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| Etes-vous satisfait de l'évolution de ma fan-fiction au fil des saisons ? |
| Oui (en partie parce que ca se rapproche plus d'un roman désormais) |
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71% |
[ 5 ] |
| Non (en partie car ça s'éloigne de la fan-fiction et de l'univers de la série) |
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0% |
[ 0 ] |
| A moitié, car certains points peuvent rebuter, comme la longueur des épisodes par ex. |
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14% |
[ 1 ] |
| Peu importe, je m'y suis habitué et je n'y prête pas attention |
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14% |
[ 1 ] |
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| Total des votes : 7 |
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| Auteur |
Message |
dr house Conscience de Jack


Inscrit le: 28 Aoû 2009 Messages: 1676
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Posté le: Jeu 11 Mar 2010 - 0:55 Sujet du message: |
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Oui en effet, c'est moi-même qui l'avais créé . Mais au bout
de deux jours, Greg Saunders a fermé le topic, pensant qu'il n'y aurait pas
assez de participants. Et que pour créer un nouveau jeu, il fallait l'accord
de plusieurs participants. J'ai donc fait une proposition de jeux, sans
réponse malheureusement. Par conséquent, j'ai pensé à demander l'avis
d'auteurs de fanfictions. Day 24 m'a répondu être intéressé et je propose à
présent mon jeu à mister jack. D'ailleurs si cela t'intéresses jack usa's best
, tu peux me le dire. Cela fera une voix de plus à ma pétition . |
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Mr. Jack Disciple de Kant


Inscrit le: 18 Avr 2004 Messages: 6679 Localisation: Living in Oblivion
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Posté le: Ven 12 Mar 2010 - 19:29 Sujet du message: |
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| dr house a
écrit: |
Il s'agirait de trouver le nom de la fanfiction et le nom du personnage à
partir d'une citation d'un auteur de 24 fr. Le nom de la fanfiction
rapporterait 1 point, le nom du personnage 2 points. Un auteur d'une
fanfiction n'aurait pas le droit de se citer. Qu'en
penses-tu? |
Je suis pas certain que ca marcherait dans la mesure où peu de personnes (en
tout cas parmi celles qui participent souvent aux jeux) ont lu ou lisent des
fan-fictions. Du coup il n'y aurait qu'une petite poignée de forumeurs dont
toi et moi qui pourraient répondre, et encore en ce qui me concerne j'ai pas
lu la moitié des fan-fictions ici.
C'est donc sans doute pour ça que Greg a fermé le topic. Y a un moment où les
fan-fics marchaient bien, la rubrique était assez vivante il y a 4-5 ans, mais
je pense que le concept du jeu restreint un peu trop l'éventuelle
participation des forumeurs  _________________ Fan-fiction Operation Crepuscule:Terminée
Fan-fiction Operation Aurore Boréale:Terminée
Fan-fiction Opération Eclipse : Terminée
Fan-fiction Opération Sombres Soleils: Episode 17 disponible
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dr house Conscience de Jack


Inscrit le: 28 Aoû 2009 Messages: 1676
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Posté le: Dim 14 Mar 2010 - 1:35 Sujet du message: |
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Je conçoie fort bien qu'il n'y a pas beaucoup de lecteurs de fanfictions de
24fr. Mais quand on regarde la plupart des jeux du forum(le jeu des citations,
énigme sur un personnage de 24...), on s'aperçoit que ces topics marchent bien
avec ne serait-ce que quatre ou cinq candidats récurrents. C'est pour cela que
je pense que mon projet est réalisable. Mais c'est sûr qu'il faudrait plus de
monde que la dernière fois que je l'ai fait(personne) . J'écris une
fanfiction, et j'avoue être assez content car j'ai à chaque chapitre des
commentaires de forumeurs(nina palmer, heller the killer,
ceciliabaueralmeida). Ce qui me fait penser que le topic fanfictions n'est pas
aussi déserté qu'on pourrait le penser. Et ces quelques forumeurs pourraient
faire marcher ce topic. En plus, comme je l'ai dit plus haut, day 24 m'a avoué
que mon projet lui tenait à coeur. Bon encore faudrait-il que ce dernier soit
encore de ce monde . Non je plaisante, mais comme il ne répond plus à mes messages
dans son topic "Day 24 fanfiction saison 3", je me demande s'il est
toujours des nôtres. Mais je crois qu'à un moment, il avait déserté le forum
pendant de longs mois et était revenu. C'est ce que j'espère, étant donné que
j'aimerais connaître la fin de son histoire. En plus je pense que ce nouveau
jeu pourrait inciter les forumeurs à lire des fanfictions, ce qui serait une
bonne chose. Personellement, j'ai lu presque toutes les fanfictions du forum.
Même si tu n'as lu que la moitié des fanfictions, ce n'est pas grave, on ne
peut pas tout connaître. C'est la même chose pour les autres jeux. Pour
conclure, je pense que ce jeu pourrait aussi permettre de rendre hommage à
tous les plus grands noms des auteurs des fanfictions de 24fr, qui nous ont
fait grandir à travers leurs histoires . |
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Mr. Jack Disciple de Kant


Inscrit le: 18 Avr 2004 Messages: 6679 Localisation: Living in Oblivion
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Posté le: Dim 11 Avr 2010 - 6:23 Sujet du message: |
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L'épisode 13 est presque bouclé, il me reste les dernières minutes à écrire,
et je dois admettre que mon cœur balance entre deux cliffhangers, qui
changeraient radicalement la suite...
Ces dernières semaines j'ai beaucoup réfléchi aux résolutions pour chaque
intrigue et chaque personnage à l'issue d'opération Sombres Soleils (qui
"s'achève" à l'épisode 18, mais je n'en dis pas plus...), comment
tout emboiter, tout converger et amener les ultimes révélations avec
crédibilité.
Il me reste encore quelques retouches à faire mais globalement, la fin de
saison s'annonce dantesque
Aussi, je dois aussi mettre en place les éléments qui seront inexpliqués au
terme de l'épisode 18, mais qui prendront tout leur sens par la suite...un peu
comme Lost et sa narration post-saison 3 (comment tel personnage en est-il
arrivé là...). Pas évident de penser à tout, donc je relis pas mal mes
précédents épisodes, et ceux de la saison 3.
Pour vous "teaser" un peu au sujet de l'épisode 13, voila quelques
infos:
| Citation: | -
l'ouverture de saison devrait en choquer plus d'un...et je crois qu'on pouvait
difficilement s'attendre à un tel rebondissement
- on en saura plus sur le rôle majeur de Sorensen envers les russes.
- Caïn passera définitivement au premier plan et son rôle pourrait être encore
plus décisif que celui de Jack...
- une "guest star" sera de la partie durant deux épisodes
- l'issue du procès ne fait plus de doute : le "système"
s'effondrera (reste à savoir ce que représente ce système, et pourquoi il doit
s'effondrer)
- le passé entre Jack et Cassandra sera largement approfondi (et ce jusqu'à la
fin de saison)
- un nouveau personnage chinois fera son apparition, et la Chine aura un rôle
capital dans la résolution de l'histoire. C'est également ce qui va permettre
de justifier l'intérêt de Yanaka cette saison.
- Pour terminer, une information qui ne concerne pas cet épisode mais les
suivants: on entendra à nouveau parler des événements des trois premières
saisons de ma fan-fic (intrigues terroristes, personnages phares) et vous
aurez définitivement droit à l'explication de leur causes et
conséquences. |
The End is near
 _________________ Fan-fiction Operation Crepuscule:Terminée
Fan-fiction Operation Aurore Boréale:Terminée
Fan-fiction Opération Eclipse : Terminée
Fan-fiction Opération Sombres Soleils: Episode 17 disponible
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dr house Conscience de Jack


Inscrit le: 28 Aoû 2009 Messages: 1676
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Posté le: Mer 05 Mai 2010 - 2:54 Sujet du message: |
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| A quand le prochain épisode? |
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Mr. Jack Disciple de Kant


Inscrit le: 18 Avr 2004 Messages: 6679 Localisation: Living in Oblivion
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Posté le: Jeu 06 Mai 2010 - 19:01 Sujet du message: |
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J'ai pas avancé depuis le dernier message, il me reste uniquement une (longue)
scène mais dès que j'ai du temps libre, je le consacre à l'écriture de mon
mémoire, vu qu'il me reste 20 jours pour écrire environ 70 pages...
C'est pas faute de vouloir boucler l'épisode qui est vraiment pas mauvais à
mon sens, mais sachant qu'en plus du mémoire je suis en période d'examens
depuis une semaine et que j'ai toute sorte de devoirs à rendre, ca serait pas
trop sérieux d'écrire la fan-fic en ce moment
Après j'ai jamais dit que j'étais trop sérieux...
Mais c'est pour bientot, j'ai pas envie de faire attendre davantage alors
qu'il reste 2-3mn de temps réel à écrire, donc dès que j'aurais un ptit moment
je m'y consacrerais  _________________ Fan-fiction Operation Crepuscule:Terminée
Fan-fiction Operation Aurore Boréale:Terminée
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Fan-fiction Opération Sombres Soleils: Episode 17 disponible
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Mr. Jack Disciple de Kant


