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Fan-fiction de Mr. Jack S4: Opération Sombres Soleils
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Etes-vous satisfait de l'évolution de ma fan-fiction au fil des saisons ?
Oui (en partie parce que ca se rapproche plus d'un roman désormais)
75%
 75%  [ 3 ]
Non (en partie car ça s'éloigne de la fan-fiction et de l'univers de la série)
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A moitié, car certains points peuvent rebuter, comme la longueur des épisodes par ex.
25%
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Peu importe, je m'y suis habitué et je n'y prête pas attention
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Total des votes : 4

Auteur Message
Mr. Jack
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 Message Posté le: Mer 23 Juil 2008 - 2:12    Sujet du message:
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L'épisode 2 devrait être terminé dans peu de temps, peut-être demain.

J'avais quasiment tout écrit il y a une semaine mais j'ai pas eu le temps de poursuivre depuis, et je m'y remets demain Wink

J'attends toujours autant vos avis, et j'espère qu'il y a d'autres lecteurs assidus hormis Didouche (d'ailleurs merci de me suivre depuis le début) Smile

Puis je sais qu'il y a moins de monde en raison des vacances, mais n'hésitez pas à voter au sondage Wink
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Mr. Jack
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 Message Posté le: Sam 26 Juil 2008 - 20:10    Sujet du message:
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L'épisode 2 est achevé, mais il me reste à le relire et je ne suis pas là jusqu'à demain soir donc je posterais à mon retour Wink

Il y a souvent quelques fautes qui peuvent paraitre anodines pour certaines, mais parfois, il arrive que cela entrave la compréhension de la phrase, et je ne tiens pas à ce que ça arrive, je préfère livré l'épisode 100% bouclé.

Petite phrase teaser: Laughing

Le compteur indiquait près de 130 km/h alors que Jack sillonnait la 14ème rue, à sens unique, sur deux voies doubles séparées par un mur de palmiers.

- " La route est barrée à 800m, ils tournent un de ces foutu film de la FOX sur un agent antiterroriste ! ", indiqua Radford dont les mots étaient voilés par le vent



Mr. Green
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Mr. Jack
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 Message Posté le: Lun 28 Juil 2008 - 2:50    Sujet du message:
Répondre en citant

Comme promis, l'épisode 2 de cette saison Opération Sombres Soleils.

L'épisode est de la même longueur que le premier, avec peut-être un peu plus de narration, dans la mesure où je voulais d'avantage m'étendre sur la connexion, le lien symbolique (autour du thème de la spirale) entre Jack et Caïn, acteur de premier plan qui comme Matters, a vraiment un rôle fondamental dans la série.

Entrée dans la partie de la Russie également, volontairement un peu écartée jusque là (dans la fin de saison 3 du moins) puisque je ne voulais pas d'une rivalité de fin de saison entre russes et américains à l'image de la saison 6 de la série, très manichéenne et caricaturée qui plus est.

Vous verrez que beaucoup de choses, et vous allez le comprendre avec la Coalition, vont un peu à l'inverse de cette image classique du conflit de la Guerre Froide qui s'éternise secrètement dans les arcanes des gouvernements internationaux...



Précédemment dans la fan-fiction de Mr. Jack :

Employé par la CIA afin de retrouver la trace de Gabriel Radford, disparu depuis plusieurs mois, Jack Bauer espérait se servir du biélorusse Mikhael Drakov, avec qui lui et CIA avaient tenu un marché, pour attirer l'ancien directeur Delta en infiltrant le marché noir. En réalité, Jack semblait jouer un double jeu: il était encore en contact avec Radford, par le biais d'une équipe freelance dont faisait partie Cassandra.
Après l'opération en Biélorussie il y a 5 ans de cela, Jack avait pu approcher Karamazov, un vendeur du marché dans la prison où ils étaient enfermés, ce qui l'avait mené à un yakuza du nom de Zan Yanaka. Il s'intéressait lui aussi à Radford, et pour retrouver sa piste, il envoya ses yakuza encercler le bâtiment où Jack l'avait retrouvé. Bauer devait maintenant chercher un moyen d'y échapper sans être repéré. Non seulement Yanaka avait mis au point une attaque terroriste avec Frank Bergman, patron invisible de la CIA, mais possédait également assez d'information pouvant compromettre les russes.

Justement, dix missiles balistiques furent envoyés depuis le sol afghan par Bergman et les talibans. S'il faisait croire à des essais, c'était en réalité bien plus: une ville à l'est de l'Afghanistan fut frappée par l'attaque. Yanaka était évidement lié, et d'après son bras droit, James Matters, lui aussi ancien Delta, les russes seraient également de la partie. Un procès était donc mené contre le yakuza dans le cadre de sa collaboration avec l'organisation Delta au sujet des nanotechnologies, mais il ne s'agissait en réalité que d'une fausse piste créée par les russes pour innocenter Yanaka grâce au manque de charges, et donc éviter que les regards se tournent vers l'attaque près de Kaboul. La Russie cherchait avant tout à faire taire Yanaka.

Pour regrouper les preuves et retrouver Bergman, une opération fut lancée à Kaboul, dirigée par Danny Caïn, lieutenant-colonel à l'US Army, sous la demande du Congrès, et du nouveau président Kurt Brainer, qui succédait à Lane. En raison des accusations à son encontre et du manque de crédibilité, Lane fut poussé à démissionner après sa sortie de prison. Pour retrouver le directeur de la CIA, Caïn voulait attirer les talibans, et découvrir où se situait la désinformation dans cette histoire.
La CAT de Washington, désormais commandée par Mike Newell travaillait sur l'opération, épaulée par Nate Sorensen, un important financeur politique, qui s'occupait de gérer la crise internationale: en effet, les tensions étaient accentuées par le silence de la Russie sur son implication en Biélorussie 5 ans plus tôt, les fuites de données sur ses réserves pétrolières et la présence du consortium Idéon au Moyen-Orient.


Episode 2 : ( 13h00 - 14h00 )

Ces événements se déroulent le jour de l'opération Sombres Soleils, entre 13h et 14h, heure de Washington DC.



Les cris et les pleurs des familles en deuil s'échappaient du repos qui avait parfumé Kaboul de cette odeur de liberté pendant quelques mois. Le silence était bien loin au retour de la désillusion. Ces gens payaient le prix de la guerre du mensonge, se disait sans arrêt Danny Caïn, dont le malaise distillée dans la ville lui inspirait de plus en plus cette sensation de vaste supercherie, du fait qu'il parvenait de moins en moins à comprendre les raisons de sa présence ici. Malgré son accommodation et le trouble qu'il subissait, il fuyait comme la peste ce doux poison qu'était le mensonge, qui émanait à chaque seconde.

Depuis l'attaque du cargo pétrolier en France il y a 5 ans, Caïn et bien d'autres ne pouvaient que constater que suivre ces opérations d'envergures n'était que plus s'immerger dans ce trompe l'œil, et désormais, à Kaboul, il se sentait piégé par sa propre curiosité. Il ne savait même plus s'il fuyait, ou s'il traquait. Il ne voulait surtout pas l'admettre, mais le poison faisait déjà son effet, et le soldat ne pouvait que se laisser guider dans cette spirale dont il ne contrôlait pas le mouvement.


- " Allez aider le vieil homme ! ", parlant d'un père enfoui sous les décombres

Le lieutenant-colonel chercha à se renseigner sur le tumulte qui régnait comme une ancienne habitude.

- " Une faction rebelle, ils étaient au moins dix ! ", indiqua une femme voilée, traduite par un soldat
- " Bon sang, les talibans il y a une heure, ils devaient attirer notre attention "
- " On n’est pas les bienvenues ici. Plus on restera, plus il y aura de morts... "
- " Ca sera pire si les talibans veulent prendre contrôle de la ville. On doit rencontrer le mollah "
- " Leur chef ne s'exposera jamais "
- " Sa survie dépend des institutions qu'il contrôle. En lui tenant un piège..."

La désinformation que les talibans mettaient en place devenait claire tout à coup. Elle était un moyen de se préserver tout en poursuivant l'ambition, et mettre un terme à cette course avide, c'était stopper la guerre du mensonge et de l'illusion que Caïn combattait sans relâche.
Les morts se comptaient presque par dizaine, des innocents, abattus dans la pure motivation d'éloigner l'armée américaine. La goutte de sang en trop pour Caïn, mais la Maison Blanche n'aurait pas été de cet avis.


D'ailleurs, Brainer venait tout juste d'y arriver, accompagné par ses gardes qui l'escortaient jusqu'à l'amas de politiciens dans un déjeuner organisé par le président Logan - il prenait à l'instant un avion pour l'Irak, afin de régler certains points sur le nucléaire -, dans le but de discuter des problèmes autour de la Russie, même si l'ambiance n'était pas si terne qu'on l'aurait imaginé.

- " Ce n'est pas de mon avis. J'ai l'impression que le M. Logan cherche à fuir la discussion avec les russes. Il veut laisser le Cabinet résoudre le conflit ", entendait Brainer en traversant le repas mondain
- " Il faudra compter sur le Secrétaire d'Etat, comme toujours "

Le président de la Chambre se faufila jusqu'à un groupe de personne dont l'un d'eux semblait monopoliser la conversation: George Rosenberg, toujours chef du Département d'Etat.

- " Ah Kurt, vous voila. Je ne vous attendais pas si tôt "
- " Un contretemps. Je serais en danger d'après le FBI... "
- " Mais pour diable quelle raison ? ", s'interrogea Rosenberg
- " Ce n'est peut-être qu'une menace fantôme, mais si c'est vrai, je mise sur la guerre en Afghanistan "
- " J'ai entendu pour les missiles, c'est désolant. Mais Kaboul est pourtant épargnée "
- " Non, pas depuis l'arrivée de factions dissidentes que nous pourchassons. Un affront direct il y a une heure. Je pense qu'Idéon effectue des représailles "
- " En raison de notre influence ? "
- " Oui. C'est à cause de moi si le Moyen-Orient s'est révoltée et a conduit aux sanctions sur le consortium. Idéon veut reprendre ses activités "
- " Seigneur...Idéon est une organisation américaine. Ca signifie que quelqu'un dans ce pays collabore avec les rebelles "
- " Frank Bergman, je ne vois pas d'autres solutions "
- " Finalement, c'était peut-être lui que le prince Nazr désignait en parlant du supérieur d'Anthony Lane "
- " Je vois mal comment il pourrait contrôler le Congrès. Toujours est-il qu'il faut prendre une décision à propos de Kaboul "
- " Etant donné la menace, il faudrait regrouper nos forces armés dans la capitale "
- " Pour empirer les choses ? "
- " Non, pour faire croire à Bergman qu'il est en sécurité là où il est. Il sera moins vigilant "

Même si Bergman était à Kaboul, ce qui était le cas à quelques kilomètres près, les combats le pousserait à s'éloigner de la capitale, pour ainsi le prendre de revers par les quelques troupes qui entouraient Kaboul.


[13:07:49]


Jack et Radford se terraient dans l'ombre de deux fourgonnettes, à la bordure du cinquième étage, en attendant le moment décisif pour sortir du parking.

