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Buffy, Lost, A la Maison Blanche: les miracles de la télé
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Sudena
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 Message Posté le: Sam 26 Jan 2013 - 17:57    Sujet du message: Buffy, Lost, A la Maison Blanche: les miracles de la télé
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Ce sont ces séries qui ont réconcilié populaire et intellectuel. Qu'ont-elles de plus que les autres? Quel est leur génie? Quels sont leurs points communs? Pourquoi ont-elles tenu si longtemps et sont-elles aujourd'hui regardées par tous comme des cultes et font-elles couler autant d'encre bien après leur final? Petite analyse amoureuse d'un malade qui a besoin d'écrire...

Pour commencer et avant de proposer la moindre lecture, commençons par comprendre où est la dychotomie profonde entre le public amateur de séries et les intellectuels critiques... Passons sur les hauts cris comme: "Personne n'a jamais nié la qualité intrinsèque de "Friends", "NCIS", "Dr House", "Charmed" ou "Les Experts"!" ou à l'inverse: "Je vous rappelle mon cher monsieur que "Les Soprano", "Six Feet Under", "Rome" ou "Mad Men" ont d'excellentes audiences...": le fait demeure que le public regarde plus volontiers les premières tandis que les intellectuels se pament devant les deuxièmes (la série préférée des derniers cités est généralement "Sur Ecoute"...qui n'a bénéficié que d'un petit noyau dûr de fans).
Il y a une raison à celà qui tiens à la psychologie et au désir inconscient (ou pas d'ailleurs) de chaque public, qui diffère radicalement: en-effet l'amateur lambda va voiloir se divertir, quitte à être pris au piège de l'histoire tandis que le critique va plutot chercher une profondeur, une fascination, va chercher en fait à s'impliquer et à être pris au piège, dut-il être patient. En fait les premiers envisagent la série télé comme une mise en image de la radio et les deuxièmes comme un prolongement du cinéma. On dit souvent que le public a toujours raison et ce n'est pas faux mais les intellectuels risquent de grimacer, car cette vision de la série télé n'impose aucune innovation, aucune sortie des sentiers battus. Pourtant ce n'est pas un hasard si "Dr House", "NCIS" ou "Friends" ont toujours eu des chiffres d'audience exceptionnels: dans leur genre ce sont les meilleures, indiscutablement. Mais le fait demeure qu'il n'y a aucun doute quand à leur identité profonde ("Dr House" est une série médicale, "NCIS" est une série policière de type "procedural", "Friends" est une sitcom). Cette sécurité déplait aux intellos qui visent plus "haut" _disent-ils_: pour celà la chaine HBO (et par extension les autres chaines payantes comme Showtime ou FX) sait y faire: des saisons courtes, des épisodes feuilletonants parfaitement stylisés, des personnages parfaitement écrits dès le début, une progression très calculée selon le tout formé: l'Art s'invite à la télé. Mais le problème _le gros problème_ c'est que même des séries aux excellentes audiences comme "Les Soprano" ou "Six Feet Under" ont un abord difficile pour le public lambda: les premiers épisodes sont souvent fumeux, les intentions des scénaristes ne sont révélées qu'au compte goûte: les regarder exige un véritable effort d'attention pour ne pas zaper tout de suite, elles sont "pédantes" en fait et dans un art populaire comme la télé ça la fout légèrement mal et c'est ce qui explique qu'elles n'ont jamais atteint la popularité de leurs consoeurs beaucoup plus "accueillantes"...

Une fois ce constat formulé nous allons pouvoir nous concentrer par plus sur les trois séries qui nous intéressent et voir leurs points communs, bien plus nombreux qu'il n'y parrait...
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Sudena
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 Message Posté le: Dim 27 Jan 2013 - 0:01    Sujet du message:
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Des séries "bouclées"...


"Buffy", "A la Maison Blanche" et "Lost" ont d'abord un point commun évident: elles racontent chacune une histoire qui commence au début et qui finit au dernier épisode en formant un ensemble cohérent. C'est une lapalissade de le dire pensez-vous mais détrompez-vous: le secret de toute série réussie tient en grande partie dans sa structure basique. Or dans ces séries il y a un vrai début et une vraie fin et ce n'est pas le cas de toutes les autres, loin s'en faut (d'une façon générale disons _même si c'est un raccourci énorme et que, encore une fois, plusieurs ont également ce début et cette fin bien définis_ que les séries populaires ratent leur fin et les "estampillées HBO" leur début). Ce début et cette fin se répondent parfaitement dans ces trois séries: au terme du premier épisode la thématique même du final subtilement donnée...

illustration:
pas question de spoiler le final de l'intrigue! concentrons-nous juste sur le premier épisode de chacune:
-dans "Buffy", la jeune tueuse de vampires arrive à Sunnydale où les monstres en tout genre semblent se multiplier. Elle apprend que celà n'est en rien au hasard: la ville est située au-dessus de la "Bouche de l'Enfer"...
-dans "A la Maison Blanche" l'administration présidentielle en place depuis à-peine plus d'un an tente de remlir son office mais Josh commet une grave erreur, se fait sévèrement réprimander par Léo et Toby avant d'être sauvé par le Président
-dans "Lost", un avion se crashe sur une île topicale déserte. Les rescapés, menés par un chirurgien appelé Jack, tentent de trouver du secours mais il apparait qu'ils seront bloqués pour un moment sur cette île qu'une mystérieuse et terrifiante force semble habiter...

Et voilà: sans qu'on ne s'en doute ces éléments appris dès le pilote (double pour "Buffy" et "Lost") vont revenir malicieusement dans le final et permettre ainsi de boucler la boucle...




...au creshendo minutieux...


Si on regarde la structure de manière encore plus basique on s'apreçoit que ces série ont un nombre équivalent de saison et d'épisodes ("Buffy" dure sept saisons et fait 144 épisodes, même nombre de saisons pour "A la Maison Blanche" et 155 épisodes [en fait 154], six saisons pour "Lost" et 121 épisodes). C'est une particularité assez spécifique à ces séries: en général une série "populaire", même feuilletonante, fait beaucoup plus que ça tandis que les "estampilles HBO" font en moyenne cinq saisons et en tout cas moins de cent épisodes. Cette architecture globale permet de faire progresser la série jusqu'à un certain point avant d'amorcer le final sans le précipiter ni le retarder indéfiniment (ce qui a eu raison d'"Urgences" ou "X-Files" par exemple). En celà ces séries se rapprochent des "estampilles HBO" mais d'une part les épisodes sont plus courts (quarante minutes contre presque une heure pour les chaines cablées) et d'autre part la basculement, même s'il est long à se faire (plusieurs épisodes voire presque une saison), est plus net, plus "lisible" pour le téléspectateur (même s'il ne s'en rend compte que rétrospectivement): en celà ces trois séries sont plus proches du specteteur "lambda"...

illustrations:
-dans "Buffy": Buffy rentre à la fac, rencontre les militaires et sort avec Riley; Spike retourne à Sunydale, est capturé et subit un traitement qui le rend inoffensif; Willow romp avec Oz et se découvre lesbienne en rencontrant Tara, elle-même sorcière; Anya et Alex commencent à sortir ensemble
-dans "A la Maison Blanche": Bartlett est réélu mais le Conseil demeure Républicain; Sam part et Will arrive; Toby devient père; une affaire de moeurs pousse le vice-président Hoynes à la démission
-dans "Lost": Jack, prisonnier, fait mieux la connaissance des fameux "Autres", en particulier Ben et Juliett; Desmond intègre le groupe des survivants et se découvre d'étranges dons de voyance qu'il utilise pour changer l'avenir et sauver Charlie; Jack retourne sur la plage et Locke reste avec les Autres

Ces différents événements, peu palpitants en eux-mêmes et noyés dans les épisodes, se déroulent pourtant sur un espace-temps assez réduit: ce sont les sésames du basculement de la série...



...et au basculement pénible


Vous l'auriez compris les différents exemples cités ci-dessus sont tirés du milieu de la série, en l'occurence de la saison 4 pour "Buffy" et "A la Maison Blanche". Je ne ferai pas un scoop en vous disant que ces saisons, pour indispensables qu'elles soient, sont de loin les moins réussies de ces séries: le creshendo vu jusqu'alors disparait totalement, les enjeux sont autrement moins palpitants, l'impression de régression parrait parfois patente... C'est là le prix à payer: pour demeurer crédible le basculement doit se faire délicatement, sans overdose de scoops, les enjeux doivent bien être redéfinis, certaines histoires et intrgues doivent se clore. Cet effort se fait au risque de perdre du public mais il fait entrer ces séries définitivement dans le coeur des intellectuels. "Une minute! et "Lost"?!" me direz-vous. Cette série comporte effectivement six saisons et non sept, mais les premières ont beaucoup plus d'épisodes que les dernières (25 dans la 1; 24 dans la 2; 23 dans la 3 mais seulement 14 dans la 4; 17 dans la 5 et 18 dans la 6), aussi les exemples cités sont tirés du pire moment de cette série: grosso-modo le deuxième tiers de la saison 3...

illustrations:
-dans "Buffy": les militaires font perdre son essence à la série en y mettant de la technologie à foison; le méchant est une brute à cent lieues du très dangereux et très calme maire de la saison 3; Riley est falot: il n'arrive pas à la cheville d'Angel; Tara et Anya sont beaucoup trop en retrait: on ne les connait pas réellement
-dans "A la Maison Blanche": les épisodes centrés sur les racines de Toby et C.J. sont fades et ne servent à rien; Will est introduit trop rapidement et peine à trouver une identité profonde; le départ de Sam prive l'équipe de l'idéaliste et personne ne reprend le flambeau; après l'élection les épisodes deviennent trop "personnels" (même si le final le justifie en partie)
-dans "Lost": la lenteur devient gratuite: elle n'est plus justifiée dramatiquement; les manipulations de Ben et de Juliett sont redondantes et semblent meubler plus qu'autre chose; l'arc saisonnier n'est pas bien défini; certains personnages récurents tournent un peu en rond

Voilà au milieu de quoi les basculements sont noyés... Mais le public est demeuré largement fidèle: le pari a été gagné!..
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 Message Posté le: Dim 27 Jan 2013 - 19:12    Sujet du message:
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Une évolution chronologique...


Même si les épisodes peuvent être vus isolément sans perdre leur intérêt en raison de leur architecture de base (même dans l'ultra-feuilletonante "Lost" chaque épisode a une histoire bien à lui qui peut prendre le spectateur sans problème), l'intérêt de ces séries est bien évidemment d'être regardées dans l'ordre et ce pour diverses raisons: personnages qui changent ou dont la psychologie évolue, ambiance générale qui suppose d'avoir suivi depuis loe début pour saisir les changements, vers la fin même procédés stylistiques divers qui ne peuvent être apprciés voire compris qu'après un visionnage préalable: en fait le début de la série ne ressemble jamais à la fin... Si ça semble évident pour "Lost" et "Buffy", c'est beaucoup plus délicat pour "A la Maison Blanche", pour autant avec un peu d'attention déceler cette évolution n'est pas si difficile...

illustrations:
-dans "Buffy" ça saute aux yeux: les personnages évoluent physiquement et mentalement, passant de l'adolescence à l'âge adulte; de plus l'ambiance devient de plus en plus sombre, le vampire récurent n'est plus le brun Angel mais le blond Spike et le "scooby-gang" autour de Buffy, Alex, Willow et Giles change de membres, et puis tout simplement l'augmentation du budget permet des effets spéciaux de bien meilleure qualité...
-dans "Lost", outre la disparition précoce de certains personnages et l'arrivée d'autres, le rythme s'emballe (les dernières saisons sont rapides, en contraste avoué avec les premières), les phénomènes paranormaux deviennent monnaie courante, tout comme certaines techniques scientifiques ultra-sophistiquées (et dangereuses), les personnages évoluent beaucoup psychologiquement et surtout les flash-backs ne sont plus les seuls effets scénaristiques (il y a abondance à la fin de flash-fowards puis de flash-sideways)
-dans "A la Maison Blanche", série réaliste dans une administration adulte, l'évolution se décèle (surtout dans la saison 5, après c'est plus net) à quelques détails, mais ces-derniers sont importantissimes et soutiennent largement la comparaison avec les deux séries pré-citées: le plus net est l'absence de Sam et la présence de Will, puis arrive la redistribution de certains postes et conséquemment l'entrée en jeu d'autres personnages (Russell, Kate, Anabeth puis plus tard Santos...); ensuite l'ambiance générale: comme dans "Buffy" elle s'assombrit notablement, certes ce n'est pas la déprime mais on rit beaucoup moins qu'au début, clairement et nettement; enfin, même si c'est subtil, on peut voir que Josh ne drague plus, qu'une jolie femme ne lui produit plus aucun effet...

Voici en quoi ces séries sont indiscutablement feuilletonantes, que le début ne peut pas être pris pour la fin et vice-versa: en celà elles forment un tout, une histoire complète qui utilise l'avantage du temps pour évoluer lentement avec un lien cohérent entre tous les épisodes (oui oui: même au début de "Buffy" les aventures passées alimentent les peurs et les conversations). En celà ces série se hissent au rang de véritables oeuvres télévisuelles qui ont besoin de CE support: idéal pour le spectateur attentif qui veut se plonger dans une histoire...