Inscrit le: 18 Avr 2004 Messages: 6679 Localisation: Living in Oblivion
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Posté le: Mer 09 Juin 2010 - 8:22 Sujet du message: |
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Après quelques heures de dur labeur cette nuit, je viens enfin d'achever
l'épisode 13
La relecture a été plutôt rapide donc je me pencherais un peu plus dessus ce
soir éventuellement. Je trouve assez dommage d'avoir achevé ca deux mois après
avoir écrit 90% de l'épisode, mais je voulais faire ça bien, et ces derniers
temps j'ai pas du tout eu l'occasion de me concentrer sur ma fan-fiction.
J'espère pouvoir m'y consacrer ces vacances malgré mon mémoire, et faire en
sorte que l'envie d'écrire me reprenne comme autrefois
Je me chargerais aussi d'actualiser les épisodes mis en téléchargement,
maintenant que j'ai réglé mes problèmes avec mon fournisseur d'accès.
Que puis-je dire sur l'épisode...certainement un des plus beaux que j'ai pu
écrire, sur le plan des thématiques développées en tout cas. L'atmosphère
prend une toute autre dimension, certaines trames passent au second plan
tandis que d'autres arrivent en embuscade, notamment tout ce qui se déroule en
Afghanistan, et qui va être décisif pour la fin de la saison.
Il se passe deux évènements majeurs dans toute la mythologie de ma fan-fic,
l'un qui vient ouvrir l'épisode, l'autre qui le scelle, entrecoupés de
quelques surprises. La fin se met vraiment en place peu à peu, et on verra
bientôt comment toutes les parties de la mosaïque finissent par se recouper
alors que certaines paraissent minimes (le rôle de la Chine notamment).
J'espère que vous prendrez du plaisir à voir tout cela se rassembler, avec les
réponses finales qui commencent à éclore
Bon épisode
Partie 2 : La déception d’une
fin (Le réveil)
« Il arrive
un âge où nos déceptions elles-mêmes ne nous sont plus qu'un spectacle
», Henry de Montherlant
Précédemment dans
la fan-fiction de Mr. Jack :
Cassandra exhumait un vieux démon que
chassait la CIA depuis longue date : l’existence d’un coupe-circuit en contact
avec un agent dormant russe, AEDUNE, qu’avait traqué un jeune agent du FBI en
poste à la cellule anti-terroriste de Washington, Frank Capra, avant d’être
mené face à une impasse. Slattery en avait conclu que le coupe-circuit de
Capra pouvait être Ellen Riss, décédée durant l’opération Aurore Boréale en
France, aux cotés de Jack.
D’après les informations que Cassandra avait reçu de Dana Dern, il fallait
prélever un échantillon sanguin de Jack pour découvrir la nature du projet
dans lequel il était impliqué depuis des années. Afin de ne pas attirer les
soupçons de la CIA et des russes, Matters avait réussi à convaincre Cassandra
de partir avec l’échantillon et les documents saisis au complexe. Ce n’est que
plus tard, au milieu d’un conflit armé entre l’Agence et des paramilitaires
employés par les fédéraux russes que Matters avoua à Jack le véritable enjeu
de cette histoire : Bauer avait été sélectionné lors de son enfance pour faire
parti d’un groupe appelé les Pathogènes, dont chaque membre contenait en lui
la structure ADN nécessaire à l’activation de Sombres Soleils.
A l’origine de la campagne de désinformation massive pour cacher l’existence
de ce satellite, le projet Sombres Soleils était le résultat d’un effort
technologique de 40 ans qui était susceptible de renvoyer n’importe quel pays
à l’âge de pierre. James Matters révéla alors qu’il était un agent dormant
cultivé par les russes pour surveiller Jack et retrouver l’identité des autres
Pathogènes avant qu’on ne se décide à lancer Sombres Soleils. Selon le
traitre, le seul moyen de mettre un terme à la mise à feu du satellite était
d’éliminer les Pathogènes et d’empêcher le gouvernement de récupérer les codes
génétiques. Au cours du face à face entre Bauer et Matters, un coup de feu
retentit, et l’un des deux hommes fut tué.
De son coté, Brainer découvrait une partie de la vérité sur Nate Sorensen
après l’interrogatoire qu’avait dirigé Valajdopov. Le gouvernement russe, qui
avait fait appel à Sorensen pour reproduire Sombres Soleils doutait de ses
intentions. Selon le FSB, il aurait pu manipuler le Kremlin afin de prendre la
tête du marché énergétique russe. Puisque d’après Caïn, Sorensen était membre
d’Old Fates, et était infiltré au sein de la Coalition avec Hendersen et
Rosenberg dans l’intention de détourner les ressources énergétiques
américaines, cela pouvait correspondre à ses objectifs. Un convoi emmena
Brainer et Sorensen en lieu sûr pour procéder au débriefing. Mais en chemin,
le fourgon blindé fut attaqué afin d’empêcher que les informations que
Sorensen détenait soient transmises au Pentagone.
Episode 13 : (
00h00 - 01h00 )
Ces événements se déroulent le jour de l'opération Sombres Soleils, entre
minuit et 1h, heure de Washington DC.
Le sang coulait, sous l'influence du silence
et des échos de la Guerre Froide.
Le ruissellement du plasma sanguin partait du front et se déversait le long de
la joue, en traversant la paupière léthargique pour former une tache sur la
moquette annexée par le feu qui continuait de se propager. On empoigna le
cadavre à hauteur des chevilles, puis on le déplaça jusqu’au corail
incendiaire alimenté par le bois de l’étagère et d’un placard de rangement où
enfermé dedans, le corps allait vite être calciné.
Avant d’enfermer la dépouille dans son sarcophage, l’homme contempla les
flammes faire leur œuvre sur le défunt, tout en se couvrant les orifices de
respiration par le col de sa veste en cuir brun. Il ne put tenir les yeux
ouverts plus longtemps, d’abord à cause de la fumée, mais aussi parce qu’une
pointe d’amertume l’empêcha de regarder le sort en face.
- « J’aurais aimé revenir en arrière, et tout faire pour imaginer une autre
issue. Mais c’était un mal nécessaire, le seul moyen de te soulager… »
Ca avait peut-être tout l’air d’un fratricide, mais ça n’en était pas un, se
rassura-t-il en fermant la porte de l’espace de rangement sous l’escalier
démembré.
- « Je ne vais pas fuir. Je n’aurais aucun regret », confessa l’assassin en
prenant la direction de la véranda, où toutes les vitres s’étaient brisées à
cause de l’explosion
Les pompiers avaient dégainé la lance d’incendie maintenant que les fondations
principales s’étaient effondrées, et les fédéraux renforçaient leur coup de
filet en arrêtant les paramilitaires qui ne s’étaient pas échappés à temps.
Plusieurs officiers envahissaient la terrasse à l’arrière de la résidence et
embarquaient les suspects, au nombre de quatre.
- « Lâchez votre arme ! Et à plat ventre, tout de suite ! », ordonna l’agent
en charge de l’opération, au meurtrier qui venait de franchir la porte de
verre en toute sérénité
- « Du calme, je suis de la maison », en coopérant pour ne pas brusquer
l’unité d’intervention
Pendant que l’homme posait le ventre à terre, le visage mortuaire du défunt
continuait de se consumer à l’intérieur de son tombeau de feu. Le cratère
laissé au milieu du front par la balle qui l’avait transpercé devenait
indiscernable.
Jamais la CIA n’aurait pu se douter que ce soir là, Jack Bauer n’allait
devenir qu’un amas de cendres enseveli sous une plus vaste étendue de cendres.
Le bleu de ses yeux et le sang rouge qui parcouraient son visage allaient
bientôt se fondre dans la chair dissolue d’un soldat qui brûlait comme lors
d’une cérémonie militaire commémorant un soldat mort au front. Au milieu d’un
feu ardent où l’on provoquait le regret pour dissimuler l’absence d’émotion.
[00:05:41]
L’ivrogne à la chemise bleu ciel ouverte qui battait au vent, et qui laissait
apparaitre un débardeur blanc ratissait à pied toute la longueur du Woodrow
Wilson Bridge, pont qui sortait de l’Etat du Maryland. Il essuya les gouttes
de vodka sur sa barbe naissante et continua d’errer en oscillant sur le pavé,
presque effrayé à chaque fois qu’une voiture le dépassait.
Il s’arrêta pour se pencher contre la balustrade afin de fixer le fleuve sans
fin, quasiment à mi-chemin sur le pont, lorsqu’une Ford commença à ralentir à
sa hauteur. La portière arrière s’ouvrit et l’homme qui venait d’en descendre
s’approcha du soulard, qui s’étonna de sa visite d’un effarement démesuré.
- « Comment…comment m’avez-vous retrouvé ? », se concentrant pour bien
articuler
- « On a téléphoné chez vous, ça ne répondait pas, alors le concierge nous a
dit que vous étiez surement descendu au bar à l’angle de la rue. Vous devriez
prendre une chambre là bas…le serveur a dit que vous veniez de partir pour
votre livrer à votre passe-temps favori, la tentative de suicide avortée »
- « Je ne bosse plus pour le gouvernement, je n’ai plus aucun compte à rendre…
»
- « Nous ne vous demandons aucun compte, juste un service »
L’alcoolique lui tourna le dos et se courba contre la barrière métallique, sa
bouteille à moitié vide, ressentant une vive douleur au niveau du ventre.
- « Un jour je suis un échec à vo…s yeux…et le suivant, je peux
mira…culeusement vous tirer d’affaire comme si mes revers disparaissaient…d’un
coup de baguette », parlant lentement d’une manière hachée « Il n’y a rien…
que je sache et que vous ignorez »
- « C’est exact. C’est pourquoi vous avez encore le choix »
- « Quel choix ? »
- « De savoir ce qu’il se passe dans sa vie. Et celle de votre fils. Tout ce
que nous voulons, c’est écouter certaines de vos théories »
- « Vous êtes défoncés autant que moi…tout ce qui arrive à vos sens renforce
votre paranoïa »
- « L’alcool exalte les sens, je vous accorde ce point M. Capra. Après tout,
le scotch nous a aidé à sortir de certains labyrinthes…alors vous et moi,
qu’avons-nous à y perdre ? Voyons plutôt le verre à moitié plein qu’à moitié
vide voulez-vous ? »
James Matters fut escorté à l’espace sécurisé qu’avait dressé la CIA le long
de la rue résidentielle, à l’arrière d’un fourgon blindé qui avait transporté
plusieurs agents de terrain. Pendant que les pompiers s’efforçaient d’éteindre
le feu, la police et la CAT étaient venus assister la Compagnie pour retrouver
les derniers fugitifs au compte des russes. Les sirènes continuaient de
chanter et de valser, alors que le voisinage – pour la plupart des fédéraux en
poste à Langley – ne demandait qu’à s’investir dans l’affaire.
- « C’est à peine s’ils se sont pointés avec leur carte de visite », annonça
un employé moustachu que Matters croisa « On les tout de suite identifiés
comme des indépendants affiliés à la branche gouvernementale Starkwood, même
pas besoin de leur poser la question »
- « Cette société détachée du gouvernement qui recrute des paramilitaires ? Et
les quatre autres, ceux qui ont réussi à entrer dans la maison ? », demanda
l’autre employé
- « Ils ne veulent rien dire pour l’instant… », en humant l’odeur de brulé «
Martins vient de confirmer brièvement votre version », s’asseyant alors à coté
de Matters, un gobelet de café à la main
- « Langley m’a donné l’autorisation de suivre un de leur agent impliqué
jusqu’ici. Martins savait que cet homme, Jack Bauer, me tenait dans la
confidence. Dès que je l’ai vu entrer dans la maison, je me suis précipité. Il
était aux prises avec ces quatre hommes là bas », en les désignant du doigt «
Et après, l’étage s’est effondré sur nous, et j’ai du me tirer de là… »
- « Je ne suis pas chargé de votre débriefing, je me charge juste de passer en
revue chaque personne. Il faudra nous suivre, le directeur a beaucoup de
questions à vous poser, donc on doit vous garder à l’œil »
- « Prenez le temps qu’il faudra. Et dites-moi si vous avez du neuf concernant
Bauer »
- « Juste une chose. Richard Braxton m’a parlé de documents que vous deviez
lui remettre, sous forme de clichés. La priorité de l’Agence est d’en savoir
plus au sujet des dissensions entre le gouvernement et ces paramilitaires, on
redoute qu’on conflit plus large se trame. Mais tenez-vous prêt, on pourrait
faire appel à vous »
L’agent à l’arrière du van saisit les poignées des portières dont Matters
bloquait la fermeture. Il examina son nom, « J. Reeves », inscrit sur
l’étiquette de sa veste, avant de se lever.
- « Excusez-moi monsieur », en le délogeant puis en fermant les portières d’un
coup brusque
Le vent emporta la poussière d’Afghanistan au-delà du champ de bataille qui
avait fait une dizaine de morts, avant que l’armée américaine n’ait pu
contrôler le raid éclair des talibans. Un jeune homme décharné se pencha
par-dessus le cadavre de son frère cadet, basculant d’avant en arrière sans
même dire un mot. L’US Army sécurisa la zone et rassurait la population,
l’insurrection était repoussée aux portes de la ville et les rivalités
allaient se terminer dans le désert. Sans traducteur, le message parvenait aux
oreilles de sourds, mais le haut-commandement avait consenti à la nouvelle
politique relationnelle qu’il fallait entretenir avec les civils.
- « Cet événement survient alors que le Conseil du renseignement national est en passe d’adopter de
nouvelles résolutions sur le statut économique du pays. Un accord coopératif
pourrait être signé à terme par un partenariat stratégique entre les
Etats-Unis et le Grand Moyen Orient. Si certains pensent qu’il s’agit d’une
tentative pour mettre en suspens les tensions diplomatiques avec l’Asie, et
principalement la Corée du Nord, d’autres affirment que le président Charles
Logan cherche réellement à dissiper la crainte d’une guerre interminable en
remettant sur un pied d’égalité les accords diplomatiques entre l’Occident et
l’Orient », résuma l’envoyée spéciale à Kaboul, pendant que le moniteur télé
diffusait des images du carnage et de la police afghane qui faisait fermer le
marché alimentaire
Un père de famille qui avait perdu une jambe fut amené sur un brancard jusqu’à
l’hospice religieux qui entourait une partie de la place publique. Sa femme
restait prosternée contre le corps de son enfant, criant son désespoir en
déchirant le calme morne d’une hécatombe où personne ne trouvait les mots
justes.
- « On a enfin fini de nous faire un procès. Le Congrès commence à se
réveiller… », supposa l’assistant politique du Lieutenant-Général qui
parcourait les lits tachés de sang dans l’hospice « Finalement, vous aviez eu
raison de vous accrocher à Bergman. Sa capture était aux yeux du Congrès comme
un ongle acéré qui striait un tableau d’école, tout le monde a commencé à vous
prendre au sérieux. Et on a fait pareil pour Brainer je suppose »
- « La Cour ne se montrera pas si clémente que ça, j’ai à moitié réussi ma
mission. Ou à moitié échoué je ne sais pas... Bergman est mort, et vous le
savez. La CIA a du intervenir »
Un attroupement de médecins se déployait autour d’un adolescent dont l’état
était gravement instable. L’électrocardiogramme s’affolait, puis la
réanimation devint rapidement vaine. Ils se dispersaient tous la seconde
d’après vers une autre urgence, hormis celui qui prononça l’avis du décès.
- « Bergman avait le cul posé sur deux chaises, qui tenaient elles-mêmes sur
trois chaises. Un château de cartes. Il jouait un jeu double, la CIA ne devait
pas être convaincue qu’il œuvrait vraiment pour elle. D’un coté, il pouvait en
dire beaucoup sur les talibans, d’un autre, il pouvait compromettre la
sécurité nationale, et ça, vous le savez aussi Danny »
- « J’apprécie votre franchise, vous prenez un risque »
- « Je ne prends aucun parti, c’est peut-être les russes qui l’ont éliminé, il
devenait inutile pour eux aussi. Tout le monde sort gagnant désormais : Logan
tenait avec Bergman son gibier, et mieux encore…il y a une heure, Yanaka a
fait ses aveux à l’Agence : il a tout mis sur le dos de Bergman », révéla
l’assistant
- « Bon sang, depuis le départ vous saviez que Bergman allait y passer ! Vous
saviez qui je traquais, et pourquoi…il allait me mener tout droit à l’OIS et
m’expliquer qui tire les ficelles de la désinformation ici. Vous m’avez envoyé
dans un cul-de-sac ! »
- « C’est Kaboul…voyez le coté positif. La Cour va lâcher l’affaire, vous
serez blanchi grâce à vos services et l’armée vous versera une honorable
pension de lieutenant-colonel »
Caïn se percevait depuis cinq ans comme cette organe de la résistance infiltré
au sein de l’armée. Tout ce qu’il avait entrepris dans l’idée de pourchasser
la Coalition, d’aller à l’encontre des instructions tactiques en menant sa
propre révolution, faisait en réalité parti du programme de contrôle orchestré
par la CIA, ou les russes, ou la Coalition…l’un ou l’autre pensa-t-il, ne
sachant pas entre qui trancher. La rébellion contre le système était en fait
un moyen de l’alimenter, et cela en éliminant un de ses opposants, Frank
Bergman.
- « Ecoutez, au-delà du pack de bière que vous pourrez descendre devant chaque
défaite des Washington Wizards, l’aspect purement politique de cette opération
réalisera les attentes de votre ami. Grace aux dissidents que Bergman nous a
donné, les talibans vont perdre de leur influence. Le reste du Moyen-Orient va
se remettre à traiter avec nous »
- « Mais Brainer avait exigé une contrepartie : connaitre la vérité sur la
désinformation ici »
- « La vérité n’est que le nom maquillé de la désinformation. Ce qui permet de
l’alimenter, en faisant croire de temps à autre que quelque chose s’est évadé,
a échappé à l’illusion. Mais la vérité, c’est qu’elle en fait partie »
Le soldat savait que la seule raison qui expliquait qu’on avait laissé Bergman
s’échapper de son filet, parce qu’il avait livré quelques précieuses
informations sur les talibans, n’était pas dans un but politique. Il pensa que
l’enjeu médiatique de cette affaire devait être de faire parler les rebelles
et de semer les engrais de cette désinformation. Mais qu’est-ce qui pouvait
être pire à envisager que les confidences des insurgés, au sujet d’un projet
nucléaire en cours ?
Agrippant la poignée de sa valise si fort qu’aucune goutte de sueur ne pouvait
en échapper, Matt Sommers tenta de sortir des ruelles labyrinthiques de Kaboul
pour aller jusqu’à l’ambassade américaine, dont le laissez-passer allait
expirer dans deux semaines. Après avoir franchi la grille d’entrée, le
fournisseur de services civils qui dirigeait sa propre organisation militaire
privée s’invita à la loge d’un délégué américain qui semblait attendre sa
visite en regardant le monde brûler par la fenêtre.
- « L’exaltation bat son plein aujourd’hui, dans la joie comme dans la
tristesse n’est-ce pas ? », demanda le délégué à peine âgé d’une trentaine
d’année sans attendre de réponse « En même temps que les massacres continuent,
le président afghan manifeste une certaine allégresse à l’idée de ce
partenariat avec nous. Tout le monde est étrangement optimiste sur la manière
dont nous allons repousser les talibans. Dites-moi que je peux l’être aussi ?
»
- « Il n’y a rien que vous sachez et que j’ignore au sujet de Nate Sorensen.
Tout ce que vous avez toujours rêvé de savoir, est à portée de mots. En
échange, comme nous l’avons convenu, vous me laissez allonger mes contrats
dans le secteur de la Défense, vous faites en sorte que l’armée ne marche pas
dans les plates bandes de mes soldats. En clair, faites en sorte que le
Congrès ne cherche pas à savoir ce qu’entreprend la multinationale mère… Et si
nous en avons la garantie, nous vous aiderons à repousser les talibans pour
quelques temps. Votre optimisme, ce n’est donc qu’une question de volonté »
- « Tout ce que le Pentagone veut, c’est que Sorensen soit pendu haut et
court, maintenant que tout le monde a eu vent de ce qui se trame avec Idéon.
Tout risque de nous sauter au visage, les sociétés-écrans et les faux
organismes internationaux, les détournements de fonds au Congrès, les exodes
massifs depuis le Kosovo…et pour cela, nous devons connaitre la nature réelle
de ses transactions, son rôle complet dans le marché énergétique russe pour le
faire plonger. Connaissant son implication dans l’OIS, je dois avant tout
m’assurer d’une chose »
- « Je lève l’étendard blanc »
- « Les informations que la CIA avait récolté il y a quelques semaines, et qui
ont été avérées par le témoignage d’un taliban arrêté il y a deux heures, à
propos d’un projet nucléaire, est-ce vrai ? Je veux dire, Sorensen, est-il
impliqué ? »
- « Ca dépend de vous. Vous tenez réellement à rester optimiste ? »
[00:14:09]
Carrell se garait au milieu d'un parking
forestier sans éclairage.
Capra luttait pour garder les yeux à demi-ouverts.
Danny Caïn pensa une blessure qu'on lui avait infligé pendant les combats
quelques heures plus tôt.
Deux hélicoptères survolaient les résidences où siégeaient les officiers de la
CIA.
[00:18:26]
Les étoiles dansaient à la cadence de l’eau coulant sous une passerelle en
bois du National Arboretum. Cassandra Evans et Ian Carrell, effacés dans
l’exubérance de la végétation du parc se tenaient l’un à coté de l’autre