- " On va attendre encore combien de temps ? "
- " Quand le premier agent sera là, je lui dirais que j'ai rien vu. Le deuxième, posté à l'entrée ira soutenir une autre équipe et on aura le champ libre "
- " Tu veux passer par le hall d'entrée ? "
- " Le parking. Ma voiture est juste à sa sortie ", raconta Jack
- " Je sais que tu m'avais dis de ne pas venir, mais c'était le seul moyen pour voir si les yakuzas me traquaient. Je pense qu'ils m'ont trouvés et qu'ils ont avertis le SWAT, afin de les occuper en même temps "
- " J'en ai vu près du marchand de journaux à l'angle, plus un autre sur une terrasse. Ils savent que tu es là, c'est pour ça que je ne peux pas te laisser ici ! "

Un coup de chargeur bien appuyé, en desserrant un peu la cravate, et Jack était prêt à signaler son statut aux hommes du SWAT.

- " Ici l'agent Flynn, vous me recevez ? "

A cause des chinois qui le croyaient mort, Jack s'était donné une fausse identité au nom de Frank Flynn. Seul le leader SWAT, qui collaborait avec la CIA était au courant de l'imposture.

- " Affirmatif, je viens d'arriver au 5ème étage. Quelle est votre position ? "
- " 8ème étage, et toujours rien à signaler, même sur les caméras de surveillance "
- " Je vais dire à Miles de se détacher à l'immeuble d'à côté. Il n'est pas bien équipé en caméra "
- " Bien reçu, je vous laisse finir le secteur, je suis attendu sur une autre intervention. Dites à Collins de ramener Drakov sans moi "
- " Entendu, message reçu. Fin "

Radford était conscient des dangers en venant jusqu'ici, mais il ne s'était pas demandé une seule fois comment il pouvait en sortir.

- " Et si les hommes de Yanaka nous attendent en bas ? "

Jack leva la tête et affronta le regard de son ancien supérieur.

- " J'ai un chargeur plein "


Dans les appartements du yakuza, Yanaka recevait le procureur dans son bureau, en prenant le soin de fermer les deux portes japonaises coulissantes. L'entrée était tenue par Matters, pour l'instant exempt de tout reproche dans ses fonctions de bras droit.

- " Asseyez-vous donc ", dans un fauteuil à 1500$

Les honneurs faisaient presque office de tapisserie sur les murs. Yanaka avait un degré de sociologie mercantile et quelques diplômes après un travail sur les idéologies. La place de son père au sein de la mafia lui avait permis de rester longtemps dans les études pour préserver comme il disait, le business du savant. Hors de question de léguer 21 milliards à un inculte, et par dessus tout, Yanaka avait mérité sa place au sommet.

- " Comment s'annoncent les choses ? "
- " L'Attorney Général aimerait éviter que le procès de l'organisation Delta Force aille trop loin. Il est donc prêt à ne pas fouiller d'avantage dans vos affaires, mais il faudra vous tenir à carreaux "
- " Mon second gère parfaitement le marché de Tokyo ", assura Yanaka " J'ai juste des appréhensions vis à vis de la CIA "
- " Vous croyez qu'ils vous surveillent ? "
- " Oui. Ils connaissent mon rôle dans les attentats du 11 septembre. Je serais un précieux transfuge pour eux "
- " C'est problématique...les russes vivent sous la crainte de vos révélations "
- " C'est pour ça que j'ai accepté ce procès, vous le savez. Votre influence auprès du Cabinet m'est utile. Si jamais ce procès se déroule mal, invoquez Karamazov à la barre "
- " La comparution immédiate serait difficile, la CIA s'y opposerait "
- " C'est pour ça que je vous ai engagé. Utilisez votre pouvoir auprès de la Maison Blanche. Les russes doivent maintenant savoir que Karamazov sait la vérité. Ils ne devraient rien tenter d'inespéré contre moi "
- " Comment ils sauraient ? Karamazov est isolé dans une prison de la CIA "
- " Un espion russe, qui m'a entendu parler avec mon homme de main "
- " Vous le saviez ? "
- " Oui, ça faisait plusieurs semaines que je le soupçonnais. Mais tant mieux, les russes pourraient croire que la balle est dans leur camp "
- " Peut-être, mais en apprenant que vous avez dit la vérité à Karamazov sur votre implication dans certains attentats, ils pourraient le voir comme une trahison "
- " Non. En m'engageant dans ce procès, j'ai tenu ma parole "

Sous ses airs innocents, Matters laissait traîner l'oreille, connaissant les affaires sales de Yanaka dans ses moindres recoins. " L'espion de Moscou " comme il était appelé avec frivolité durant son enfance.
Mais Yanaka n'y portait que peu d'intérêt, Matters avait prouvé sa loyauté à maintes reprises et plus qu'un homme de main, il était un surprenant confident qui n'avait pas peur de régler les cas à problèmes.


La visite de routine s'achevait pour Nate Sorensen, qui s'assura une dernière fois des directives que Newell avait donné à ses agents.

- " Je suis rassuré de savoir que l'attentat ne nous était pas destiné. Nous avons déjà assez de problèmes "
- " C'était indirect, mais il est évident que les talibans veulent nous provoquer ", analysa le directeur de la cellule
- " C'est plus que de la provocation. Il y a quand même quatorze pertes à déplorer "
- " Vous croyez qu'ils veulent bouger nos troupes vers l'est ? "
- " Je pense qu'ils visent Kaboul. Mais je ne sais pas pourquoi Yanaka s'est investi là dedans"
- " Un ancien agent que je dirigeais il y a 9 ans travaille pour le compte de Yanaka. James Matters "
- " Il est fiable ? "
- " Il est loyal. S'il travaille pour Yanaka, il ne le trahira pas. Mais il doit savoir beaucoup... "
- " Trouvez-un moyen de le faire venir "
- " Comment ? "
- " L'idéal serait de mettre la main sur un de ses revendeurs de drogue. On le force à avouer que Matters est derrière ça, en échange, on le laisse libre. Ca nous permet de discuter avec Matters sans éveiller les soupçons de Yanaka "
- " Mais nous n'avons pas assez de temps pour lancer des arrestations massives "
- " C'est plus simple. Yanaka a sûrement calmé les affaires à cause du procès. Prenez la liste de ses contacts les plus anciens sur Washington. Je pense qu'ils sont encore dans le coup, pour éviter que les chiffres dégringolent pendant que Yanaka prend un coup médiatique "
- " Il serait sur ses gardes dans ce cas là... "
- " Même si ces suspects ne sont plus en activité, Yanaka et Matters auront toujours peur qu'ils balancent, et prendront la menace au sérieux "

Le donateur quitta la cellule avec ce détachement qu'il se vouait à employer pour dégager sa confiance en soi. Il n'était qu'un relais de la Maison Blanche, et n'avait aucune compétence sur le terrain. Mais il avait su se forger une renommée internationale, et pour cela, chacun le voyait comme un atout qui pouvait calmer la crise avec un bon chèque à six zéros après la virgule, ce qui lui offrait également un grand crédit médiatique.


[13:15:22]


L'US Army aidait les victimes de Djalâlâbâd à l'aide des secours.
L'équipe de Caïn pénétra à l'intérieur d'un pensionnat rattachée à une école.
Dans l'ascenseur, Jack baissa le visage pour ne pas faire face à la caméra.
Le repas à la Maison Blanche était interrompu par un message au sujet du pic pétrolier.



[13:20:32]


Entre les deux allés excentrées du parking, plongé dans la pénombre, Jack et Radford se faufilaient entre les voitures comme des serpents jusqu'à la barrière automatique, contrôlée par un gardien. Radford ne supportait pas le terrain alors qu'ironiquement, il avait passé une bonne partie de sa vie à diriger des hommes prêts à y laisser leur peau en se fiant à quelqu'un qui bénéficiait sans doute de l'agrément présidentiel, voir au delà comme le soupçonnait Jack.

- " Qu'est-ce que tu vas faire de Drakov ? ", demanda Radford en se baissant contre le pare-choc d'une Lexus " On ne va pas le laisser aux mains de la CIA ! "
- " C'est toi qui leur a livré je te rappelle ! Drakov va respecter sa part du marché "
- " Je n'ai pas livré Drakov à la CIA mais à Palmer. D'ailleurs il n'a pas hésité longtemps quand il a vu le nom de certains contacts du marché noir... "
- " Tu savais que Palmer allait accepter, en voyant le dossier que tu avais préparé... "
- " Ce n'était pas un mensonge. Drakov connaissait les allemands qui ont organisés l'attentat bactériologique sur Palmer en 2002. Tu sais que mon ambition n'était rien d'autre que d'approcher Karamazov, et puis Yanaka ensuite "
- " Et les russes ? Tu savais que l'opération Eclipse allait m'exposer après mon extraction de la prison par le groupe de James ", regretta Jack
- " Je pensais le gérer, mais les relations de la Coalition, et même du gouvernement avec le Kremlin se sont largement détériorées "
- " La Coalition est derrière les attentats d'aujourd'hui n'est-ce pas ? "
- " J'ai stoppé le contact avec eux, mais c'est possible. Tout dépend de l'objectif "
- " On va retourner à la planque, Cassandra est opérationnelle. Tu pourrais enfin m'expliquer leur rôle "
- " Je ne pourrais pas rester longtemps avec vous...Le procès est inévitable "

La position de la caméra située à l'angle des deux allées semblait embarrassante pour les deux hommes. Lorsqu'une voiture croisa leur route, Bauer passa discrètement derrière elle et s'adossa au mur sous la caméra, qu'il désactiva une fois que la Chevrolet avait franchie la barrière. Le gardien s'étonna aussitôt, et n'hésita pas à quitter son poste pour inspecter la défaillance.

- " Ben, j'ai un problème avec une caméra, tu peux aller voir ça ? "
- " J'aide le SWAT à retrouver un suspect, tu peux pas t'en charger ? ", répondit un vigil

Aucun véhicule en vue, et la caméra n'était qu'à quelques mètres, alors le gardien s'y dirigea, ce qui laissait l'opportunité aux deux anciens deltas de monter la pente après la barrière. Soudainement, une BMW noire fit une apparition foudroyante, fonçant droit sur eux, et les obligèrent à se ruer à l'intérieur du poste de surveillance pour repousser un peu plus la fatalité qu'ils côtoyaient si souvent. Le vigil fut éliminé instantanément, et après un virage serré marqué par des traces de pneu, trois hommes d'origine asiatique sortirent de la voiture.

- " Jack ! "
- " La caméra de l'ascenseur. Ils savent que je travaille avec la CIA ! Prends ma voiture ", en lui balançant les clés " A 50m au parking de gauche "
- " Mais le SWAT... "
- " Ils sont concentrés dans l'immeuble à côté, ça te laisse le champ libre "

Dès l'arrivée d'une seconde BMW qui bloqua la sortie, Jack tira sur le réservoir pour enflammer le carburant, puis grimpa sur le toit du poste, presque aveuglé par la lumière du jour. L'explosion retarda de quelques secondes les hommes de Yanaka, au nombre de cinq.
Jack traversa la circonférence du bâtiment grâce à la passerelle qui conduisait jusqu'à un centre commercial, puis à mi-chemin, sauta sur une voiture qui sortait du parking depuis le rez-de-chaussée. Les yakuza évitèrent les tirs dès lors que Jack s'immisça la foule jusqu'à rejoindre sa voiture, pilotée par Radford.