...aux saisons très caractérisées


Peut-on alors se tromper de saison lorsqu'on regarde un épisode de ces séries? Ont-elles chacune une caractéristique dans la durée, plus "profonde", qui permet les coups de coeur? La continuité des épisodes est effectivement un piège, surtout lors des premières saisons, et est pernicieusement assez dychotomique avec l'idée d'une caractéristique générale de la saison: la première idée suppose une clarté, une reconnaissabilité immédiate, tandis que la deuxième suppose une continuité dramatique particulière (on appelle ça un arc saisonnier) qui ne doit pas interférer non-plus sur la cohérence générale de la série. C'est un vrai mécanisme infernal qui souvent décourage les scénaristes lesquels décident souvent d'accepter le marché commercial de s'adresser à un public "ciblé", qu'il soit populaire ou intellectuel. C'est pourtant ce qu'ont refusé ces trois séries...ce qui a été la cause directe du basculement poussif évoqué plus haut. Le pari fut pourtant réussi avec un point commun évident pour les trois: l'inévitable coup de coeur des fans pour la première saison qui sert d'introduction (début d'une histoire d'amour dont on regrette toujours les premiers frissons)...

illustration:
prenons série par série et saison par saison:
Buffy:
saison 1: un scooby-gang réduit aux seuls Giles, Alex et Willow, avec comme trame générale l'intrigue du Maître
saison 2: Cordelia intègre le groupe, Spike et Drusilla constituent la trame générale et pendant la deuxième moitié Angel est méchant
saison 3: Oz arrive dans le groupe, la coupe de Willow change, il y a Faith, la trame générale est celle du maire Wilkins
saison 4: arrivée de Riley et des militaires, la fac est un lieu récurent, plus de Cordelia ni d'Angel, Spike est inofensif, la trame est celle d'Adam
saison 5: Spike est amoureux de Buffy, arrivée de Dawn, Tara et Anya sont là tout le temps, la trame est celle de Gloria. Note: à-partir de cette saison la trame générale apparrait dans tous les épisodes ou presque (caractérisation plus facile)
saison 6: la plus sombre et de loin, le fil rouge est le Thanatos des personnages et le Trio formé par Andrew, Jonathan et Warren, plus de Joyce ni de Riley, Giles est souvent absent, Spike et Buffy ont une relation malsaine qui laisse des traces même après son terme
saison 7: les Potentielles arrivent et constituent la trame de la saison, Spike a une âme, Dawn est au lycée, plus de Tara, arrivée de Wood
A la Maison Blanche:
saison 1: il y a Mandy, Sam a une relation amicale avec une call-girl, la trame générale est l'équipe elle-même et l'alcoolisme de Léo
saison 2: plus de Mandy, arrivée d'Ainsley, la trame générale sont les relations entre démocrates et républicains et la maladie du Président
saison 3: arrivée de Bruno et d'Amy, la trame générale sont la commission parlementaire et le début de la campagne présidentielle ainsi que les relations entre l'équipe et les partenaires traditionnels des démocrates (les féministes en particulier)
saison 4: campagne présidentielle plus active puis arrivée de Will, Zoey a un nouveau petit ami nommé Jean-Paul, la trame est le début du nouveau mandat
saison 5: plus de Sam, arrivée de Russell, Will ne travaille plus à la Maison Blanche, la trame est l'adcendant que Léo prend sur tout le monde et la lente sortie de l'eau du Président
saison 6: arrivée de Kate, Josh prend de plus en plus d'imortance, C.J. devient secrétaire générale de la Maison Blanche et Toby l'attaché de presse, arrivée d'Anabeth et de Santos, la trame est la primaire démocrate et la lutte entre Santos et Josh d'un côté et Russell, Will et Donna de l'autre
saison 7: la trame est la campagne présidentielle avec un suivi parallèle des deux camps et de la Maison Blanche et ça caractérise tous les épisodes
Lost:
saison 1: l'action se passe sur la plage ou dans les grotes, les survivants sont la trame
saison 2: apparition du bunker et du projet Dharma qui font à la fois la trame et la caractéristique de tous les épisodes
saison 3: apparition de Juliett, Desmond et Ben deviennent récurents, l'action se passe sur la plage ou chez les Autres qui constituent la trame de la saison
saison 4: arrivée de Farraday, Charlotte, Miles et Lapidus, le cargo est le lieu particulier de la saison, apparition des flash-fowards
saison 5: le groupe est scindé en deux entre ceux qui sont restés sur l'île et ceux qui en sont partis, le projet Dharma devient une réalité physique, le temps constitue la trame de la saison
saison 6: les flash-sideways caractérisent tous les épisodes, la trame est l'île et ce qu'elle est réellement
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Sudena
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 Message Posté le: Mar 29 Jan 2013 - 16:03    Sujet du message:
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Une base très simple...


Les séries "estampillées HBO" ont un problème originel: le propos, même caractérisé simplement, fait tout de suite peur au spectateur paresseux qui veut juste se distraire en mettant la télé pendant qu'il mange ou qu'il repasse. Sans même parler des séries historiques les termes abordés impliquent une certaine violence physique ou psychique qui rebute un certain nombre de spectateurs, de plus souvent peu aidés lors des premiers épisodes. "La mafia? Mais c'est violent ce truc, et puis des voyous ça va: je veux me DETENDRE, vous comprenez?": phrase entendue plusieurs fois quand je parle des "Soprano"; "La mort? Ouh là doucement: pas envie de penser à ça après une journée de travail: pas de pensées morbides s'il vous plait...": effectivement "Six Feet Under" traite de la mort, sujet tabou et dérangeant par excellence; "Un tueur en série gentil?! Qu'est-ce que c'est encore que ça: c'est d'un glauque!..": oui "Dexter" est glauque, c'est un fait... Et toutes les séries citées ont pourtant eu _et ont toujours dans le cas de "Dexter"_ des audiences excellentes. Seulement voilà: le sujet abordé fait tout de suite peur d'une certaine manière, ne rassure pas les gens... Nos trois fantastiques ont, elles, une base beaucoup plus attractive, en tout cas moins "effrayante" qui pousse le public à regarder (ne serait-ce que pour des raisons sordides dans le cas d'"A la Maison Blanche"):

illustration:
-pour "A la Maison Blanche": qui n'a jamais rêvé de pouvoir ne serait-ce qu'une fois se transformer en petite souris pour voir comment ça se passe dans les coulisses du pouvoir de Washington? pas besoin au départ de s'intéresser outre-mesure à la politique: on a tous un petit côté voyeur et paparazzi et quand une série nous propose d'entrer dans ces coulisses, on se dit "Tiens, pourquoi pas?": ça n'a rien d'effrayant, on n'est pas obligé de s'impliquer personnellement, on peut même se dire qu'on va bien rire de voir ces voyous qui nous saignent avec leurs impots ramenés à leur triste réalité. Le premier épisode attira en fait beaucoup pour ça...et le piège se referma
-pour "Buffy" le postulat était classique: une série pour adolescents (un "teen drama" dirons-nous) avec plein de combats contre des monstres horribles ou la gentille fifille blonde est en fait super-forte et gagne toujours à la fin: bon ça n'a rien de dangereux, c'est plutôt cool de voir une fille se battre contre les méchants et sauver le monde, et ça fait toujours passer un bon moment qu'on ne va de toutes façons pas prendre au sérieux... Pauvre de nous Wink ...
-pour "Lost", le principe de base avait déjà été plusieurs fois éprouvé et avait montré son efficacité: la robinsonade. Modernisée avec un crash d'avion certes mais le groupe de survivants, l'île mystérieuse qu'on découvre petit à petit, la quête de l'évasion: ces thèmes sont classiques et mettre un peu de magie sur l'île renforce l'adrénaline et apporte une originalité supplémentaire: on va bien voir comment ils vont s'en sortir se dit-on au début. Et au terme du premier épisode, les yeux écarquillés, nos pensées font écho à la phrase de Charlie: "Dites, où est-ce qu'on a atterri??."

Enfin bref, tout ça pour dire qu'à la base ces séries sont attrayantes pour le public lambda, même si c'est pour des raisons différentes: elles ne font pas peur, on se dit qu'on va pouvoir décrocher quand on veut (et pourquoi pas dès le deuxième épisode?..), et même quand on les présente rétrospectivement on ne peut pas éviter de parler de ces bases car intrinsèquement ces séries ne les trahissent pas: elles sont destinées stricto-sensu à un public populaire...




...qui cache un trésor


"Le piège se referme" ais-je dit plus haut, et c'est vrai que le sériphile qui ne voudra pas s'arrêter à l'apparence et suivra ces séries découvrira peu à peu un chef d'oeuvre abordant quasiment tous les thèmes qui soient, parfois au détour d'un épisode, parfois thématique et symbolique, toujours fabuleusement traité. Il est vrai qu'à première vue "Lost et "Buffy" ont un avantage: le fantastique qui permet bien des métaphores et bien des développements que le réalisme semble empêcher, en même temps qu'une certaine beauté propre au surnaturel (les deux séries n'en abusent pas mais l'utilisent forcément [l'inverse eut été idiot]). Comment "A la Maison Blanche" fait-elle alors pour compenser? par deux moyens simples et géniaux: à défaut d'avoir une esthétique d'image elle crée une esthétique de rythme et de marche: le "walk and talk" qui s'approche de la danse dans la précision imposée (la caméra recule en suivant dans les couloirs deux persnnages qui parlent en marchant, puis un part et un autre arrive sans interruption d'image, en même temps les autres employés apparraissent et parfois traversent le champ mais toujours en diagonale). Ensuite pour les thèmes: on ne peut pas illustrer les métaphores, la philosophie? alors on va en parler: à défaut de montrer on utilise le verbe à foison: on parle de tout, on parle tout le temps... Le coup de génie c'est que ça marche toujours: le spectateur n'a jamais l'impression d'être largué ni pris pour un idiot, et ne se lasse pas de ce verbiage qui fait l'identité de cette série. Je me suis attardé sur "A la Maison Blanche" car le lien avec les deux autres pourrait paraitre fumux, surfait, la série pourrait sembler plus "thématique": ce n'est nullement le cas pour peu qu'on accepte son style et qu'on le fasse notre: la politique traite au quotidien des affaires de la vie, le fantastique les montre sous diverses formes souvent très "marquantes". Ces trois séries ont des thèmes communs, thèmes qui nous parlent d'autant plus que nous les connaissons parfois d'expérience et qu'ils fascinent toujours autant les philosophes et les artistes... De plus elles posent un point de vue sur les choses.

illustration:
-dans "Buffy" tous les épisodes reflètent une ou plusieurs questions philosophiques en utilisant force métaphores (c'est sans aucun doute la plus percutante de toutes dans ce genre): il faudrait une encyclopédie pour tous les traiter: contentons-nous des plus évidents et des plus récurents: le choix par devoir, éminament kantien, est au centre du personnage de Buffy qui n'a pas choisi sa mission; Eros et Thanatos gouvernent égalment toute la série, ainsi que la rédemption chez Angel et Spike. Elle est également très engagée politico-socialement: pro-adolescents (dans le sens de "Petite Angèle" de Balavoine), féministe, elle brise les barrières de l'amour tabou et propose pour la première fois un couple éternel homosexuel (Willow et Tara)...
-dans "A la Maison Blanche", les thèmes sont abordés de manière certes plus "adulte" et sans métaphore, mais ils sont également éternels: la morale face à l'apparence de la morale (Sam a une relation amicale sincère...mais c'est une call-girl et c'est mal vu, Hoynes est poussé à la démission à cause d'une relation d'une nuit qui n'a jamais eu d'incidence sur son travail...), le mensonge (Bartlett cache sa maladie à toute son équipe ET à la Nation), l'idéal, comment se relever quand on est au fond du trou (n'est-ce pas Josh ou même Sam?..) sont des thèmes récurents. Elle est résolument engagée politiquement, très à gauche d'ailleurs: contre la peine de mort, contre la vente d'armes, pour l'égalité entre races et sexes, pour une politique très ambitieuse d'éducation...
-dans "Lost", série arborescente par-excellence qui revendique totalement ses prétentions philosophiques, les thèmes sont quasiment divisibles à l'infini. Très superficiellement donc on peut évoquer le destin, la politique au sens primaire du terme (et avec l'opposition entre l'Etat régalien [Locke] et providence [Jack]), la rédemption (commune à tous les personnages), la société, la famille, etc... Si elle semble moins engagée que les deux autres, elle prend néanmoins subtilement parti pour Jack qui prononce la phrase la résumant le mieux dès le début de la saison 1: "Si nous ne sommes pas capables de vivre ensemle alors nous mourrons seuls..."

