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Mr. Jack Disciple de Kant


Inscrit le: 18 Avr 2004 Messages: 6502 Localisation: A l'intérieur de mon sac
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Posté le: Lun 19 Mai 2008 - 23:01 Sujet du message: |
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Oh mon dieu...le dernier épisode est monstrueux, un des meilleurs que j'ai vu
toutes séries confondues, j'ai pas de mots pour le décrire...
Et maintenant j'en suis sûr, ça s'impose bien comme une énorme réference pour
moi, qui dépasserais même Kojima avec Metal Gear Solid...
Pfff, je suis sur le cul...3 épisodes, c'est court, mais au moins, la qualité
ne faiblit pas et on termine en beauté, et c'est peu de le dire...
Enfin je pourrais user de superlatifs des heures, ça avançerait pas à grand
chose, mais tout est tellement parfait là dedans...
Quand je vois à quel point Littel s'est renseigné, et rend compte de la Guerre
Froide d'un tel réalisme...
Puis c'est pas pour autant dénué de fond. Il y a vraiment un message là
dedans, sur le combat du capitalisme contre le communisme, la lutte des
pouvoirs, ce jeu de miroirs et mensonges...
Le personnage d'Angelton résume parfaitement la chose: "We are lost in a
jungle of mirrors".
Ses répliques cultes fusent d'ailleurs, notamment quand il parle du monstre
tyrannique que sont devenus les USA, où la CIA finit par être l'ombre
d'elle-même: à force de vouloir combattre les espions, elle finit par se faire
avoir à son propre jeu.
Les dialogues sont superbements écrits, je me demande si certains sont tirés
du livre, puisqu'il y a une réelle qualité littéraire là dedans, ça en dit
beaucoup, mais les mots ont vraiment un poids, tout en gardant leur allusions
historiques ou métaphores.
D'ailleurs ce personnage d'Angelton est merveilleux, et un grand bravo à
Michael Keaton qui livre là sa plus grande performance, je le dis sans
hésiter...pfff j'ai du mal à m'en remettre
C'est le portrait parfait du capitaliste obstiné dans sa quête du
contre-espionnage, qui a passé toutes ces années à traquer Sasha (au passage,
excellente la scène où il explique comment il l'a traqué pendant l'épisode 1
et 2 ),
puis qui finit par trouver le coupable en refusant que ça puisse être
quelqu'un d'autre...et même quand ce coupable est innocenté, il y croit
tellement qu'on se demande s'il n'a pas perdu sa tête...
Qui faudrait-il croire ? Accepter et se rendre à l'évidence que le suspect
n'est pas Sasha, ou pousser ses convictions jusqu'au bout car c'est le seul
moyen d'emporter la bataille.
Vraiment énorme cette scène où Keaton dit au mec "Je sais que c'est toi
Sasha". Puis après que personne ne le croit, et qu'il montre comment les
russes font de la désinformation pour pousser les américains à croire que ça
n'est pas la taupe...
Bref, un modèle d'écriture vraiment, je crois que j'ai plus qu'à sauter sur le
bouquin et à me revisionner le tout...
D'autant plus que le rendu visuel n'est pas du tout mis de côté. La réal' est
toujours aussi impec' (le plan final avec la balle de golf...), la restitution
et les références historiques évoluent avec brio au cours de ces 40 ans, et
puis contrairement à ce que je pensais au second épisode, là le vieillissement
des personnages est vraiment très bien marqué (Keaton, O'Donnel...). On sent
vraiment le côté fresque, les évenements se succèdent (Budapest, Cuba, Berlin,
la chute de l'URSS...) et pourtant, on garde ce même fil rouge, et on ne peut
que constater, désabusé que les choses (et les pays ont changés), qu'au cours
de ces années, on s'est tellement entêtés dans cette lutte des valeurs qu'on y
a perdu la stabilité...
C'est réellement une très belle et très troublante réflexion sur le grand
rouage américain face au monstre soviétique, sans pourtant se résumer au thème
du nucléaire et délivrer un point de vue manichéen. On aborde l'ensemble des
facettes et des polarités du commencement jusqu'à l'issue de la Guerre Froide
(qui n'a pas qu'un peu marqué le 20ème siècle et qui a encore son impact
aujourd'hui...), et c'est sans doute ce qui crée l'envie de poursuivre cette
mini-série minute après minute.
Et malgré tout, il n'y a pas ce côté roman-fleuve lassant, on reste accroché
aux mêmes personnes, qui restent eux-mêmes, même qui perdent un peu
d'eux-mêmes, alors que le monde change et que si la Guerre Froide n'a pas
détruit matériellement, elle a détruit intérieurement.
C'est sans doute ce qui a donné à Elstine l'occasion de renverser le
communisme de l'URSS, qui ne s'était pas assez rendu compte de ce
bouleversement majeur...
En tout cas je conseille fortement The Company. Même si le début est complexe
(mais à ce moment là, on se dit que le plaisir sera là au revisionnage), on se
laisse envahir par cette grande traque au cours de l'Histoire qui finallement,
s'avère plus être une traque contre soi-même plutôt que contre l'ennemi.
J'ai d'autant plus apprécié le fait que ça ne se finit pas sur un gros cliff
(et pourtant ça n'a pas manqué cet épisode...) mais sur une vision assez
perplexe mais optimiste en même temps, qui nous permet de prendre un peu de
recul sur les choses...
Et quand on voit que le temps n'a pas dévasté l'amour de Yevgeny envers celle
qu'il aimait, mais qu'ils acceptent que toute cette lutte inutile à espionner
était une perte de temps, je trouve ça assez beau et profond, ça va au-dela de
la taupe qui s'entête à adorer Mère patrie à et vanter les mérites du
communismes et de l'holocauste nucléaire...
Je dirais pas que ça change notre regard sur le monde proto-1991, mais ca nous
emmene plus dans la complexité de cette dimension à effet mirroir justement,
et je crois pas qu'aujourd'hui, malgré le terrorisme, Al Qaïda et tout le
reste, on puisse vraiment se rendre compte de ça...
Sautez dessus en tout cas, vous ne pouvez pas le regretter  _________________ Fan-fiction Operation Crepuscule:Terminée
Fan-fiction Operation Aurore Boréale:Terminée
Fan-fiction Opération Eclipse : Terminée
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Amador27 Président(e) des Etats-Unis