- " On va passer par la voie rapide dans le tunnel, ça nous laissera une chance de les semer ! "


Rosenberg connaissait par cœur ce discours sur la gravité des ressources pétrolières, et bien que ne négligeant pas ce phénomène inéluctable, il s'agissait plus pour lui d'une campagne de sensibilisation dont bien d'autres préoccupations le troublait.

- " Le déclin des productions mondiales de pétrole ne cesse de s'aggraver, et le choc pétrolier qui en découle n'est pas un sujet qui doit être pris à la légère. Dans cette ère de terreur, il est préférable que ce mot n'apparaisse pas à l'oreille des concitoyens de ce pays, même du monde. Pourquoi ? Tout simplement parce que la concurrence menée par la Russie aurait des effets... "

- " Rosenberg ? ", dit-il en décrochant son téléphone

Il s'éloigna de la foule qui suivait avec attention le discours un peu trop réprobateur.

- " Colonel Galytchev à l'appareil ", d'un accès russe prononcé " La ligne est sûre ? "

Rosenberg plaça un relais de la taille d'une batterie qui rendait la transmission inaudible pour tout réseau d'écoute.

- " Elle l'est. Votre appel me surprend un peu, cela fait presque deux mois "
- " Le FSB se méfie de votre intégrité. La Russie tient à prendre précautions "
- " Vous ne savez pas à qui faire confiance ? ", sans y croire " Notre alliance fonctionnera aussi longtemps que durera la guerre "
- " Aussi longtemps que dur votre témoignage de volonté "
- " Je crois que nous n'avons plus à vous en convaincre, après tout ce que nous faisons depuis toutes ces années "
- " Nous venons apprendre que Karamazov sait certaines choses. Le 9/11, la désinformation...il faut s'en occuper "
- " D'où le tenez-vous ? "
- " Le chauffeur de Yanaka. Si jamais Karamazov parle, tout le procès tombe à l'eau, et Yanaka sera plus gros danger encore "
- " Nous le contrôlons, mais ce n'est pas ça qui vous rend méfiant "
- " C'est juste. Votre président est le problème "
- " Palmer a été exclu, c'était ce que la Coalition voulait non ? Nous n'avions pas prévu qu'il fasse appelle à l'OTAN pour remettre de l'ordre en Biélorussie, ni qu'il s'allie à Yechevko. Si Yechevko ne craignait pas la Coalition, il en aurait dit assez à Palmer pour secouer le FSB et le Kremlin. Je vois mal comment vous convaincre d'avantage que nous n'avons pas divulgué d'informations sur vos réserves pétrolières "
- " Si la Coalition n'a pas fait cela, qui est-ce ? "
- " Vous le savez comme moi...Quelqu'un a voulu faire croire que la Coalition cherchait à vous provoquer en dévoilant ces informations "

Visiblement pour Rosenberg, on tentait d'élargir la scission entre russes et américains. Après un temps de réflexion durant lequel le russe se rendait à l'évidence, il sentait qu'un certain malaise s'imposait dans la conversation.

- " Il y aurait taupe au sein de la Coalition ? ", interrogea le russe
- " Je ne pense pas. J'ai interrogé tous les membres au détecteur "

Soit le Secrétaire d'Etat disait vrai, soit il soupçonnait les russes d'avoir placé une taupe au sein de cette Coalition dont il semblait mêlé, et se résolvait à ne rien dire à l'agent du Service Fédéral de Sécurité de la Fédération Russe, ou par abréviation, le FSB.


L'équipe de Caïn s'immobilisa devant l'école de Charfi, en pleine reconstruction, alors que la nuit s'imposait sur Kaboul. Les marches au dessin impérial s'accordaient parfaitement aux lignes du reste du bâtiment, qui avait des tracés identiques à ceux d'une mosquée. Quelques creux rocailleux sur les escaliers indiquaient encore les dégâts subis quelques mois auparavant, dont le pensionnat avait été épargné.

- " Les compagnies à l'est ont été alertées ? "
- " Oui Lieutenant-colonel. Mais elles ne seront pas là avant la fin de la semaine, à cause de l'attentat à Djalâlâbâd "
- " Le contraire m'aurait étonné. Et les frontières ? "
- " Le 3ème bataillon occupe toute la bordure "
- " Bien. Cela pourrait décourager les talibans, d'autant plus avec la levée du cessez-le-feu "
- " Et s'ils arrivent à Kaboul, décidés à nous combattre ? "
- " On doit temporiser et attendre les troupes. Et puis...il faut prévenir les radios que nous augmentons les effectifs dans la capitale "

Caïn lui-même tombait dans le piège de la désinformation, comme s'il prenait confiance qu'au delà du mensonge, il s'agissait d'une arme redoutable stratégiquement indispensable dans le jeu de la ruse.


[13:31:05]


Les hommes de l'US Army entraient dans le hall principal de l'école.
Sur le téléphone de la voiture, Jack apprenait pour l'attaque en Afghanistan.
Rosenberg libérait un sourire artificiel à l'issue du discours achevé.
Matters était prévenu par un yakuza au sujet de la fuite de Radford.



[13:35:59]


Dès que le responsable de la branche yakuza de Washington tentait d'expliquer à Matters que Radford avait été repéré, le bras droit traversa la pièce et enleva le t-shirt qu'il portait sous son pull fin.

- " On a confirmation que c'est Radford ? "
- " Bien sûr, tu nous prends pour qui ? ", répondit le yakuza d'un air dédaigneux
- " Pour quelqu'un qui a l'air d'avoir un problème ", en défiant l'homme du regard " Je ne veux pas te faire de la concurrence Amaya. Si M. Yanaka m'a engagé, il a ses raisons. Maintenant écarte-toi "

Matters enfila aussitôt une veste adapté aux motos, et entra exceptionnellement dans le bureau de son employeur après avoir toqué.

- " Pardonnez mon intrusion, mais vos hommes ont repérés Radford. Il traverse le First Street Tunnel avec cet agent fédéral, Bauer je crois "
- " Quel est le problème ? "
- " Les autorités contrôlent les sorties. Ils vont essayer de nous semer en prenant direction Philadelphie, et vu le trafic, ce ne sera pas difficile "
- " Vas-y. Et prends le tranquillisant "
- " Je donnerais rendez-vous à Cho et Kagami avant l'embranchement de l'Union Station "

Il referma la porte, et passa devant Amaya sans même le regarder. Ce dernier peinait à cacher la pointe de jalousie qui le gagnait à la pensée de Matters, qui s'était glissé sans mal jusqu'au sommet de la hiérarchie alors qu'Amaya briguait cette place depuis toujours, dealant dans les quartiers les plus malfamés de Tokyo.


Siège de la CIA, Langley, Virginie.

Au coin du bureau cabalistique de Richard E. Braxton, le directeur de la CIA s'entretenait avec son adjoint, Ruben Culles.

Le président Logan a affirmé que les 19 derniers prisonniers de la CIA ont été envoyés à Guantanamo. Pourtant, d'autres sont portés disparus et n'ont pas donnés de signes de vie depuis plus de cinq ans pour certains, lisait le directeur Richard Braxton d'après le rapport confié par un officier gradé.

- " Elle devient gênante. Il ne faudrait pas remettre sur le tapis l'affaire des prisonniers secrets "
- " Surtout si elle creuse jusqu'à Karamazov "
- " Ce n'est pas le plus important. Le 9/11 pourrait refaire surface avec ça. Nos affaires avec la famille Ben Laden, le marché avec Drazen...Tout cela est top secret, comment en a t-elle eu accès "
- " Les diners de la Maison Blanche. Et puis même un enfant pourrait faire le constat que Ben Laden a été laissé en vie pour inspirer la terreur... "
- " Ce n'est pas question de laisser planer le doute. C'est la désinformation et le contrôle sur les médias qu'on doit préserver, et ce genre d'aveux tente d'imposer le contraire. On pourrait rapidement faire le lien avec l'opération Crépuscule quand Drazen voulait envoyer les missiles "
- " Et alors ? Le départ de Lane nous a fait le plus grand bien en prenant tout sur le dos. Notre administration se relève enfin "
- " Ni nous, ni la presse, ni les autres nations ne décident de cela. Les ordres sont de laisser agir Bergman, alors nous devons le faire. Peu importe qu'il y ait des gens bien dans cette administration, et d'autres qui veulent exhumer la vérité. Les pères fondateurs de cette agence n'en sont pas moins des menteurs et plus nous tentons de bien faire notre travail, plus nous sommes prisonniers de leurs requêtes "

Ces mots semblaient encore plus lourds venant d'un directeur qui tenait son grade depuis plus de 10 ans.
Braxton déposa le dossier sur sa table basse, où le nom de l'auteur apparaissait sur l'en-tête: Eve Thompson, ancienne conseillère politique d'Anthony Lane.


L'air était irrespirable dans la capitale afghane. Il semblait si bien se marier avec cette terreur oppressante et invisible que les militaires saisissaient leur quête à contresens. Tout semblait si désert depuis leur arrivée, comme si les rues abandonnées n'étaient plus peuplées que de blessés et de morts. La guerre avait bien menée Caïn dans cette spirale dont sa plus grande crainte était de ne pas réussir à en sortir.
Le soleil couchée, les hommes du Lieutenant-colonel inspectaient l'accueil de l'école à la recherche d'un administratif, progressant dans le hall à l'aide de lampes-torches.

- " Je peux faire quelque chose pour vous ? ", s'adressa un homme en dari
- " Dis-lui que nous voulons voir le directeur ", ordonna Caïn au traducteur du groupe
- " C'est lui-même ", traduisit-il
- " Une ville a été attaquée à l'est, Kaboul n'est plus sûre, les talibans sont revenus "

L'officier répéta chaque mot dans la langue officielle du pays.

- " Il dit qu'on en parle aux infos Al-Jazeera, mais que Kaboul est sans danger "
- " Les talibans ont dû prévenir la chaine à propos de l'attaque. Dis que les américains vont bientôt couvrir ce secteur "

Le concierge à la longue barbe hirsute sembla plus tendu soudainement.

- " Ca ne représente aucun intérêt, l'école est contrôlé par le gouvernement, ou quelque chose comme ça "
- " Le mollah Azdulleh ? "

L'afghan nia catégoriquement, et fit sentir à l'armée qu'elle n'était pas la bienvenue.

- " Nous sommes venus pour vous libérer ", poursuivit Caïn
- " La liberté n'est bonne...que pour les américains... ", répeta le traducteur avec peine
- " Nous resterons ici tant que nous n'aurons pas vu le directeur "
- " Mais... "
- " Il s'agit du concierge. Le directeur ne doit jamais être présent, je pense qu'il a passé un marché avec les talibans pour que son école ne soit pas attaquée, sinon les dégâts auraient été pires "
- " Il dit qu'il n'est pas là, qu'on peut encore l'attendre longtemps "
- " On a tout notre temps "

Le bluff marchait plus facilement avec ceux qui n'en connaissaient pas les règles, pensait Caïn, alors qu'un jeune novice prenait note de l'assurance dont faisait preuve son supérieur. Le haut gradé s'efforçait des dissimuler ses réelles intentions, ce qui était problématique pour son unité, et contrairement à ce qu'il disait, il n'avait pas tout son temps. Mais son mentor, autrefois, lui avait toujours appris que la supériorité sur les autres, essentiellement d'ordre intellectuelle, se jouait selon notre rapport au temps, et faire croire qu'on en disposait de plus que c'était le cas, c'était imposer une certaine domination, bien que purement artificielle, sur l'emprise du temps.