A noter aussi que si toutes ces séries abordent d'une façon ou d'une autre le problème de la religion (Buffy va au paradis et on évoque souvent l'enfer, Bartlett est catholique pratiquant, une interprétation mystique de "Lost" est parfaitement valable), aucune n'impose un point de vue quelconque _même pas "Lost" quoi que certaine en disent_ et la religion est souvent évoquée pour mieux se concentrer sur le vrai enjeu: les relations humaines. En-effet si ces série sont aussi riches, aussi diversifiées, aussi passionantes, c'est parce que leur base reste profondément humaine. C'est ici qu'il va faloir évoquer les personnages, mais pas avant une petite parenthèse spéciale Wink ...
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Karim
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 Message Posté le: Lun 04 Fév 2013 - 18:19    Sujet du message:
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Tu ne manques pas de détermination toi!
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Sudena
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 Message Posté le: Mar 05 Fév 2013 - 5:23    Sujet du message:
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Des épisodes révolutionaires


Un point commun entre ces trois séries a été leur aspect révolutionaire: après elles les séries ont dû évoluer, s'en inspirer, abandonner certains codes qu'on croyait immuables. Avant d'aller plus loin attardons-nous sur ces quelques épisodes qui ont marqué profondément à la fois les fans et le monde des scénaristes (ensuite j'en viendrai aux personnages et je détaillerai les ressemblances de fond [car la forme est finalement commune à d'autres séries et donc contestable et vous pouriez m'accuser de bavasser sur du rien...]):

-dans "Lost", deux épisodes de la saison 4 jouent sur le temps et sa perception et se permettent un jeu entre public et personnages jamais vu auparavant: d'abord celui où Desmond est soumis à une désorientation temporelle, se croit huit ans plus tôt et manque d'en mourir: le public suit un personnage en en sachant plus que lui, en toute connaissance des tenants et des aboutissants, ce qui est une première (d'ordinaire on découvre le temps en même temps que le personnage); une autre première est un fabuleux coup de génie pervers de la part des scénaristes qui avaient habitués depuis le début de la saison le public à fonctionner non-plus en flash-backs mais bien en flash-fowards: centré sur deux personnages très proches (Jin et Sun) il montre à-priori la même histoire en flash-fowards alternant le vécu de l'un et de l'autre...et en fait c'était un piège: il y avait en fait alternance de flash-fowards et de flash-backs! Ces extraordinaires coups d'audace ont totalement révolutionné l'univers des séries: jouer _faire joujou même_ avec le temps est devenu possible ce qui allait contre toutes les idées acquises en raison de la lisibilité en apparence impossible...eh bien non pourtant!..
-plusieurs années plus tôt, dans "Buffy", Joss Whedon avait à son niveau fait tomber plusieurs barrières apparamment incontournables dans la forme avec trois épisodes tout à fait spéciaux, l'un tiré de la saison 4, l'autre de la 5 et le dernier de la 6, jouant sur le son: d'abord le silencieux où les personnages sont privés de l'usage de la parole et doivent trouver d'autres moyens de communication, ensuite celui sans musiques où toute l'action se passe "au naturel" sans aucun emballage musical, enfin et en opposition le musical _peut-être le plus culte_ où les personnages, sous l'emprise d'un démon, ne peuvent plus s'exprimer qu'en chansons. Ces coups de génie étaient impensables auparavant dans une série: souvent imités depuis mais jamais égalés, ils ouvrent pourtant un nombre incroyable de portes...
-dans "A la Maison Blanche", deux épisodes ont également une forme très particulière: d'abord un, dans la saison 5, tourné comme un documentaire avec des commentaires de journalistes et des interviews d'autres personnages; ensuite _encore plus marquant_ le débat présidentiel dans la saison 7 tourné en direct et sans interruption et diffusé comme un vrai débat présidentiel partout aux Etats-Unis: encore une fois deux formes qu'on croyait totalement impossibles dans une série télé et qui ont marqué durablement l'histoire du petit écran...

Autre fait à signaler: aucun de ces épisodes n'est indépendant de sa série dans le sens que la trame de sa saison ET de l'ensemble sont totalement pris en compte: l'intrigue n'est pas délaissée au profit de la forme en un mot. Voilà en quoi ces séries, outre leur fond général, ont toutes été révolutionnaires dans leur forme, ont bousculé les règles sans perdre leur public et ont ouvert sur quelques épisodes de multiples voies d'une manière telle que seule "Twin Peaks" peut se vanter de les avoir surpassées (et cette série fut un échec d'audience)... Bon j'arrête maintenant de vous soûler et je deviens plus explicite en évoquant nos chers personnages, et par voie de conséquence très prochainement les intrigues d'une manière plus croisée...
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Sudena
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 Message Posté le: Mar 05 Fév 2013 - 19:30    Sujet du message:
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Le problème des personnages


Quand je parle de "problème des personnages" c'est dans un sens dramatique et comparatif. En-effet on peut retourner la question de toutes les manières que l'on veut il n'en demeure pas moins que nous avons affaire en apparence à des séries très différentes au niveau de la place de ces personnages: une centrée sur un personnage principal ("Buffy") et deux chorales: le nier serait inutile, le nier serait idiot!.. Pourtant il y a deux points à soulever: d'abord la date de ces séries qui ont certes initié mais qui se sont aussi situées dans leur genre et leur temps (si elles ont aussi bien marché c'est bien parce que d'une certaine manière elles correspondaient à leur époque): dans une série de super-héro comme "Buffy" la mode n'était pas à la chorale tandis qu'une comédie de bureau est forcément plus collective... Ensuite, en particulier dans les dernières saisons (celles de l'asurance: voyez bien que tous les épisodes révolutionnaires évoqués plus haut se situent eux aussi dans la deuxième moitié de la série [ce n'est pas un hasard]) la différence s'estompe assez notablement. Ici je vais me livrer à un petit jeu assez tordu: désacraliser le rôle de Buffy dans sa série et _plus intéressant_ tenter de trouver un personnage central (je préfère ce terme à celui de "principal") dans les deux autres...



Buffy, une héroïne très entourée...


Buffy est la Tueuse, Buffy est la plus forte, Buffy combat les vampires et peut même tomber amoureuse d'eux, Buffy est toujours là pour ses amis, Buffy est belle, Buffy est sexy, Buffy a de l'humour, bref: Buffy est parfaite... Mais derrière cette hagiographie écoeurante, sommes-nous si sûrs que ce personnage est sans faille, qu'il se suffit à lui-même, qu'il est toujours au centre des débats ou qu'il n'a pas de graves défauts? En creusant un tout petit peu on peut se rendre compte que non, absolument pas et l'originalité primaire de cette série est bien que très rapidement _et ça ne cesse d'augmenter avec le temps_ l'héroïne n'est pas forcément au centre de tous les épisodes, qu'elle n'est pas la seule à être remarquablement écrite, que ses relations ne sont pas de simples faire-valoir, qu'elle est bourrrée de défauts et de failles. "Mais c'est du déjà vu! vous exclamez-vous; Arrête de nous bassiner avec cette pseudo-originalité qui n'en est pas une!.." Effectivement vous auriez raison mais comparons un peu ce qui est comparable: une série d'aventures avec un super-héro ne peut décemment pas être comparée à une sitcom ou une série médicale: soyez honnêtes! Et quand on accepte de comparer avec une série du même genre, dès les premières saisons, on aperçoit vite que Buffy n'est pas la seule à avoir une utilité particulière, qu'elle ne se suffit pas à elle-même (un clin d'oeil est d'ailleurs fait par Joss Whedon quand il évoque les autres tueuses qui font de leur solitude leur fierté). Voyons la différence avec "Zorro" (on aurait pu étendre avec les trois sorcières de "Charmed" mais c'est encore plus parlant ici) et uniquement au début de la série: Zorro (ou don Diego) n'a besoin de personne pour exister: les méchants et les adjuvants sont interchangeables, Bernardo est un faire-valoir de même que don Alexandro, le sergent Garcia et le caporal Reyes sont des méchants gentils qui servent à faire rire: seul Zorro a une identité schyzophrénique mais il est parfait sur tous les points et tous les épisodes sont centrés sur lui et sa lutte contre les méchants. Dès le début de la série Buffy se révèle être une adolescente caractérielle, mal à l'aise dans sa vie de tueuse à laquelle elle rêverait d'échapper. Parallèlement dès la première saison Alex et Willow sont découverts et creusés dans leurs caractères et leurs paradoxes: plusieurs épisodes sont centrés sur l'un ou sur l'autre (au service chaque fois d'une météphore soit de l'adolescence, soit du sexe, soit de...en fait chaque épisode a une métaphore différente ou abordée sous un angle différent). En progressant dans la série le cercle s'étend de façon exponentielle, de même que les défauts de l'héroïne. On peut ainsi voir:
-dans la saison 3, Faith arrive avec un caractère opposé à Buffy et celle-ci ne l'accepte jamais, la laisse tomber et la pousse en fait dans les bras de Wilkins avant de la poignarder
-les personnages de Giles, d'Alex, de Willow, d'Angel, de Cordélia ou même de Joyce sont pris en compte dans leurs caractères et/ou leurs origines et évoluent au moins autant que Buffy
A partir de la saison 4 (en fait depuis beaucoup plus longtemps mais c'est à-partir de là qu'on s'en rend vraiment compte, que c'est flagrant depuis un hélicoptère...), si Buffy reste au centre des débats, elle n'est plus qu'un personnage au milieu des autres bourré de défauts très graves et le public peut pafaitement en préférer un autre ou même plusieurs autres, d'autant plus que l'entourage est étoffé à un niveau beaucoup plus proche de la série chorale que du centric sur un seul personnage:
-Buffy est d'un égosentrisme à la limite du supportable: elle passe complètement à-côté de Willow quand celle-ci se drogue à la magie (malgré l'alerte sonnée plusieurs fois par Tara), elle reproche à ses amis de l'avoir ressuscité et leur cache la vérité, elle méprise Riley (qui finit par la quitter) puis se sert de Spike comme d'un objet sexuel (il finira par tenter de la violer) et ce ne sont que des exemples parmi d'autres: beaucoup pour une héroïne parfaite, vous ne trouvez pas?..
-les personnages de Willow, Alex, Giles, Spike, Tara ou Anya ont tout autant d'importance dans leur évolution, eux-aussi remplis de paradoxes et touchants comme peu d'autres: ils ont de plus une biographie extrèmement développée qui explique d'où ils viennent, leues peurs, leurs doutes, leurx victoires: ils sont tout aussi touchants, profonds et parfois plus positifs que Buffy (et n'oublions pas le trio de la saison 6: des humains qui ont viré du mauvais côté...et qui sous leur apparence de bras cassés sont excessivement dangereux).
A-partir de la deuxième moitié de la série, les personnages s'étoffent à un niveau jamais vu dans une série d'aventures, l'ambigüité rattrappe l'héroïne qui ne peut définitivement plus passer pour une très très gentille qui a juste quelques problèmes. Le tragique remplaçant le comique les problèmes entrevus précédemment prennent une importance plus grande. Pour autant Buffy reste le personnage principal (l'erreur grossière de "X-Files" n'a pas été refaite) ce qui a conservé le public "de base", mais l'entourage était si bien étoffé, si bien écrit (jusqu'aux plus petits rôles) que la série a acquis cette dimension d'absolu qu'on croyait impossible dans une série de ce genre (loin, très loin des stéréotypes entourés de falots que propose "Charmed" [dans laquelle les personnages les plus intéressant soit meurent très vite [Andy] soit se rangent très vite du mauvais côté [Cole])...


Jack, le berger des losties


La série la plus arborescente de ces dernières années ne connait en apparence pas un héro mais presque une vingtaine: tous les personnages que nous croisons à un moment de cette série ont une histoire, un tourment, une importance capitale dans l'intrigue qui s'ils n'existaient pas au mieux s'amoindrirait au pire n'existerait carrément pas. En apparence elle est totalement opposée à "Buffy" mais regardons de plus près et voyons si nous n'avons néanmoins pas un "guide" qui tient du début jusqu'à la fin. On pourrait argumenter avec raison sur l'importance de Ben, de Desmond, de Juliett ou de Farraday, mais un fait demeure: la série a existé avant eux. De même que les personnages qui disparaissent au moins une saison comme Claire, Charlie, Boone, Michael ou Shannon: la série existe sans eux. Pourtant il y a des personnages récurents qui interviennent sinon à tous les épisodes au moins à toutes les saisons. Sans eux la série aurait-elle été autant suivie? les spectateurs n'auraient-ils pas décroché en masse? Allons, en toute honnêteté...
Un personnage central est un personnage sur lequel le spectateur peut se fier, qui lui sert de point d'appui tout au long du récit: s'il y en a un dans "Lost" il faut donc le chercher parmi les quelques survivants qui apparaissent dans toutes les saisons d'une façon ou d'une autre (et ceux qui connaissent la série savent très bien de quoi je parle ...). En partant de ce constat la liste se réduit considérablement: elle ne comprend plus que Jack, Kate, Hurley, Sawyer, Jin, Sun, Locke et Sayid.
Dans une série arborescente et aussi complexe que l'est "Lost" on ne peut pas réduire le personnage central à une vision subjective comme la préférence de l'un ou de l'autre: tous les avis sont acceptables, tous les personnages ont un côté héroïque et un côté minable. Il faut donc chercher celui qui se détache, et particulièrement vers la fin. Or dans ce cas seuls deux restent en ligne: Jack et Hurley (je ne spoilie pas sur les intrigues de la saison 6 pour ceux qui n'ont pas vu cette série: elle est beaucoup trop géniale pour que j'aille plus loin que l'allusion et je vous prie conséquemment de me croire sur parole).
Regardons et comparons ensuite ces deux personnages: y en a-t-il un qui tienne néanmoins plus la baraque que l'autre sur l'ensemble de la série? Et là la réponse est oui et elle désigne Jack...