penchés par-dessus le pont qui confortait l’aspect asiatique du paysage.
- « Je venais souvent ici quand j’étais gosse », en se pinçant l’entre-narines
avec sa main gauche, qui tenait une cigarette tout juste allumée « Je venais
de perdre mon père, mort au Viet Nam, enfin il avait disparu, on n’a jamais
trop su comment. Et ma mère s’était remarié avec un espèce de bouddhiste
illuminée par ses conneries spirituelles. Ou un advaita plus exactement. Elle
disait que mon père l’avait rendu tarée avec tout ce mépris pour les
communistes. Je peux te dire que j’avais pas fini d’en voir la couleur…avec
mes devoirs saturés de rouge parce que j’avais du laisser tomber les cours,
pour me lancer dans une foutue quête de la paix intérieure… »
- « Jack est en train de courir un risque, je vois pas ce qu’on fout ici à
parler de méditations transcendantales… », s’inquiéta Cassandra, qui regardait
les astres dans la direction opposée
- « Ce mec était bizarre…à chaque fois qu’on passait au-dessus de ce pont, il
me racontait ses histoires de philo indienne pour me faire oublier la mort de
mon père. Les morts, en vérité, sont
heureux, il disait ça à chaque fois. Tellement que j’ai peut-être fini
par le croire. Le message, ça parlait du corps comme tombeau, prisonnier de
nos représentations, ou un truc comme ça. Ce philosophe se demandait si les
hommes ont peur de dormir. Ce qui est pourtant paradoxal, puisqu’à chaque
réveil, on est content d’avoir eu une bonne nuit de sommeil, dans une état
d’inconscience et d’insouciance, comme s’il s’agissait d’une mort temporaire
»
- « La mort est un long sommeil, et alors ? »
- « C’est pas juste ça, ça implique que si nous sommes « morts » en même temps
que nous vivons, que nous dormons, il n’y a aucune raison de pleurer l’absence
de quelqu’un. Parce que même pendant nos rêves, cela signifie que nous
existons. Ca en revient à dire plus ou moins, si j’ai bien compris, qu’on est
fou de vouloir s’attacher à notre corps, puisqu’on peut se découvrir soi-même
sans être troublé par les apparences de la vie. »
- « Eh bien…ça reviendrait à la même chose si on se crevait les deux yeux non
? »
- « Je suis pas plus adepte que vous à tout ça. Mais c’est une manière de dire
que la solitude est partout, qu’on sera toujours seul, mais que chercher un
refuge en dehors de nous-mêmes, c’est faire apparaitre l’illusion »
- « Et offrir vos services d’agent de liaison à la CIA, ça l’a fait
disparaitre ? », dit-elle sarcastiquement, en lui prenant la cigarette des
doigts pour tirer dessus un grand coup
- « C’est plus comme un réunion d’alcooliques anonymes, où tout le monde
partage cette conception de la vie. Et c’est ce qui nous aide à faire notre
boulot, à traquer des taupes qui agissent par pure passion du jeu, à découvrir
les agents retournés… »
Cassandra écarta la fumée d’un geste évasif de la main comme Slattery devait
le faire au même instant, puis pencha la tête pour confronter le regard de
Carrell.
- « Quoi, vous pensez que je suis un agent retourné ? »
- « On a beaucoup de questions à vous poser, et Braxton ne tenait pas à ce que
ca se fasse à Langley. Ca ne concerne pas seulement escapade dans notre
complexe, et ce que vous avez pu voir là bas. C’est aussi à propos de votre
ex-mari. Puis vers 20h, vous avez fait un détour sur votre chemin avant de
nous assister pour l’intervention sur le paquebot. Slattery a aussi des
doutes, il croit que vous êtes en train de monter un coup foireux avec Jack.
Et ce n’est pas fini… »
- « Je commence par quoi ? »
- « Quand je suis entré à la CIA, on m’avait fait subir un interrogatoire de
base. L’Agence pensait qu’en contrecoup de ce que lui avait fait subir mon
père, ma mère avait pu devenir une sympathisante communiste. On m’a donc posé
tout un tas de questions sur ce qu’elle représentait à mes yeux. Un moyen
détourné de savoir si j’adhérais aussi à la vie en rouge. Commençons donc par
le plus simple. Qu’est-ce que Jack représente à vos yeux ? »
Li Jiabao balança ses cartes sur la table de poker comme s’il aurait aimé
qu’elles s’envolent si loin que personne ne verrait son jeu minable. Malgré
son as de cœur, il n’avait pas pu faire mieux que le brelan de huit de son
voisin, vieux commissaire des actions clandestines en Chine, qui ne pouvait
s’empêcher de laisser échapper une pointe d’amusement.
- « Yeoh a du talent pour chanter l’hymne canadien avec l’accent du pays, mais
alors toi tu te surpasses en tant que bluffeur ! », en regardant sa montre «
Même pas trente minutes que t’es entré dans la partie, et déjà quatre plaques
parties en fumée probablement pour de bon… »
- « A chaque tour il croit qu’il va nous avoir, et il a toujours rien
grappillé ! Faut avoir une chance de cocu pour attirer la malchance avec une
main aussi merdique ! », se moqua un autre
- « Je finirais bien par vous clouer...la défaite reste une stratégie comme
une autre « , assura Jiabao en se rattachant sa queue de cheval « Depuis le
début, à chaque fois que je montre mes cartes, vous voyez tous que j’ai rien,
et vous vous dites que je suis juste un flambeur qui essaie de faire croire
aux autres qu’il a assez d’arguments pour rafler la mise. Résultat, je suis
plus du tout crédible, et à chaque fois que je continuerais à bluffer d’entrée
de jeu en misant gros, vous allez suivre, parce que vous serez tous persuadés
que j’ai rien en main. Sauf que le moment où j’aurais vraiment un bon jeu,
assez pour être certain dès le premier tour d’enchères que je partirais avec
vos mises, vous continuerez de penser que j’essaie de vous abuser. Alors que
cette fois, ça ne sera pas du bluff, et je vous aurais tous coiffés au poteau
! »
- « Ca ne risque pas d’arriver, vu que tu viens de dévoiler ta stratégie. On
va donc adopter le comportement opposé à celui que tu attendais…»
- « Ce qui m’arrange tout autant. Parce que ça veut dire que vous allez
continuer à me prendre au sérieux, et que je pourrais continuer à vous avoir,
bonnes cartes en main ou pas », plaisanta Jiabao en caressant le tapis vert du
plat de la main
Un employé du restaurant se révéla sous le lustre qui n’éclairait que la table
et ses joueurs, tandis que le reste de la pièce était plongée dans
l’obscurité.
- « Une personne désire vous parler au téléphone M. Jiabao »
- « Sur votre ligne ?? »
- « Nous avons pris toutes les précautions nécessaires ne vous inquiétez pas.
Et aucune voiture n’est garée dans l’allée »
Le quarantenaire chinois qui faisait plus jeune que son âge se leva
péniblement et se dirigea vers la salle d’à coté en refermant les boutons de
sa veste de costume noire.
- « J’espère que le jeu en vaut la chandelle, j’allais mettre le feu à la
table avec mes cartes… »
- « La CIA me surveille de près, je ne pouvais pas venir vous voir. Je dois
savoir pendant combien de temps va encore durer mon travail pour eux »,
l’interlocuteur à l’autre bout du fil
- « Ils ont promis de nous laisser un de leurs informateurs nous aider au
Ministère de la Sécurité de l’Etat si nous continuons encore un peu d’effacer
les traces de cet américain, Jack Bauer. Ils tiennent à ce qu’il passe pour
mort aux yeux de notre gouvernement »
- « Pourquoi ne pas avoir continué à traquer Bauer directement ? Vous auriez
eu tous les renseignements que souhaitait notre gouvernement sur la politique
américaine »
- « Parce que la CIA tient à lui. Ils le veulent vivant. Et visiblement, ils
savent comment ressusciter les gens… »
- « Je n’imagine pas à quel point il serait douloureux de se réveiller après
un si long sommeil », supposa l’interlocuteur en retirant le marque page du
livre posé sur sa table de chevet, intitulé
Everything that rises must converge « Bauer nous aurait été utile comme
dernière carte à abattre. Il aurait été un bon moyen de pression pour pousser
la CIA à nous léguer très vite un informateur. Seulement l’inconvénient, et la
raison de mon appel, c’est que Bauer vient de disparaitre. Envolé, ou alors
consumé »
- « Qu’est-ce que cela veut dire ? », en marquant bien son irritation
- « Sa maison a pris feu. Le ciel a du lui tomber sur la tête. Et je ne vois
pas comment quiconque pourrait ressusciter quelqu’un après ça…»
Slattery cilla tellement lentement lorsqu’il referma ses paupières qu’elles
paraissaient avoir été collées aux cernes pour l’empêcher d’ouvrir les yeux.
Comme un piquet devant la cafetière ancestrale qui était son seul recours pour
rester éveillé, il attrapa la tasse à café en tournant le dos à ses collègues,
dont deux jeunes agents du contre-espionnage qui attendaient impatiemment la
suite de son intervention.
- « Peut-être est-il…salutaire de vous rappeler les bases du métier étant
donné les circonstances. Comme vous le savez tous ici », en parlant à la
carafe à café « Le coupe-circuit est la personne qui a pour rôle de
court-circuiter le lien direct entre deux personnes, ou deux réseaux, dont on
veut garder l’anonymat. En l’occurrence, il y a le FSB d’un coté, et une de
leur taupe de l’autre, infiltrée ou non dans nos rangs. Tout contact direct
est bien entendu exclu, puisque si l’un est repéré et mis sous surveillance,
il serait facile de trouver l’identité de l’autre. Ainsi, le FSB délivrerait
tel message au coupe-circuit, une personne fondue dans la masse, discrète, au
quotidien banal, sans passif douteux. Ensuite, ce coupe-circuit est chargé de
transmettre l’information codée à la taupe, par téléphone ou par rencontre
dans un lieu désertique. Il est évident que ni l’un, ni l’autre n’aurait pu
prendre le risque de s’exposer, surtout dans le cas d’une infiltration au sein
du gouvernement américain »
La lèvre incandescente de la cigarette fut allumée, comme une pointe d’éclat
au milieu de la nuit. Matters expira la fumée qui se dissipa ensuite devant
son visage. L’incendie avait terminé de se propager, et la fumée qui n’avait
pas été étouffée par les débris s’échappait dans un ciel animé par les phares
des hélicoptères, dont l’un d’eux pointa furtivement l’agent fédéral. Il
traversa la scène d’investigation, et se dirigea jusqu’au 4x4 noir garé à
quelques résidences du feu de camp. Sur le chemin, un fourgon du FBI à l’arrêt
avait embarqué ses quatre associés qui avaient regardé Bauer mourir sous leur
yeux. Matters croisa leurs regards, flegmatiques, pour une brochette de
suspects qui allaient être cuisinés par les fédéraux, puis entra à l’intérieur
de son quatre-quatre. Il posa les mains sur le volant, et pencha la tête en
arrière, imperturbable, pour apprécier le silence, loin de la tourmente
médiatique et policière.
De l’extérieur, son visage paraissait déformé à cause du pare-brise qui était
fissuré, suite à une balle perdue tirée lors de l’affront avec les
paramilitaires. Après quelques secondes de méditation, il alluma le moteur, et
regarda dans le rétroviseur latéral pour démarrer, qu’il ajusta pour ne plus
voir son reflet. Il quitta les lieux et guetta la scène depuis le rétro
central, en regardant diminuer ces points lumineux qui fourmillaient de
partout, sirènes, clignotants, torches…comme si les lueurs s’effaçaient au
ralenti dans la pénombre, mais revenaient toujours à cause de nouveaux
barrages de police.
Braxton racla son front au ralenti avec la paume de la main, comme pour se
donner le privilège de fermer les yeux le temps d’un instant fugace.
- « Et ce qui vous surprend, c’est que cette Ellen Riss, qui a officié
quelques années à la cellule antiterroriste de Washington était ce
coupe-circuit. Puisque comme vous le dites, jamais une personne chargée de
cette fonction ne se serait exposée, en travaillant dans ces conditions à
risque »
- « Elle était trop sur les feux de la rampe pour constituer une piste
crédible. Malgré tout, Frank Capra avait été affecté à l’identification de ce
coupe-circuit, tandis que mes hommes se chargeaient de la taupe. Nous nous
enfoncions dans des impasses toutes aussi contradictoires les unes que les
autres », en circulant autour de la table « Mais Capra croyait avoir mis le
doigt sur quelque chose. Le même informateur qui lui avait fourni les
renseignements au sujet de Riss était un slovaque du nom de Miklosko. Quelques
mois après la démission de Capra, il donne au FBI une liste d’agents
américains qui opéraient à l’étranger, cette taupe qui pouvait être affiliée
aux services secrets russes »
- « C’est ce que les documents confidentiels du complexe attestent. La taupe
était à Minsk fin 2002 », en ne parvenant à retrouver le passage qui
mentionnait la date exacte dans les papiers
- « Même en croyant à la théorie insensée que le coupe-circuit pouvait agir à
la CAT de Washington, il aurait été encore plus dément de penser que la taupe
œuvrait là bas aussi », intervint le jeune employé du contre-espionnage aux
bouclettes noires derrière ses lunettes
- « Pourquoi cette spéculation ? »
- « De tous les contacts proches de Riss − ce que Miklosko a confirmé
−, une seule se trouvait bien à Minsk à ce moment là : James Matters.
C’était dans le cadre d’une opération pour les Forces Spéciales. Et avec
Bauer. Autant vous dire que ses ronflements m’ont empêché bien des nuits
torrides… »
James Matters commença à ralentir en arrivant devant la barrière de sécurité à
la sortie des résidences fédérales, où les deux vigiles qui faisaient leur
garde semblaient en plein débat passionnel.
- « Alors explique-moi une chose, certitude statistique : pourquoi y a en
grande majorité plus de veuf qui se suicident que de veuves qui se suicident ?
»
- « L’imperfection des théories darwiniennes. On a passé toute notre vie à
devenir expert en décapsulage pendant nos rares moments de loisirs. Le reste,
on l’a passé à bosser du matin au soir pour ramener une paie minable et faire
quoi au bout de six mois de labeur ? S’acheter le dernier plasma pour coupler
romantiquement pizza trois fromages et match de baseball. C’est une fatalité,
on sait rien foutre sans les femmes…On est pas fichu de faire l’aspi, la
bouffe, ni même d’acheter le bon nettoyant surpuissant pour la cuisine.
Pourquoi tu crois que les chats domestiquent crèvent au bout de cinq jours dès
qu’on les lâche dans la nature ? Sans leurs croquettes whiskas, ils peuvent
pas s’en tirer…Ouais…on est dépendants d’elles bien plus qu’elles le sont de
nous. Qu’est-ce que je ferais si j’avais pas Ellie pour renflouer cette belle
bedaine hein… », en se pinçant un bourlet massif
- « Excusez-moi », hésita Matters, afin de passer le barrage
- « Je peux voir votre badge ? »
- « Je n’en ai pas. Je travaille sous couverture, j’étais sur un des gars qui
a été arrêté et Langley veut que je leur fasse un topo de la situation »
- « Quel est votre nom ? »
- « Reeves », dit-il en laissant un temps d’arrêt pour voir s’il le laissait
passer
- « Reeves ? Keanu ? Hubert ? Dianne ? »
- « Jason », sans être certain qu’il s’agissait du bon prénom
Le gardien consulta sa fiche et fixa Matters d’un de ces regards louches qui
donnait l’impression que ses yeux allaient sortir des orbites. Il se pencha
pour inspecteur l’intérieur du véhicule, cocha une case sur sa feuille, et lui
tendit le papier pour le faire signer. Matters exécuta un Reeves aux traits
aristocrates puis retourna la fiche.
- « Bonne soirée à vous Monsieur Reeves », en ouvrant la barrière
- « Elle sera encore longue, croyez-moi… »
[00:32:21]
- « Et les écoutes n’ont donc rien donné ? », souleva Martins à l’autre bout
de la pièce
- « Vous me connaissez, sceptique devant l’absolu…Vous auriez voulu que
j’examine avec plus de vigilance les miaulements chroniques de son chat ? A
part ça, rien à signaler. On a même enregistré Yanaka lorsqu’ils collaboraient
ensemble », récapitula Slattery
- « Avec le chat ? », demanda le second agent du contre-espionnage, sans que
personne ne sache s’il était sérieux « C’est un porte-bonheur chez les
japonais… »
- « J’espère que vous ne divulguez par nos informations à votre chat pour une
histoire de solitude Caughley, il pourrait travailler pour l’ennemi ! »,
plaisanta le chef du service russe « Surtout s’il faut s’y reprendre à neuf
fois pour l’éliminer, avec nos restrictions budgétaires…Le neuvième, dit-on,
est bon pour un voyage aux Enfers… »
Le Successeur se retint de ne pas soupirer et pêcha ce qui lui semblait être
un résidu de mégot dans son café, tout en réajustant ses lunettes à double
foyer.
- « En temps normal, ce désert ardent où je ne pouvais pas y trouver le
moindre élément de suspicion m’aurait donné envi de persévérer dans mes
recherches abyssales. Seulement nous n’avions aucune raison d’accorder une
quelconque rigueur à Miklosko. De toute évidence, il était là pour nous
leurrer. Nous faire croire que le coupe-circuit et la taupe qu’on cherchait
agissaient sous les feux de notre rampe, ou pire, nous faire pourchasser un
coupe-circuit et une taupe qui n’étaient que des mirages à perte de vue… »
- « Pourquoi ne pas en avoir parlé avant ? J’ai autorisé Matters à reprendre
contact avec Bauer et à le suivre chez lui, il y a une heure. En temps normal,
vous n’auriez jamais permis que le plus contestable des suspects n’entre dans
nos rangs. Pourquoi avoir pris ce risque ? »
- « Pour montrer que je ne crois pas à ce mensonge. Et si les russes pensent
que je n’y crois pas, ils vont relâcher leur garde, et tenter une autre
manœuvre pour me diriger vers quelqu’un d’autre. Vous pensez réellement qu’ils
m’auraient mis sous les yeux une évidence si frappante ? Cinq ans sur écoute !
Jour après jour, nuit après nuit…La seule option, c’était que Matters soit un
agent dormant, déposé dans les cratères de la cellule antiterroriste dès sa
naissance…mais c’était bien trop discernable »
- « Et si le FSB avait pris le risque de nous dévoiler la vérité, en sachant
que nous n’y aurons pas cru ?! »
- « Pas d’une façon aussi imprudente et inexpérimentée, ca ne leur ressemble
pas. On a cherché la moindre puce dans les cheveux de Miklosko, et d’après mes
conclusions, le FSB ne s’est jamais intéressé à lui. Ce tour de passe-passe,
même un aveugle n’y aurait pas cru »
- « On continue de lui coller au corps », ajouta Caughley « Notre sangsue lui
draine le sang à chaque seconde…s’il y a quelque chose à en tirer, on le
verra… »
- « Nos hommes cherchaient Bauer en priorité. Il se peut qu’il n’ait pas
survécu à l’effondrement de la maison. Il faut espérer qu’il ait plus d’un vie
qu’un chat, sinon il est bon pour l’Enfer, et nous aussi », dépita Braxton «
Dans tous les cas, on doit savoir ce que Matters lui a dit avant sa
disparition ! Dites à votre sangsue de le ramener ici au plus vite !! »
- « C’est le maître », corrigea Slattery « Vous faites erreur. C’est le maître
du dernier chat qui est conduit en Enfer »
[00:34:50]
Capra fut emmené dans les locaux de la CIA à
Langley.
Caïn s’approchait d’un hélicoptère qui l’emmenait dans la vallée du Swat.
Matters semblait absorbé par le miroir de son rétroviseur.
[00:39:02]
- « Jack se déteste. Un de ces solitaires qui ne supporte pas la solitude.
Etre emmuré à l’intérieur de soi-même, avec ses démons qui valsent, sans qu’il
ne sache comment les repousser », révéla Cassandra à Carrell en marchant le
long d’un sentier du parc
L’agent fédéral retira sa veste et l’enfila autour d’elle lorsqu’il remarqua
qu’elle frissonnait légèrement des bras. Il enfonça ensuite les mains dans ses
poches, et huma l’odeur de cannabis qui se dégageait des deux adolescents qui
venait de passer en sens inverse, le rire sardonique en voyant la plaque
d’officier accrochée à sa ceinture.
- « Il s’est convaincu que jouer un rôle, des rôles, était la meilleure façon
de justifier la défectuosité de sa morale, et de se préserver de l’idée que
tout cela n’a jamais eu aucun sens »
- « C’est un patriote, il voit cela comme un combat pour la liberté. C’est
déjà du sens vous ne trouvez pas ? », justifia l’employé de la Compagnie
- « Vous ne comprenez pas, ce qu’il a pris pour un sens moral depuis le début
de sa vie n’est qu’une affaire de manipulation sur lui…Il a été formaté, comme
tous les autres. Le devoir, l’éthique, tout ces principes qu’il s’est forgé,
en pensant que la fin en justifiait les moyens. Il croyait défier le système,
alors que ce même système l’a toujours influencé. Et aujourd’hui, il cherche
quelqu’un pour lui dire quoi penser, parce qu’il n’a jamais appris à le faire
seul. Comme un gosse lâché au milieu d’une nuit étoilée. Depuis toujours, il
espère voir en moi un reflet, comme un livre ouvert. Jack a juste peur de
l’abandon, il a jamais coupé le cordon avec certaines personnes »
- « Une figure de substitution féminine pour achever le complexe d’Œdipe hein…
»
Un hurlement lacéra la brise silencieuse un peu plus loin, à cause d’un
serpent qui avait surpris un couple marchant le long d’une petite berge.
Carrell se retourna, la main posée sur son arme par réflexe, puis se gratta le
coin de la lèvre inférieur, sentant de l’embarras parce que Cassandra avait