Inscrit le: 22 Nov 2006 Messages: 1806 Localisation: Baltimore
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Posté le: Mar 20 Mai 2008 - 14:23 Sujet du message: |
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Tu as vu seulement 3 épisodes Mr.Jack?
Il y en a 6 non?
Sinon excellente série que je conseille vivement.  _________________
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Mr. Jack Disciple de Kant


Inscrit le: 18 Avr 2004 Messages: 6502 Localisation: A l'intérieur de mon sac
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Posté le: Mar 20 Mai 2008 - 15:46 Sujet du message: |
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| Amador27 a
écrit: | Tu as vu seulement 3
épisodes Mr.Jack?
Il y en a 6 non?
Sinon excellente série que je conseille vivement.  |
6 pour le découpage français (6x40mn), or j'ai vu les épisodes diffusés sur la
TNT américaine, donc 3 épisodes de 1h20, puisque le découpage est différent.
D'ailleurs j'évoque la toute fin avec la balle de golf: the game continues...
 _________________ Fan-fiction Operation Crepuscule:Terminée
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Heller The Killer Agent de la NSA


Inscrit le: 11 Nov 2007 Messages: 626 Localisation: En tournée avec la P-Funk Family
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Posté le: Mer 25 Juin 2008 - 19:22 Sujet du message: |
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Un seul mot me vient à l'esprit : FORMIDABLE !!!
Je précise que je n'ai vu pour l'instant que les 2 premiers (le 3ème étant le
meilleur apparemment ) mais je suis totalement conquis.
La
première impression :
Elle a été totalement singulière pour moi. Pour une simple raison : le
générique d'intro... unique. Ici, pas d'image tirées des séquences de
tournage. Plutôt une animation de dessins en noir et blanc, genre crayons à
papier. Et plutôt oppressante... brrrrr... Donc,
première seconde de visionnage : il y a deux lapins dessinés sous un torrent
de pluie et de vent, les éléments s'acharnent, bref, c'est pas la joie pour
les 2 ptis lapinous. Puis, plan plus large. Je vois une fusée qui décolle
quelques centaines de mètres derrière eux. Les 2 léporidés fuient cet endroit
hostile de toutes parts, et se réfugient dans un endroit bien étrange, un
terrier creusé dans le coin d'un renfoncement de terre qui n'a rien de
naturel, puisqu'il est parfaitement carré.
Changement d'ambiance, vue de loin sur une ville, de nuit. Plan, à
l'horizontal, je vois juste des buildings qui dépassent. Depuis le début, la
musique, sobre mais inquiétante, presque apocalyptique , et
l'enchaînement saccadé (décalé ?) des planches de dessin offrent une
impression qui met tout de suite dans l'ambiance. Une ambiance pas franchement
gaie.
Ce tableau se complète par une ogive qui fonce, à toute berzingue, en plein
milieu de l'écran, donc de la ville. Je comprends alors que ce n'était pas une
fusée. Puis l'image d'horreur du champignon atomique que nous connaissont
tous, se présente devant mes yeux enchantés. Enchantés car malgré la moiteur
des images et l'ambiance glauque à souhait, il y a beaucoup de sobriété, de
finesse et d'élégance dans tout ça, y compris cette explosion, qui se
transforme petit à petit en vrai champigon dans un champ . Puis la voix
off d'une femme à la voix étrange :
"How do you know i'm mad ?" said
Alice. "You must be", said the cat, "or you wouldn't have come
here."
Bref, ce début c'est le gros trip !! mais ça passe trop bien . Le passage vers
le début de la première scène se fait ensuite, petit à petit, comme une sorte
de fondu entre les images (qui deviennent un livre), et les scènes tournées.
Ce début, c'est du grand art !! 45 secondes se sont écoulés, et je suis déjà
complètement emporté dans le truc.
Les
personnages :
Tous les personnages principaux de ce show sont merveilleux ! Criant de
réalisme, charismatique à mort, très bien construits, très bien joués etc...
Le nombre et la qualité des personnages fabuleux est impressionnant : Staric
Zhilov, le général du KGB, bon, dévoué envers son pays, sa famille ; James
Angleton, alias "Mother", chef du contre-espionnage à la CIA,
totalement parano et complètement décalé (Keaton, continue d'étonner) ;
Yevgeny Tsipin, agent russe, une personnalité honnête et sincère, un genre
d'homme que l'on voit rarement aussi bien dessiné qu'ici ; Jack McAuliffe, le
beau gosse de Yale qui devient espion, lui aussi très bien construit et très
bien joué, et y en a plein d'autres... mais surtout, Harvey Torriti (et pas
Torreti ), chef d'une antenne russe de la CIA à Berlin, alias "Le
Sorcier", le plus charismatique. Un gars respecté, qui a l'air d'avoir
roulé sa bosse, et aussi un alcoolique. Un physique excellent pour le rôle, un
accent et une voix géniaux, des réparties terrribles et un personnage
complexe, surtout quand on le voit à la fin du 2ème zod, on se dit qu'il sera
bien central dans l'intrigue globale. Mais ça n'y faites pas allusion s'il
vous plaît
.
Le
scénario :
Aucun faux pas dans le scénario non plus. L'ancrage dans la Guerre Froide est
total. Les évènements tels que la révolte hongroise avortée ou l'épisode de la
baie des cochons sont retranscrits avec une précision remarquable, un grand
soucis du respect historique. Et les personnages ayant réellement existé,
comme Angleton, ou Philby (le plus célèbre des espions russes), renforce cet
effet de vérité.
"Deceptions within deceptions,
moves behind moves..."
En ce qui concerne les opérations d'espionnage et de contre-espionnage, c'est
à dire l'essentiel de la série, ce sont des virtuoses de l'intrigue et du
suspence qui ont pondu ça. Des rebondissements bien amenés, bien dosés, une
histoire complexe aux nombreuses ramifications qui parvient miraculeusement à
paraître limpide au spectateur. Pour moi qui suis fan de Tom Clancy, j'avais
vraiment l'impression de revivre certains des moments magiques du
"Cardinal du Kremlin" ou de "Sur Ordre" ! Bref, je suis
comblé...
Vite, le troisième !!!!!!  _________________
 "We're knights of the Round Table, our shows are formidable" |
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The Dob Agent de la NSA


Inscrit le: 08 Déc 2003 Messages: 626
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Posté le: Jeu 26 Juin 2008 - 13:04 Sujet du message: |
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| Heller The Killer a
écrit: | Vite, le troisième
!!!!!!  |
Malheureusement il n'y a que 6 épisodes mais c'est peut-être le prix à payer
pour avoir des épisodes d'une telle qualité et d'une telle épaisseur.
Quant au 3ème qui se passe en Hongrie, c'est effectivement un épisode énorme |
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Heller The Killer Agent de la NSA