L'unité d'intervention se déployait dans un immeuble en réaménagement de la 8ème rue. Ses membres avertissaient les occupants par murmures afin de ne pas s'inquiéter, et s'apprêtaient à défoncer la porte du résident de l'appartement 461. Une fine caméra optique fut glissée le long du pallier. Malgré la pénombre ambiante, l'agent décela un des suspects nommé par Newell, avachie sur son canapé, les pieds sur la table basse, et nota l'absence d'autres individus. Il émergea ses cinq doigts et d'un geste du menton, ordonna à ses hommes de pénétrer à l'intérieur. La porte fut défoncée par un pilier en fer qui faisait la taille d'un lance-missile, dont l'utilité était vouée à ce genre de fonction afin de casser divers d'obstacles de face.
Cinq agents entraient alors dans la pièce délabrée. Cigarettes éparpillées sur le tapis brulé, magazines érotiques pour soutenir le pied de la table, et un ventilateur qui ne fonctionnait visiblement pas très bien, mais qui semblait une bonne alternative aux stores fermés. Le japonais, qui hallucinait un peu, sursauta aussitôt, et hésitant dans un premier temps, il se décida ensuite à se rendre aux hommes armés.

- " Je...je suis clean ! Vous voulez quoi ? ", les cheveux en bataille

Un fédéral l'attrapa au poignet pour l'immobiliser et lui placer les menottes, serrées avec mépris.

- " Nous l'avons Monsieur ", à Newell
- " Bien. Divisez-vous en deux groupes. Ramenez Mariko à la cellule et retrouvez James Matters "
- " On sait où il se trouve ? "
- " Le FBI l'a vu sortir des appartements de Yanaka il y a 5mn. Il a pris le tunnel. J'ai déja des hommes postés à la sortie ouest, donc prenez l'autre côté et suivez-le. J'envoi un hélico. Une dernière chose: Yanaka ne doit rien savoir, ce sera notre seule occasion de négocier avec Matters "


[13:44:11]


Pendant que Caïn patientait dans le hall, son détachement fouillait le pensionnat.
Matters passait la 6ème vitesse, doublant tous les véhicules de la branche est du tunnel.
Jack et Radford étaient bloqués par les bouchons, alors que les japonais pouvaient les apercevoir.
Drakov arrivait dans les locaux de la CAT de Washington pour être débriefé par la CIA.



[13:48:52]


Washington avait beau être à l'autre bout du pays, la circulation n'en était pas moins pénible qu'à Los Angeles, surtout à cette heure de pointe pour ceux qui commençaient le travail l'apres-midi. Radford ne cessait de gesticuler, fixant son rétroviseur par intervalles, alors que Jack tentait de visualiser un trajet pour semer les yakuza, à quelques voitures d'ici. La situation était encore inédite pour l'employé de la Compagnie, qui n'avait jamais connu les temps morts lorsqu'il était traqué.

- " Ne t'en fais pas, ils ne vont rien faire, il y a trop de monde ", rassura Bauer, plutôt par convention que par souci
- " Tu sais comme moi que des renforts patientent à la sortie "
- " Tu ne risques rien de toute façon, la Coalition est derrière toi... "
- " On ne va pas remettre ça sur le tapis... "
- " Au contraire. Cette organisation est impliquée d'une façon ou d'une autre dans l'attaque d'aujourd'hui. Je veux savoir les raisons de l'attentat en Afghanistan "
- " Je ne suis pas dans leurs petits papiers Jack ", en se tournant vers lui
- " Mais tu connais bien Bergman, et on sait qu'il est derrière ça. Ca fait des mois que je te demande des noms ! "
- " Pas compliqué, trouve les plus grandes firmes du pays et cherche le panneau clignotant qui indiquent qu'ils font parti de la Coalition ", dit-il avec une ironie maussade " Je t'ai dis que je t'aiderais à les traquer alors je le ferais "

Jack ne pouvait s'empêcher de douter du témoignage de cet allié superficiel. Si Radford était le meilleur moyen pour avoir accès à des informations secrètes, il savait que de son côté aussi, il gagnait un intérêt à révéler ces informations. Peut-être un faux transfuge, chargé de brouiller les pistes. Cela expliquait pourquoi il balançait tant au sujet de la Coalition, alors que d'un autre côté, il livrait ses renseignements au compte goutte pour diriger la trajectoire de Bauer et ne pas trop éveiller ses suspiçons. Il savait qu'en révélant tout immédiatement, Jack allait penser à une version préfabriquée pour l'ancrer encore plus dans ce monde dupliquée. Désormais, Radford était certain d'avoir un contrat qui n'expirait pas avant quelques révélations.

- " Tu avais parlé d'une douzaine d'hommes... "
- " Environ oui. Mais comme je te l'ai dis, je sais juste qu'ils sont à la tête de l'industrie américaine. Défense, énergie, médias, surveillance, transports...leurs fonds sont énormes. Quand ils m'ont demandés d'infiltrer le marché noir par le biais de Drakov, j'ai senti qu'il s'agissait d'un gros coup "
- " Qu'est-ce qu'ils voulaient ? "
- " Entrer en contact avec certains vendeurs du marché. On a réussi à faire une partie du travail grâce à l'organisation AVP Force "
- " Et tu as engagé ta fille c'est ça ? L'organisation traitait avec plusieurs cellules terroristes du monde entier, sous l'influence de Bergman "
- " En effet. Mais l'organisation courait à sa perte dès le moment où le nom de Bergman circulait trop souvent. J'ai réussi à entrer en contact avec Drakov en lui proposant le marché des nanotechnologies, un os à rogner "
- " La Coalition comptait alors sur Drakov pour vous donner quelques noms "
- " Mieux que ça Jack. Je te passe les détails pour l'instant, mais on a eu intérêt commun: mettre la main sur Karamazov "
- " Puisque Karamazov nous a mené à Yanaka, ça signifie que la Coalition le visait ? "

Le trafic retournait à la normale. Jack s'assura de prendre le volant avant que Radford ne redémarre, puis enclencha la 2ème vitesse sans plus tarder, alors que le téléphone notait un appel entrant.

- " Un nouveau routeur qui déconne ? ", demanda Radford sans sérieux, en voyant apparaître le nom de Cassandra
- " La radio afghane diffuse un message qui parle du déplacement des troupes américaines à Kaboul "
- " Même un enfant ne goberait pas le mensonge ! L'armée ne prendrait jamais ce risque avec ce qu'il vient de se passer à l'est du pays "
- " C'est mauvais... ", prédit-elle " Karamazov t'a parlé d'une attaque pour détruire des informations sur le gouvernement non ? "
- " C'est ce qu'il a dit ", confirma Jack " Ca signifierait que le bâtiment attaqué contenait ces dossiers "
- " Karamazov cache quelque chose... "
- " Impossible de l'approcher. Et c'est bientôt pareil pour Drakov, la CIA vont le garder en lieu sûr pour le moment "

Une caravane s'insérait entre la file de Radford et celle des hommes de Yanaka, ce qui les empêchaient de se distinguer réciproquement, tandis que lumière du jour encore discrète pénétrait à l'issue du tunnel.


Nate Sorensen traversa le gala de prestige à la recherche du président récemment désigné, qui se contentait d'assoir sa position en sympathisant avec quelques politiciens encore sceptiques quant à son programme en Afghanistan. En fait, il défila dans la pièce à toute vitesse pour éviter ces remarques élogieuses, et dans le fond hypocrites de ceux qui souhaitaient s'attirer son soutien. Droit, faisant mine de savoir où aller, il croisa un homme de corps, qui lui livra le message de se rendre dans la loge réservée au maquillage. De son envergure affirmée, il déambula, jusqu'à la balustrade en montant les escaliers toujours aussi poussiéreux, puis entra dans la loge où quelqu'un l'attendait, encerclé par les miroirs.

- " J'ai contacté Galytchev au FSB ", signala l'homme dont le contour était dessiné par les fortes ampoules autour du miroir
- " Les russes ne sont pas trop perplexes ? ", s'inquiéta Sorensen
- " Pas plus réservés que je ne l'espérais. La Coalition complique les choses... "
- " Galytchev n'est pas dupe. Il sait que nous ne contrôlons pas Radford, et qu'il peut révéler des choses sur la Coalition à tout moment "
- " Le moment où le monde découvrira que la guerre n'est plus la même sera notre signal de danger. Pour l'instant, tant que nous préservons le secret... ", assura le reflet de Rosenberg
- " Toujours votre vieux topo de la guerre qui a changée. Rappelez-moi en quoi est-ce si crucial ? "
- " Notre collaboration avec les russes ne doit pas se savoir, c'est aussi simple que ça. Il ne s'agit pas d'une guerre à couteaux tirés. Toute notre force se fait dans notre alliance avec eux. Et si Radford dit un mot de cela... "
- " Hm...en toute franchise, je pensais qu'il s'agissait plus de quelque chose comme...le règne des arcanes ", pas tout à fait sérieux " Tout ce que Radford peut dire, c'est que le président n'a aucun pouvoir. Qui pourrait croire à un gouvernement de l'ombre, c'est un conte bon pour les théoriciens du complot. Il n'y a plus de place pour cette lutte acharnée aux saveurs de guerre froide contre les russes. Pas aux yeux du monde en tout cas "
- " Ce n'est pas question d'ombre ou de lumière ", en sortant du faisceau lumineux qui l'éclairait " La différence voyez-vous, est une question de degré. Travailler dans le secret ne fait pas de nous les mauvais "
- " Mais elle fait de nous les arbitres de l'illusion "
- " Le fait même de le croire est une illusion ", vantant presque sa sagesse " Pour preuve, il y a peut-être bien une taupe à la Coalition, qui nous mène par le bout du nez. Elle nous emmène dans son terrier, dans ses zones d'ombre, et nous nous acharnons à croire qu'il s'agit d'un vaste terrain doré "
- " Lumière ou ombre peu importe en effet. Je dois rester dans l'estime des russes jusqu'à la fin de ce projet. La déception ne sera que plus grande pour eux "

La naïveté avait ouvert tant de portes aux deux hommes, qui naviguaient de crédules en crédules pour bâtir le parcours d'une déception insondable et chaotique. Rosenberg parcourut les miroirs, dont la perception devint subitement floue à cause d'une ampoule grillée, et adressa des sourires élargis aux membres de l'assemblée qui n'étaient à ses yeux que les prisonniers d'un même panier.


Yanaka se plaisait à contempler l'œuvre dessinée sur son dos dans le reflet du miroir, achevée il y a maintenant onze années. Un loup, signe de témérité et de sagesse, criant sous la carté de la lune, dont les éclats se confondaient avec un dragon qui prenait toute la largeur de l'épaule gauche. Plusieurs motifs floraux venaient compléter le tatouage, accentuant le caractère traditionnel et pur. L'idée n'était pas d'affirmer la terreur, et le maître du crime organisée japonais voulait éviter d'être la figure de l'impitoyable, même si la cruauté s'avérait parfois nécessaire. L'honneur qu'il avait édifié était d'avantage fondé sur un grand respect des traditions et un gout prononcé pour la justice.
Amaya, le principal représentant des gangs de rue sur la côte Est s'introduit dans la chambre à petit pas. Malgré son jeune âge, à peine 23 ans, Yanaka avait fait la promesse de s'en occuper à la mort de son père, qui était un ami de longue date au seigneur yakuza. Depuis, Amaya avait fait ses preuves, plus que Matters selon lui, et il ne pouvait pas supporter l'idée qu'un américain se trouvait au cœur du clan.