déjà compris ce qu’il s’était passé.
- « Je ne serais pas cette personne. J’ai mon propre purgatoire »
- « Tout le monde lui a tourné le dos Cassandra. Vous et James, vous êtes les
seuls en qui il a encore confiance »
- « Il n’a jamais eu confiance en moi. Il s’est tourné vers moi parce qu’il
est misérable, seul, et qu’il cherche désespérément ou un maitre pour lui
dicter sa conduite, ou quelqu’un sur qui il peut avoir une emprise. Et vous
voulez savoir pourquoi il fait ce boulot ? », en retirant une saleté dans
l’œil « Parce que la mort l’excite. Littéralement, elle anime ce qui n’est pas
assez animé. Coller son flingue sur le crane suintant des gens, ca le
rassure…il se prouve qu’il y a encore quelque chose qu’il peut maitriser »
- « Le jour de la mort, c’est le maitre jour,
le jour juge de tous les autres. Et Jack pourra bientôt connaitre ce
privilège, vous le savez »
Cassandra se figea d’un coup, jusqu’à ce que Carrell réagisse qu’elle n’avait
peut-être pas saisi ce qu’il voulait dire. Il remarqua qu’en effet, sa phrase
prêtait à confusion puisque ce privilège pouvait être entendu comme une
allusion à la mort prémédité de Jack, alors qu’il était question du privilège
du pouvoir de juger.
- « De vous à moi, les murmures bureaucratiques disent qu’il pourrait faire
écrouler le système. Parce qu’il en « sait trop ». S‘il témoigne, et il le
fera avec ce que nous avons à lui proposer, la cartographie politique des
Etats-Unis ne sera bientôt plus qu’un amas de cendre »
- « Et ca ne vous inquiète pas ? », se soucia-t-elle
- « Ca dépend de vous. Nous aimerions faire de vous un…agent retourné, en
quelque sorte. Lui dire ce qu’il doit entendre. Il ne doit pas rester allongé,
il ignore encore les risques qu’il encourt. Si vous ne le faites pas pour
nous, faites-le pour lui »
Elle avait bien raison sur un point : Jack n’avait jamais vraiment eu
confiance en elle. Pour une raison ou pour une autre, il avait toujours voulu
la suspecter, et se préparer à une potentielle trahison de sa part, de peur
d’être déçu s’il ne s’habituait pas à s’en méfier. Pourtant, si une chose
était certaine au fond d’elle, ce qu’elle n’avait jamais souhaité le
manipuler, ni le trahir pour quelque raison que ce soit. Ce que Carrell lui
proposait allait ainsi à l’encontre de tout ce qu’elle s’était jurée de ne pas
faire subir à Jack depuis Minsk : se servir de lui, l’inciter à faire ce que
la CIA souhaitait en le persuadant qu’il pensait de lui-même. Le convaincre
qu’il devait se retourner contre le système, alors qu’il n’allait faire que le
ravitailler. Mais ce qu’il devait y gagner, c’était une extase qu’il n’avait
jamais imaginé que dans ses rêves les plus fous : on allait enfin admettre
qu’il en savait plus que tous les autres.
Sofia Cordallo dessinait à répétition le contour d’un cercle avec son stylo,
sur le bas de page d’une feuille de note au sujet des pertes civiles en
Afghanistan ces six derniers mois. Certains membres du Conseil du Renseignement National songeaient
déjà à ajourner la séance tellement elle semblait interminable sur la question
afghane.
- « La manœuvre de libération sur la politique afghane ne peut pas fonctionner
à long terme, si l’on se fie au plan de M. Brainer, et des Représentants qui
le soutiennent. C’est un bien beau discours, pas si utopique que ça, mais nous
sommes poussés à une échéance : soit nous soutenons la population, et nous
migrons nos fonds vers la restructuration locale, comme ils le souhaitent.
Soit nous chassons définitivement les talibans. Si le gouvernement entend se
raccrocher à ses exportations de tapis, autant vous dire que le Congrès a déjà
tranché… »
- « Les énergies fossiles sont loin d’être épuisés là bas. Ce qui signifie que
le partenariat de Brainer ne pourrait marcher que si nous écrasons les forces
rebelles », intervint le vice-député
- « D’après mes dernières informations, Ahmad Shariff s’est replié après notre
raid dans la vallée du Swat. C’est un proche du mollah, si nous le faisons
parler, il devrait nous offrir plus qu’une poignée de tapis puant le mouton
dépérissant… »
- « Qu’entendez-vous par là ? », demanda Cordallo au coordinateur des
opérations de terrain
- « Il est encerclé, nous l’aurons d’une minute à l’autre. Plusieurs de nos
hommes ont été expatriés vers la vallée pour le ceinturer à bloc. L’Etat Major
était curieux du marché de la désinformation que menait le Mollah, d’après les
dépositions qu’avait fait un de nos lieutenant-colonel sur place. Si Shariff
est arreté, nous aurons accès à beaucoup d’informations, notamment à propos
des projets terroristes qui se trament »
- « Tant qu’il restera de l’énergie fossile au menu, la science-fiction
continuera de divaguer au sujet de projets nucléaires ou chimiques en
Afghanistan », assura Cordallo « Nous savons tous qu’il n’y a rien là bas.
L’Etat Major tient juste à alimenter l’idée que ce motif justifie notre
appropriation des réserves pétrolières. Et si nous faisons savoir
médiatiquement ce que Ahmad Shariff a à nous dire, nous pourrions courir à la
catastrophe…une répression médiatique qui ira bien au-delà d’un désastre
nucléaire. Si ces informations convergent à la surface, le monde pourrait
devenir un brasier incessant »
[00:46:34]
Les hélices tournaient à vitesse régulière avant que le pilote ne se décide à
engager le décollage, pas tant que Caïn n’était pas monté à bord. En quittant
l’infirmerie, il songea à cette rencontre que le Pentagone avait organisé
entre lui et Bergman il y a une heure, en battant des cils à cause de la
poussière balayée par les ailes de l’hélicoptère. Au fond, si le Major Général
lui avait demandé de prendre contact avec le patron fantomatique de la CIA,
c’était moins pour lui soutirer des informations – sinon il était évident que
Caïn lui aurait posé des questions sur les installations balistiques utilisées
il y a 12h − que pour essayer de piéger l’ancien lieutenant-colonel à
son propre jeu. Probablement qu’après la capture des deux hommes dans le
village afghan (à laquelle Hendersen avait échappé), la Maison Blanche doutait
du discours de Caïn, et cherchait à s’assurer qu’il n’avait pas changé de camp
entre temps. Des micros devaient avoir été fixés quelque part dans la chambre
d’hôtel où Bergman avait été tué. Si seulement le Pentagone savait,
s’imaginait-il…personne ne se doutait de l’existence de Donovan Hendersen, et
encore moins qu’ils étaient devenus alliés.
Au moment d’embarquer à bord du Black Hawk, la femme en tunique noire qui
avait perdu son enfant sanglota jusqu’à l’extinction de voix. Elle tendait ses
bras vers le ciel, puis les posa sur le poumons de sa progéniture, en se
berçant intensément comme si l’esprit cherchait à s’échapper du corps en
vain.
- « Qu’est-ce qu’elle dit ? », demanda Caïn au traducteur arabe qui venait
d’arriver
- « Elle veut savoir quel est le sens à tout ça. Pourquoi on lui a pris son
enfant, et qu’a-t-elle fait pour mériter ça »
- « Des enfants meurent chaque seconde partout dans le monde. Je ne crois pas
qu’il y ait un quelconque sens à trouver. Et c’est pas une voix sépulcrale de
derrière les nuages qui va lui donner une explication rationnelle »
- « L’absence de sens n’est pas un prétexte pour prendre la religion à la
dérision », fermant la porte de l’hélicoptère après être passé derrière Caïn «
Cette femme sera toute sa vie à la recherche d’un infime souvenir qui pourra
la rassurer. Qui la fera enfin se sentir coupable »
- « Pourquoi voudrait-elle être coupable ? »
- « C’est sans doute mieux que de ne trouver de sens nulle part. Elle pensera
à un péché qu’elle a du commettre dans sa vie, ou que son fils a commis, et
qui justifie cette punition »
- « Se pardonner, c’est se condamner, hm… », marmonna-t-il
- « Ne me dites pas que si la foi sauve, c’est qu’elle ment… »
- « Cette femme…elle accepte de la fausse monnaie. Il n’y aura pas de
résurrection après la mort, elle ne sera pas mieux jugée. Elle n’aura pas les
clés du paradis juste parce qu’elle se persuade qu’elle est coupable. Je
refuse de croire qu’on devient juste libre après la mort parce que toute sa
vie on s’est soumis »
L’hélicoptère décolla à une trentaine de centimètres du sol, puis s’éleva peu
à peu jusqu’à survoler le quartier sinistre, en faisant voler les bouts de
journaux propagandistes qui jonchaient le sol. Caïn observa la veuve éplorée
derrière sa fenêtre, tandis que le traducteur moustachu tenta de l’apercevoir
au-dessus de l’épaule du soldat.
- « Comment pourrait-on se pardonner s’il n’y avait personne pour nettoyer
tout ce sang ? Croyez-moi, nos actes nous dépassent…il nous faut quelqu’un,
quelque chose pour nous dire ce qui est condamnable ou non. Même si vous votre
esprit étriqué d’américain libertaire est persuadé que ces valeurs sont
fabriquées par ceux qui nous manipulent. Par l’opinion »
- « Oh je veux bien vous croire…mais jusqu’ici, j’ai encore entendu aucune
voix divine »
[00:49:53]
Les reflets du soleil traversaient le
pare-brise de l’hélicoptère qui transportait Caïn.
La police scientifique retrouva ce qu’il restait du corps de Jack, enseveli
sous les décombres, et brulé au point d’être méconnaissable.
Braxton, qui savait que Martins mijotait quelque chose, demandait à Carrell de
retenir encore quelques instants Cassandra à l’écart.
Matters fixa le rétroviseur pour s’assurer que personne ne le suivait.
[00:53:48]
Un des diplomates qui était en étroite relation avec l’ambassadeur américain à
Kaboul rencontra Donovan Hendersen au bureau de l’Attaché de défense. Après
s’être excusé pour son retard, il enleva sa veste de costume et la posa
soigneusement sur le siège en cuir face à coté de celui où Hendersen s’était
assis, face à l’Attaché.
- « La canicule finira par tous nous avoir… », en s’engouffrant avec
précipitation dans son siège « Oh, Leonard Cohn, enchanté bien sur, vous devez
être M. Hendersen »
- « Vous courriez après un fantôme pour transpirer autant ? »
- « Plutôt pourchassé, et je ne voulais pas risquer de vous faire perdre
encore plus de temps. J’ai été averti de l’urgence de la situation par
l’ambassadeur. Il ne souhaitait pas entrer en pourparlers avec le plus gros
contractuel de la Défense aujourd’hui, étant donné les tensions locales, alors
il m’a envoyé »
- « A l’inverse de vous je crois qu’il retient son souffle. L’armée prépare un
ultime coup de filet qui pourrait atteindre directement le mollah dans son
dernier repère enregistré » expliqua l’Attaché, caché derrière son gros
bibelot « C’est pour cela qu’il vous a envoyé nous voir. Il craint que les
talibans n’en disent trop sur notre marché avec eux, et que le mollah n’ait
plus le temps de prendre la fuite »
- « La Maison Blanche ne jettera pas son dévolu sur la désinformation des
talibans. On va d’abord chercher le lien avec les activités terroristes de
Bergman, et on va rapidement élargir le cercle aux activités de Sorensen »,
garantit Hendersen au diplomate
- « J’ai appris pour sa disparition, et celle de Brainer. L’ambassadeur penche
pour un tour en montagnes russes. Il pense que le FSB a géré leur enlèvement
pour nous compromettre, ainsi que les autres investisseurs de la Coalition, et
que le FSB proposera de vendre leurs renseignements aux dissidents afghans. En
échange de ce que Sorensen peut leur dire sur la mainmise de vos associés au
Moyen-Orient M. Hendersen, le FSB espère que le mollah révèle la vérité sur
notre secret commun avec lui »
- « Les russes veulent déjà faire parler Sorensen à propos de son influence
sur le marché énergétique russe et les investissements financiers de la Russie
envers l’Afghanistan. Et ensuite, ils souhaitent que les talibans mettent fin
à notre accord pour écouter le blizzard sibérien du FSB. Un forcing pour
connaitre la raison de notre désinformation ici. Heureusement, je viens
d’alerter le siège de lancement de Sombres Soleils, et mes hommes sont sur
leurs gardes au cas où les russes cherchent à intervenir avant la mise à feu
»
- « Il faut supposer le pire, qu’ils soient au courant du lancement de Sombres
Soleils aujourd’hui, et qu’ils savent pour quelles raisons Sorensen a traité
avec eux »
- « Je crois comprendre que ce n’est pas de Sorensen que vous vous souciez. Le
Kremlin connait les membres de la Coalition, y compris vous. L’ambassadeur
cherche juste à sauver ses fesses pour ne pas être relié à votre conflit
millénaire. Et probablement que lui-même cherche à sauver la peau d’autres
délégués concernés par notre affaire de désinformation. Quand je vous disais
que nous sommes pourchassés… »
- « Les russes ne s’intéressent qu’à ceux qui tirent les ficelles de cette
histoire à la Coalition. Et vous M. Hendersen, vous en faite partie », ne
manqua pas de rassurer l’Attaché « S’ils ont fait parler Sorensen, ils savent
ce que vous préparez avec Sombres Soleils. Je ne vois pas comment ils
pourraient interrompre quoi que ce soit. Vous savez qu’il est déjà trop tard
»
Il n’était pas tout-à-fait vrai que Sorensen n’avait que peu d’importance pour
Hendersen. En fixant le bilboquet, il pensa que les russes voulaient établir
un organigramme de la Coalition. Et Sorensen avait pu leur révéler la vérité :
qu’il était, après George Rosenberg et Hendersen, le 3ème homme infiltré à la
Coalition qui agissait pour le compte d’Old Fates. En clair, sous l’effet du
sérum, Sorensen avait pu révéler aux russes que la Coalition s’était toujours
faite manipuler par Old Fates, qui avait toujours tiré les ficelles sans
qu’aucun investisseur ne le remarque. Mais si ces informations pouvaient
parvenir aux oreilles du FSB après l’enlèvement du milliardaire, le calme
apparent de Hendersen n’était-il qu’une apparence ?
- « Personne à la Coalition ne tire les ficelles plus qu’un autre. Ni moi, ni
Sorensen, ni quiconque », certifia-t-il « Si jamais quelqu’un ici en vient à
penser le contraire, ce n’est qu’une autre machination des russes pour nous
rendre tous paranoïaques… »
- « Nous étions pas paranoïaques pour rien.
Nos inquiétudes, fondées depuis début. Vous avez infiltré notre organisation
pour prendre tête de notre conglomérat, EuriTrans. Votre plan consistait
extorquer fonds budgétaires et leurrer Kremlin avec fausses informations pour
contrecarrer construction de réplique de Pluie Noire »
- « Vous saviez qu’à partir du moment où nous
ne vous ferions plus confiance, la graine du doute allait germer en nous sans
jamais s’arrêter. Se propageant comme un poison à l’intérieur de nos
organes… », poursuivit la barrique, qui maitrisait mieux la langue de
Sorensen
L’enregistrement vidéo où Valajdopov cherchait à soutirer des aveux il y a une
heure défilait sur l’ordinateur du ravisseur de Sorensen et Brainer. Ce
dernier veillait à ce que le millionnaire retrouve ses esprits, encore sonné
par la forte dose de sérum injecté par l’émissaire du FSB. L’écran
informatique incrusté à côté du tableau de bord de la Mercedes devint
soudainement noir lorsque la barrique passa devant l’objectif de la caméra.
- « Vous n’êtes donc pas avec eux… », supposa le Président de la Chambre en
s’adressant à l’homme au volant, et en se demandant qui aurait cherché à
assurer sa protection tout en éliminant les fédéraux chargés de son escorte
- « Le gouvernement ne peut pas garantir votre sécurité », expliqua le
ravisseur « Les russes sont des sangsues, ils feront tout pour avoir cet
enregistrement, pour avoir la certitude que nous les avons leurrés depuis le
début. Et quand ils l’auront, je n’ose pas imaginer les conséquences… »
- « Et pourquoi ne pas avoir sauvé Nate Sorensen avant que le FSB ne l’attrape
? »
- « Nous devions savoir ce que le FSB savait et ce qu’il voulait connaitre »
- « Bon sang, qui est ce nous ? En
quel nom parlez-vous ?? »
- « Donovan Hendersen. Old Fates… », bafouilla Sorensen
On sectionna ses menottes à l’aide d’une pince à tenaille, et sa main droite
tomba comme une feuille morte contre la banquette en cuir. Le conducteur
sortait du véhicule au même moment, puis se dirigea jusqu’au bord du terrain
vague qui surplombait l’embarcadère en construction. Sorensen excita le
gravier sous ses semelles en suivant le ravisseur, pendant que les maillons
scindés de ses menottes faisaient balancier.
Les quatre sphères argentées du boulier cachaient le visage de Hendersen, de
l’autre côté du bureau sur son fauteuil, dont l’œil paraissait s’entrechoquer
avec la boule latérale qui s’élevait. Le diplomate à ses côtés dénicha une
saleté au coin de l’œil en évasant bien ses sourcils, puis expurgea un soupir
dans l’air du temps.
- « Quelles sont les probabilités pour que l’information s’ébruite ? »,
demanda-t-il
- « D’après nos récentes écoutes, les russes se doutent que la mise à feu de
Pluie Noire est prévue pour aujourd’hui. Ils leur reste à savoir d’où part
l’ordre de lancement. Une aubaine pour nous que Brainer n’a rien dit au sujet
de Caïn… », affirma solennellement Hendersen
- « Comment éviter les fuites alors ? »
- « Peu après Crépuscule, la CIA avait perquisitionné l’appartement d’un
certain Andrei Drobzenief. Il était soupçonné de travailler avec un pirate
informatique russe dans l’intention de détourner un satellite militaire
américain. Un mémo interagence avait été envoyé en temps réel, tout le pays
était au courant. On a cuisiné le bonhomme, un vrai grand-père perché sur un
tricycle au milieu d’un bac à sable…il ne savait pas ce qu’il faisait là,
assis au milieu d’un diner de cons. La Compagnie a vite classé le dossier
après quelques bons fous rires, qui aurait pu avoir accès à des donnés si
confidentielles au sujet d’un satellite militaire en orbite ? »
- « Sombres Soleil, ce n’est pas juste un satellite...et c’était un pari
risqué de souffler son existence au gouvernement, même si personne ne l’a pris
au sérieux », jugea l’Attaché
- « Plus un mensonge est proche de la vérité,
plus il est efficace ; et la vérité elle-même, lorsque l'on peut en faire
usage, est le meilleur des mensonges. C’est d’Isaac Asimov »
- « Vous n’allez pas raser l’herbe de trop près M. Hendersen, vous ne feriez
que semer la pire panique de l’histoire depuis au moins Cuba »
- « Il n’est pas question d’avertir l’opinion publique. Si on maintient le
Kremlin en état d’alerte, les russes prendront des mesures désespérées. Je
préconise simplement de leur donner un demi-vérité, au sujet de l’heure où
s’abattra la pluie nucléaire… »
Hendersen saisit la boule d’argent qui allait frapper sa jumelle et mis un
terme au mouvement du boulier. Il posa son index dressé sur la table et fit
plusieurs cercles avec, comme en avançant les aiguilles d’une pendule
invisible, le regard absorbé par son doigt en réfléchissant.
- « Il suffirait de dire aux russes que nous effectuons officiellement le
lancement d’ici 12h. Ca leur laisserait une petite marge pendant que nous
coordonnons les préparatifs à la base »
- « Votre décision est irrévocable alors ? Cent ogives nucléaires lâchées sur
la Russie et ses pays borduriers ? Je ne comprends toujours pas l’intérêt de
déployer de si grands moyens… »
- « Vous savez où ca vous mènerait de vouloir en saisir l’intérêt. Ce n’est en
rien de votre ressort. Occupez-vous de mettre un cordon de sécurité autour des
talibans, je ne veux pas qu’ils se chevauchent avec les russes… »
- « Le but de toute cette mise en scène est si archaïque, vraiment ? Réduire
un pays en un amas de cendres…Je ne m’implique pas dans vos dissensions
vieilles comme Mathusalem mais je ne saisis pas bien la logique de votre
stratégie. Enfin c’est entendu, je me chargerais de voir qui encrasse le
palier du mollah pour lui soutirer des informations sur notre compte.
J’imagine que la mise à feu réelle est prévue dans moins que 12h ? »
- « Sombres Soleils sera actif d’ici 2h. Nous ferons tomber les premières
ogives dans moins de 5h, la Coalition a voté à l’unanimité comme vous vous en
doutez. Une session extraordinaire va avoir lieu pour établir les dernières
consignes. Ne vous mettez pas un instant dans le crane qu’il s’agit d’une
guerre ou d’un conflit nucléaire, c’est un coup d’éclat pour tout le monde. Un
coup de fleuret qui ne laissera personne répliquer »
Incapable de ne pas gesticuler, Hendersen attrapa le bilboquet d’ivoire et en
une tentative, il enfonça la tige dans la boule éventrée.
- « Je n’avais pas essayé ça depuis ma plus tendre enfance…c’est pourtant si
simple…tout finit par remonter à la surface. Ce jeu, c’est une question de
stabilité », avant de s’exprimer d’une voix sourde et douce « Mystérieux abîme où l'esprit se confond. A quelques
pieds sous terre un silence profond, et tant de bruit à la surface »
[00:59:57]
[00:59:58]
[00:59:59]
[01:00] _________________ Fan-fiction Operation Crepuscule:Terminée
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Mr. Jack Disciple de Kant