Partons de cette déduction pour nous concentrer un peu plus sur ce personnage:
-une chose saute aux yeux tout de suite: il est le premier que nous voyons, le premier dont nous voyons les yeux s'ouvrir dans ce qui constitue la toute première image de la série.
-d'une façon ou d'une autre il est aux premières loges dans TOUS les cliffangers de fin de saison (ouverture de la trappe, capture par les Autres, appel au secours et centric sur le premier flash-foward, décision de retourner sur l'île devant le cercueil, explosion de la bombe atomique): aucun autre ne peut s'en vanter
-il est un leader naturel qui rassure et les autres personnages et les spectateurs car on ne le sent pas capable d'agir de façon totalement égocentrique: dans la société constituée par les survivants il a le rôle du Président (Sayid étant le chef de l'Etat Major)
-son nom de famille (Sheppard) signifie "berger" (ce qui ne manque pas d'être souligné dans la série) et sa mission est bien celle de rassembler les autres et ce tout le temps
-lui-même évolue énormément: d'homme de science pur il devient petit à petit un homme de foi, mais contrairement à Locke, sa foi dans l'île ne sera jamais aveugle et il sera capable de se remettre en question aux bons moments

Au vu de tous ces éléments je considère que Jack est le vrai personnage central de cette série. Venue bien après ses consoeurs elle a bénéficié de la nouvelle maturité du public pour "noyer" ce fait sans avoir besoin de l'expliciter trop clairement à la fin (contrairement à "A la Maison Blanche" [voir ci-après]), mais il n'en demeure pas moins que sans cette sécurité de suivi, sans ce "berger" _même cachée_ le public aurait certainement fini par être "lost" pour de bon...



Josh, évidemment...


"Comment "évidemment"?! vous écriez-vous, estomaqués; Le héros d'"A la Maison Blanche", ce n'est pas le Président??!" Eh bien non justement: le personnage central de la série présidentielle n'est pas son fantastique président mais bien le tempétueux Josh Lyman. Si ça semble très fumeux sur les premières saisons ça devient une évidence sur les deux dernières, et rétrospectivement on s'aperçoit que c'était comme écrit dès le début. Josh prend en-effet plus de place et d'importance objective à-partir du tiers de la saison 6 mais bien que certains spectateurs qui détestent ce personnage (ce qui est parfaitement compréhensible au demeurant) ait eu un gout amer dans la bouche cette "prise de pouvoir" n'a en réalité surpris personne: la série est tellement bien écrite que toutes ses évolutions sont "naturelles". "A la Maison Blanche" ne supporte en fait aucune erreur de scénario, aucune entrave à son ambition d'expliquer _ d'expliquer vraiment_ la politique au plus grand nombre: quand on la regarde rétrospectivement il est clair que le choix de Josh comme personnage central (et vraiment "principal" dans les saisons 6 et 7) n'est en rien dû au hasard, que la série dictait ça depuis le tout début...
Pour comprendre il faut revenir un peu aux racines de cette série ainsi que sa plac dans l'histoire des séries télé. En 1999 une série de bureau réaliste s'inspire forcément d'"Urgences" et une comédie de moeurs ne peut pas éviter "Friends", même de loin. Contrairement à une série fantastique ou policière elle ne peut pas se permettre de se centrer sur deux ou trois personnages: elle doit être chorale. De même le sujet lui-même _la politique_ implique de voir à l'action une multitude de personnages dont certains très haut placés. Le problème est également de concilier sans métaphore intelligence et popularité: parler de tout, certes, mais de façon abordable et sans que ça parraisse forcé. Et au début de cette série seuls trois personnages peuvent prétendre à jouer ce rôle hautement schyzophrénique: C.J., Josh et Sam.
Comprenez bien ce que je vous dis: je n'ai jamais cherché à minimiser l'importance des autres personnages et surtout pas le Président mais je ne parle pas ici en terme de grades administratifs mais d'importance dramatique. Les personnages ont-ils tous une histoire, une personnalité marquée, des failles, des défauts, des qualités, suscittent-ils tous à un moment l'admiration? Oui. Le Président est-il le plus admirable de tous? Oui. Mais l'importance n'est pas dans l'énumération ou l'amoncellement de qualités humaines, pas ici: l'importance tient à la réponse donnée pour un enjeu double: être à la fois assez important, assez haut placé, assez "dans les coulisses", assez intelligent pour pouvoir intéresser les plus exigents ET être également assez humain, assez "faillible" pour guider le public néophyte. Et ces caractéristiques détaillées éliminent également C.J. de la liste: exposée dans son rôle d'attachée de presse mais infaillible en coulisses (ou presque) elle est trop "parfaite" pour ne pas lasser le spectateur sur la durée...
De façon plus précise disons qu'une série adressée à un public purement "intellectuel" aurait donné beaucoup plus d'importance au Président, à Léo ou à Toby: ce sont eux en-effet qui connaissent le mieux les rouages de la politique, qui gouvernent réellement le pays. Mais ce sont aussi des personnages qui manquent parfois d'humanité (Léo en particulier). De même ils se remettent très difficilement en question, tous, et dans le cas de Léo et Toby l'idéal n'est qu'un facteur parmi d'autres, sans parler de leur fâcheuse tendance à envoyer les autres au casse-pipe et surtout de ne pas les protéger quand ils font une erreur...
A contrario donner une place prépondérante à Charlie ou Donna aurait déçu le public en quête d'originalité: le travail de base dans une administration mondialement puissante serait passé pour un culte de la médiocrité et de nombreux sujets n'auraient été que très insuffisament traités...
Donc il fallait choisir: Josh ou Sam. Et c'est paradoxalement son évolution ultra-rapide qui a condamné l'idéaliste brillantissime Sam: le Président l'adoubant comme son successeur à moyen terme dans la saison 3 ce personnage avait atteint une maturité de vue et d'esprit que seul son grand coeur freinait encore. Ils ont donc utilisé ce grand coeur pour le faire intelligemment partir dans la saison 4 et laisser la place au complexé Josh. Ce personnage avait déjà séduit le public avec son humour macho et caustique, son intelligence totalement supérieure et sa fragilité intrinsèque venue de l'enfance qui le faisait parfois devenir le plus sentimental et le plus gentil de tous. Lunatique, un degré en-dessous de Toby, de Léo (qui est pour lui un véritable père de substitution) ou du Président il a néanmoins une importance et une connaissance des dossier bien supérieures aux "petites mains": il est calibré pour plaire à tout le monde (même si d'aucuns peuvent juger son caractère insupportable [mais c'est aussi ce qui fait son charme...]).
Le départ de Sam laisse un grand vide dans la série mais dès le début de la saison 5 Josh reprend le flambeau de l'idéaliste et on se rend compte qu'il l'a en fait toujours beaucoup été même si celui de son ami l'éclipsait; de même l'épreuve morale terrible qu'il subit et dont il se sort seul après avoir manqué d'exploser nous rapplle que dès le pilote il a manqué de se faire virer...alors qu'aucun n'aurait fait mieux qu'il n'a fait face à cette intégriste antisémite (Josh est juif, ne l'oublions pas). Au fil de ses coups de sang, parfois de son arrogance minable, il devient insidieusement le personnage qui obsède le plus l'esprit du spectateur et quand il prend définitivement son envol dans la saison 6 le public prend fait et cause pour lui, allant jusqu'à tout lui passer. Cet amour ne se démentira pas jusqu'au final et il était bien mérité!..
Car Josh aura servi de vinaigrette dans la salade que tout ce joli monde compose, il toujours été un point d'appui évident et de tous les personnages il est le seul _avec C.J._ qui apparrait dans TOUS les épisodes, même ceux qui ne sont pas du tout centrés sur lui, et sans lui, sans l'importance qu'il prend peu à peu de façon de plus en plus évidente, "A la Maison Blanche" n'aurait pas la même saveur: elle serait une série "ciblée" ou pire un documentaire déguisé. Josh a servi magistralement à éviter ces écueils ce qui en fait le personnage central, évidemment Wink ...
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 Message Posté le: Mer 06 Fév 2013 - 22:54    Sujet du message:
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Points communs de ces personnages: des caractères semblables...



En analysant de plus près ces personnages _en les "sortant" de leur série_ on peut voir un grand nombre de points communs, tant dans leurs qualités que dans leurs défauts. Petite énumération des plus visibles:


-des protecteurs: chacun à leur niveau, Buffy, Josh et Jack ont un instinct protecteur, parfois maladroit mais toujours sincère. Ils n'hésiteront jamais à affronter le danger, à aller en première ligne, pour défendre ce en quoi ils tiennent et/ou ceux qu'ils aiment (amis ou amoureux). C'est littéral pour Buffy quand elle se bat contre tous les monstres qu'elle croise mais ça peut aussi prendre une tournure plus indirecte quand elle prend parti pour quelqu'un contre ses propres amis; Josh aussi défend littéralement le président, Donna ou Matt Santos contre leurs ennemis mais aussi parfois contre ses propres amis; Jack mène un groupe qui est forcé à combattre et sa fonction de médecin le mène à protéger tout le monde mais il a aussi une foi qui le pousse à défendre un ami parfois contre tout le monde...

illustration: dans la saison 7 Buffy défend Spike contre Giles et tous les autres simplement parce qu'elle croit en lui; Josh, dans la saison 6, est plusieurs fois sommé par Léo de laisser tomber Matt Santos et de le pousser à se retirer de la course aus primaires mais il refuse: il ira jusqu'au bout avec lui parce que pour lui c'est l'homme qui doit être président, parce qu'il croit en lui; contre toute logique, contre l'avis de tous et sans être dupe Jack voue dans la dernière saison une confiance absolue à Hurley: il le suivra et l'appuira sans réserves.
A noter que dans tous ces exemples la foi de ces personnages est justifiée: leur instinct s'avèrera le bon et ce faisant tout franchissent le pas symbolique de se libérer de la pression sociale (qu'elle soit amicale, hiérarchique ou les deux) et de prendre leur véritable envol (oui oui, même pour Jack...).

-impulsifs: dans tous les épisodes ces personnages ont la réaction facile et violente, parfois vont trop loin sous l'emprise de la colère. On le voit entre autres lorsque Jack en vient aux mains avec Sawyer pour récupérer des médicaments (saison 1), que Buffy refuse de donner des explications sur ce qui s'est passé avec Angel à ses amis et s'en prend à eux (saison 3) ou que Josh, victime d'une crise de panique, s'entaille la main en casant une vitre après s'en être violemment pris à ses amis et ment à tous sur son état (saison 2). Cette impulsivité peut parfois aller jusqu'à leur faire commettre des actes parfaitement condamnables voire minables: Josh en vient aux mains et injurie Toby en plein bureaux (saison 6), Jack refuse de soigner le jeune Ben (saison 5), Buffy extermine froidement de pauvres vampires beaucoup plus à plaindre qu'autre chose et qui ne combattaient pas (saison 5). L'impulsivité et ses excès est une composante première des caractères de tous, de même qu'ils ont tous un vrai côté lunatique qui excite l'intérêt quotidien du spectateur: ils sont, chacun à leur niveau, capables du pire même si on peut toujours les comprendre...

-sensibles: outre le doute et la remise en question qui sont à la base même de leur construction dramatique (allant pour Buffy jusqu'à douter de sa propre réalité), ces trois personnages ont cet atout inégalable pour le public: un coeur énorme. Portant le poids du monde sur leurs épaules (littéralement ou presque pour Buffy et Jack, missionné volontaire pour Josh qui prend sur lui les erreurs de tout le monde sans aucun soutient), ils sont sujets à des coups de sentiments qui peuvent aller jusqu'à leur faire délaisser leur mission, à s'abandonner. Si tous le manifestent de manière différente le principe est le même _de même que son effet sur le public_ quand Buffy tombe dans un état catatonique après l'enlèvement de Dawn (saison 5), que Jack se laisse guider et tabasser après son erreur funeste (début de la saison 6) ou que Josh laisse tout tomber pour aller au chevet de Donna, grièvement blessée dans un attentat (fin de la saison 5). A noter que ces abandons sont un effet direct de leur tendance à culpabiliser sur tout ce qui se passe. Et dernière chose sur ce sujet, comparativement aux autres personnages de leur série respective, Buffy, Josh et Jack pleurent beaucoup. Moins que Willow, C.J. et Kate mais c'est un fait à souligner: LA manifestation par-excellence de l'émotion, la plus visible, est plus courante chez eux que chez les autres personnages ce qui souligne leur immense sensibilité intrinsèque et la portée de leur grand coeur...