- " J'ai ramené du gibier... "

Yanaka enfila son kimono et se dirigea jusqu'au second salon, réservé à la détente et aux affaires, alors que le premier servait à recevoir. Un asiatique, ayant entamé la trentaine se trouvait à genoux, les mains et la bouche ligotées, juste devant le jacuzzi bouillonnant.

- " Kagamiko a eu un mal fou pour l'attraper. Il revenait d'un congrès avec ses collègues de la Défense ", poursuivit le jeune homme
- " Tu as les dossiers ? "
- " Quand nos hommes sont arrivés, il avait déjà fourni son rapport à la Défense. Ca indiquait... "

Son employeur lui coupa la parole d'une consonne appuyée, et demanda à retirer le bandeau de la bouche.

- " M. Seong va nous avouer lui-même ce que ce rapport indiquait ", en écartant ses yeux bridés lorsqu'il regarda l'homme bâillonné
- " Je vous promets que je ne suis pas... "
- " Ch... ", murmura Yanaka

Il saisit un fin couteau traditionnel et s'approcha de Seong, qui se racla la gorge.

- " C'est un simple rituel que j'ai commis des centaines de fois ", imposant
- " Mais je vous jure... "

Yanaka attrapa d'un coup sec la main de l'homme, derrière son dos, et découpa net le bout de l'index, entrainant un cri de douleur qu'il cherchait à refouler du mieux possible.

- " Je n'ai pas de temps à perdre. Vous avez dix secondes pour me dire ce que je veux entendre "
- " Att...Ec...Nous suivons de près le dossier Bergman, c'est ce que vous voulez savoir ?! "
- " Cinq secondes. D'autres gens parleront vous savez "
- " Mais je n'en sais pas plus ! Si ce n'est qu'après le début de sa fuite il y a 5 ans, le gouvernement n'a pas reconnu les s... "

La lame glissa le long du cou en cisaillant au passage la pomme d'Adam saillante, sans toucher la veine pour éviter le bain de sang. Le poids mort tomba aussitôt dans le jacuzzi, faisant éclabousser quelques gouttes sur la moquette. Le sang se dispersa dans l'eau ondoyante.

- " J'ai su ce que je voulais savoir. Dans tous les cas, je pense qu'il est trop tard pour le gouvernement "

D'une inclinaison de la tête, il fit signe à un de ses hommes sur la balustrade à l'étage de faire le ménage, et lentement, il referma les deux portes coulissantes blanches qui laissaient apparaître son ombre avant de l'effacer définitivement.


Le soldat de 1ère classe Connick s'essuyait le front avec un chiffon usagé, posé sur les escaliers en attente de directives de la part de Caïn. Le reste de l'unité était justement de retour, après avoir inspecté de fond en comble le pensionnat et les douze dortoirs comprenant une centaine d'enfants. Le concierge veillait au grain depuis la fenêtre de son bureau, voyant qu'il ne pouvait pas persuader ces américains - entêtés, comme il pensait tout bas - de partir. Caïn venait à l'instant de débriefer les bases au nord du pays, qui n'avaient pas vu l'ombre d'un rebelle.

- " Lieutenant-colonel, une journaliste du magazine ROZ voudrait des informations sur notre présence ", signala le soldat Perlman, d'après son badge
- " Merde, je suis venu ici pour fuir aux médias, pas pour les accueillir à bras ouvert "
- " Bien Lieutenant-colonel ", ayant compris le message
- " En attendant, j'ai ordonné aux troupes à l'est d'achever les préparatifs et de se déporter 15km à l'ouest pour contrôler les civils qui vont vers le centre. Ordre de stopper tous les véhicules de marchandise, nous ne sommes pas à l'abri d'une autre attaque de la part des talibans "
- " Quels sont les objectifs en attendant un signe du mollah ou des talibans ? "

Caïn développa une carte qu'il tenait de sa poche, et la posa sur le présentoir de l'accueil, tenu habituellement par le proviseur adjoint et sa secrétaire.

- " Le déplacement se fera uniquement par les sections de reconnaissance dans la périphérie de Kaboul. On ne peut qu’attendre que les talibans viennent à nous, mais il va falloir anticiper du mieux possible leur venue. Ensuite nous organiserons une action rapide en encerclant les troupes aux bordures des quartiers de Shahrara, de Khaïkhâna et de Shahr-I-Nao "
- " Et si ils viennent par l'ouest ? "
- " Je viens d'établir une zone de transit qui pourrait nous servir au cas où il faudrait des renforts. Bon, qu'est-ce que fout Perlman ? "

Laissant sa carte ouverte, Caïn se précipita avec ardeur vers l'entrée du bâtiment, et au moment où il s'apprêta à ouvrir les deux grandes portes en bois massif ancien, un coup de feu résonna dans tout la place du marché (qui habituellement l'était hors périodes de tension). Le retentissement du tir dura une bonne dizaine de seconde, durant lesquelles Caïn appréhendait ce qu'il allait voir. Pendant que le concierge s'empressait d'aller mettre les enfants en sécurité, le Lieutenant-colonel et ses hommes jetaient un regard anxieux depuis les fenêtres aux dessins religieux.
Le tourment ne s'évapora pas aussi vite que la résonnance de la décharge, lorsqu'ils constatèrent que le soldat Perlman avait été tué par un groupe d'une dizaine d'hommes en tunique, dont quelque uns se déplaçaient pour cerner le pensionnat. Caïn repéra vite l'otage qui était mis en évidence au bas du long escalier, probablement cette journaliste, qui n'était d'aucune valeur pour les talibans, mais qui était une bonne carte pour inspirer la pitié chez les occidentaux.

Si les novices du groupe se disaient que la guerre était bien relancée, et que le meurtre d'un de leurs hommes était un affront direct, Caïn et les autres plus sages savaient pertinemment qu'elle ne s'était jamais arrêtée, seulement que les conflits armés étaient plus discrets au centre, et qu'en raison du manque d'investissement du président Logan, on l'ignorait de plus en plus.


Le cadavre de Perlman gisait au sol, entraînant l'effroi de la journaliste, les bras tirés en arrière par un taliban.
Caïn réfléchissait à une solution avant d'être encerclé par les rebelles.
Yanaka, à moitié distrait, regardait les infos à la télé, qui parlaient de l'explosion au centre ville en début d'heure.
Drakov s'assurait auprès de Newell que le marché passé avec la CIA était toujours d'actualité.
Jack doublait de vitesse pour distancer le clan yakuza.



[13:57:20]


Jack appuya sur la pédale d'accélération en évitant de justesse l'embranchement qui menait à l'autoroute. Le compteur indiquait près de 130 km/h alors qu'il sillonnait la 14ème rue, à sens unique, sur deux voies doubles séparées par un mur de palmiers. De l'autre côté, les hommes de Yanaka subissaient le soleil qui réfléchissait sur les carreaux d'un building d'affaire, cherchant à maintenir la même allure que l'ex-delta pour crever les pneus de la Porsche et bloquer la circulation.

- " La route est barrée à 800m, ils tournent un de ces foutues séries de la FOX sur un agent antiterroriste ! ", indiqua Radford dont les mots étaient voilés par le vent

Le virage à droite fut serré, et Jack s'implanta à moitié entre la voie de droite et le trottoir, lorsque les tirs commencèrent à bondir sur la carcasse du véhicule. Couverts par les vitres teintées, les yakuza agissaient en dernier recours, remarquant qu'ils pouvaient se rabattre sur une voie rapide après avoir récupéré Radford.

- " Bon sang Jack ! ", hurla Radford à couvert " J'espère que t'as une bonne assurance "

Le fédéral ne répondit pas, concentré dans le maniement du véhicule, jusqu'à la percée flamboyante d'une moto qui doubla toute la file. Il dévia de quelques mètres, puis se reprit en entrant au sein d'une ruelle étroite tapissée de poubelles déchirées. Il souffla en constatant qu'il évita pour l'instant le cliché des deux voitures à l'entrée et à la sortie de la ruelle pour tendre un piège au véhicule central, mais laissa le moteur à l'arrêt et dégaina son arme à la venue de la Honda.
Après un bref rugissement, la moto s'arrêta au niveau des deux hommes. Le pilote releva la visière et ne daignât pas regarder Jack. Il sortit son SIG-Sauer P228 de sa veste et pointa sur Radford.

- " Montez à bord ! ", à l'homme chauve

Etant donné la circulation, c'était son seul moyen d'échapper aux japonais, et Jack avait là l'occasion de détourner leur attention.

- " Ecoute Jack, quoiqu'il arrive, ne leur dis pas que je suis à la tête de notre groupe en freelance ! ", spécifia Radford
- " Tu me connais mal ", catégorique, le sourcil relevé,

Le jeu de trahison avait rendu trouble leurs intérêts, et même si Radford savait que son ancien protégé était résistant à toute épreuve, sa certitude ne livrait plus la même assurance qu'avant l'opération Eclipse.

- " Si je ne reprends pas contact avant 20mn, retrouve Drakov avant que la CIA le récupère ! Je pense qu'il a été engagé par quelqu'un d'autre... "
- " Qu'est-ce que tu veux dire ? "
- " Drakov est le transfuge idéal pour eux. Il a accepté de livrer des noms du marché noir uniquement pour être gracié du meurtre de Davies, et pour que la Biélorussie bénéficie d'un soutien économique "
- " Je sais, ces cinq dernières années depuis Eclipse ont montrés que son seul objectif est de rentrer au pays natal. Mais ça ne prouve pas qu'il trahi la CIA ", douta Jack
- " Je crois qu'il a été envoyé pour tester la CIA et la Coalition "
- " M. Radford ", s'impatienta Matters, caché sous son casque
- " Merde ! ", réagit Bauer " Karamazov cache quelque chose d'après Cassandra, ca expliquerait pourquoi la CIA l'a enfermé, et pourquoi ils surveillent Drakov de près "
- " Tu ne penses tout de même pas que... "
- " L'attentat près de Kaboul n'était pas l'objectif final, il y a un autre attentat qui se prépare !!! "
- " La CIA l'a arrêté pour couvrir leurs intentions, que Bergman devrait bientôt mettre à exécution ! "
- " Tout devient plus clair, les missiles n'étaient qu'un leurre pour faire croire qu'il s'agissait de l'attaque ", dit-il d'un ton mélangé de lucidité et d'affolement

La BMW des asiatiques pénétra dans l'allée, ce qui provoqua l'empressement de Radford, aussitôt à l'arrière de la moto de James Matters. Ce dernier fit signe qu'il s'en occupait, et dirigea son arme vers la flaque d'essence qui coulait depuis qu'une balle avait percée le réservoir, une vengence bien calculée. Jack se dégagea immédiatement de la voiture, et évita de justesse la balle du Sauer qui ricocha sur la couche colorée, provoquant ainsi une déflagration étreintée entre les murs. La Honda démarra en trombe, laissant Jack à terre, projeté par le souffle, protégé par la barrière de feu.