Inscrit le: 18 Avr 2004 Messages: 6679 Localisation: Living in Oblivion
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Posté le: Jeu 10 Juin 2010 - 17:42 Sujet du message: |
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J'ai réussi à héberger tous les épisodes de la saison 4 sur mes pages persos
de Neuf, mais impossible de rentrer le bon lien ftp pour les mettre en
téléchargement, sur la 1ère page du topic
Quelqu'un sait comment s'y prendre ? Parce que je vois mal où j'ai pas bien
rentré l'adresse... _________________ Fan-fiction Operation Crepuscule:Terminée
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dr house Conscience de Jack


Inscrit le: 28 Aoû 2009 Messages: 1676
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Posté le: Mer 21 Juil 2010 - 2:46 Sujet du message: |
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Tout d'abord, je tiens à m'excuser pour avoir mis autant de temps pour poster
ce commentaire sur ce topic mais étant donné que ma connexion internet marche
comme du courant alternatif, j'ai eu du mal à le faire avant. Donc sans plus
attendre voici mes remarques :
-Commençons par le cliffhanger de début d'épisode qui est, je dois avouer,
époustouflant. Qui aurait pu croire que tu allais tuer notre Jack Bauer
national? Et je remarque par conséquent qu'il s'agit de la première
incohérence entre ta fanfiction et la série, car jusqu'à présent tu respectais
toujours la règle de ne pas tuer des héros principaux présents dans la suite
de la série. Et on comprend mieux pourquoi tu nous avais annoncé qu'il n'y
aurait que quatre tomes à tes "opérations". J'avoue avoir été choqué
par la mort du héros de la série, étant persuadé que c'était James Matters qui
avait été tué, d'où une erreur commise dans mon dernier post, en espérant que
tu ne m'en tiendras pas rigueur. Il s'agit donc par conséquent du premier
épisode ou Bauer n'apparaît pas. Ce qui signifie que la difficulté que tu vas
rencontrer dans cette deuxième partie de saison va d'être d'écrire encore 11
épisodes sans le héros de tes mythologies. Au fil de tes saisons, nous avons
assisté à un véritable gommage de l'univers de la série 24 et il semblerait
que le héros en a été lui-même victime.
-J'ai beaucoup aimé le dialogue entre Cassandra Evans et Ian Carell, durant
lequel nous nous rendons bien compte de l'attachement qu'à Cassandra pour
Bauer et le mépris qu'à pour lui Carell. Evans en est d'ailleurs toujours
probablement amoureuse malgrès les réticences de l'agent Bauer à son égard
suite à un mensonge racontée par Cassandra dans "l'opération
éllipse", ou il y avait eu un court ébat entre les deux personnages. De
toute manière, étant donné que Bauer est mort, la possible reformation du
couple ne se fera plus et Cassandra sera sans aucun doute choqué par la mort
de Jack, surtout quand elle apprendra que Matters en était l'assassin.
-Le débat philosophique entre Danny Caïn et le traducteur arabe au sujet de la
mort du fils de la femme en tunique noire m'a tout autant passionné. Les deux
avis divergent totalement dans la mesure ou Caïn est un anticlérical et le
traducteur probablement un pieux religieux. A ce sujet juste une petite
question qui me tourmente : pourquoi la femme embarque t-elle avec les deux
hommes dans l'hélicoptère?
-Par ailleurs, j'attends d'en savoir plus sur le personnage dont nous ignorons
encore l'identité(l'homme au volant), qui a feint d'être un des ravisseurs de
Kurt Brainer et Nate Sorensen alors qu'il serait de leurs côtés et si l'on en
croit Sorensen il travaillerait pour le compte d'Old Fates en la personne de
Donovan Hendersen.
-Un autre cliffanger qui m'a bien évidemment choqué, c'est le fait qu'Ellen
Riss soit le "coupe circuit", aidé de son complice James Matters. Et
on comprend mieux pourquoi ce dernier a tué Sandra Newton lors de
"l'opération aurore bauréale" au moment ou Bauer avait compris que
c'était Ellen Riss la taupe. La pauvre Sandra Newton n'avait rien à voir avec
le complot dans la mesure ou elle a servi de porte-chapeau à Ellen Riss. Elle
n'aura pas eu beaucoup de chance. D'abord capturé par les terroristes, forcé
de mentir au président français Edouard Fortier avant de se faire tuer par
James Matters. Remarque Ellen Riss n'a pas tardé à payer étant donné qu'elle a
péri sur le paquebot français peu de temps après.
-J'ai été aussi étonné que Franck Capra soit tombé dans l'alcoolisme alors
qu'il voulait s'occuper de son fils suite à "l'opération crépuscule"
après avoir quitté son post à la CAT de Washington. |
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Mr. Jack Disciple de Kant