-de l'humour: s'ils avaient été totalement sérieux, sinistres, pesants, Bufy, Josh et Jack auraient vite paru "étouffants"; aussi ont-ils très rapidement été montrés comme étant capables d'une bonne dose d'humour. Certes c'est plus caché pour Jack vu le ton de la série et la place "objective" qu'il ocuppe ne lui permettent pas beaucoup de rire, mais les moments où il prend Sawyer à son propre jeu ont précisément une saveur particulière (en-particulier quand ce-dernier se plaint de maux de tête et qu'il se fait un plaisir de l'inquiéter...avant de poser un diagnostic d'une banalité hilarante), de même ce personnage a un don pour placer des phrases "souriantes" pour rassurer ses compagnons (en cherchant attentivement on voit qu'elles sont légion). Buffy et Josh ont clairement un sens de l'humour et de la répartie décapantes (même si ça s'estompe [beaucoup pour Buffy] à la fin de la série): le bon mot, la phrase qui tue font les beaux jours de pas mal d'épisodes. En fait la principale différence entre eux et Jack est que dans leur cas l'humour est plus "méchant" et donc plus visible, mais toutes ces séries étant différentes le poids d'un éclat de rire n'est pas forcément plus puissant que celui d'un sourire pour le spectateur qui la regarde...

-le sens du sacrifice: Josh prend totalement sur lui une erreur collective, intervient personnellement au risque de s'exposer pour protéger Donna, prend le risque de voir sa carrière se terminer en ralliant le camp de Bartlett puis de Santos (contre toute stratégie); Buffy va plusieurs fois au-devant de la mort dans des combats inégaux et va jusqu'à se suicider pour sauver sa soeur; Jack est prêt à se vider de son sang pour sauver Boone et il échange sa liberté contre celles de Kate et Sawyer: le point commun le plus évident de ces trois personnages quand on regarde leurs séries de façon plus globale est bien leur sens du sacrifice dans tous les sens du terme: leur bien-être personnel passe clairement après certaines choses (principes et/ou personnes) ce qui les rend admirables et exemplaires pour le public qui leur donne ainsi _même involontairement_ son coeur. A noter également que TOUS trouvent en fin de compte quelqu'un qui possède ce sens du sacrifice à un plus haut degré encore que lui (respectivement Sam, Spike et Sayid).

Maintenant que ces traits de caractères "flagrants" ont été évoqués passons à un autre aspect commun bien plus complexe et "piquant": leurs amours...
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 Message Posté le: Jeu 07 Fév 2013 - 15:51    Sujet du message:
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Des amours contrariées...





Que ce soit clair: je n'ai aucunement l'intention de comparer l'intensité intrinsèque des relations de nos trois personnages centraux mais bien de montrer leurs ressemblances. Et si on regarde bien on s'aperçoit qu'ils en ont eu trois. Trois différentes. Trois correspondant à un degré d'évolution semblable. La dernière fut de loin la plus belle... Revenons si vous le voulez bien sur chacune d'entre elles et laissons-nous aller à la joie humide de larmes que certaines ont provoqué (et d'avance pardon à tous les fans du Bangel...)...

-Buffy/Angel, Josh/Mandy, Jack/Sarah: l'amour passion: qui ne se souvient pas de la fabuleuse relation entre Buffy et Angel, la tragédie quand Angel, victime de la malédiction, perdit son âme ce qui obligea Buffy à le tuer avant qu'il ne revienne et qu'il choisisse finalement lui-même de partir?.. La passion que ce couple interdit a provoqué chez les fans fut telle qu'elle en est devenue aveuglante et que peu se sont posé la véritable question: pourquoi a-t-elle capoté en réalité? Se cacher derrière la malédiction est trop facile (pourtant c'est ce que fit Buffy qui l'idéalisa à outrance mais il faut la comprendre: il s'agit de son premier grand amour [n'oublions pas qu'il s'agit d'une série adolescente]...): à-partir de la saison 3 il est devenu évident qu'en fait ces deux-là ignoraient beaucoup de choses l'un sur l'autre, que leur passion leur a fait partager des moments extrèmement intenses mais que l'épreuve de la vie faisait pernicieusement son effet. La malédiction n'est qu'une métaphore: la roue commençait en fait à grincer, la passion retombait, l'amour s'en allait (Angel le comprit le premier)... Et derrière s'ils ont eu des scènes de tendresse ou de jalousie ils n'ont jamais _jamais sérieusement_ envisagé de se remettre ensemble...
Dans "A la Maison Blanche" Josh et Mandy sont déjà séparés au début et Mandy n'apparait plus à partir de la saison 2: reconstituer leur relation est donc plus difficile mais pas impossible non-plus: leurs caractères "entiers" ne laisse que peu de doute sur le côté fougueux, "bestial", en bref: passionné, de cette relation. Mandy colorie une photo de Josh après leur ruptue, les deux se reprochent souvent des détails de leur vie personnelle ou de leurs caractères respectifs: on peut sans peine déduire que c'es là aussi l'épreuve de la vie qui a essoufflé la passion et éteint cet amour. Et de même s'ils ont par la suite des scènes de tendresse ou de jalousie ils n'envisagent jamais de se remettre ensemble...
Jack sauve Sarah de la paralysie, les deux ne jurent plus qu'à-travers l'autre, la passion s'empare d'eux: le mariage est consommé. Mais petit à petit le couple s'enfonce, les détails de la vie quotidienne deviennet pesants, la passion cesse peu à peu et l'amour meurt conséquemment. Et derrière malgré quelques élans de tendresse et de jalousie ils vont leurs chemins chacun de leur côté... On voit assez le passé de Jack dans les flash-backs et on connait bien assez son caractère pour dire sans risque d'erreur que c'est bien là ce qui s'est passé: une fois de plus une passion irraisonnée, "animale", qui s'est conclue presque naturellement.

L'amour passion a bien été le premier que ces séries ont inventé à leur personnage central respectif (même s'il a été beaucoup plus important dans "Buffy"). Et on peut lui trouver tous les mérites que l'on veut il n'en demeure pas moins intenable sur la durée: en ne voyant pas le côté sombre de l'autre (ou en ne voulant pas y penser) l'insincérité gagne progressivement une place pernicieuse que la passion ne suffit plus à compenser. L'amour passion est éphémère et fragile: le temps vite a raison de lui_ et je dis ça, croyez-moi, en ayant très profondément aimé le couple Buffy/Angel..._.


-Buffy/Riley, Josh/Amy, Jack/Juliett: l'amour raison: arrivées après la passion ces relations sont intellectuellement parlant les plus évidentes et les plus équilibrées: Buffy trouve en Riley un protecteur équilibré (et bien vivant...) qui partage sa mission de tuer des vampires; Josh a en Amy à la fois son équivalent intellectuel et une démocrate déterminée et engagée sensible à son charme macho; Jack est apaisé par la calme Juliett qui croit en lui et est son véritable double féminin en matière d'attention et de protection du groupe. Mais derrière les apparences parfaites _et je défie tout fan de dire le contraire_ ces relations (avec une nuance pour Josh/Amy) sont faibles: faibles dramatiquement, faibles sentimentalement. Riley est falot, Amy est parfois manipulatrice, Juliett ressemble trop à Sarah pour ne pas y voir une tentative désespérée de Jack de renouer avec un passé révolu. Elles manquent d'intérêt et de piquant tant pour les personnages que pour les spectateurs: à force d'être "irréprochables" elles manquent de passion et elles se terminent quasiment dans l'indifférence générale, au moins à moyen terme: elles n'auront aucune conséquence postérieure... Car à-côté d'elles se profile l'autre amour, le vrai, qui passionne le spectateur pas sa complexité et qui excite les sentiments les plus profonds des personnages: comment à-côté de lui l'amour raison _qui n'a jamais fait oublier l'amour passion_ aurait-il pu rivaliser en quoi que ce fut?..


-Buffy/Spike, Josh/Donna, Jack/Kate: l'amour pur: il feuilletonne sur plusieurs saisons, il séduit à la longue (même s'il semble "facile" au début pour Jack et Kate), il est rempli de moments de doute et de drames, il est à deux doigts de se conclure (sentimentalement parlant) mais tout va soudain au plus mal, il semble fini...pour mieux repartir, il se conclut aux touts derniers moments de la série (parfois dans la tragédie mais pas toujours, et l'effet produit est quoi qu'il en soit le même pour les fans: à savoir une intense jubilation et un long cri de joie accompagné d'un monumental "Enfin!!!"). Vous aurez reconnu je pense les grandes amours de nos héros. Observons de plus près leur processus de base:

-une attirance qui semble à sens unique: même un couple "visible" comme Jack et Kate n'échappe pas à ce sens unique initial qui provoque immanquablement une sympathie tendre de la part du spectateur: vous observerez avec un minimum d'attention qu'à chaque fois que l'un s'avoue ses sentiments l'autre semble passer à autre-chose (ici c'est d'abord Kate qui est attirée énormément par Sawyer, puis Jack qui sort avec Juliett à la grande jalousie de Kate): des deux côtés cet amour est à chaque fois à sens unique ce qui le rend terriblemment frustrant. Ne parlons même pas de Donna, éperdument amoureuse de Josh (ce que le public sait de façon certaine dès la saison 2) mais beaucoup trop intimidée pour l'avouer (et qui plus est travaillant pour lui)... Spike, lui, hait la Tueuse par nature mais revient toujours vers elle...avant de se rendre à l'évidence au début de la saison 5: il en est totalement amoureux... Mais la réciproque, malgré tous ses efforts, malgré même son courageux aveu, n'est pas vraie. Son histoire commence néanmoins à intéresser le public qui se prend soudain d'une affection nouvelle pour lui.
Pourtant, malgré les apparences, un événement vient chaque fois interpeler le public et lui faire penser que ce sens unique n'est peut-être pas si vrai que ça: Jack et Kate s'embrassent fougueusement dans la saison 2 au moment même où ils semblaient beaucoup s'éloigner l'un de l'autre; Josh protège Donna malgré elle et sauve son honneur alors qu'elle était presque accusé de trahison dans la saison 4 en y mettant une énergie, une détermination, un acharnement et surtout un tact qu'on ne lui avait vu que très rarement; pour savoir si Spike a parlé sous la torture Buffy lui rend visite en se faisant passer pour le robot à son effigie: elle se rend compte qu'il a résisté et qu'il était prêt à aller beaucoup plus loin que ça pour la protéger: elle lui donne alors à son insue un premier vrai baiser...

-un rapprochement fort...suivi d'une rupture violente: après avoir quitté l'île Jack et Kate se souiennent mutuellement face au monde et parfois aussi leurs amis, vivent ensemble et envisagent même de se marier, mais leur cachotterie commune les mine peu à peu jusqu'à ce que Jack craque et rompe violemment, totalement obnubilé par l'île: Kate le prendra très mal et le lui fera très violemment sentir en s'en prenant à lui de façon extrèmement rabaissante, refusera (officiellement...) de lui faire confiance et de retourner sur l'île puis s'opposera physiquement à lui lorsqu'il voudra faire sauter le bunker avec une bombe H (alant jusqu'à le menacer avec un flingue). Donna demande de plus en plus de reconnaissance professionnelle à Josh qui accepte et lui met le pied à l'étrier ce qui lui permet d'aller en Israël...où elle est victime d'un attentat qui le bouleverse au point de lui faire abandonner son travail: les deux sont alors très près de s'avouer leur amour: elle le réclame dans son délire, il lui tient la main et reste avec elle jusqu'à ce qu'elle soit hors de danger; mais le retour au quotidien est extrèmement pénible: il se désintéresse totalement d'elle et de ses ambitions qu'il ne prend pas au sérieux (peut-être a-t-il peur d'une autre mésaventure à la conclusion moins heureuse...) et elle démissionne pour aller travailler pour Will et le vice-président; totalement abasourdi il prendra un nouveau départ et quittera à son tour la Maison Blanche, la combattra sans pitié aux côtés de Matt Santos, la vaincra et refusera son aide après sa victoire. Revenue d'entre les morts, Buffy ne confiera son secret qu'à Spike, puis l'embrassera une fois, pui deux, avant de coucher avec lui; pour elle néanmoins pas de sentiments (du moins le croit-elle): Spike est un objet sexuel, purement et simplement: elle joue sur les sentiments sincères qu'il éprouve à son égard pour baiser (appelons un chat un chat) puis éventuellement se défouler en lui donnant une petite raclée, manière de ne pas perdre les bonnes habitudes et de lui rappeler à la fois qu'il est un monstre et qu'elle est plus forte que lui (d'ailleurs on peut se poser la question [surtout rétrospectivement]: ne peut-on pas considérer que son attitude équivaut à un viol?..); néanmoins, prise de remords (et de plus en plus attirée sentimentalement) elle romp; il tente alors de la rendre jalouse de bien des façons, y réussit, mais s'emporte et tente de la violer (sans succès); derrière il part loin d'elle pour redevenir celui qu'il souhaite être, mais au lieu du monstre puissant auquel il croit aspirer il récupèrera son véritable souhait: son âme...