La chaleur du feu déformait les bâtiments de la ruelle, qui cachaient les pieds des gratte-ciel de Washington.
Le brasier s'accentua ensuite, atteignant un pic de 4m de haut, comme une ligne de démarcation entre les japonais et Jack, confronté à deux choix: celui de fuir, ou de traquer. Dans l'instant, il ne savait plus très bien. Les vagues de la flambée floues caractérisaient bien son indécision.
Après tout, peut-être que le malaise n'était un retour aux racines, passage indispensable, qui lui rappelait ses premiers jours nébuleux dans la grande aventure du contreterrorisme. Et si Jack avait si peur de ressentir ce sentiment d'irrésolution, c'est parce qu'il ne voulait plus revenir en arrière, trop focalisé sur sa poursuite effrénée du temps, à la conquête d'un avenir qu'il croyait encore pouvoir changer.





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 Message Posté le: Lun 28 Juil 2008 - 4:02    Sujet du message:
Répondre en citant

Laughing la FOX qui tourne une série sur un agent anti terroriste...

Sinon super idée le gouvernement de l'ombre et la Russie impliqués dans le 11 septembre...

Par contre,vu que Logan est impliqué,et que c'est avant la saison 5,et que le pétrole d'Asie Centrale est le thème,et que la Russie est mêlée,ca risque quand même d'être lié à la conspiration du Sentox même indirectement?

je t'ai déja demandé je sais,tu m'a dit pas trop,mais j'ai du mal à imaginer qu'il y ait pas de lien du tout

j'espère aussi qu'on verra les Chinois un moment^^
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 Message Posté le: Lun 28 Juil 2008 - 4:57    Sujet du message:
Répondre en citant

Même à 4h on lit ma fic, ca c'est un vrai fan ! Mr. Green

Pour Logan, comme je l'ai dis, son importance est mineur étant donné que de toute façon, beaucoup de choses sont mises sur le compte de la Coalition et d'autres organisations nébuleuses.
Palmer n'était qu'un pantin et Logan en est de même.

Après, bien évidemment je ferais un petit lien non pas avec le sentox (cette histoire est trop foireuse à mon gout) mais sur le pétrole en Asie Mineure, ce qui sera bien sûr lié au devenir d'Idéon...


Citation:
Sinon super idée le gouvernement de l'ombre et la Russie impliqués dans le 11 septembre...


Justement, l'intérêt est là d'aller un peu à l'encontre de ce cliché, enfin d'un côté, oui, son existence reste secrète pour le peuple (mais ça n'a rien d'étonnant, les plus grands think tank, le groupe Carlyle et autres lobbyistes sont méconnus), mais d'un autre, j'essaie de montrer qu'il y a différentes structures ou niveaux d'informations (de vérités peut-on dire...), la plus basse et la plus "infectée" par le mensonge étant le niveau populaire, alors que la fictive Coalition appartient à un des plus hauts niveaux.

Et je crois qu'Eclipse montre assez bien ce jeu avec la réelle signification de Pluie Noire qui sera véritablement dévoilé cette saison.
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 Message Posté le: Lun 28 Juil 2008 - 13:43    Sujet du message:
Répondre en citant

On saura qui est le président de la Russie à ce moment
et donc si c'est Suvarov qui a commandité tous les complots des russes évoqués dans les 4 saisons?

quand je parlais de gouvernement de l'ombre tu explore cette idée mais sans reprendre les clichés tels quels c'est vrai...

et oui je suis un vrai fan Mr.
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 Message Posté le: Lun 25 Aoû 2008 - 18:55    Sujet du message:
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Aussitôt le forum rétabli, j'en profite pour poster le 3ème épisode... Twisted Evil

J'espère pas faire buguer le fofo... Laughing

Toujours pas de musiques ni d'image, car je suis dans une période où j'ai envi de proposer quelque chose d'un peu plus authentique, même si c'est au détriment des émotions. Et puis je m'efforce d'être quand même assez descriptif sans pour autant négliger l'évolution des personnages et leur psychologie, d'ailleurs très mis en avant pour ce 3ème épisode, notamment par le destin croisé de Bauer, Matters et Caïn.

Je viens de débuter l'écriture du 4ème épisode, qui je crois, complète assez le 3ème, dans la mesure où il plante la menace, et amène doucement la Coalition en tête d'affiche... Smile

Bonne lecture à tous !


Précédemment dans la fan-fiction de Mr. Jack :

Pistés par les yakuza qui avaient retrouvé leur trace, Jack et Radford reçurent l'aide de James Matters afin de leur échapper. Même si Radford suivait de près Drakov, il avoua qu'il ne pouvait pas fuir éternellement le procès qui le guettait. De plus, pour éviter les représailles de la Coalition, il n'hésitait pas à livrer ce qu'il savait sur l'organisation, à la tête de l'industrie américaine, et impliquée dans l'attentat de Djalalabad. Leur ambition était d'entrer en contact avec certains vendeurs du marché noir, par le biais de Drakov notamment. En réalité, Yanaka était l'objectif principal, dans le but d'un nouvel attentat qui se produirait dans la journée, et dont la CIA semblait également mêlée.

La fusillade avec l'unité de Danny Caïn n'était qu'une diversion pour permettre aux talibans de frapper au plein cœur de Kaboul, éloigner l'armée et prendre le contrôle de la ville. Pensant libérer les institutions contrôlées par le mollah, et donc les talibans, Caïn cherchait surtout à lui tendre un piège en l'attirant dans une école de la ville. Pour Rosenberg, le plan était plutôt de faire croire au regroupement des forces américaines dans la capitale pour que Bergman relâche sa garde, alors qu'en réalité, l'US Army serait en infériorité. Une fois à l'intérieur du pensionnat, Caïn et ses hommes constatèrent que les talibans étaient définitivement revenus, un otage sous le bras, en encerclant le bâtiment.

Pour éviter d'être éliminé par les russes à cause de ses informations qui pourraient intéresser la CIA, Yanaka tenait en Karamazov une assurance solide. De plus, il avait connaissance d'un espion russe parmi ses employés qui s'avérait utile pour les informations, ou désinformations qu'il voulait leur transmettre.

Au gala de la Maison Blanche, Sorensen partagea quelques secrets avec Rosenberg au sujet du colonel du FSB, ancien KGB russe, qui portait ses craintes sur Karamazov, mais aussi la Coalition, qui pourrait, selon lui, avoir une taupe infiltrée dans ses rangs.



Episode 3 : ( 14h00 - 15h00 )

Ces événements se déroulent le jour de l'opération Sombres Soleils, entre 14h et 15h, heure de Washington DC.



Les pensées de Caïn s'échouaient dans cet amalgame de décisions à prendre avant l'invasion des talibans à l'intérieur du pensionnat. Les pieds enchevêtrés dans les gravats de l'arrière cour, dont le terrain de sport avait été intégralement démoli après les bombardements, le lieutenant-colonel signala à une religieuse âgée au fond de l'étendue instable de rentrer à l'abri et de rassurer les enfants. Epaulé par deux autres soldats, Porter et Mike, bénéficiant respectivement de 1 et 3 ans d'expérience, il s'apprêta à freiner le groupe de rebelles qui contournait l'enceinte par l'aile administrative est. Après avoir escaladé les grillages du terrain de basket, où les pieds du lieutenant furent coincés un instant, l'unité retomba sur un lieu de prière, où une spirale brune, pallier d'une sculpture énonçant trois versets du Coran ornait en son centre, au milieu de bancs et d'une fontaine morte.

- " Ici Bravo Sea, nous confirmons le rapprochement de cinq ennemis fournis en armes iraniennes ", reçu Caïn sur sa radio d'après l'unité postée à l'étage de l'aile longée
- " Ca fait 18 hommes en tout, avec le groupe près des dortoirs et celui à l'entrée ", ajouta Porter, le crane entièrement rasé, qui défendait un côté condescendant un peu français
- " Les Marines arrivent par l'est, les talibans se fortifient à l'intérieur du bâtiment en ruine d'en face ", remarqua-t-il avec ses jumelles " Lance-roquette à vos 15h, ils vont détruire le mur ! "
- " On continue toujours chef ? "
- " Affirmatif ! ", lança strictement Caïn " Mais il faudra se replier ensuite et protéger le dortoir ! L'objectif n'est pas de décimer le groupe ennemi, il faut temporiser et attendre les ordres, en souhaitant que d'autres unités se ramènent ! "
- " Et s'ils n'arrivent pas à temps ? "
- " On remercie le père géniteur de nous avoir donné des couilles et on survit ! ", répondit Mike à la place de son supérieur

En traversant la zone de recueillement sous la nuit étoilée qui commençait à se refroidir, Caïn eut le temps d'admirer le quart de lune pointer au dessus de la mosquée du quartier, et se remémora cette scène d'enfance qui l'avait marqué. Pendant la première guerre d'Afghanistan, crise épilogue de la Guerre Froide, une intervention de l'Armée Rouge fut retransmise à la télé. Le général Sokolov prenait une ville afghane en assaut, et Caïn, aux côtés de son père, un éminent analyste travaillant pour la Maison Blanche sur les troupes aéroportées dans les pays satellites de la Russie, y découvrit la grandeur stratégique des russes face à quelques moudjahidines peu nombreux, qui tentaient de survivre, puis se souvint d'un commentaire que son père avait prononcé: " Survivre, c'est éviter l'échec de soi, et dans le plus pur instinct de survie, chaque pion de l'échiquier géant doit veiller à ne pas chuter pour rendre cet échec insignifiant par le temps, puis poursuivre son ascension et sa promotion ". Caîn lui répondit alors, quelques années après sa mort, que la survie l'amènerait bien plus loin que ses rêves les plus fous.

Après cet instant de dérive, des tirs d'armes automatiques se manifestaient à l'autre bout du secteur.

- " Equipe Alpha Contact, quel est l'origine des tirs ? ", demanda Caïn
- " Ils... ", avant un grésillement continu
- " Chef, ils entrent dans le réfectoire, je ne vais pas tenir longtemps, ils vont prendre les enfants ! Dép... "

Le contact fut à nouveau coupé.

- " Bordel, ils vont se servir des enfants pour qu'on rende les armes ! "

Malgré les talibans à proximité, il ne murmurait pas le désarroi exhumé par ce pressentiment d'abandon. Le front barré par un pli, il s'approcha de la façade murale et se cacha derrière une statue dont il manquait une partie de la tête pour pouvoir surprendre les troupes ennemies à leur arrivée dans la grande cour de l'école.


[14:05:44]


A quelques mètres de l'océan, du coté centre ville de la longue route qui longeait la côte Est, Jack avait semé les japonais, à ce qu'il en croyait, ou plutôt était-ce une précaution, pensant qu'ils s'intéresseraient à lui plus tard, après les comptes à régler avec Matters, qui s'était échappé avec Radford au dos de sa moto. En errant dans un centre commercial, il posa ses lunettes de soleil sur le nez, puis s'arrêta près d'un commerçant le long de l'allée centrale qui proposait des montures de marque. Il en profita pour regarder si on le suivait depuis le miroir, puis se posa un instant pour récupérer le journal laissé en évidence. Les mots croisés étaient inachevés, que Jack termina en écrivant les mots whispers et call-girl, dont le W et le C entraient dans la 5ème colonne. Le signal était clair: un rendez aux toilettes dans 5mn.


L'équipe envoyée par Newell se déployait le long du parvis face à l'immeuble de Yanaka, où une impressionnante architecture au contour baroque attirait le regard des passants. En civils, les hommes de la CAT observaient le hall d'entrée du coin de l'œil à travers les portes automatiques translucides.