Inscrit le: 18 Avr 2004 Messages: 6679 Localisation: Living in Oblivion
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Posté le: Mer 21 Juil 2010 - 21:30 Sujet du message: |
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| dr house a
écrit: | | Tout d'abord, je tiens à
m'excuser pour avoir mis autant de temps pour poster ce commentaire sur ce
topic mais étant donné que ma connexion internet marche comme du courant
alternatif, j'ai eu du mal à le faire avant. |
Il n'y a pas à s'excuser, t'as aucune obligation de poster ici, même si ca me
fait toujours plaisir de lire tes commentaires
Et puis comme j'ai dit plus haut, j'ai mis un temps fou à finir l'épisode et
je n'ai pas encore écrit des vacances en raison de mon mémoire qui me prend
tout mon temps libre sur le pc dès que je sors du boulot
Cela dit, ta review me donne vraiment envie d'avancer sur le 14ème épisode, et
tu ne peux pas savoir à quel point je suis content que tu ais lu ma fan-fic
depuis le début, car tu commences à avoir une vision d'ensemble de la
mythologie. Et je me rends compte, d'une part à quel point elle est vaste,
puis d'autre part, à quel point il doit être dur de tout suivre depuis le
début, ce que tu fais à merveille
| Citation: | | Et
on comprend mieux pourquoi tu nous avais annoncé qu'il n'y aurait que quatre
tomes à tes "opérations". J'avoue avoir été choqué par la mort du
héros de la série, étant persuadé que c'était James Matters qui avait été tué,
d'où une erreur commise dans mon dernier post, en espérant que tu ne m'en
tiendras pas rigueur. Il s'agit donc par conséquent du premier épisode ou
Bauer n'apparaît pas. Ce qui signifie que la difficulté que tu vas rencontrer
dans cette deuxième partie de saison va d'être d'écrire encore 11 épisodes
sans le héros de tes mythologies. |
Les raisons qui expliquent que je m'arrête à cette 4ème saison sont en fait
multiples. Essentiellement parce que j'ai envie de passer à l'écriture
concrète de l'opération Crépuscule, en vue de sa publication (d'ici 3-4 ans
peut-être, sans doute pas avant).
Ensuite parce que chaque saison défend les quatre saisons, été automne hiver
printemps. : je voulais placer l'idée d'un cyclisme dans l'histoire, une sorte
de révolution des événements qui se répètent et se renouvellent comme le
temps.
Enfin, parce que je ne crois pas qu'il y aura encore assez de lecteurs pour me
suivre une 5ème année, surtout quand on voit le temps que j'ai mis pour
rédiger la 3ème et 4ème saison...
| Citation: | | Evans en est d'ailleurs toujours probablement amoureuse malgrès
les réticences de l'agent Bauer à son égard suite à un mensonge racontée par
Cassandra dans "l'opération éllipse", ou il y avait eu un court ébat
entre les deux personnages. |
Leur relation va au-delà de ce qu'on pourrait définir comme une relation
amoureuse. Il y a aussi du mépris et du ressentiment entre eux deux. Il
représentait les traits de la personnalité de Cassandra qu'elle ne pouvait pas
supporter, et inversement. Comme deux miroirs jumeaux.
C'est surtout le fait d'avoir des sentiments qui rendait si paradoxal le
comportement de Jack : en sentant la passion faire surface, il savait que la
déception n'allait être que plus grande, puisqu'il n'avait jamais été certain
qu'elle ne faisait pas parti de l'autre camp depuis la saison 3. Plus il se
laissait l'apprécier, plus la trahison allait être grande, c'est pourquoi leur
relation était devenue en un sens impossible.
| Citation: | | A
ce sujet juste une petite question qui me tourmente : pourquoi la femme
embarque t-elle avec les deux hommes dans
l'hélicoptère? |
Elle n'est pas montée dans l'hélicoptère avec eux, et j'au du mal décrire la
scène si j'ai fait comprendre que c'était le cas. Ils la regardait à distance
pendant qu'ils s'envolaient.
| Citation: | | -Un
autre cliffanger qui m'a bien évidemment choqué, c'est le fait qu'Ellen Riss
soit le "coupe circuit", aidé de son complice James Matters. Et on
comprend mieux pourquoi ce dernier a tué Sandra Newton lors de
"l'opération aurore bauréale" au moment ou Bauer avait compris que
c'était Ellen Riss la taupe. La pauvre Sandra Newton n'avait rien à voir avec
le complot dans la mesure ou elle a servi de porte-chapeau à Ellen Riss. Elle
n'aura pas eu beaucoup de chance. D'abord capturé par les terroristes, forcé
de mentir au président français Edouard Fortier avant de se faire tuer par
James Matters. Remarque Ellen Riss n'a pas tardé à payer étant donné qu'elle a
péri sur le paquebot français peu de temps après. |
Rien à redire, tu résumes parfaitement la situation, et je suis content que tu
relèves le lien avec la saison 2 car il n'est pas involontaire, bien au
contraire.
| Citation: | | -J'ai été aussi étonné que Franck Capra soit tombé dans
l'alcoolisme alors qu'il voulait s'occuper de son fils suite à
"l'opération crépuscule" après avoir quitté son post à la CAT de
Washington |
Bravo pour avoir relevé ce détail ! Du coup, son retour à la CIA est justifié
par son désir de le revoir.
Par ailleurs dr house, j'en profite pour te demander si tu as téléchargé les
deux fichiers word que j'ai mis à disposition il y a quelques mois, où je
résume les saison 1 et 2 ? _________________ Fan-fiction Operation Crepuscule:Terminée
Fan-fiction Operation Aurore Boréale:Terminée
Fan-fiction Opération Eclipse : Terminée
Fan-fiction Opération Sombres Soleils: Episode 17 disponible
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dr house Conscience de Jack