Inscrit le: 11 Nov 2007 Messages: 626 Localisation: En tournée avec la P-Funk Family
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Posté le: Jeu 26 Juin 2008 - 14:34 Sujet du message: |
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Le 3ème = le dernier pour moi, car j'ai maté les zods dans le format
original... _________________
 "We're knights of the Round Table, our shows are formidable" |
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Mr. Jack Disciple de Kant


Inscrit le: 18 Avr 2004 Messages: 6502 Localisation: A l'intérieur de mon sac
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Posté le: Jeu 26 Juin 2008 - 15:20 Sujet du message: |
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D'ailleurs concernant Angleton, je recommande le bouquin James Angleton, le
contre-espion de la CIA, aux éditions Nouveau Monde par Gerard Arboit, et ce
qui est remarquable, c'est qu'on retrouve Keaton dans chacune des descriptions
visuelles du personnage, signe fort de son talent incommensurable
Au passage Heller the Killer, tu te souviens quand Keaton alias Angleton
évoque la face cachée des miroirs ? _________________ Fan-fiction Operation Crepuscule:Terminée
Fan-fiction Operation Aurore Boréale:Terminée
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Heller The Killer Agent de la NSA


Inscrit le: 11 Nov 2007 Messages: 626 Localisation: En tournée avec la P-Funk Family
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Posté le: Jeu 26 Juin 2008 - 17:21 Sujet du message: |
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| Mr. Jack a
écrit: | | Au passage Heller the
Killer, tu te souviens quand Keaton alias Angleton évoque la face cachée des
miroirs ? |
Euh, comme ça non, mais si c'est dans le 3ème c'est normal  _________________
 "We're knights of the Round Table, our shows are formidable" |
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Mr. Jack Disciple de Kant