-un long chemin...et puis la lumière: confrontés à leurs failles les plus profondes tous remontent progressivement la pente et se gagnent enfin réellement en acceptant l'autre tel quel et en s'acceptant eux-mêmes dans leurs imperfections... Jack suit Hurley, fait tout pour tenir sa promesse faite à Jin et Sun, tente de comprendre le pourquoi du comment et n'essaie plus de faire quoi que ce soit dans le seul but de plaire à Kate qui, elle, redescend brutalement sur terre débarrassée de ses illusions...et découvre comme une évidence son amour, sans faux-semblants, comprend enfin ses propres fautes; unis définitivement par un terrible drame, confrontés à l'imminence du combat et de la perte définitive de l'autre, ils s'avouent enfin leur amour absolu: pur, brûlant et désintéressé... Le combat est certes politique, la violence est plus intellectuelle, mais le drame est tout aussi terrible à supporter et la reconquête de l'autre aussi lumineuse pour Josh et Donna: les deux, loin des passions haineuses, font leur mea-culpa, se retrouvent sur une initiative de Donna qui ralie malicieusement l'équipe de campagne de Santos, ont besoin l'un de l'autre sans hiérarchie pernicieuse, jusqu'à ce que Donna ne laisse enfin une preuve absolue de son amour (elle lui met en évidence la clef de sa chambre), puis que Josh prenne enfin l'initiative de l'embrasser; un dernier doute à résoudre et l'aveu arrive enfin, comme une évidence: là encore un amour désintéressé, brûlant et pur: en un mot absolu. Lorsque Spike récupère son âme il est déchiré par les remords et sujet à des crises de délire, Buffy s'en veut beaucoup aussi et commence à accepter ses sentiments: les deux ont alors besoin l'un de l'autre dans leur totalité, dans leurs paradoxes, dans leurs sentiments: ils se soutiennent contre tout, contre tous, s'avouent leurs faiblesses; une apocalypse se prépare, les épreuves innombrables et les obstacles immenses se dressent devant eux mais ils les affrontent ensemble, unis, en osmose de plus en plus absolue: l'aveu de cet amour arrive enfin après une ultime épreuve sentimentale: le "je t'aime" de Buffy le scelle définitivement...

Ces différentes relations ont donc un suivi, une évolution, extrèmement semblables: une phase de recherche de l'autre (longue), une première conclusion suivie d'une rupture douloureuse (même si dans le cas de Josh et Donna il faut utiliser des guillemets) mais qui se révèle en fin de compte salutaire en leur pemettant d'être totalement sincères tant vis à vis d'eux-mêmes que de l'autre, et enfin (toujours dans l'ultime saison) une marche vers la lumière comme une évidence et qui se conclut sur un aveu magnifique qui l'entérine définitivement. Aussi brûlant et sincère pour les personnages que passionant pour les fans, cet amour pur contribue énormément à l'intérêt que suscitte le personnage central et est souvent à l'origine de la passion suscittée par le partenaire qui acquiert une importance qu'il n'aurait pas sans celà...
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Sudena
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 Message Posté le: Mer 20 Mar 2013 - 2:51    Sujet du message:
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Un couple éternel


A-côté du personnage central, très près de lui même, il y a toujours un couple éternel: celui qui résiste à tout, qui se réconcilie ou se retrouve toujours après les épreuves (et il y en a...), que les fans ne peuvent pas imaginer une seconde de voir séparé (lorsqu'un membre meurt [même si ça se révlèle faux quelques épisodes plus loin] un sentiment d'horreur et de dégout le prend à un point tel qu'il aurait envie de réécrire le scénario): ses deux membres semblent faits l'un pour l'autre et si on peut parfaitement les aimer individuellement (ce qui est très souvent le cas) c'est ensemble qu'ils acquièrent ce statut de pierre principale de la série. Chacune de son côté _en tenant compte de son ton voire de sa date de création_ "Buffy", "A la Maison Blanche" et "Lost" ont ce couple éternel qui exalte la beauté des sentiments et donne une certaine idée de l'Amour: je parle ici bien évidemment de Willow et Tara, du Président et de la Première Dame et de Jin et Sun...


-des couples évidents...et des personnages très positifs: qu'il s'agisse du Président et de la Première Dame, de Willow et Tara ou de Jin et Sun, ces couples sonnent chaque fois comme une évidence: dans "A la Maison Blanche" Jed et Abigail Bartlett se complètent et sont délicieusement supérieurs à tous les autres au niveau de l'intelligence, de la mesure, de la sagesse et de l'idéalisme; mariés depuis longtemps leurs conversations ont ce fond insiscible de confiance et d'amour complet si beau à voir: ils se connaissent, se sentent et se complètent à la perfection: les défauts de l'un sont souvent rattrappés par l'autre soit directement (dans leurs disputes) soit indirectement (quand ils calment le jeu avec les autres personnages); ils sont également indépendants et connaissent leur rôle respectifs: le Président gouverne le pays, la Première Dame se consacre à son métier de médecin puis fait de l'humanitaire; leurs caractères sont semblables mais pas identiques: les deux protègent les autres humainement mais le Président est plus ironique, la Première Dame est plus douce; ils sont également adorés par les autres personnages...
Elles se sont trouvées par hasard, comme une évidence, elles sont toutes les deux d'un naturel timide et réservé, elles parraissent pourtant souvent plus "adultes" que les autres (une image très symbolique est utilisée dans ce sens dans la saison 6), elles sont solidaires de leurs amis qui les adorent ensemble ET séparément (dès la saison 5 Tara est acceptée par le groupe non-plus en tant que petite amie de Willow mais bien en tant que Tara), elles s'aiment totalement et comme elles sont belles à voir quand elles se sourient, quand elles se parlent ou quand elles s'embrassent!.. Pourtant là aussi elles ne sont pas "jumelles": Willow, plus puissante magicienne, est plus utile pour résoudre les problèmes objectifs tandis que Tara possède une empathie supérieure qui lui donne un rôle de confidente à qui on confie les plus profonds secrets et à qui on peut poser des questions profondes sans se sentir gênés...
Jin et Sun sont un peu la synthèse des précédents quand on regarde comparativement ces séries, ne serait-ce qu'à cause de leur âge (plus âgés que Willow et Tara, mariés mais plus jeunes et dans un contexte plus "apocalyptique" que le Président et la Première dame). Eux-aussi, malgré l'étrange image donnée au début, s'aiment tant et plus (ça crève les yeux), se comprennent et se complètent parfaitement (symboliquement également: Jin est pêcheur, Sun cultive le jardin...), sont rapidement adoptés par les autres qui les considèrent comme des membres éminents de la communauté bien qu'ils soient habitellement discrets et les protègent étrangement chacun avec son savoir-faire (Sun a certaines connaissances de médecine basique qui lui permettent d'aider Jack, Jin sait se battre et n'hésite pas à donner des coups), et ils sont merveilleux à voir ensemble (leurs sourires, leur embrassades, leurs larmes, leurs mains entrelacées: comme tout celà est beau à voir!..). Ils sont les archétypes des bons amis, ceux qu'on aimerait avoir, ceux sur qui on peut toujours compter, mais là aussi de façon différente: Sun est plus une confidente, Jin est plus un "bon copain" avec lequel on fait une virée et on boit une bière (ça arrive stricto-sensu dans la saison 3). Dans l'absolu eux-aussi font partie des personnnages les plus positfs de la série...



-des épreuves surpassées comme une évidence: les cachoteries qui font la base de tout drama mettent toujours le couple à l'épreuve, mais à chaque fois elles sont surpassées, comme s'il était écrit qu'elles devaient l'être. Pourtant elles mettent en scène des sentiments très profonds et seraient pour beaucoup d'autres insurpassables: le Président, atteint de sclérose en plaques, a promis à son épouse de n'effectuer qu'un seul mandat, pourtant il va se représenter et il fait un discours dans ce sens: elle le prendra très mal et le lui fera savoir; il décidera alors de tenir sa promesse initiale mais l'épreuve qu'il passera lorsque sa secrétaire (et grande soeur de coeur) mourra redistibuera les cartes: au coeur d'une polémique le couple va faire face ensemble, uni et la Première Dame sera le plus fidèle soutient du Président lors de sa campagne de réélection: les deux mettront de l'eau dans leur vin et accepteront la vie et ses conséquences, comme une évidence, parce que leur amour est plus fort que tout (elle ira jusqu'à renoncer à exercer son métier pour metre fin à la polémique)... Willow, de son côté, va sombrer dans la magie à outrance ce qui va la conduire à effectuer des sorts d'amnésie sur une Tara alarmée par la dérive de son amante et qui avait plusieurs fois tenté de la stopper; s'en rendant compte cette-dernière rompra et Willow, après avoir manqué de tuer Dawn, s'apercevra qu'elle est devenue une junkie totalement indigne de confiance et va faire ce qu'il faudra pour s'en sortir: les deux vont alors se reconquérir doucement mais de façon totalement certaine pour le spectateur qui les suit: elles n'avaient jamais cessé de s'aimer: leur réconciliation allait de soi... Poussé par son beau-père à devenir tueur à gages, Jin va s'éloigner de Sun, s'estimer indigne d'elle et se comporter comme un mari dûr; elle prendra un amant, apprendra l'anglais et décidera de fuir mais lui dans un même temps, répugné par ce qu'il était devenu, décidera aussi prendre un nouveau départ et de fuir la Corée: à l'aéroport un regard et un sourire scelleront leur réconciliation qui préfigurera une lente reconquête de l'autre, parce qu'ils s'aiment, parce qu'ils ne peuvent pas vivre sans l'autre, tout simplement...

nota: lorsqu'un des membres du couple meurt la douleur de l'autre avoisine la folie et ses côtés les plus sombres ressurgissent de manière absolument terrifiante...
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 Message Posté le: Mer 20 Mar 2013 - 16:37    Sujet du message:
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Des rôles dramatiques semblables


Quand on observe ces séries avec un peu de recul, et sans tenir compte des relations inter-personnages mais plus des rôles mêmes de cesdits personnages on peut s'apercevoir que trois "types" sont présents, qui donnent à chaque fois un point dramatique "fixe" où le spectateur se retrouve. Notons bien que chaque fois ces "points d'appuis" s'estompent à la fin (nous tenterons plus loin de comprendre pourquoi)...

-Alex, Donna, Hurley: les naïfs: ils ont cette capacité à faire sourire tendrement les fans en apportant de l'humanité dans un monde effrayant (oui: ne me dites pas que la politique fait intrinsèquement moins peur que la chasse aux vampires ou la survie sur une île déserte...), ils sont diaboliquement "normaux" et parfois semblent dépassés par les événements: alors ils suivent sans faire de bruit mais en étant toujours là... Pourtant, si leur apparente candeur fait souvent rire, ils ont certaines capacités qui les rendent irremplaçables, et en premier lieu leur capacité à poser des questions "basiques" qui ramènent souvent les autres sur terre... Peu à peu ils prennent confiance en eux et font montre d'une clarté de vue étonnante, allant jusqu'à prendre temporairement le pouvoir sur les autres par la seule force de leurs mots et de leur lucidité "basique": dans la saison 3 Hurley ruse et fait malicieusement prendre ses responsabilités à Sawyer en lui assénant quelques menaces, conseils et encouragements bien sentis; Alex pousse souvent Buffy dans ses retranchements et lui assène des vérités qui fâchent, en particulier dans la saison 5 lorsqu'il l'oblige à entendre ses fautes lors de sa rupture avec Riley; dans le pilote de la saison 4, Donna, excédée, rabat de manière sensationnelle le caquet de Josh et Toby confrontés aux réalités de la vie des citoyens. Et ces exemples ne sont que les plus marquants parmi toute une flopée...


-Spike, Toby, Sawyer: les cyniques: ils sont mordants, supérieurement intelligents, taciturnes, toujours ou presque en conflit avec quelqu'un, parfois insupportables, mais ils apportent à leur série ce sursaut de bonne humeur et d'humour noir avec leurs réparties assassines qui font toujours mouche...et leur coeur gros comme ça à peine caché. Mmauvais? oui certainement, du moins en partie, blasés sur le genre humain qu'ils dominent très souvent (au sens strict et symbolique pour Spike, intellectuel pour Toby, rusé pour Sawyer), mais souvent beaucoup plus altruistes qu'ils ne le laissent voir (ou qu'ils ne le veulent eux-mêmes): Sawyer se révèle un excellent meneur d'hommes qui paye de sa personne lors des sauts dans le temps au début de la saison 5, après la mort de Buffy Spike continue d'aider le gang et de s'occuper de Dawn au début de la saison 6, malgré sa disgrâce et son amertume Toby donnera quelques bons tuyauts à Josh dans la saison 7. Avec eux on sait au moins une chose: il y aura toujours un bon mot, et dans des séries telles que celles-ci celà évite merveilleusement le facile écueil de la noirceur "lourde"...