- " Ici Archange II, j'ai repéré les deux hommes en moto dans le parking. Le profil du conducteur correspondait bien à James Matters ", recevait l'agent au blouson en cuir, assis sur un banc vert " On force l'intervention ? "
- " Avez-vous confirmation qu'il s'agit bien de lui ? "

Le fédéral laissait croire qu'il fouillait dans le coffre de sa Lexus, en regardant traverser les deux suspects, alors que Matters cachait Radford.

- " Je confirme, il vient d'enlever son casque. Mais je n'arrive pas à voir l'autre, je vais essayer de me déplacer "


Au même moment, Jack reçu un message sur son biper, provenant de Newell lui-même, avec qui il avait établi quelques liens grâce à une connaissance commune. Le message stipulait que Matters serait bientôt appréhendé. L'ancien Delta saisit aussitôt son téléphone et contacta le directeur, comme s'il venait de se rappeler que la CAT comptait intervenir.

- " Frank Flynn, passez-moi Newell, tout de suite ! ", à la secrétaire
- " Vous avez reçu mon message ? ", demanda Newell arrivé comme un éclair
- " N'intervenez surtout pas, ça ne s'est pas passé comme je l'espérais "
- " Je sais que vous tombez dans l'estime de Caïn, mais je ne peux pas annuler une opération pareille... "

Après un moment d'hésitation, Jack se décida à lui avouer un soupçon de vérité.

- " Un de nos agents est infiltré chez Yanaka. Si ce dernier croit qu'il s'agit de Matters ou de qui que ce soit d'autre, sa couverture sera grillée "
- " Pourquoi Yanaka penserait forcément à une taupe ? "
- " Parce qu'il est très suspicieux envers Matters. Je ne voudrais pas sacrifier un innocent "

Jack savait que d'une façon ou d'une autre, la CIA n'en ferait qu'à sa tête et appréhenderait Matters à un moment ou un autre. S'il appréciait Newell, c'était avant-tout pour sa discrétion, lui qui savait ne pas ébruiter une affaire quand c'était dans l'intérêt des gens en qui il avait confiance.


Avant d'entamer son discours, Brainer aspirait à faire quelques pas sur les bords d'une rivière scintillante dans les jardins de la Maison Blanche. Les éclats du soleil qui s'échappaient au gré des ondes d'eau éblouissaient le successeur d'Anthony Lane, accompagné de Nate Sorensen, qui s'était avéré de grande valeur en lui livrant les contacts qui manquaient à sa liste. Tout autour, pas moins de huit gardes du corps assuraient la protection du président de la Chambre.

- " Les manifestations deviennent de plus en plus violentes. Les gens ont peur que l'Europe soit contagieuse... ", s'inquiéta Brainer, remettant à niveau ses lunettes
- " Le pic pétrolier effraie peut-être, mais nous avons l'avantage sur le Moyen-Orient. Au vu de notre marché de la désinformation, le pétrole qu'ils nous fournissent est encore assuré pour une bonne décennie, malgré la mort de Nazr "
- " Le nouveau prince ne nous fait pas confiance. Il pense que nous soutenons les représailles d'Idéon, et il est persuadé que c'est le président Logan qui pousse le Moyen-Orient à retirer une partie des parts pétrolières réservées à l'Europe pour nous les livrer. Idéon est indépendant, et nous ne sommes pas à l'abri d'une révolte, tant que nous n'aurons pas entièrement désarçonné le consortium "
- " On peut déjà s'estimer heureux qu'il n'y a plus de nettoyage ethnique, maintenant que Kingsley est mort et que Nazr nous a donné quelques noms ", commenta Sorensen, regardant au loin les arbres italiens
- " C'était une impasse. Les membres d'Idéon bénéficient d'une bonne couverture, et même si Lane aurait parlé, il n'aurait rien pu nous dire. J'ai parlé avec quelqu'un récemment, qui m'a avoué que les français étaient sur une piste intéressante, même si les preuves sont aussi maigres que ces filles de l'Est... "
- " Les français liés à Idéon ? ", sans relever la comparaison déplacée de Brainer
- " Leur ancien premier ministre, mécontent des résultats économiques causées par le consortium "
- " Il serait grand temps de calmer le jeu au Moyen-Orient. Nous avons besoin d'eux pour la désinformation, au moins tout autant que les russes se servent d'eux pour les mêmes raisons "
- " Je ne pourrais jamais vous remercier assez pour tout ce que vous avez fait là bas. Chaque jour est un pas de plus vers le refuge de Ben Laden "
- " Un pas dans l'ombre de son refuge plutôt. Mais nous devons nous en contenter. Ben Laden est un des seuls qui a connaissance de la désinformation lancée par les russes. Si jamais il basculait pleinement de leur côté, ça nous couterait cher "
- " Cela fait des années que notre gouvernement protège la famille Ben Laden "
- " C'est un ennemi instable. Le diable de notre paradis perdu. Il faut continuer à lui donner de fausses informations, en partant du principe qu'il les livrera aux russes "

Brainer s'arrêta et fit face à Sorensen, les cheveux luisants à cause d'un gel qui lui donnait l'impression de sortir des années 1960.

- " De vous à moi, le jeu que mène le Congrès est un peu trop obscur pour que je puisse le cerner ", admit Brainer
- " Cela fait 14 ans que je soutiens le Congrès. Ne croulez pas sous l'illusion, ils sont bien à l'origine de certaines opérations détournées, comme Cyclone, ou encore Crépuscule, malgré le peu que je sais. Mais ce sont les premiers édifices de notre trésor: la manipulation des grandes puissances. Avec les fonds que le Congrès a détourné, nous avons pu nous rapprocher de la famille Ben Laden et dominer le Moyen-Orient "
- " Comment parvient-il à financer de telles opérations ? "
- " Je n'en ai pas la moindre idée, mais c'est là l'obstination qui vous guide n'est-ce pas ?"

Une idée certes saugrenue mais pas improbable apparue à Brainer: et si Idéon, après les nettoyages ethniques, après les représailles et l'immense marché pétrolier qu'elle contrôlait finançait le Congrès afin de mieux se jouer du Moyen-Orient et des russes ? Quelques secondes plus tard, l'idée parut mourir dans les abysses intérieures de Brainer, qui se laissait sans doute trop aller à ses théories conspirationnistes.


Quand Jack remarqua que l'agent d'entretien était distrait, il improvisa en saisissant une pancarte sur son chariot indiquant que les toilettes étaient hors d'utilisation, et l'accrocha sur la porte avec l'écriteau "Women". Une jeune femme qui semblait remettre son tampon sortait au même moment de sa cabine. Jack entra hâtivement dans l'une d'elles jusqu'à ce que la femme quitte la pièce, puis sortit son arme par vigilance.

- " Tu peux sortir ", en devinant que son contact se cachait

Le loquet de la cabine fut désengagée.

- " J'ai fais le tour du centre commercial, personne ne te suivait ", rapportait Cassandra à Jack en le fixant dans le miroir ovale.

Une chemise à manches courtes bleue marine ainsi qu’un pantalon noir de femmes d'affaires marquait les traits de son ancienne conquête furtive.

- " Heureusement que notre repère n'est qu'à quelques mètres d'ici. Et je crois qu'on me surveille toujours "
- " L'alibi est solide, la CIA est toujours persuadée que Kim vit à l'hôtel "
- " Je crois qu'ils mettent quand même le bâtiment sur écoute "

Même s'ils n'avaient pas beaucoup de temps, Jack laissa fuir un court silence qui dévoilait son anxiété auparavant voilée.

- " Tu travailles pour eux Cassandra ? "
- " Quoi ? "

Jack ne comptait pas sur la sincérité, mais cherchait plutôt à la deviner d'après le ton qu'elle employait et ses expressions faciales.

- " Je pensais que cinq ans suffirait pour te convaincre. Qu'est-ce qu'il te faut de plus ? ", déplora-t-elle
- " Tu disais qu'avant Eclipse, Bergman t'avais ordonné de ne rien dire sur votre collaboration avec Mikhael Drakov, au cas où ca se retournait contre vous, et que son but était de découvrir comment dirigeait la Coalition. Mais Radford m'a dit qu'il ne savait presque rien d'eux. La Coalition les aurait engagés dans le cadre d'une alliance avec les russes. Je pense que Bergman et Radford n'ont pas accordés leurs violons, et qu'on se sert de toi pour découvrir ce que fait vraiment Radford "
- " Pourquoi je passerais par toi et pas directement par Radford, en me servant de lui ? "
- " Parce que j'ai toujours été digne de confiance ", pas vraiment convaincu
- " C'est ce qu'il te fait croire. Notre intérêt est le même: Mikhael Drakov, que Bergman pense lié à une multinationale obscure du nom d'Old Fates, comme je t'avais dis dans le mémo. C'est pourquoi on s'en est intéressé de près puis veillé à sa capture "
- " Tu ne m'as toujours pas dit comment... "
- " Les occasions étaient rares ces derniers temps. Depuis ta démission des Delta, le cartel Salazar, et la création de notre unité, on n'a pas pu mettre les choses au clair "
- " Etrangement, j'ai été le dernier à intégrer le groupe freelance, et comme par hasard, juste après la CIA a proposée de m'employer "
- " Ce qui nous a permis de découvrir leurs intérêts ! Ca n'avait pas l'air te déranger quand je t'ai donné de quoi survivre en prison, et quand j'ai transmis à Radford les moindres informations que tu me donnais sur Karamazov, puis quand j'ai organisé l'extraction avec James ! Comment oses-tu parler de trahison ? "
- " Tu n’as pas répondu à ma question. Ni comment Bergman t'a engagé "
- " Il y a tellement de vides...et il y en aura toujours. Je ne pourrais pas te donner réponse à tout Jack, tu fais de tout ça une obsession, tu deviens avide et corrompu par ton imagination, comme... "
- " Comme qui ? "

Cassandra cherchait à s'échapper de la pièce, jusqu'au moment où elle commença à comprendre les raisons de ce revirement étrange.

- " Tu...tu penses que c'est moi qui a balancé ? Que j'ai dit aux yakuza où vous étiez il y a une heure ? Tu ne sais rien de moi Jack, et tu n'en saura jamais plus "

Cet aveu sembla le vexer, et il préféra ignorer ce qu'elle venait de dire.

- " Je suis désolé...tout empire depuis Teri. Kim, mes problèmes de cœur, Ellen, la prison en Biélorussie, les chinois...c'est une malédiction ", s'efforçant de ne pas monter le ton
- " Tu ne changeras pas l'emprise du temps sur toi. Il y aura toujours une partie de toi qui devra accepter la solitude "
- " Mais je ne peux pas accepter la déception ", après cette taupe à la CAT qui l'avait profondément bouleversé
- " Si quelqu'un balance des informations à l'ennemi, c'est Radford lui-même. Il savait que je le surveillais. Peut-être qu'il voulait entrer en contact avec Yanaka. Jack, je ne suis pas Nina Myers. Mon discours depuis toujours devait te rendre à l'évidence: je ne veux pas d'une autre identité. Une seule est déjà bien dure à supporter "


L'avertisseur sonore annonçait l'ouverture des portes de l'ascenseur. Les portraits de Matters et de Radford se glissaient entre elles. L'ancien directeur avança le premier, menacé par une l'arme dans son dos, puis Matters pressa sur le bouton qui menait au dernier étage.