Inscrit le: 28 Aoû 2009 Messages: 1676
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Posté le: Jeu 22 Juil 2010 - 3:44 Sujet du message: |
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| Pour en revenir au sujet de la femme en tunique noire ayant perdu son enfant,
j'ai hésité entre les deux versions. Et comme je n'étais pas absolument sûr,
c'est pour ça que je t'ai interrogé sur cette scène. J'avoue que la première
fois que je l'ai lu, j'avais vraiment cru qu'elle embarquait avec Caïn et le
traducteur arabe. Mais en la relisant, j'ai compris que comme tu le dis très
bien toi même : ils la regardent à distance pendant qu'ils s'envolent".
Sinon, ou se trouvent les fichiers à télécharger qui résument tes deux
premières "opérations"? |
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Mr. Jack Disciple de Kant


Inscrit le: 18 Avr 2004 Messages: 6679 Localisation: Living in Oblivion
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Posté le: Jeu 22 Juil 2010 - 19:19 Sujet du message: |
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J'ai retrouvé les ficiers, je les mets en upload sur rapidshare, bien que le
nombre de téléchargement soit limité.
Résumé Opération Crépuscule
Résumé Opération Aurore Boréale
D'ailleurs puisque tu connais l'ensemble de ma fan-fic jusqu'à présent dr
house, ca serait top si tu pouvais me dire si ces deux résumés expliquent bien
l'essentiel, ou s'il manque des détails importants pour entamer l'histoire à
partir de la saison 3. _________________ Fan-fiction Operation Crepuscule:Terminée
Fan-fiction Operation Aurore Boréale:Terminée
Fan-fiction Opération Eclipse : Terminée
Fan-fiction Opération Sombres Soleils: Episode 17 disponible
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dr house Conscience de Jack