-Giles, Léo, Sayïd: les pragmatiques: utilitaires, protecteurs à la discipline militaire, ces personnages sont rassurants mais parfois très antipathiques...et cette ambigüité est de plus en plus soulignée à mesure que la série avance. Malheureux en amour, ils sont souvent le point d'appui objectif le plus sûr car ils ont la capacité de raisonner très vite, très froidement et très bien. Souvent mentors du personnage central (strictement pour Giles et Léo, au niveau sécuritaire pour Sayïd) ils sont ceux vers qui à la fois le public et les autres personnages se tournent le plus facilement en cas de coup dûr et une sécurité objective pour le début de la série, lorsqu'il faut "retenir" le public en quête de repères. Militaires? oui: Giles et Sayïd sont stricto-sensu les chefs d'Etat Major du groupe, Léo _ancien militaire_ dirige son équipe avec une main de fer et une efficacité redoutable. Pourtant, au fil de la série, ces personnages seront mis à mal à la fois par les autres prsonnages et le public qui verra leur part d'ombre éclater extrèmement violemment: Giles assassine froidement Ben à la fin de la saison 5 puis devient presque inhumain dans la saison 7 en manigançant tout d'abord l'assassinat de Spike puis en abandonnant Buffy à l'aune de la bataille (par jalousie selon certains); Léo met complètement Josh sur la touche sans aucun sentiment au début de la saison 5 puis s'oppose vertement au Président quand au conflit israelo-palestinien avec des arguments détestables avant de tenter sans-cesse d'arrêter la candidature de Matt Santos (jalousie vis à vis de Josh?..); Sayïd bascule complètement du côté obscur de la force dans la saison 5, tire sur un enfant de dix ans puis sur tout ce qui s'oppose à lui, va jusqu'à considérer Kate au mieux comme une quantité négligeable. Néanmoint tous connaitront une certaine rédemption, et ce chaque fois grâce au personnage central: Buffy oubliera ses griefs et les deux se battront ensemble, Josh prposera à Léo qui l'acceptera de faire campagne aux côtés de Santos pour être vice-président, Sayïd se raccrochera toujours à Jack qui ne le laissera jamais tomber et...



Nous avons donc affaire à trois rôles extrèmement semblables dans le schéma narratif de chaque série. Nous pouvons donc, au vu de ces divers éléments, nous poser quelques questions capitales: comment ont-elles tenu aussi longtemps en n'égarant que peu de public? les fans de la première heure ont-ils été récompensés? les ressorts émotionnels touchant à l'inconscient sont-ils comparables? Il y a plusieurs dimensions à ces questions, qui vont dans les deux sens, mais les dissocier totalement serait à mon avis une erreur, ainsi que je vais tenter de l'expliquer...
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 Message Posté le: Mer 20 Mar 2013 - 19:20    Sujet du message:
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Des "crans de sûreté"...



Comme toutes les séries "populaires" nos trois fantastiques ont à leurs débuts de nombreux ressorts dramatiques objectifs qui les "tiennent", qui les empêchent de s'égarer dans les affres de leurs multiples possibilités. C'est en particulier vrai pour leur saison 1 mais certains tiennent beaucoup plus longtemps. Ces ressorts sont là pour fidéliser un maximum de public et aussi pour offrir des "portes de sortie" au cas où la suppression d'une entrainerait une désertion massive du public (n'oublions pas que sur des chaines gratuites l'audience est un facteur capital et que faute d'audience la série doit vite se "relooker" ou être carrément annulée): ils correspondent aux codes objectifs des séries en question (les coulisses du pouvoir, la chasse aux vampires et la robinsonade dans les cas qui nous intéressent). Il est rigolo de constater à quel point, malgré leur génie intrinsèque (avec peut-être un petit bémol pour "Buffy" venue plus tôt et véritablement prisonnière de son image dans sa _courte_ saison 1), les débuts de ces séries sont marqués par ces codes, et à quel point elles s'y cantonnent en refusant obstinément de se dévoiler avant d'avoir pris un peu de "coffre" (comprenez de sucès d'audiance tel que les créateurs ont pu bénéficier d'une liberté de ton supérieure):


-dans "Buffy" la chasse aux vampires est orchestrée sur le mode du manichéisme basique et les vampires sont extrèmement religieux, le gang est réduit à son minimum, les épiodes sont très indépendants les uns des autres et les ressorts humains sentimentaux sont en fin de compte très simples et "basiquement adolescents"...
-dans "A la Maison Blanche" la vie privée et amoureuse des principaux protagonistes est extrèmement mise en valeur et frôle même la soap par moments (que ce soit le divorce de Léo, les amours de Sam, le jeu entre C.J./ et Danny ou la tumultueuse relation Josh/Mandy), les épisodes offent chacun une trame narrative très distincte, il n'est absolument pas question encore de campagne électorale, le Président est parfait ou presque...
-dans "Lost" la survie en groupe sur une île tropicale avec les ressources du bord demeure la problématique principale de tous les épisodes, la plage et les grottes sont des lieux classiques avec une telle base, les "Autres" sont très méchants, l'évasion est l'objectif principal, la fameuse trappe que découvrent Locke et Boone ne sera ouverte qu'à la toute fin de la saison...


Ces exemples sont tirés à chaque fois de la saison 1 de chaque série: bien évidemment il est impossible de les comparer objectivement vu que chacune a une trame narrative différente sensée rassurer le public; mais un ressort dramatique demeure commun à toutes: l'humour. Les réparties de Buffy, d'Alex, de Sawyer, d'Hurley, de C.J. ou de Josh (pour ne citer qu'eux) sont souvent à hurler de rire et topus les épisodes ou presque ont leur lot, de même qu'un certain comique de situation vient assez souvent pimenter le quotidien. Ce ressort-là tiendra, lui, beaucoup plus longtemps et ne sera supprimé (en fait uniquement abrégé) qu'au compte-gouttes...


...qui sautent violemment...


Beaucoup des ressorts dramatiques évoqués sont abandonnés au fil de la série, ce qui lui confère sa dimension unique. Les tout premiers offrent néanmoins la vision d'un coup de poker, d'un essai "en force" des scénaristes qui tentent le tout pour le tout pour répondre à une question nécessaire pour un tel projet: leur ambition trouvera-t-elle un bon écho de la part du public? ledit public sera-t-il séduit par la prise de risque ou désertera-t-il en masse, obligeant par là même la série à ne pas se "personnaliser" à outrance? Les premiers "crans de sûreté" à sauter étaient les plus handicapants scénaristiquement parlant: ils le furent donc dès la saison 2 (et jamais à la fin de ladite saison) de façon extrèmement brutale, comme un prisonnier se débarasse de ses entraves et les jette au loin, conscient des dangers de la liberté mais prêt à les braver. Le public demeuran très largement fidèle l'émancipation allait se poursuivre inexorablement, offrant aux "intellectuels" de plus en plus de grain à moudre, grain qui allait peu à peu donner le plus fabuleux des cafés...

illustrations:
-dans "Buffy", l'arrivée de Spike, vampire rebelle, change radicalement la perception des méchants, d'autant plus qu'il extermine de façon extrèmement violente et radicale la clique religieuse issue de la saison 1: finies les bibles maléfiques et autres: place au cynisme punk (beaucoup plus attachant) et aux méchants imprévisibles et ambigüs...
-dans "A la Maison Blanche", un épisode voit Toby et Léo totalement surpris par une manoeuvre des Républicains: ils leur déclarent donc la guerre bien que la campagne présidentielle soit encore loin. La politique politicienne fait une entrée fracasssante dans la série: finis les consensus et les adversaires-alliés: la bataille idéologique a vraiment commencé...
-dans "Lost" la découverte de ce qu'il y a sous la trappe stupéfie et les personnages et les spectateurs: désormais la survie basique sur une île n'a plus lieu d'être: le confort matériel s'invite, l'abondance aussi, de même que les techniques scientifiques ultra-sophistiquées et le fameux projet Dharma: inutile de dire le nombre fabuleux de portes que celà ouvre...


...vers une intrigue arborescente...

Plus ces séries avancent plus les intrigues se démultiplient ainsi que les thématiques abordées. Ces intrigues s'entremêlent, se croisent, parfois se télescopent, en tout cas la densité que toutes ces séries atteignent en peu de temps créent en plus de l'ambiance générale très reconnaissable un univers dense, complexe, réaliste au niveau des rapports sociaux ou humains. Comprenez bien ce que je veux dire par "réalistes": ici nous avons affaire à des séries et non à des documentaires (la valeur documentaire empiète souvent sur la lisibilité primaire: les séries qui sont à la fois réusies et qui ont cette visée sont forcément les "estampilles HBO" ["Rome", "Sur Ecoute", "Mad Men", En Analyse", etc...]) et je parle conséquemment en terme de crédibilité des réactions mais ceci est un postulat qui s'étend à tous les arts vivants: pourquoi croyez-vous que "Le roi Lear" de Sheakspeare soit aujourd'hui considéré comme LE chef d'oeuvre du théâtre? Est-il réaliste objectivement? bien sûr que non! mais les personnages sont tellement justes dans leurs rapports que tout le monde se moque de la présence d'un roi de France dans l'Antiquité: voilà en quoi le réalisme dramatique diffère radicalement du réalisme scientifique (ce que beaucoup de critiques, en particulier en France, ne conçoivent pas ou pas assez) et permet à la fois de rêver la politique ou d'inclure le surnaturel dans le monde réel... Nos trois séries s'épargnent pareillement le débat et plongent dans un monde complexe mais régi par les mêmes rapports humains où on ne sait jamais au fond qui tire les ficelles, qui a raison, qui se compromet, qui trahit (les personnages sont d'ailleurs souvent les premiers à l'ignorer)... Les groupes se caractérisent par une certaine idée de la communauté (un camp politique, une institution professionnelle ou une famille dans "A la Maison Blanche"; un âge, une hiérarchie ou un groupe de proches dans "Buffy"; un groupe de survivants, un projet philosophico-scientifique ou une mission sacrée dans "Lost") mais tous sont eux-mêmes subdivisés à l'infini et tous _et ce quelle que soit la série_ se rendent compte petit à petit que la seule vraie communauté qui existe...est en fait l'humanité et que les différences de vision sont simplement une question de coeur ce qui marque la différence entre collaboration intéressée et profond attachement personnel. Là est l'arborescence de ces séries, là est leur complexité qui ne cesse d'augmenter. Des doutes vus, de l'ambigüité de la conclusion de chaque épisode, le spectateur est amené à réfléchir, à ressentir, discuter, et il aime ça! il n'a pas besoin de se forcer! Ceci est également une explication au fait que l'humour baisse petit à petit sans perdre le public: le plus grand miracle de ces séries est bien qu'elles amènent naturellement le public à se poser des questions très profondes, voire à se remettre lui-même en question: elles parlent de la vie dans son sens le plus absolu (c'est montré explicitement dans "Lost"), et par là même elles créent un monde aussi complexe qu'elle...




