Jeu 22 Juil 2010 - 19:19    Sujet du message:
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J'ai retrouvé les ficiers, je les mets en upload sur rapidshare, bien que le nombre de téléchargement soit limité.

Résumé Opération Crépuscule

Résumé Opération Aurore Boréale


D'ailleurs puisque tu connais l'ensemble de ma fan-fic jusqu'à présent dr house, ca serait top si tu pouvais me dire si ces deux résumés expliquent bien l'essentiel, ou s'il manque des détails importants pour entamer l'histoire à partir de la saison 3.
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 Message Posté le: Ven 23 Juil 2010 - 20:54    Sujet du message:
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Dans l'ensemble, je trouve que tes résumés retracent bien les deux première "opérations". Maintenant, j'avoue ne plus me souvenir de tout étant donné que cela fait plus d'un an que ne les ai pas lu. Sinon, tu peux éventuellement rajouter dans "opération aurore boréale" le fait qu'on croit que Jack Bauer ait été contaminé ainsi que le fait que Josip Drazen retient Bauer et David Palmer dans la même pièce.
ps: Au fait, il faudrait que tu relances dans le jeu "énigme sur un personnage de série tv".
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 Message Posté le: Lun 30 Aoû 2010 - 20:08    Sujet du message:
Répondre en citant

Juste un petit message pour dire que l'épisode 14 avance bien, et qu'il commence peu à peu à dessiner l'arc principal de la dernière partie de la saison (épisodes 18 à 24).

Par ailleurs, détail qui a son importance, ça fait un bon moment que je réfléchis à la manière dont je vais conclure cette seconde partie, et jusque là, j'avais en tête les dernières secondes ainsi que la façon dont allaient se boucler les storylines de chaque personnage. Désormais, j'ai enfin mis le doigt sur une idée qui me séduit assez, et qui constituera le twist final de cette partie. Je n'en dis pas plus, mais je pense qu'il s'agira sans doute du rebondissement le plus fort que j'ai pu écrire, quelque chose qui fera repenser l'ensemble d'une toute autre manière (un peu comme la fin d'Inception...).

De son interprétation dépendra la fin de l'épisode 18, et également la fin de ma fan-fiction...Donc voila, je travaille pas mal dessus ces derniers jours pour que tout se ficelle assez crédiblement Smile
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 Message Posté le: Mer 20 Oct 2010 - 1:27    Sujet du message:
Répondre en citant

Épisode 14 quasiment achevé, plus que les derniers minutes à écrire (et qui devraient être assez haletantes...).

A l'image de la seconde partie, il sera centré sur trois trames principales : Slattery et Matters, Cassandra puis Cain en Afghanistan.
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