Inscrit le: 28 Aoû 2009 Messages: 1676
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Posté le: Ven 23 Juil 2010 - 20:54 Sujet du message: |
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Dans l'ensemble, je trouve que tes résumés retracent bien les deux première
"opérations". Maintenant, j'avoue ne plus me souvenir de tout étant
donné que cela fait plus d'un an que ne les ai pas lu. Sinon, tu peux
éventuellement rajouter dans "opération aurore boréale" le fait
qu'on croit que Jack Bauer ait été contaminé ainsi que le fait que Josip
Drazen retient Bauer et David Palmer dans la même pièce.
ps: Au fait, il faudrait que tu relances dans le jeu "énigme sur un
personnage de série tv". |
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Mr. Jack Disciple de Kant


Inscrit le: 18 Avr 2004 Messages: 6679 Localisation: Living in Oblivion
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Posté le: Lun 30 Aoû 2010 - 20:08 Sujet du message: |
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Juste un petit message pour dire que l'épisode 14 avance bien, et qu'il
commence peu à peu à dessiner l'arc principal de la dernière partie de la
saison (épisodes 18 à 24).
Par ailleurs, détail qui a son importance, ça fait un bon moment que je
réfléchis à la manière dont je vais conclure cette seconde partie, et jusque
là, j'avais en tête les dernières secondes ainsi que la façon dont allaient se
boucler les storylines de chaque personnage. Désormais, j'ai enfin mis le
doigt sur une idée qui me séduit assez, et qui constituera le twist final de
cette partie. Je n'en dis pas plus, mais je pense qu'il s'agira sans doute du
rebondissement le plus fort que j'ai pu écrire, quelque chose qui fera
repenser l'ensemble d'une toute autre manière (un peu comme la fin
d'Inception...).
De son interprétation dépendra la fin de l'épisode 18, et également la fin de
ma fan-fiction...Donc voila, je travaille pas mal dessus ces derniers jours
pour que tout se ficelle assez crédiblement  _________________ Fan-fiction Operation Crepuscule:Terminée
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Mr. Jack Disciple de Kant


Inscrit le: 18 Avr 2004 Messages: 6679 Localisation: Living in Oblivion
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Posté le: Mer 20 Oct 2010 - 1:27 Sujet du message: |
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Épisode 14 quasiment achevé, plus que les derniers minutes à écrire (et qui
devraient être assez haletantes...).
A l'image de la seconde partie, il sera centré sur trois trames principales :
Slattery et Matters, Cassandra puis Cain en Afghanistan. _________________ Fan-fiction Operation Crepuscule:Terminée
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