...en récompensant les fans de la première heure


Il y a un besoin je pense inhérant à l'être humain sur le plan de la satisfaction morale: la reconnaissance. Celui-ci s'accentue au fil du temps et du coeur que lui-même met dans une relation: plus il en donne, plus il a besoin d'en recevoir: de ce besoin naissent les sentiments comme la jalousie, la passion, la haine, l'adoration, etc... "Mais attend une minute mon grand; me dites-vous; Nous parlons ici de simples séries télé et tu nous parles d'amour: tu ne trouves pas que tu y vas un peu fort?.." C'est possible, mais regardez-vous, regardez autour de vous: quand vous allumez votre télé, quand vous vous fixez devant un programme et que vous interpelez les personnages (quoi? ça ne vous est jamais arrivé? c'est celà oui...) ou quand vous allez à un spectacle ou un concert, que vous affichez les photos de vos idoles, que vous demandez des autographes: vous appelez ça comment vous? Dans le spectacle vivant (théâtre, chanson, musique...) c'est plus évident car le rapport est plus direct. Ca ne date d'ailleurs nullement d'aujourd'hui: le compositeur Frédéric Chopin (XIXè siècle) faisait hurler les jeunes femmes pendant des représentations, s'évanouissait sur scène et envoyait des mèches de ses cheveux (ou de ce qui semblait être de ses cheveux...) à ses fans, et ce n'est qu'un exemple parmi toute une flopée. Le rapport entre un artiste et ses fans est tel qu'il en devient parfois exessif, en particulier quand l'artiste s'investit à fond dans ce qu'il donne à son public. Le chanteur Joe Dassin disait ceci: "Je pense que les artistes de scène ratent en général leurs histoires d'amour car ils se figurent qu'il est plus intense d'aimer un public que de dire "Je t'aime" dans une chambre." Molière a joué agonisant, Dalida chantait qu'elle souhaitait "Mourir sur scène"; dans le sens contraire regardez les images de détresse des fans lors de la mort d'un Elvis Presley, d'un Michael Jackson, d'un Claude François ou d'un James Dean... Ces exemples sont certes carricaturaux mais on a tous en nous un côté "Groupie du pianiste", d'ailleurs regardons un peu quelques extraits du texte de Michel Berger: "Il [le pianiste] a des droits sur son sourire, elle [la groupie] a des droits sur ses désirs". Derrière un écran ce rapport est plus subtil, mais dans le cas de la série télé il acquiert une énorme intensité dûe précisément au fait que nous la suivons pendant des épisodes, des heures, voire des années si on la prend dès sa première diffusion: autant on peut accepter l'oubli objectif de l'origine dans le cas d'un film ou d'une saga cinématographique (les personnages évoluent, le temps est néanmoins beaucoup plus court, les autres peuvent facilement rattrapper le coup...), autant pour une série c'est plus pénible: eh! il y a une certaine fierté inhérante aux fans qui se considèrent subtilement comme des amants de leur série (et pas seulement des personnages). Quand une série dure, les fans de la première heure ont besoin d'être considérés comme les "vrais" amants. Mais d'un autre côté quand la série évolue de façon aussi forte que nos trois fantastiques cette "exigence amoureuse" est très difficile à assumer... C'est pourtant ce que firent ces trois séries, et mieux encore: elles le firent tellement subtilement, tellement délicatement, que ces marques d'amour furent encore plus belles car elles donnèrent l'impression de ne pouvoir être vues ou vraiment comprises que par les "vrais" fans: une sorte d'edelweiss dont seul l'amant avait vu la falaise d'où il était issu et a mesuré l'effort qu'il a fallu à la série pour le cueillir et l'offrir sans perdre la face ni sombrer dans le mélodrame. Citons-en quelques-unes: dans "Buffy": le personnage d'Amy qui apparrait très brièvement mais de façon récurente, le retour au lycée, le départ dans les couloirs avant l'ultime combat; dans "A la Maison Blanche": le démontage du bureau de Bartlett, le dernier conseil de Léo que C.J. transmet à Josh et surtout le retour de Sam; dans "Lost" la visite dans l'ultime saison de tous les lieux forts sentimentlement, certains "flashs" es personnages (pas question d'en dire plus ici Wink ...), la ventoline de Shannon retrouvée par Jack et Hurley, l'ultime image... Tendresse, fidélité, nostalgie, ces moments font pensr à un dîner en tête à tête que ces série offrent à leurs fans de la première heure: seuls eux auront leur chandelle et leur bouteille de champagne, les autres savoureront le repas mais ne termineront pas dans l'intimité de la chambre à coucher...
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 Message Posté le: Sam 23 Mar 2013 - 0:59    Sujet du message:
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Avertissement:

Les messages que je posterai ces prochains temps ne sont pas destinés à tous les yeux. Depuis plusieurs jours je réfléchissais au meilleur moyen d'amorcer la conclusion de cette analyse comparative mais je me suis heurté à une impossibilité: ce que j'ai à dire rentre désormais dans les profondeurs de l'intrigue voire des images mêmes de ces séries, et je n'ai pas trouvé comment faire pour être assez explicite en restant dans l'allusion. Je spoilierai donc de façon ndigne ces séries: c'est le seul moyen pour achever ce que j'ai commencé; et je demande donc une faveur à vous, lecteurs: si vous ne connaissez pas ces séries et si vous avez envie de les découvrir par vous-mêmes ne lisez pas ce qui va suivre, en particulier les derniers chapitres qui vont spoiler le final. Et cette demande s'adresse particulièrement à ceux qu voudraient découvrir "Lost" (à la rigueur ce serait moins gênant pour "The West Wing"), car j'enfreindrai une règle absolue de tout lostie _ce que je ne fais jamais dans une conversation_. Pardon donc d'avance etsi vous voulez m'accompagner jusqu'au bout...à très prochainement (prendre cette décision a été beaucoup plus pénible que de trouver un plan cohérent)...
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 Message Posté le: Mar 26 Mar 2013 - 5:13    Sujet du message:
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Une histoire de groupe et d'amitié




A-travers et au-delà des conventions du genre ces séries racontent une expérience humaine. C'est le cas de beaucoup d'autres me direz-vous mais il y a dans ces trois-là une certaine dimension de surprise dûe à la thématique de base: chasse aux vampires dit plutôt baston contre les méchants (avec une armée plus qu'un vrai groupe d'amis), robinsonade dit survie et découverte d'un lieu (sans parler de l'importance que prend l'île en elle-même très rapidement), politique dit gouvernement d'un pays. Pour comparer avec d'autres: "Friends" parle dans son intitulé même d'un groupe d'amis, "Les Soprano" mettant en scène la Mafia la question d'amitié et de loyauté est forcément et obligatoirement au centre des débats, il n'y a pas de thématique d'amitié dans "Oz" ou "Sur Ecoute" même s'il y a des amis ou des groupes d'intérêt, etc... Pour forger ces amitiés ces séries ont utilisé un processus graduel en trois temps _très différencié dans "Buffy", beaucoup plus étroitement lié dans "Lost". Détaillons-le un peu:


-étape 1: l'aventure: le lancement primaire de ces histoires humaines est une épreuve commune, une aventure partagée en commun. Dans "Buffy" la tueuse trouve un groupe connaissant son identité dès le premier épisode et qui, en parallèle du lycée, va l'aider à affronter les vampires et autres monstres (car c'est un bon moyen d'avoir un petit jardin secret [métaphore de l'adolescence] et que c'est à la fois utile et fun); dans "A la Maison Blanche" un flash-back de la saison 3 nous montre comment l'équipe s'est trouvée dans l'aventure Bartlett, petit à petit, parfois au feeling, et a décidé d'y aller (l'exemple le plus carricatural étant la rencontre extraordinaire de Josh et Donna); dans "Lost" l'aventure est extrèmement claire: le groupe a survécu à un crash d'avion et va devoir se supporter et survivre.
Voilà ce qui a créé le groupe au départ: rien de plus qu'une certaine idée inconsciente de la nécessité, parfois teinté d'un gout de l'aventure. A noter aussi qu'il a certaines amitiés antérieures: dans "Buffy, Alex et Willow sont amis depuis l'enfance; dans "A la Maison Blanche" Josh et Sam sont des amis de longue date (et beaucoup d'autres se connaissent et se respectent); dans "Lost" la narration est un peu différente: reprenant un principe de "Twin Peaks" et le complexifiant à l'extrème la série a fait se rencontrer d'une certaine manière TOUS ses personnages dans leur passé. Mais à la base seule l'aventue commune relie réellement ces personnages les uns aux autres...


-étape 2: l'épreuve: pour lier de façon plus solide ce groupe ces séries leur donnent une épreuve morale très dûre à surmonter, épreuve qui révèle leur solidité. C'est à cette épreuve que commence "A la Maison Blanche": Josh est menacé d'être viré et tous vont faire de leur mieux pour l'aider à s'en sortir (on notera que son meilleur ami, Sam, sera inefficace car trop affecté émotionnellement...et qui commettra conséquemment [en partie] une grosse bourde); dans "Buffy" l'épreuve conclut la saison 1: c'est l'annonce de sa future mort à l'héroïne que tous ses amis tenteront d'empêcher...et y réussiront finalement (même si elle mourra pendant une minute); dans "Lost" l'épreuve est plus étroitement liée à l'aventure mais découle d'un processus trop long pour ne pas les différencier: après avoir découvert que les secours n'allaient pas se pointer avant longtemps les survivants décident de rendre un hommage aux morts et de brûler les corps qui attirent les sangliers: tous sont donc confrontés à la mort et mettent un vécu sur les noms et les cadavres: une rude épreuve qui les réunit en face de leur destin commun...


-étape 3: le deuil: pour forger le groupe dans le marbre il faut lui faire surmonter l'épreuve ultime: le deuil. Toutes ces séries font mourir un personnage important (et même principal dans le cas de "Lost") qui place le groupe face à lui-même: le fait qu'il le surmonte, voire qu'il s'en serve pour avancer, le campe définitivement dans une union d'où il ne sortira plus malgré les épreuves nombreuses qu'il traversera par la suite. Dans "A la Maison Blanche", à la fin de la saison 2, les conseillers du Président se sentent trahis après qu'ils aient appris sa maladie et son mensonge à leur égard, mais la mort brutale de mme Landingham les ressoude soudain et leur donne une foi supplémentaire pour soutenir le Président jusqu'au bout de son choix...qui se révèlera être sa décision se de représenter à la future élection; dans "Buffy", également dans la saison 2, la mort de Jenny Calendar amorce d'une part le duel inévitable entre Buffy et Angel et soude le groupe dans le deuil et la douleur partagée: ils vont se soutenir sans y penser, démontrant à ceux qui en doutaient l'amitié et l'attachement qui les unissent (c'est important vis à vis de Giles qui se retrouve pour la première fois dans l'obligation d'être aidé et soutenu alors qu'il était jusque là un peu le mentor omniscient: ils l'aimaient vraiment pour ce qu'il était et pas seulement pour la sécurité qu'il représentait...); dans "Lost" c'est un choc plus rude encore qui attend et le groupe et les spectateurs à l'épisode 20 de la saison 1: la mort du si gentil, si serviable et si profond Boone: celà amorce pour la première fois l'afffrontement Jack/Locke, le groupe construit un cimetierre et se retrouve dans la douleur partagée de la mort de cet enfant que tous appréciaient énormément (Shannon, qui n'avait pas réussi à se sortir de l'amour passionné _et incestueux_ qu'elle lui portait, entamera son chemin de croix qui s'achèvera logiquement par sa propre mort dans la saison 2).

Ces groupes d'abord intéressés vont donc petit à petit être confrontés à des épreuves testant leur profondeur et leur sincérité: tous les passeront...amorçant insidieusement la thématique profonde même de ces séries, qui sont d'abord et avant tout des aventures humaines où les rapports entre les personnages sont le vrai fil conducteur dramatique...
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 Message Posté le: Jeu 28 Mar 2013 - 1:09    Sujet du message:
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Les derniers obstacles



Le final de ces séries, pour émouvant qu'il soit, est néanmoins optimiste pour nous qui les regardons. Pour amener à ça les drames et les remises en question affluent tout au long. Pour prendre deux exemples il y a dans "Lost" et "Buffy" un épisode basé sur la folie (un personnage est persuadé que son aventure n'est pas réelle) dont la trame est une remise en question de l'ensemble de la série (cette question se posant précocement dans "Lost" l'épisode en question arrive rapidement [saison 2, avec Hurley en première ligne]; dans "Buffy" il se situe dans la tragique saison 6 et se conclut par une vraie interogation sur le sujet): les personnages s'en sortent toujours. Comment? Grâce à l'amour (dans "Lost") ou à l'amitié (dans "Buffy"): grâce, encore une fois, à l'autre. La trame du mensonge comme obstacle est également très développé: dans" Lost" tous les personnages mentent et ont été victimes du mensonge, mais la folie n'est jamais loin quand parfois le mensonge devient tel qu'il est cru par le menteur lui-même, et cette limite ambigüe sert de trame à l'épisode de la saison 7 de "Buffy" où Andrew doit affronter ses crimes pour conjurer un sort (il essaie de croire en ses mensonges, et ce faisaon ne parvient qu'à s'enfoncer encore plus), et de façon plus évidente encore dans la saison 2 d'"A la Maison Blanche" où Josh se cache à lui-même l'étendue de sa panique et doit faire un véritable effort sur lui-même pour comprendre l'origine véritable de sa blessure à la main. Dans ces deux cas une aide extérieure est nécessaire (cruelle dans le cas d'Andrew à qui Buffy force la main en le mettant physiquement face à la mort qu'il a causé, beaucoup plus affectueuse pour Josh que Léo et Donna conduisent délicatement vers la sortie [avec en conclusion une magnifique phrase de Léo quand à l'aide nécessaire pour se sortir du trou]), mais à chaque fois les personnages s'en sortent parce que précisément ils acceptent leur impuissance; cette thématique est poussée très loin dans "Lost" via le personnage de Ben mais il y a ici une ambigûité de fond car la manipulation est omniprésente, et finalement c'est sur leur valeur intrnsèque que les personnages se mentent (la tragédie de Michael est caractéristique, qui ressemble à un pendant négatif du Président ou de Léo dans "A la Maison Blanche" ou de Buffy ou Spike dans "Buffy": se croyant moralement supérieur aux autres il devient un traitre sans rédemption possible [on notera par ailleurs la ressemblance avec Toby...sauf que pour ce-dernier la conclusion est moins absolue et donc plus optimiste). Le principal obstacle que rencontrent tous ces personnages n'est donc pas leurs adversaires, que ce soit le monstre, les Républicains, les vampires ou autres: l'Adversaire qu'ils ont tous, c'est eux-mêmes: leur part d'ombre (cruellement illustrée dans "Lost" et "Buffy", plus abstraitement dans "A la Maison Blanche" mais avec une athmosphère générale encore plus délétère), leurs hésitations, leurs doutes malvenus, leurs maladresses. C'est en les affrontant et en réussissant à les vaincre que l'optimisme général triomphera, et c'est en grande partie pour ça que ces séries abordent toutes _à divers niveaux_ la thématique de la rédemption et de la sortie de l'eau (qu'elle soit personnelle, politique [dans tous les sens du terme] ou les deux)...
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