- " Désolé pour le flingue. Yanaka doit y croire ", dit-il à basse voix
- " J'ai hâte de l'entendre brailler avec son accent. Il va s'en donner à cœur joie "
- " Il ne vous tuera pas. Je préviendrai Jack s'il faut intervenir "
- " Voila qui me rassure... "
- " Faites lui croire que vous avez agi dans son intérêt. C'est vous qui m'avez conseillé comme bras droit, et il ne m'a pas renvoyé, ni soupçonné de quoi que ce soit. C'est qu'il pense que la négociation est encore possible. Dans le cas contraire, il m'aurait déjà supprimé "
- " C'est pas faux. T'apprends vite les ficelles du métier. Mais quand même, comment on dit trou du cul en japonais ? "

Matters releva les sourcils, sans le prendre au sérieux, puis fixa l'indicateur d'étage.

- " Yanaka sait que j'ai une place d'honneur au sein de la Coalition ", poursuivit Radford " C'est pour ça qu'il t'a engagé. S'il avait eu le moindre doute durant ces 18 mois, tu aurais connu la torture sur la cuvette des chiottes... "
- " Je l'ai aidé à réussir ce procès. Par contre lui, ne vous a pas vraiment aidé...Le Delta Force sera supprimé, une autre organisation sera créée. Peut-être pourrez-vous trouver un terrain d'entente là dessus... "


[14:16:31]


Matters attendait la fin de la réunion pour présenter Radford à Yanaka.
Jack sortait du centre commercial par derrière.
Les manifestations s'intensifiaient à Washington, et gagnaient peu à peu la Maison Blanche.
Sorensen offrait quelques confessions pour gagner d'avantage la confiance de Brainer.
Les tirs cessaient au pensionnat. Les talibans savaient que l'équipe de Caïn se repliait, et en profitaient pour investir les lieux.



[14:21:16]


Dans les hauteurs de Chicago, dans un quartier excentré de la ville - où circulait un peu trop le métro d'après les habitants -, une femme aux cheveux courts, rajeunie de quelques mèches blondes laissait claquer ses talons sur le macadam qui semblait être le parfait reflet des nuages gris qui survolaient la banlieue. En tenue de bureau, le sac à main à l'épaule, on arrêta Eve Thompson au bas de l'escalier de la résidence où elle vivait luxueusement, même si le coin était essentiellement habité par la classe moyenne.

- " Vous m'avez presque manqué ", dit-elle à l'homme en costard qu'elle ne connaissait même pas
- " Agent Spelling, CIA, sous les ordres de Richard Braxton "
- " Ce bon vieux Richard ? Comment va t-il ? La vieillesse ne doit pas lui aller... "

Elle monta les marches, passa la clé dans la serrure, puis comme si cela allait de soi, laissa entrer le fédéral.

- " Vous savez pourquoi je suis là "
- " Parce que votre patron fait mine de ne pas savoir que je travaille pour l'OIS, organisation chargée de la collecte et de la distribution d'informations dans le monde. Enfin information est un vaste mot. Quoiqu'il en soit, je suppose qu'il n'a pas aimé mon récent article sur les prisonniers de Guantanamo. C'est rare, mais il m'arrive d'aimer la vérité ", débitant les mots à une vitesse folle
- " M. Braxton dit qu'il ignore lui-même d'où vient cet ordre apparent de l'OIS, en étroite collaboration avec la Vinaigrerie ", surnom de la CIA
- " Pas étonnant, Braxton n'est là que pour poser sur les posters. Son rôle est très limité, mais vous ne le saurez jamais. Quelqu'un de plus puissant que la CIA donne les ordres, mais allez racontez ça...la chasse aux sorcières pourrait bien recommencer "

Spelling, ancien agent de la CAT de Washington, avait rapidement été transféré dans un bureau miteux de la CIA, où il avait monté en grade récemment grâce à la localisation d'espions russes dans le camp géorgien.
Eve Thompson avait beau avoir la quarantaine, elle n'en restait pas moins charismatique et impressionnante, sans être dénué d'un charme mature. Spelling ne savait quoi lui répondre, et improvisa sur son mince terrain de connaissance.

- " On doit facilement connaître ce quelqu'un quand on travaillait avec Anthony Lane ", suggéra l'officier de la CIA
- " Pas quand ce quelqu'un ne veut pas se faire connaître. Je ne connais pas tant que ça la CIA. Par contre si vous avez des questions sur le Congrès...La seule piste que je peux vous donne est... ", elle marqua une pause " Et si quelqu'un voulait décrédibiliser la CIA? Et comptait sur moi pour faire le sale boulot ? "
- " Si c'était le cas, je suppose que vous n'auriez pas émis cette hypothèse "
- " Peut-être bien que si ", en semant le doute chez Spelling " Mais si c'est le cas, croyez-moi, moi-même je ne saurais distinguer le vrai du faux. Et Lane ne pourrait que trop bien le confirmer. Cet océan de nœuds emmêlés dans lequel il s'est jeté en est une preuve. Lui-même se laissait guider au gré des complots sans même savoir comment en sortir "
- " Quel était l'intérêt dans ce cas ? "
- " Le prestige je suppose... ", la tête basculant en arrière, le regard perdu " Mais c'est une autobiographie que vous préparez ? "
- " Non ", en insistant après avoir posé son calepin " Si vous voulez ma théorie, Lane voulait s'emparer de l'Europe et prendre leurs ressources. Probablement pour être en avance sur les russes ou les chinois, comme la 3ème guerre mondiale approche "
- " Théorie intéressante, je vous laisse en débattre avec Braxton, c'est un renard vicieux qui n'aime pas beaucoup Lane, mais il a toujours su faire le lèche-cul, sinon il n'aurait pas tenu 3 ans à la tête de la CIA "

Avant que Spelling s'apprêtait à sermonner Eve Thompson avec peu d'assurance, elle le coupa en anticipant:

- " Je pourrais acquiescer bêtement en vous faisant la promesse d'arrêter d'écrire et déménager à l'autre bout du pays, mais je ne le ferais pas, et Braxton ne pourra guère grand chose à part envoyer ses jeunes loups faire le trajet au lieu d'un simple coup de fil. On m'a donné un rôle, et je le tiendrais jusqu'au bout, personne à la CIA, du moins, pas la face visible ne pourra m'en empêcher. Mais comme vous m'avez l'air d'un gentil garçon, je vais vous donner de quoi nourrir le boss. Vous pouvez lui dire que mon prochain article concerne le dernier rapport de la Défense indiquant que le grand patron, dont vous n'entendrez jamais parler, s'est enfui à l'aide d'un tout nouveau sous-marin non signalé et reconnu par le gouvernement. D'où vient-il, tel est la question, mais ce n'est pas à moi d'en répondre. D'abord laisser couler les rumeurs, puis les recouvrir de rumeurs plus persistantes qui passeront pour des vérités tragiques. Passez le bonjour au vieux Braxton "

Le claquement de la porte tombait en écho avec les tirs qui résonnaient à quelques étages des dortoirs dans le pensionnat de Kaboul. Connor, un des favoris de Caïn pour son culot, puis Malek, un sud africain faussement exilé reculaient à grand pas à l'approche des ennemis. Une explosion se fit entendre là où se trouvait Caïn, suivie par une fusillade, probablement un missile qui venait de détruire le mur.
Une religieuse à la beauté orientale envoutante s'approcha de Malek, évoquant l'angoisse des enfants. Comme il avait une veine paternelle, le soldat s'arrangea pour aller les rassurer un court instant, puis à son retour, deux étages plus bas, Connor n'était plus là, mais avait laissé quelques gouttes de sang tacher le sol.


Dans les coulisses situés derrière la scène des galas de la Maison Blanche, Rosenberg collait le vieux combiné de téléphone sur son oreille pendante, entre une planche de bois et un rideau qui avait pris la poussière, faisant attention à ne pas parler lorsqu'on traversait le couloir.

- " C'est ça, et la radio afghane a diffusée plusieurs fois le message. Les troupes se déportent à 40% sur Kaboul les prochaines 24h pour lutter contre les talibans, et ainsi faire croire que l'armée est ancrée dans la capitale pour que Bergman croit avoir le champ libre ... tout à fait, il sait qu'en réalité, les soldats ne bougeront pas d'un orteil. Il sait même où se trouvent nos troupes ... Non Br... ", il se tut pendant que quelqu'un passa " Non, Brainer ne s'y est pas opposé. Il sait que la désinformation est reine pour durer. Et puis si Bergman a envoyé le missile, c'est justement pour que l'armée soit obligée de rester à l'est à cause du chaos à Djalalabad, et pour que l'information ne soit pas crédible ... Oui exactement, cela permettra aux talibans d'arriver en surnombre. Mais ils doivent se modérer, c'est la règle... Sorensen n'a pas envi de financer des régiments supplémentaires ... Oui, Brainer est une cible facile. Et ce n'est pas Logan qui empêchera l'attaque ... Le rapport de la Défense n'a rien tirée de l'enquête sur les sous-marins, nous pouvons attendre tranquillement jusqu'à l'heure convenue "

- " George, vous êtes là ", remarqua un homme " Le Général Mills vous cherche, un appel d'urgence à propos de nos hommes à Kaboul "

Rosenberg se doutait du message, mais se préparait à griffonner la façade qui ferait jaillir sa fausse surprise, toujours conscient qu'un bon politicien se devait d'alterner ses deux identités, de l'être et du paraître.


Caïn remonta d'une traite les douze marches de l'escalier criblé de balles qui menait au premier étage du pensionnat où dormaient les petites filles, couvert par Porter qui tenait un P9 muni d'une torche, puis Mike qui surveillait les arrières.

- " Repli trois sur zone de défense ! Ici Alpha Contact, appelle à l'unité Faucon Noir, demande de renforts immédiats ! ", lança désespérément Caïn
- " Les dortoirs sont vides Lieutenant-colonel ! J'aurais leur peau à ces enfoirés ! ", signala Porter

Parfaitement rasé mais transpirant de sueur, Caïn traversa une à une chaque pièce jusqu'à la dernière, puis exigea le silence complet arrivé au niveau d'un lit défait. Il s'abaissa d'un genou sur le sol, et croisa le regard d'une fille en sanglot, les jambes enveloppées par ses bras, totalement apeurée:

- " Ils ne l'ont pas vu dans la panique général ! On doit établir un périmètre de sécurité pour la sortir d'ici ! Je vais continuer de joindre Wilson ! ", précisa le soldat au P9
- " Ne crains rien, on est là pour t'aider ", chuchota mélodieusement Caïn en lui tendant la main, même s'il savait qu'elle ne comprenait rien " Allez suis-moi, on va te sortir d'ici "

Après un moment d'hésitation, elle glissa jusqu'à l'entre-deux lits et agrippa les mains de pianistes de Caïn. Un craquement heurta soudainement le calme, et le lieutenant-colonel dégaina de l'autre main.

- " Restez avec elle "
- " Mais lieut..."
- " C'est un ordre ! "

Il s'avança jusqu'à la porte en bois entr'ouverte, puis à l'apparition d'un grincement, il écrasa la main - trop mat pour être un de ses hommes - qui s'introduisait dans l'espace en fermant la porte. Caïn saisit alors l'homme en le tirant vers lui, p