Inscrit le: 18 Avr 2004 Messages: 6502 Localisation: A l'intérieur de mon sac
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Posté le: Jeu 10 Juil 2008 - 23:37 Sujet du message: |
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J'apprécie toujours autant l'épisode 1 après le premier revisionnage, et
encore, c'est un faible mot. Comme je le pensais, c'est encore meilleur de le
revoir en se rendant compte de tous les détails parsemés durant ces 1h20, et
la richesse ne se dévoile que plus qu'auparavant.
Pour moi qui suis passioné de la Guerre Froide, de la CIA, d'Angeleton...je
suis pleinement ravi avec cette série, je ne pouvais pas espérer mieux.
Restitution fidèle de l'époque, détails historiques fourmillants, personnages
d'envergures (Torriti est vraiment énorme !),bande son fantastique qui mélange
ces thèmes sombres d'espionnages aux musiques d'opéras...
Vraiment, quand je dis que je ne peux pas espérer mieux, c'est le cas. Et
pourtant, c'est bien loin d'être dénué de fond, même si bien sûr, le mérite
doit être avant tout porté à Littell. Le fait est que ce sujet mérite une
profonde réflexion qui est pour le moins bouleversante, on ne peut pas le
nier.
Ce n'est pas juste question d'évoquer cette lutte bien/mal (surtout que la
course à armement n'est même pas mentionée). Derrière, il y a vraiment des
interrogations fondamentales sur le système américain, sur le mécanisme du
renseignements modernes avec ses multiples facettes, et ce wilderness of
mirrors, la face cachée des miroirs comme disait Angleton.
Je pourrais en parler des heures tellement ce sujet est passionant, mais si
vraiment ça vous intéresse, lisez James Angleton, le contre-espion de la CIA
de Gerard Arboit, qui parle très bien de ce sujet. C'est bien plus complexe
qu'il n'y parait, et ce que j'apprécie dans The Company, c'est qu'elle
restranscrit bien cette complexité sans pour autant être une complexité
gratuite.
En fait ces dernières semaines, je me suis énormément documenté sur le sujet,
et je ne peux que constater qu'un bon nombre de ressources ont été utilisés
ici pour marquer une empreinte fidèle de l'histoire du renseignement et du
contre-espionnage, en partie marquée par la lutte CIA/KGB.
Par dessus tout, le pari réussi, c'est qu'on parvient à dédiaboliser les deux
camps, et que jamais, cette lutte ne prend l'allure d'un combat manichéen aux
yeux du spectateur. Ce n'est pas forcément l'opinion des bureaucrates
américains bien sûr, qui voient l'URSS comme l'ennemi suprême.
Mais avant tout, et le personnage de Yevgeny le souligne assez bien, c'est une
question de système d'idées, d'illusions, de tromperies (deception en anglais,
assez révélateur comme traduction) et d'idéaux qui se révèlent être des
utopies. Bref, l'Amerique est victime de ses propres engrenages, sans qu'il
n'y ait de victimisation pour autant.
Changer le monde, c'était quand même l'ambition qui a soulevé les peuples à
cette époque. Aujourd'hui ça peut paraitre ridicule, mais à l'époque, l'assise
et la suprématie des USA n'était pas encore jouée. Plus qu'une lutte des
puissances, c'était bien évidemment une lutte des idées, une divergence
d'opinions pour euphémiser.
A un moment, Azalia avoue que Staline est pire qu'Hitler. C'est bien pour
montrer que même si la Russie est un peuple uni, les désaccords existent, et
que même dans ce cas, la lutte pour restructurer le pays en vaut la
chandelle.
On aborde donc une multiplicité de points de vue à travers deux regards
fondamentalement différents, mais qui défendent chacun des arguments qui vont
bien plus loin que la vengence ou la quête du nucléaire.
et ce que je trouve par dessus tout intéressant, à titre de parenthèse, c'est
qu'à la base, la puissance (le nucléaire) n'est qu'un moyen en vu de la fin
qui consiste à affirmer son système d'idée, mais qu'au final, par cette guerre
silencieuse, de l'information, du miroir et des reflets, l'ambition majeure
devient alors la puissance et le luxe tandis que les idées ne semblent être
qu'un prétexte.
Bref, le sujet est vraiment vaste, si quelqu'un veut en discuter je suis
toujours partant. C'était juste pour dire The Company met remarquablement en
évidence les questionnements de l'époque, les enjeux, les doutes et les
échecs, l'échéance et les déchéances de ce moment déterminant de l'Histoire.
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Encore une petite parenthèse rapide.
Je réfléchissais au générique du début, avec la lapin qui court et qui plonge
dans son trou. Je me demandais pourquoi les auteurs n'ont pas plutôt utilisé
la taupe, ou encore le caméléon qui se camoufle.
La raison en est assez simple, et renvoi à Alice aux pays des merveilles, dont
une réference est faite dès la première ligne de dialogue de l'épisode 1.
Sur Wikipédia, voila comment la situation de départ est exposée:
Pourtant, lorsque Alice le voit sortir une
montre de sa poche et s'écrier : "Je suis en retard! En retard! En
retard!", elle se dit que décidément ce lapin a quelque chose de spécial.
En entrant derrière lui dans son terrier, elle fait une chute presque
interminable qui l'emmène dans un monde aux antipodes du sien
C'est une parfaite métaphore de la situation américains contre russes dans
cette guerre du renseignement. Les américains voient ce lapin, qui représente
l'information (la désinformation bien plus souvent), ou encore la taupe, enfin
tout ce qui s'apparente à la connaissance et à la convoitise de renseignements
secrets. Alice représente les américains, qui traque le lapin comme ils
traquent les russes et leurs informations.
En remarquant qu'elle est en retard, c'est-à-dire qu'elle cherche à tout prix
à disposer d'informations que les russes ont déja (normal vu que c'est eux qui
les ont mis au point, parfois fausses pour tromper l'ennemi). Mais elle voit
que ces infos sont spéciales, qu'il faut les suivre, les étudier et en
comprendre leur nature et leur intérêt.
Ainsi, elle suit le lapin dans son terrier, qui s'apparente bien souvent à un
guet-apens, un piège bâti sur la désinformation qui doit déstabiliser, puis
paralyser le système adverse.
La chute est interminable, si bien qu'au final, les Etas-Unis se perdent dans
ce wilderness of mirrors. Deceptions within deceptions, dixit Angleton. On
comprend que la chute ne se termine pas, puisqu'en cherchant à comprendre la
tromperie, d'autres tromperies apparaissent et le mécanisme du renseignement
se trouve face à un miroir que lui-même à créer par le contre-espionnage,
piège d'elle-même. Un pétrin dont elle peut difficilement se sortir.
Voila pourquoi les américains, particulièrement la CIA et le
Counterintelligence Staff se trouvent dans un monde inversé tout comme Alice,
encore plus troublés par les reflets des miroirs qu'ils ont malencontreusement
mis au point.
J'espère que je suis clair, mais j'aimerais bien avoir l'avis de certain sur
ce point, pour compléter ou pas ma théorie. _________________ Fan-fiction Operation Crepuscule:Terminée
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